Didier Pitre à Québec? Sur une carte de hockey seulement.


Renaud Dorval me demande via Twitter pourquoi la National Hockey Association (NHA) a refusé la transaction qui aurait permis au Quebec Hockey Club d’aligner le  meilleur compteur du Canadien, le joueur étoile Didier Pitre. La réponse se trouve à la page 88 de mon livre « La Coupe à Québec : Les Bulldogs et la naissance du hockey ».  En voici l’extrait, agrémenté de quelques détails supplémentaires.

Joseph George Didier Pitre, dit Cannonball ( 1883-1934), est un ailier droit québécois professionnel de hockey sur glace ayant essentiellement joué pour les Canadiens de Montréal. Élu au  Temple de la renommée du hockey en 1962.

Natif de Valleyfield, Joseph George Didier Pitre, dit Cannonball ( 1883-1934), est un ailier droit ayant essentiellement joué pour les Canadiens de Montréal. Élu au Temple de la renommée du hockey en 1962. Cette carte de hockey de la saison 1912-13 l’identifie au Club de Hockey Québec.

DIDIER PITRE À QUÉBEC !

Le 26 novembre 1912, les journaux annoncent en grande pompe l’arrivée du joueur étoile du Canadien de Montréal, l’attaquant Didier Pitre, auteur de 28 des 59 buts de son club en 1912, bon pour le 2e rang de la NHA.  En échange, Québec aurait donné les droits du déserteur Goldie Prodger, que le propriétaire George Kendall (dit Kennedy) du Club de Hockey Canadien croit être capable de rapatrier dans la NHA.

Selon l’Action Sociale, Kendall était au théâtre Princess de Québec la veille en tant que promoteur de lutte, sa passion première.  C’est là qu’il aurait accepté l’offre de Québec.  À ce moment, le secrétaire Arthur Derome est à Montréal et convainc Pitre de signer le contrat évalué plus tard à 3 000 $, la plus importante somme jamais offerte par le Club Québec.  Ce journal n’est pas peu fier de cette nouvelle :

« Tout en augmentant de 100 % la valeur de son équipe, elle vient de donner à l’élément canadien-français de Québec, dont l’encouragement n’a jamais fait défaut aux champions, un représentant sur l’équipe. ».

Le « star French-Canadian player » est reçu comme un héros par la presse, logé avec sa femme à l’hôtel Victoria, accueilli avec une réception réservée aux grandes vedettes. Pitre est sur la glace pour le premier entrainement du 11 décembre et est ovationné à tout rompre, comme les joueurs Malone, Hall et Moran. Malheureusement, les centaines de spectateurs aux entrainements seront bientôt fort déçus. Des rumeurs ramènent Pitre à Montréal, d’abord niées par Québec. Le 21 décembre, le Quebec Chronicle se questionne : « Quelle est la position de Québec dans l’affaire Pitre ? »

Le lendemain, la NHA est réunie à Toronto et entend la version officielle de cette transaction. Pitre est, dans les faits, loué à Québec et le Canadien pourrait en tout temps réclamer ses services, ce qu’il ferait s’ils sont dans la course en 2e moitié de saison.  Kendall savait compter : la NHA, qui avait adopté la saison précédente le hockey à six joueurs, devait revenir au hockey à sept joueurs le 1er février. Le Canadien aurait coupé de moitié le salaire de son joueur étoile et récupéré son 7e joueur pour l’autre moitié de saison, tout en affaiblissant considérablement le Club Québec, détenteur de la Coupe Stanley.

Cette transaction illicite avait aussi pour but d’empêcher Pitre de se diriger vers l’ouest canadien.  Plus tôt en novembre, Vancouver avait échangé Newsy Lalonde au Canadien contre Pitre, mais Kendall refusait d’y donner suite, prétextant que la Pacific Coast Hockey Association (PCHA) se comportait cavalièrement avec la NHA.  Cette dernière délibère et refuse l’entente Québec-Montréal, ce qui met fin à l’association de Pitre avec Québec.  Frank Patrick, patron de la PCHA réclame de nouveau la transaction Lalonde – Pitre, sans succès.

Voyant la popularité du canadien-français auprès de la population, Québec aurait tenté de conclure une transaction valable auprès du Canadien. Malheureusement, « les canadiens-français de la vieille capitale n’auront jamais la chance d’applaudir un des leurs dans l’uniforme québécois » écrira l’Action Sociale. Pitre jouera avec le Canadien, tout comme Newsy Lalonde, ce qui envenime les relations NHA – PCHA.

Publicité du 15 février 1917. Didier Pitre et plusieurs joueurs professionnels patinent sur ses lames.

Publicité du 15 février 1917. Didier Pitre et plusieurs joueurs professionnels patinent sur les lames Fleming fabriquées à Québec.

