Chubby Power honoré par le gouvernement du Canada


Belgique, 1916. Lieutenant Charles Gaven Power au centre, entouré du  Lt. G. Grondin, Lt. René Pelletier (debout), Lt. W.E. Beaton et le Major A.T. Powell (assis). Ses quatre compagnons tomberont au combat avant le mois d’avril 1917. Extrait du livre biographique «A Party Politican : The Memoirs of Chubby Power », Collection Marc Durand.

Belgique, 1916. Lieutenant Charles Gaven Power au centre, entouré du Lt. G. Grondin, Lt. René Pelletier (debout), Lt. W.E. Beaton et le Major A.T. Powell (assis). Ses quatre compagnons tomberont au combat avant le mois d’avril 1917. Extrait du livre biographique «A Party Politican : The Memoirs of Chubby Power », Collection Marc Durand.

Heureux de lire l’article ce matin dans Le Soleil concernant un très bel hommage à ce grand politicien qu’a été Charles Gavan « Chubby » Power. Une plaque commémorative honorant sa vie militaire, puis politique, a été dévoilée hier par le ministre Steven Blaney. Elle sera accrochée au Cercle de la Garnison de Québec, là où il a passé plusieurs moments de  sa vie.

Je vous invite à lire l’article ici.

Chubby n’a joué que deux saisons complètes avec le Québec Hockey Club, amassant la somme impressionnante de 44 buts en 23 parties. Il aurait pu jouer avant et après les saisons 1908 et 1909, mais il étudiait au Collège Loyola (Concordia) à Montréal et a poursuivi ses études à l’Université Laval par la suite, tout en menant une carrière militaire, bien expliquée dans l’article.

Aussi, c’était l’époque tumultueuse du début du professionnalisme dans le hockey, étape qu’il a toujours refusé à franchir.

Toute sa vie, il aimait revenir sur ses exploits sportifs et n’en manquait pas une pour prendre un petit scotch avec ses amis de Québec. Il rappelait que son Club aurait dû mériter la Coupe Stanley de 1904, littéralement volée par l’Ottawa Hockey Club. Dans les années 60, il est celui qui a proposé avec succès la candidature de son coéquipier Paddy Moran au Temple de la renommée du hockey.

Chubby a l'âge de 16 ans, dans l'équipe du Collège Loyola.

Chubby à l’âge de 16 ans, dans l’équipe du Collège Loyola.

Ses frères Joe et James Rockett ont aussi connu de grands moments dans le hockey. Le premier a compté 84 buts en 62 parties et a été le Président et Capitaine du Club Québec pendant plusieurs saisons. C’est lui qui a permis la signature des premiers joueurs professionnels avec les « Bulldogs » dans la NHA. « Rocket », un solide défenseur, a été le seul à signer des contrats professionnels. Il est aussi le premier anglophone à avoir joué pour le Canadien de Montréal.

Je vous signale qu’on a déjà parlé du trio de frères réunis lors de certains matchs.

Très heureux pour la famille Power qui a encore des racines dans la région et dont le sang se mélange à celui des Malone et des Cannon.

Didier Pitre à Québec? Sur une carte de hockey seulement.


Renaud Dorval me demande via Twitter pourquoi la National Hockey Association (NHA) a refusé la transaction qui aurait permis au Quebec Hockey Club d’aligner le  meilleur compteur du Canadien, le joueur étoile Didier Pitre. La réponse se trouve à la page 88 de mon livre « La Coupe à Québec : Les Bulldogs et la naissance du hockey ».  En voici l’extrait, agrémenté de quelques détails supplémentaires.

Joseph George Didier Pitre, dit Cannonball ( 1883-1934), est un ailier droit québécois professionnel de hockey sur glace ayant essentiellement joué pour les Canadiens de Montréal. Élu au  Temple de la renommée du hockey en 1962.

Natif de Valleyfield, Joseph George Didier Pitre, dit Cannonball ( 1883-1934), est un ailier droit ayant essentiellement joué pour les Canadiens de Montréal. Élu au Temple de la renommée du hockey en 1962. Cette carte de hockey de la saison 1912-13 l’identifie au Club de Hockey Québec.

