Lors du weekend du centenaire de la Commission des champs de bataille des Plaines d’Abraham, j’ai eu l’immense plaisir de rencontrer Monsieur Joe Malone jr, son épouse Rita et sa fille. Des gens d’une grande générosité qui avaient bien du mal à contenir leur joie devant tant de gens s’arrêtant devant leur trésor: deux grands cartables remplis de coupures de journaux d’époque relatant les nombreux exploits du plus grand joueur offensif de l’histoire du hockey de Québec. Le tout avait été collectionné par la mère de Joe, puis par Joe Malone lui-même. Joe Malone fils a fait relier et plastifier le tout, au grand malheur des collectionneurs, qui voulaient lui acheter les originaux à prix d’or, mais au bonheur de sa famille qui en gardera à jamais les souvenirs.
Je suis très honoré d’être entre Rita et Joe Malone jr.
Le dimanche matin (16 mars 2008), dans le calme d’une chambre d’hôtel du Concorde, j’ai eu le privilège de m’entretenir près d’une heure avec Monsieur Malone. Un homme humble et généreux comme son père, tel que décrit dans les trop rares écrits le concernant. À 84 ans, il est d’une vivacité exemplaire et constitue une référence inestimable. J’ai réalisé un premier tournage dans le cadre du documentaire à venir et ses récits resteront à jamais gravés sur ruban.
Joe Malone jr est né en 1923, à Montréal. Il est le seul “unilingue” de la famille : son père est né en 1890 d’une mère francophone à Sillery et sa femme Rita l’a enseigné à ses enfants. « Mon père m’a fait jouer dans des équipes de hockey mineur francophone de Montréal pour que je baigne dans un monde “français” mais tout le monde me parlait anglais », dit-il pratiquement en s’excusant.
Retraité du hockey professionnel en 1924, Joe Malone n’a pu évoluer devant son fils dans la LNH. Malone junior se rappelle toutefois de deux occasions: Dans le cadre d’un match des anciens en l’honneur du regretté Howie Morenz, et lors d’un match père-fils. « Il a compté 2 buts en quelques minutes et a quitté la patinoire, prétextant n’avoir pas sa place ici ».
« Je crois qu’il n’était pas capable de baisser son niveau de jeu », de préciser sa fille en souriant.
Il a joué au niveau universitaire avec McGill mais n’a jamais été l’ombre de son illustre père. « On m’a surclassé dans des équipes simplement à cause de mon père et malheureusement, je n’étais pas à la hauteur ! ».
Il garde un souvenir douloureux de l’intronisation de son père au temple de la renommée du hockey en 1950. « Ce jour là, lors d’un match de baseball, j’ai reçu un bâton en pleine mâchoire et j’ai perdu 3 dents».
Tout au cours de l’entrevue, il tient tout près de lui ses cartables remplis des exploits du numéro 4 des Bulldogs. Lors de la saison 1944-45 où Maurice Richard éclipsait la marque de 44 buts en une saison de son père, les journalistes réquisitionnaient les archives de la famille Malone. «Il disait à maman de leur remettre et se cachait dans une pièce derrière. Il n’aimait pas les entrevues le concernant et minimisait constamment ses exploits», d’ajouter celui qui a vu et apprécié la scène racontée dans le film “The Rocket” (Maurice Richard) où le grand numéro 9 s’incline et salue Joe Malone présent dans l’assistance. «Il y était, comme aux matchs précédents, car monsieur Richard a pris plusieurs matchs pour enfiler son 45e but. Il appréciait beaucoup Maurice Richard et considérait son exploit bien plus grand.»
Lorsqu’on lui demande si son illustre père a obtenu toute la reconnaissance possible, il répond par l’affirmative, humblement, comme Joe senior l’aurait fait.
J’ai très hâte de raconter la suite. Une autre rencontre est prévue chez lui, à London en Ontario.
Très belle photo de Joe Malone jr, la Coupe Stanley et du comédien jouant le rôle du grand Joe Malone pour les célébrations du centenaire de la commission des Champs de bataille des Plaines d’Abraham. (source: cyberpresse/Le Soleil).