Le populaire joueur québécois gardera toutefois un précieux souvenir de son passage à Québec : ses patins, fabriqués au Quebec Skate Manufacturing Co. du 259 rue St-Jean.  L’année suivante, il en commande une autre paire depuis Vancouver, qui l’a finalement acquis.

Et notre souvenir de son passage à Québec ?  Celui d’une carte de hockey de la série C-57, imprimée un peu trop tôt.

Avant Michael, y’a eu George McCarron !


George McCarron, tel qu'illustré par le Pittsburg Press du 18 janvier 1903.

George McCarron, tel qu’illustré dans le Pittsburgh Press du 18 janvier 1903.

Le Canadien vient de faire de l’Américain Michael McCarron son 1er choix au repêchage en 2013. 110 ans plus tôt, c’est à un McCarron de Québec de faire la une des pages sportives de Pittsburgh. J’ignore si un lien de parenté les unis, mais chose certaine, George a été le premier joueur de hockey professionnel de la grande famille.

Dans les faits, cet attaquant de Québec est d’abord le tout premier joueur de hockey professionnel natif de la Capitale. Il m’a été impossible de retracer le certificat de naissance de George Ernest Irwin McCarron. Né en 1879 ou 1880, il est peut-être aussi de Pont-Rouge comme son frère Thomas né en 1877. De sang paternel irlandais et écossais du côté de sa mère, il habite le 78 St-Vallier à Québec au rescencement de 1881. Il est un des grands joueurs à avoir porté le chandail des Crescents, un autre club de Québec, auquel il est associé dès 1896 lors de la victoire de ce club au Carnaval de Québec. C’est aussi cette année là qu’il s’enrole dans la milice volontaire canadienne du 8e Régiment comme bon nombre de ses coéquipiers.

Très attaché aux Crescents, tout comme son frère aîné Thomas qui en est le secrétaire-trésorier, il a fort probablement résisté aux appels du grand club senior pour demeurer avec son club de calibre intermédiaire.  Il ne jouera que deux matchs avec le Quebec Hockey Club,  en 1900-01, le temps de compter 7 buts ! Il passe les deux années suivantes avec les Crescents. Presque tous ses coéquipiers dorénavant avec le club Québec, il amorce une carrière professionnelle chez le Pittsburgh Athletic Club pour la saison 1902-1903. Officiellement, George travaille à la Pittsburgh Steel Corporation, mais la grande majorité des joueurs canadiens de la Western Pennsylvania Hockey League ont une prime pour jouer au hockey, ce qui est formellement interdit dans les ligues canadiennes, encore toutes amateurs. De plus, cette année là, il termine premier compteur de son équipe avec 14 buts en 13 parties et premier au chapitre des pénalités avec 47 minutes "sur la bande". Il est, sans surprise, nommé sur la première équipe d’étoile de la ligue.

Toujours cet hiver là, un samedi matin du 22 février 1903, George McCarron prend pour épouse à Pittsburgh Emma Martin de Québec, fille d’Edward Martin, rue de l’Artillerie. Ils auront une fille. Ethel, née en 1904 dans la ville de l’acier.

George McCarron, en 1898 avec les Crescents de Québec.

George McCarron, en 1898 avec les Crescents de Québec.

Après deux autres saisons professionnelles à Pittsburgh et à Sault-Ste-Marie au Michigan, il tente un retour à Québec en 1905, prenant part au camp d’entraînement du Quebec Hockey Club. Il sera du premier voyage du Club à Ottawa comme joueur de réserve, mais ne verra pas d’action et quittera l’équipe.

On le retrouve pour une compagnie ferroviaire à Chicago en 1910, mais sera de retour à Québec très rapidement. On le verra tantôt comme arbitre (il sera utilisé d’ailleurs dans la NHA) et capitaine de son équipe des employés des chemins de fer de 1914 à 1916. Il meurt le 13 octobre 1923, à l’âge 43 ans. Le Quebec Chronicle dit alors de lui qu’il fût "l’un des meilleurs joueurs de crosse et de hockey de son époque".

Espérons pour le Canadien que ce Mikael McCarron soit du même calibre.

22 octobre 1966, dernière présence sur la glace pour Joe Malone.


Joe Malone Forum 1966

Joe Malone, saluant la foule à son entrée sur la glace du Forum de Montréal, le 22 octobre 1966. Cliquez sur la photo pour voir le montage vidéo.

À l’automne 1966, la LNH célèbre son 50e anniversaire. Le Club de hockey Canadien profite de son match d’ouverture pour présenter ses joueurs et bâtisseurs membres du Temple de la Renommée du hockey qui ont fait du Tricolore la plus grande organisation de la ligue. Parmi les Aurèle Joliat et Butch Bouchard (ce dernier honoré un peu plus tôt la même année) se pointe sur la glace Joe Malone, alors âgé de de 76 ans.