DIDIER PITRE À QUÉBEC !

Le 26 novembre 1912, les journaux annoncent en grande pompe l’arrivée du joueur étoile du Canadien de Montréal, l’attaquant Didier Pitre, auteur de 28 des 59 buts de son club en 1912, bon pour le 2e rang de la NHA.  En échange, Québec aurait donné les droits du déserteur Goldie Prodger, que le propriétaire George Kendall (dit Kennedy) du Club de Hockey Canadien croit être capable de rapatrier dans la NHA.

Selon l’Action Sociale, Kendall était au théâtre Princess de Québec la veille en tant que promoteur de lutte, sa passion première.  C’est là qu’il aurait accepté l’offre de Québec.  À ce moment, le secrétaire Arthur Derome est à Montréal et convainc Pitre de signer le contrat évalué plus tard à 3 000 $, la plus importante somme jamais offerte par le Club Québec.  Ce journal n’est pas peu fier de cette nouvelle :

« Tout en augmentant de 100 % la valeur de son équipe, elle vient de donner à l’élément canadien-français de Québec, dont l’encouragement n’a jamais fait défaut aux champions, un représentant sur l’équipe. ».

Le « star French-Canadian player » est reçu comme un héros par la presse, logé avec sa femme à l’hôtel Victoria, accueilli avec une réception réservée aux grandes vedettes. Pitre est sur la glace pour le premier entrainement du 11 décembre et est ovationné à tout rompre, comme les joueurs Malone, Hall et Moran. Malheureusement, les centaines de spectateurs aux entrainements seront bientôt fort déçus. Des rumeurs ramènent Pitre à Montréal, d’abord niées par Québec. Le 21 décembre, le Quebec Chronicle se questionne : « Quelle est la position de Québec dans l’affaire Pitre ? »

Le lendemain, la NHA est réunie à Toronto et entend la version officielle de cette transaction. Pitre est, dans les faits, loué à Québec et le Canadien pourrait en tout temps réclamer ses services, ce qu’il ferait s’ils sont dans la course en 2e moitié de saison.  Kendall savait compter : la NHA, qui avait adopté la saison précédente le hockey à six joueurs, devait revenir au hockey à sept joueurs le 1er février. Le Canadien aurait coupé de moitié le salaire de son joueur étoile et récupéré son 7e joueur pour l’autre moitié de saison, tout en affaiblissant considérablement le Club Québec, détenteur de la Coupe Stanley.

Cette transaction illicite avait aussi pour but d’empêcher Pitre de se diriger vers l’ouest canadien.  Plus tôt en novembre, Vancouver avait échangé Newsy Lalonde au Canadien contre Pitre, mais Kendall refusait d’y donner suite, prétextant que la Pacific Coast Hockey Association (PCHA) se comportait cavalièrement avec la NHA.  Cette dernière délibère et refuse l’entente Québec-Montréal, ce qui met fin à l’association de Pitre avec Québec.  Frank Patrick, patron de la PCHA réclame de nouveau la transaction Lalonde – Pitre, sans succès.

Voyant la popularité du canadien-français auprès de la population, Québec aurait tenté de conclure une transaction valable auprès du Canadien. Malheureusement, « les canadiens-français de la vieille capitale n’auront jamais la chance d’applaudir un des leurs dans l’uniforme québécois » écrira l’Action Sociale. Pitre jouera avec le Canadien, tout comme Newsy Lalonde, ce qui envenime les relations NHA – PCHA.

Publicité du 15 février 1917. Didier Pitre et plusieurs joueurs professionnels patinent sur ses lames.

Publicité du 15 février 1917. Didier Pitre et plusieurs joueurs professionnels patinent sur les lames Fleming fabriquées à Québec.

Le populaire joueur québécois gardera toutefois un précieux souvenir de son passage à Québec : ses patins, fabriqués au Quebec Skate Manufacturing Co. du 259 rue St-Jean.  L’année suivante, il en commande une autre paire depuis Vancouver, qui l’a finalement acquis.