Sa présence est précédée de la présentation de René Lecavalier, maitre de cérémonie sur la patinoire. Il s’en est sans doute voulu d’avoir dit "44 buts en 22 saisons" en parlant de celui qui, 50 ans plus tôt, avait dominé outrageusement cette première saison de la LNH avec 44 buts en 22 matchs, bien qu’en fait, il n’en a joué que 20.  On le présente à 1:00 du montage vidéo.

J’ai édité la présentation afin de préserver l’essentiel. J’ai cru bon ajouter celle de Maurice Richard et le long retour vers les gradins. Joe Malone prendra part à d’autres évènements reliés au hockey avant de quitter ce monde en 1969. Ce document très rare est certainement sur la toile pour la toute première fois.

NOTES: À la question de mon ami Paul Foisy, du site Sport et Société, voici la liste des légendes présentées sur la glace, dans l’ordre: Sylvio Mantha, Aurèle Joliat, Herb Gardiner, Joe Malone, Frank Selke, Elmer Lach, Bill Durnam, Emile Bouchard, Kenny Reardon, Maurice Richard et Toe Blake. Intéressant, René Lecavalier mentionne à la fin de cette liste qu’Ambrose O’Brien, co-fondateur du Canadien et Newsy Lalonde n’ont pu prendre part à la cérémonie.

Les joueurs oubliés: Charles Constantine


Le Major général Charles Francis Constantine (1883-1953) collection Peter C. Ginn

Plusieurs livres de références en hockey ignorent qui était ce "Constantine", un prolifique "rover" n’ayant joué qu’une saison avec le Club Québec. Né à Winnipeg, Charles Francis Constantine devient Lieutenant dans l’artillerie Royale Canadienne en 1906 et est muté à Québec. Excellent athlète recruté par le Quebec Hockey Club, il termine au premier rang des compteurs du club avec 15 buts en seulement sept parties. Son passage dans la ECAHA où certains joueurs sont payés l’empêchera plus tard de jouer dans des ligues amateurs. Commandant du collège militaire de Kingston de 1925 à 1930, il en sera aussi l’entraîneur de hockey. L’aréna Constantine toujours debout a été inauguré en  1960. Il est le seul joueur du club Québec a avoir eu cette honneur.

En plus d’exceller au hockey, Charles Francis Constantine trouve une place sur le 15 de deux grands clubs de rugby anglais, le Blackheath F.C. et le Harlequin F.C. en 1911. Il est assis, premier à gauche.

Les clichés oubliés: en voiture !


Encore 25 jours d’ici la parution du livre « La Coupe à Québec, les Bulldogs et la naissance du hockey » le 14 novembre… Patience ! Pour vous aider, je vous offre des photos qui n’ont pas fait l’objet de la sélection finale. Imaginez la qualité du livre !

Pour la première fois au grand jour, cette photo du Quebec Hockey Club à une gare de train, en route avant ou après leur tournée à New-York et dans l’ouest canadien en mars et avril 1913. Cette photo de la collection privée de Joe Malone Jr. que j’ai coloré nous montre dans l’ordre (haut): Charles Frémont (adm), Dave Beland, Harry Mummery, M.J. Quinn, Joe Malone, Paddy Moran, Rusty Crawford (bas): probablement l’administrateur Leo MacWilliam et Joe Hall. Admirez les magnifiques chandails de laine aux couleurs de l’équipe. L’écusson semble afficher les mots: "Quebec Hockey Club champion N.H.A. 1913"

Les clichés oubliés: Frank Brophy


D’ici la parution du livre "La Coupe à Québec, les Bulldogs et la naissance du hockey" le 14 novembre, je vous offre des photos qui n’ont pas fait l’objet de la sélection finale. Imaginez la qualité du livre !

Thomas Francis Constantine (Frank) Brophy (1897-1930) à l’extérieur du Quebec Skating Rink vers 1916, dans l’uniforme des Sons of Ireland, alors le meilleur club amateur au Québec. On aperçoit derrière lui le sommet de la tour de la porte St-Louis.

Né à Montréal, il connait une brillante carrière chez les amateurs. Son passage chez les pros est toutefois aussi court que douloureux avec les pauvres Athlétiques de Québec (Bulldogs) dans la LNH en 1919-20, ayant subit 18 défaites en 21 départs. Il détient toujours quelques records peu enviables, dont celui du plus de buts accordés dans un match, soit 16. Mort chez lui probablement d’un arrêt cardiaque, on le dit d’une santé fragile depuis un tir de Didier Pitre directement à sa poitrine lors d’un match contre le Canadien. À sa mort, il est président de la Eastern Canada Hockey Association dont fait partie les Castors de Québec. Il est alors propriétaire du Cambridge Book Store de la rue Buade.

Place Joe-Malone devant le nouvel amphithéatre ?


Joe Malone fils, portant son tout nouveau chandail de l’édition 1912-13 du Quebec Hockey Club, gracieuseté de sa fille Joanne Creaghan. Il a été confectionné par Murielle Tremblay de Cap-Rouge.

Valérie Gaudreau du quotidien Le Soleil de Québec raconte ceci ce matin:

La place publique devant le futur amphithéâtre pourrait bien porter le nom de Joe Malone. La Ville explore en effet la possibilité de rendre ainsi honneur au joueur vedette des anciens Bulldogs de Québec, gagnants de la Coupe Stanley en 1912 et en 1913. "La place Joe-Malone, ce n’est pas impossible. Sincèrement, ça fait partie de notre réflexion", a indiqué Régis Labeaume hier. Le maire répondait à la question d’un citoyen, Patrice Drapeau, qui a demandé au conseil municipal si la création d’une place publique devant amphithéâtre pourrait être l’occasion de souligner ces victoires d’il y a un peu plus d’un siècle.

Marc-André Gagnon du Journal de Québec ajoute:

La place publique aperçue lors de la présentation visuelle de l’amphithéâtre, la semaine dernière, pourrait être nommée en l’honneur du joueur-vedette de l’époque des Bulldogs de Québec, Joe Malone. «Ça fait sincèrement partie de nos réflexions, a dit le maire Labeaume. [...] C’est à peu près le seul qui nous a amené la coupe Stanley à Québec.»

Déjà, en février dernier, le Maire avait évoqué la présence d’une statue du grand numéro 4 du Québec Hockey Club à cet endroit. Un autre groupe composé de descendants de Patrick "Paddy" Moran a aussi fait des représentations pour souligner la carrière du grand gardien, devants les filets de Québec de 1901 à 1917 (sauf 1909-10), aussi membre du Temple de la renommée du hockey.

J’aime beaucoup.

LE PREMIER MATCH D’ÉTOILES POUR UNE VEUVE DE QUÉBEC.


Action Sociale, 3 janvier 1908. Cliquer pour lire.

Action Sociale, 3 janvier 1908.

Le 23 juin 1907, Hod Stuart, l’un des joueurs les plus importants de la première décennie du 20e siècle meurt accidentellement à Belleville, en Ontario.

Il supervise alors un chantier de construction de son père.  Pendant une pause, il risque un plongeon en terrain méconnu dans la Baie de Quinte. Sa tête percute des rochers et il meurt instantanément, le cou fracturé. Il avait 28 ans.

La nouvelle secoue le monde du hockey, entres autres à Québec où il a joué pendant deux saisons dont celle de 1901-02 en tant que capitaine avant de devenir le premier joueur vedette à franchir la frontière américaine pour jouer au hockey. De retour au pays pour la saison 1906-07, il venait de remporter Coupe Stanley avec les Wanderers de Montréal.

Il laisse dans le deuil deux enfants et sa femme Margaret Loughin qu’il avait rencontré lors de son séjour à Québec. Ils se sont épousés en l’église St-Patrick le 24 mai 1901. C’est pour elle qu’il demeure à Québec un an de plus que son frère, Bruce Stuart, un autre joueur étoile.

cahier souvenir du "match des étoiles", 2 janvier 1908.

cahier souvenir du "match des étoiles", 2 janvier 1908.

En décembre 1907, les Wanderers proposent de jouer un match dont les profits viendront soulager financièrement la famille. Le 2 janvier 1908, 3800 spectateurs assistent au « Hod Stuart Memorial Game », une partie qui oppose les champions de la Coupe Stanley à un groupe des meilleurs joueurs des autres équipes de la E.C.A.H.A.. Au moins un joueur des 5 équipes composent cette formation, comme le veut la coutume aujourd’hui. 3 joueurs de Québec y prennent part : le gardien du Ottawa Percy Lesueur et les joueurs Ed Hogan et Joe Power du Club de Hockey Québec. Tous ont joué en sa compagnie lors de son passage fort apprécié à Québec. Les Wanderers l’emportent 10-7; Joe Power compte 2 des buts des « All-Stars».

L’événement est considéré comme le premier match des étoiles en hockey. Il  permet à Margaret Laughlin d’obtenir tout près de 2 000 $.

Hod Stuart sera du groupe de la première intronisation au Temple de la renommée du hockey en 1945. Son frère Bruce suivra peu de temps avant sa mort en 1961.

L’étrange saga d’Edmond Bouchard: la clé française échappée


Edmond Bouchard

Edmond Bouchard

Le Quebec HC (Bulldogs) n’a jamais eu de joueurs francophones de grande qualité. En de trop rares occasions, il a tenté d’en attirer : Didier Pitre et Aurèle Joliat ont reçu des offres  des « Blancs et Bleus », mais sans suite.

Edmond Bouchard aussi.

À l’hiver 1917, le Quebec HC attire moins de 1000 spectateurs à l’Aréna. L’interminable première guerre mondiale mine l’intérêt des partisans.  Il faut souligner également que l’équipe est exclusivement composée de joueurs anglophones. La population locale, largement "canayenne",  encourage d’abord ses joueurs de la ligue municipale.