Et notre souvenir de son passage à Québec ?  Celui d’une carte de hockey de la série C-57, imprimée un peu trop tôt.

Avant Michael, y’a eu George McCarron !


George McCarron, tel qu'illustré par le Pittsburg Press du 18 janvier 1903.

George McCarron, tel qu’illustré dans le Pittsburgh Press du 18 janvier 1903.

Le Canadien vient de faire de l’Américain Michael McCarron son 1er choix au repêchage en 2013. 110 ans plus tôt, c’est à un McCarron de Québec de faire la une des pages sportives de Pittsburgh. J’ignore si un lien de parenté les unis, mais chose certaine, George a été le premier joueur de hockey professionnel de la grande famille.

Dans les faits, cet attaquant de Québec est d’abord le tout premier joueur de hockey professionnel natif de la Capitale. Il m’a été impossible de retracer le certificat de naissance de George Ernest Irwin McCarron. Né en 1879 ou 1880, il est peut-être aussi de Pont-Rouge comme son frère Thomas né en 1877. De sang paternel irlandais et écossais du côté de sa mère, il habite le 78 St-Vallier à Québec au rescencement de 1881. Il est un des grands joueurs à avoir porté le chandail des Crescents, un autre club de Québec, auquel il est associé dès 1896 lors de la victoire de ce club au Carnaval de Québec. C’est aussi cette année là qu’il s’enrole dans la milice volontaire canadienne du 8e Régiment comme bon nombre de ses coéquipiers.

Très attaché aux Crescents, tout comme son frère aîné Thomas qui en est le secrétaire-trésorier, il a fort probablement résisté aux appels du grand club senior pour demeurer avec son club de calibre intermédiaire.  Il ne jouera que deux matchs avec le Quebec Hockey Club,  en 1900-01, le temps de compter 7 buts ! Il passe les deux années suivantes avec les Crescents. Presque tous ses coéquipiers dorénavant avec le club Québec, il amorce une carrière professionnelle chez le Pittsburgh Athletic Club pour la saison 1902-1903. Officiellement, George travaille à la Pittsburgh Steel Corporation, mais la grande majorité des joueurs canadiens de la Western Pennsylvania Hockey League ont une prime pour jouer au hockey, ce qui est formellement interdit dans les ligues canadiennes, encore toutes amateurs. De plus, cette année là, il termine premier compteur de son équipe avec 14 buts en 13 parties et premier au chapitre des pénalités avec 47 minutes « sur la bande ». Il est, sans surprise, nommé sur la première équipe d’étoile de la ligue.

Toujours cet hiver là, un samedi matin du 22 février 1903, George McCarron prend pour épouse à Pittsburgh Emma Martin de Québec, fille d’Edward Martin, rue de l’Artillerie. Ils auront une fille. Ethel, née en 1904 dans la ville de l’acier.

George McCarron, en 1898 avec les Crescents de Québec.

George McCarron, en 1898 avec les Crescents de Québec.

Après deux autres saisons professionnelles à Pittsburgh et à Sault-Ste-Marie au Michigan, il tente un retour à Québec en 1905, prenant part au camp d’entraînement du Quebec Hockey Club. Il sera du premier voyage du Club à Ottawa comme joueur de réserve, mais ne verra pas d’action et quittera l’équipe.

On le retrouve pour une compagnie ferroviaire à Chicago en 1910, mais sera de retour à Québec très rapidement. On le verra tantôt comme arbitre (il sera utilisé d’ailleurs dans la NHA) et capitaine de son équipe des employés des chemins de fer de 1914 à 1916. Il meurt le 13 octobre 1923, à l’âge 43 ans. Le Quebec Chronicle dit alors de lui qu’il fût « l’un des meilleurs joueurs de crosse et de hockey de son époque ».

Espérons pour le Canadien que ce Mikael McCarron soit du même calibre.

22 octobre 1966, dernière présence sur la glace pour Joe Malone.