On ne reprochera pas au patron du Quebec HC Mike (MJ) Quinn d’offrir un contrat professionnel à l’excellent George Carey, un joueur dominant du Sons of Ireland, le meilleur club amateur de Québec. Il donne raison à l’organisation et surprend agréablement chez les pros de la N.H.A.

Sans doute inspiré par le succès instantané de Carey, Mike (MJ) Quinn fait alors de l’œil au « nouveau » meilleur joueur amateur de la ville, Edmond Bouchard.  Il n’y a pas plus francophone que ça!

29 dec 1916
Quebec Chronicle 29 dec. 1916

Cet athlète de St-Étienne des Grès en Mauricie, alors âgé de 24 ans, en est à ses premiers coups de patins dans la Vieille Capitale.  Nouveau joueur du club francophone Les Montagnais, il fait 5’10’’ et 185 livres. Un vrai p’tit bouledogue…

Le 2 janvier 1917, Le Quebec Chronicle avance qu’Edmond Bouchard est « convoité par le Québec » et prétend qu’il « pourrait même s’entendre avec lui à temps pour le match demain soir contre les Canadiens ». Une stratégie qui aurait pu mettre la population “du bon bord” car, vous l’aurez deviné, les francophones de Québec adorent les Canadiens de Montréal.

Mais Edmond Bouchard ne jouera pas pour les Bulldogs ce soir-là.

Dommage.

Edmond Bouchard est un joueur populaire, peut-être encore plus que Joe Malone chez les francophones. Cette saison-là (1916-17), il enregistre 16 buts en 9 parties pour Les Montagnais. Lors des saisons 1918 et 1919 (marquées par l’absence des Bulldogs et du hockey professionnel à Québec), il devient le joueur vedette de la Ville en marquant un impressionnant total de 48 buts en 17 parties, dominant aisément la colonne des marqueurs et les manchettes des journaux !

À l’automne 1919, les Bulldogs renaissent de leurs cendres et lui offre encore une fois de porter un chandail professionnel.

La suite des choses soulève une tonne de questions.

27 décembre 1919
Quebec Chronicle 27 décembre 1919

Lors du premier match des Bulldogs dans la LNH en décembre 1919, Edmond Bouchard demande étonnamment à Mike (MJ) Quinn de porter l’uniforme et de s’asseoir au banc des joueurs. Quinn refuse, prétextant que les spectateurs se questionneraient sur la pertinence de ne pas faire jouer un de leurs favoris.

Quelques jours plus tard, coup de théâtre : après un match avec les Crescents de Québec, Bouchard quitte la Ville pour une autre équipe, le Hochelaga de la Ligue Sénior de Montréal.

Cette ligue amateur cesse ses activités en 1921 et Bouchard revient à Québec. Il s’apprête à jouer pour les Voltigeurs de Québec dans la toute nouvelle ligue provinciale lorsque l’association de hockey amateur du Québec est chargée d’enquêter sur lui.

Monsieur L.A. Latreille, l’ex-patron du Montréal Hochelaga allègue qu’Edmond Bouchard a joué pour un salaire de 750 $ avec son équipe "amateur" en 1920 (50$ par partie, pour 15 jouées). Il aurait donc quitté les Voltigeurs de Québec (et les Bulldogs ?) pour jouer "pro" à Montréal.

Quebec Chronicle, 4 janvier 1922
Quebec Chronicle, 4 janvier 1922

Le patron des Voltigeurs de Québec Lionel Létourneau soutient tout de même Edmond Bouchard dans son plaidoyer d’innocence. En dernier recours, Bouchard avoue avoir reçu ces sommes pour payer ses frais de déplacement, ce qui était permis. Le comité en doute puisque qu’un voyage « Trois-Rivières-Montréal » ne coute alors que 2.25 $. On se questionne  aussi sur la pertinence qu’il verse 6.50$ par jour de travail manqué à celui qui remplace son quart de travail à Trois-Rivières.

Le verdict tombe le 2 janvier 1922 : Le patineur de la Mauricie perd son statut de joueur amateur. Forcé à la retraite chez les "amateurs", il accepte ce jour-là de signer une entente professionnelle avec … les Canadiens, exactement 5 ans après avoir décliné la première offre professionnelle des Bulldogs.

Edmond avec les Canadiens
Edmond avec les Canadiens

Un peu moins d’un an plus tard, le 22 décembre 1922, il sera échangé ironiquement à Hamilton, le nouveau domicile des "Bulldogs", en retour de… Joe Malone.

Si sa carrière professionnelle n’a commencé qu’à l’âge de 30 ans, il aura eu le temps et le talent pour jouer 220 matchs dans la LNH avec MontréalHamilton, les NY Americans et les Pirates de Pittsburgh.

Ce n’est que le 26 janvier 1934 qu’il retrouve son statut de joueur amateur (ça se faisait !). On retrace le nom du hockeyeur dans les journaux de la Mauricie jusqu’en 1936, alors qu’il est encore actif  dans une ligue locale à l’âge de 43 ans.

Il est décédé le 18 juillet 1955 à l’âge de 63 ans.

Qui sait ce qu’un "oui" au Quebec HC en 1917 aurait pu changer au cours de l’histoire de l’équipe.

le 2 janvier 1920, le Quebec Chronicle va même prétendre qu'il sera de l'alignement partant. Une commande pour attirer les spectateurs ?

le 2 janvier 1920, le Quebec Chronicle va même prétendre qu'il sera de l'alignement partant. Une commande pour attirer les spectateurs ?

Il y a 100 ans, Québec ridiculisait Georges Vézina.


Vézina avec le Chicoutimi Hockey Club

Vézina avec le Chicoutimi Hockey Club

J’ai déjà lu quelque part que Québec avait manqué la première chance de mettre la main sur un jeune gardien de Chicoutimi, Georges Vézina. Mais en ce 30 décembre 1909, l’équipe de Québec a peut-être eu raison de ne pas avoir été impressionné par celui qu’elle a déjoué 7 fois dans une victoire de 7-3 contre Chicoutimi.

Un résultat différent aurait pu séduire l’organisation. Quelques jours plus tôt, les Bulldogs avaient perdu les services de leur as gardien, Paddy Moran, tenté par un contrat avec les All-Stars de Montréal.

Mais dans ce premier match « d’entraînement », les médias parlent en bien de celui qui est pressenti pour prendre sa relève, Harry Doddridge, un gardien amateur de Québec âgé de 27 ans.

50 jours après la rencontre contre Québec, le 17 février 1910, Georges Vézina blanchit le Canadien 1-0 à Chicoutimi.*

Le soir même, sous la recommandation du gardien perdant, Jos Cattarinich, le gérant du Canadien Georges Kendall lui offre un contrat qu’il refuse, pour finalement l’accepter, à temps pour la saison 1910-1911. Georges Vézina jouera 16 ans et 328 parties de suite avec le Canadien et donnera son nom au prestigieux trophée remis au meilleur gardien de but de la LNH.

Quant à Harry Doddridge, il ne disputera que 7 parties avec Québec sur 2 saisons, accordant en moyenne plus de 7 buts par match.

* Certains sites dont la page Wikipédia de Cattarinich parlent d’une victoire de 10 ou 11 à 5. Je n’ai trouvé aucun article d’époque sur cette partie.  Plusieurs de ses sites ajoutent que les Chicoutimi auraient aussi battu les Bulldogs 10 à 8 quelques jours plus tard, ce qui est peu probable puisque l’équipe avait cessé ses activités à ce moment. Si c’est le cas, c’était sans Malone, Power et cie…

Un trésor de souvenirs.


Il y a quelques semaines, j’ai eu l’immense privilège de rencontrer la famille Malone, les enfants et petits-enfants du grand Joe Malone. Rita et Joe jr nous ont non seulement accueillis à leur domicile de London en Ontario mais aussi, généreusement ouvert leur coffre au trésor: Des photos, des lettres, des articles concernant sa brillante carrière. Toute une journée, accompagné d’un caméraman, j’ai pu faire des entrevues avec toute la famille qui nous a parlé de la fierté d’être associé à ce grand joueur de hockey, cet homme d’affaire, cet inventeur, ce père formidable, ce grand-père généreux.

Bien sûr, tout ça sera servira la cause du documentaire et livre prévu pour mars 2012, lors du centenaire de la première conquête de la Coupe Stanley des Bulldogs de Québec.

D’ici là, j’ajouterai occasionnellement des photos et documents exclusifs sur mon site.

Je remercie infiniment la famille Malone pour leur générosité et leur confiance.

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"Season 1911". Cette photo des archives de la famille Malone illustre leur célèbre père, Joe à droite, accompagné du joueur étoile de Québec Jack MacDonald au centre et de Jeff Malone, frère de Joe à gauche. Selon la famille, elle aurait été prise à l’automne 1911. Les trois joueurs venaient de quitter la "Quebec Bank", fiers d’avoir apposé leur nom sur le contrat qui les liait aux Bulldogs de Québec pour la saison à venir.

Question quiz: La banque était située au coin de quelles rues ?

Hall et Malone ou Stuart de nouveau inscrit sur la Coupe Stanley ?


La présente série finale de la Coupe Stanley propose trois noms qui sonnent bien à mes oreilles.

Les Penguins comptent sur Adam Hall et Ryan Malone pour l’emporter. De l’autre côté, Les Red Wings alignent le défenseur Brad Stuart.

Évidemment, on retrouve leurs homonymes dans la belle histoire des Bulldogs de Québec. De plus, ils ne sont pas trois mais cinq à avoir déjà remporté la Coupe Stanley et quatre d’entres eux sont membres du Temple de la renommée du hockey.