Joe Malone Forum 1966

Joe Malone, saluant la foule à son entrée sur la glace du Forum de Montréal, le 22 octobre 1966. Cliquez sur la photo pour voir le montage vidéo.

À l’automne 1966, la LNH célèbre son 50e anniversaire. Le Club de hockey Canadien profite de son match d’ouverture pour présenter ses joueurs et bâtisseurs membres du Temple de la Renommée du hockey qui ont fait du Tricolore la plus grande organisation de la ligue. Parmi les Aurèle Joliat et Butch Bouchard (ce dernier honoré un peu plus tôt la même année) se pointe sur la glace Joe Malone, alors âgé de de 76 ans.

Sa présence est précédée de la présentation de René Lecavalier, maitre de cérémonie sur la patinoire. Il s’en est sans doute voulu d’avoir dit « 44 buts en 22 saisons » en parlant de celui qui, 50 ans plus tôt, avait dominé outrageusement cette première saison de la LNH avec 44 buts en 22 matchs, bien qu’en fait, il n’en a joué que 20.  On le présente à 1:00 du montage vidéo.

J’ai édité la présentation afin de préserver l’essentiel. J’ai cru bon ajouter celle de Maurice Richard et le long retour vers les gradins. Joe Malone prendra part à d’autres évènements reliés au hockey avant de quitter ce monde en 1969. Ce document très rare est certainement sur la toile pour la toute première fois.

NOTES: À la question de mon ami Paul Foisy, du site Sport et Société, voici la liste des légendes présentées sur la glace, dans l’ordre: Sylvio Mantha, Aurèle Joliat, Herb Gardiner, Joe Malone, Frank Selke, Elmer Lach, Bill Durnam, Emile Bouchard, Kenny Reardon, Maurice Richard et Toe Blake. Intéressant, René Lecavalier mentionne à la fin de cette liste qu’Ambrose O’Brien, co-fondateur du Canadien et Newsy Lalonde n’ont pu prendre part à la cérémonie.

Les joueurs oubliés: Charles Constantine


Le Major général Charles Francis Constantine (1883-1953) collection Peter C. Ginn

Plusieurs livres de références en hockey ignorent qui était ce « Constantine », un prolifique « rover » n’ayant joué qu’une saison avec le Club Québec. Né à Winnipeg, Charles Francis Constantine devient Lieutenant dans l’artillerie Royale Canadienne en 1906 et est muté à Québec. Excellent athlète recruté par le Quebec Hockey Club, il termine au premier rang des compteurs du club avec 15 buts en seulement sept parties. Son passage dans la ECAHA où certains joueurs sont payés l’empêchera plus tard de jouer dans des ligues amateurs. Commandant du collège militaire de Kingston de 1925 à 1930, il en sera aussi l’entraîneur de hockey. L’aréna Constantine toujours debout a été inauguré en  1960. Il est le seul joueur du club Québec a avoir eu cette honneur.

En plus d’exceller au hockey, Charles Francis Constantine trouve une place sur le 15 de deux grands clubs de rugby anglais, le Blackheath F.C. et le Harlequin F.C. en 1911. Il est assis, premier à gauche.

Les clichés oubliés: en voiture !


Encore 25 jours d’ici la parution du livre « La Coupe à Québec, les Bulldogs et la naissance du hockey » le 14 novembre… Patience ! Pour vous aider, je vous offre des photos qui n’ont pas fait l’objet de la sélection finale. Imaginez la qualité du livre !

Pour la première fois au grand jour, cette photo du Quebec Hockey Club à une gare de train, en route avant ou après leur tournée à New-York et dans l’ouest canadien en mars et avril 1913. Cette photo de la collection privée de Joe Malone Jr. que j’ai coloré nous montre dans l’ordre (haut): Charles Frémont (adm), Dave Beland, Harry Mummery, M.J. Quinn, Joe Malone, Paddy Moran, Rusty Crawford (bas): probablement l’administrateur Leo MacWilliam et Joe Hall. Admirez les magnifiques chandails de laine aux couleurs de l’équipe. L’écusson semble afficher les mots: « Quebec Hockey Club champion N.H.A. 1913″