Joe Hall a joué pour Québec de 1910 à 1917. Il est mort de la grippe espagnole en pleine série de la Coupe Stanley de 1919, à Seattle, alors qu’il était "loué" depuis 2 ans aux Canadiens de Montréal par un Club Québec inactif.

Joe Malone a été l’âme des Bulldogs, de 1908 à 1920. Capitaine et entraîneur, il a établi plusieurs marques avec Québec et le Canadien. Son frère Jeff aura aussi joué quelques matchs avec les Bulldogs.

Bruce Stuart n’a joué que la saison 1901 et a compté 5 buts en 6 parties. Il connaîtra par la suite une brillante carrière avec plusieurs équipes, permettant aux Wanderers de 1908 et à l’Ottawa de 1910 de remporter la Coupe Stanley, enfilant 18 buts en 7 rencontres.

Son grand frère Hod Stuart a disputé les saisons 1901 et 1902 avec Québec. Je me permets une parenthèse. D’abord, il profite de son passage pour rencontrer et épouser une fille de Québec nommée Loughlin. En 1907, il est de l’équipe des Wanderers de Montréal, détentrice de la Coupe Stanley. Quelques mois plus tard, le 23 juin, il meurt en plongeant tête première dans une rivière près de Belleville en Ontario. Sa mort sera à l’origine du tout premier match des étoiles, le 2 janvier 1908 à Montréal. Plusieurs joueurs des Bulldogs s’aligneront dans une équipe de joueurs étoiles contre les Wanderers. L’évènement, créé pour venir en aide à sa veuve et ses deux enfants, permettra d’amasser plus de $ 2 000.

Message au Temple de la renommée du hockey: Ajouter Percy LeSueur avec Québec !


Parmi les petits plaisirs que me procurent mes recherches sur les Bulldogs, celui de déceler une erreur figure parmi les plus satisfaisantes !

Selon le Temple de la renommée du hockey, on dénombre 8 joueurs intronisés ayant joué pour le Québec Hockey Club (Les Bulldogs). Messieurs du Temple, ajoutez-y Percy LeSueur.

Le joueur natif de Québec Percy LeSueur (1881-1962) a été intronisé parmi ces immortels en 1961, principalement pour ses exploits comme gardien de but avec Ottawa. C’est à lui que revient plusieurs innovations dont la barre horizontale comme on la connait aujourd’hui.

Ses statistiques sont impressionnantes et le temple de la renommée en dresse l’éventail complet. Enfin, pas à chaque position qu’il a occupé…

La Patrie, 4 mars 1901. Le texte qui nous intéresse est dans la colonne de gauche.Dès l’âge de 11 ans, on le retrouve dans les filets de l’équipe de l’école St-Andrews de Québec.  Mais bien avant de devenir le grand "Peerless", Percy LeSueur a joué de brillante façon comme attaquant dans les rangs mineurs et intermédiaires. Assez pour être invité à jouer un match à l’attaque chez les "séniors" avec Québec, le 2 mars 1901 contre Montréal. Il a même compté un but dans la défaite de 9-3 face aux Victorias. La Patrie fait état d’une "partie entièrement dénuée d’intérêt". Peut-être vrai à l’époque, c’était néanmoins le premier match d’un bâtisseur dans les ligues majeures .

Ironiquement, sa présence dans ce dernier match de la saison est dûe à l’absence des frères Hod et Bruce Stuart, 2 joueurs qui l’accompagnent au Temple de la renommée du hockey.

Plus tard en mars, il a même accompagné l’équipe à Halifax lors d’une série de matchs hors-concours, récoltant les éloges des amateurs présents. Ce sera toutefois sa dernière présence avec le grand club comme "attaquant". De son passage à Québec, on retiendra son apport aux succès du club junior "Victoria" et du club "Crescents" de la ligue provinciale intermédiaire.

Déménagé en 1903 dans la région d’Ottawa pour pratiquer son métier de banquier, il a continué à œuvrer à l’attaque pour Smith Falls avant de relever leur gardien de but blessé. Il ne comptera plus jamais un seul but, en empêchera cependant plusieurs, récoltant au passage  le droit de poser auprès de la Coupe Stanley (1909, 1911).

"Peerless Percy" a joué pour "Les Bulldogs". Quelqu’un veut leur dire ?

Avant les Stastny, les Power.


Les 5 frères Power au Québec Skating Rink !

6 mars 1908

le Quebec HC s’est préparé pour son dernier match de la saison prévu le 7 mars 1908 à Montréal contre les Shamrocks en disputant un match hors-concours contre les meilleurs joueurs de la ligue intermédiaire.

Le match joué exceptionnellement à l’extérieur à la patinoire St-Roch c’est terminé 10-7 en faveur de la grande équipe. L’intérêt pour nous, c’est de retrouver les 5 garçons de la famille Power de Québec. Exceptionnellement, le jeune Frank rejoint les réguliers Charles (Chubby) et Joe comme joueurs pour Québec tandis que l’excellent Rocket troque son poste de défenseur pour celui d’arbitre. Enfin, le frère aîné William Gossard est encore le juge en chef.

L’histoire ne dit pas si les jeunes soeurs Kathleen et Winifred Power ont encouragés leurs frérots ou profiter d’un moment de répit à la maison…

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Un autographe svp.


Le grand Joe Malone avait un frère : Jeff. Le défenseur a joué six parties avec le grand club dont deux comme joueur substitut lors de la magnifique saison 1912-1913 (Indice: c’est le 5e à partir de la gauche sur la banderole du site). Moins talentueux, il a tout de même laissé sa marque sur… un bout de papier qu’un partisan de hockey lui a sans doute présenté le soir d’une rencontre.

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On y retrouve ce qui semble être un "P" pour Patrick (Jeff Patrick Malone), sa signature et la saison en cours. Banal? Pas vraiment.

Il ajoute ceci de très important : "Quebec Bulls Dogs 1912-1913". Il confirme ainsi que l’équipe est déjà reconnue sous ce surnom, même si les quotidiens s’entêtent à les appeler "Quebec Hockey Club". Comme "Bulldogs" n’est jamais écrit dans les journaux à ce moment, il est fort à parier que l’ami Jeff ne l’avait jamais lu.

Par contre, au bas d’une photo d’équipe datant de 1913 vu récemment, on retrouve l’épellation "Bull Dogs". Bull Dogs ou Bulldogs ? La question reste en suspend puisque de toute façon, l’équipe ne s’est jamais appelé comme ça.

Cliquez sur les statistiques pour une plus belle image.

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Le filet: "Inventé par Québec”, amélioré par LeSueur.


Dartmouth, 1906: Le but de hockey avant l'adaptation que l'on connait aujourd'hui: la barre horizontale était derrière les poteaux. (photo: Dartmouth.edu)

Dartmouth, 1906: Le but de hockey avant l'adaptation que l'on connait aujourd'hui: la barre horizontale était derrière les poteaux. (photo: Dartmouth.edu)

Imaginez : un match de la LNH avec des buts sans filet, seulement 2 poteaux et sans barre horizontale! Les reprises vidéos à n’en plus finir… et le but d’Alain Côté dans tout ça ?

Le filet n’était pas envisageable à la fin du 19e siècle parce que la rondelle pouvait circuler des deux côtés : par devant ou par derrière ! Les disputes se succédaient au rythme des buts refusés ou accordés.

C’est en 1898 que H.E. Scott et Frank Storr Stocking du Quebec Hockey Club marquent l’histoire en proposant des buts avec des filets. Cette nouveauté, adopté pour la saison 1899-1900 est très rapidement utilisée par les autres ligues. (La Nouvelle-Écosse revendique aussi cette invention en 1899). 12 ans plus tard, un gardien de but de Québec allait changer à jamais l’allure du "but".

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McGill, 1904. Remarquez les poteaux à gauche de l'image.

McGill, 1904. Remarquez les poteaux à gauche de l'image.

Percy LeSueur est né dans la vieille capitale en 1881. Il a évolué à l’aile gauche avec Les Victorias et les Québec Seniors avant de déménager à Ottawa en 1904. C’est là qu’il devient gardien de but, un métier qu’il fera pendant plus de dix ans, dont huit avec les Sénateurs, remportant avec cette équipe deux Coupes Stanley. Percy LeSueur a été intronisé au Temple de la Renommée du hockey en 1961. Il est mort quelques mois plus tard, le 27 janvier 1962.

L’article du Quebec Chronicle du 22 décembre 1911 rappelle que Québec a proposé le "filet" et qu’un des siens l’a amélioré afin de "dissiper tout doute possible"…

Le "filet LeSueur" sera en vigueur jusqu’en 1925.

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Caricatures: résumé dessiné d’une victoire du Club Québec


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La Patrie nous offre une belle surprise en ce lundi 13 mars 1913 : une œuvre du caricaturiste sportif illustrant la défaite de leurs Wanderers face au très puissant Club Québec. Cette victoire de 6-4 était la 10e de suite des détenteurs de la Coupe Stanley. Selon le journaliste, cette séquence victorieuse était inégalée dans la courte histoire du sport. Québec remportait ainsi leur 15e de 16 victoires dans le calendrier de 20 parties. Les joueurs de Québec en vedette sont Harry Mummery, joueur de "points" (défenseur), Joe Malone, auteur de 4 buts, Russell "Rusty" Crawford et Patrick "Paddy" Moran, l’excellent gardien de Québec. Ces trois derniers sont membres du Temple de la Renommée du hockey.

Jamais le Club Québec n’a été aussi dominant dans son histoire.