Qui êtes-vous ? Pénélope McQuade découvre Arthur Derome.


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Pénélope McQuade, une "bulldog" dans le sang !

Vous avez raté "qui êtes-vous?" avec Pénélope McQuade samedi, le 30 novembre 2013? Disponible sur tou.tv, on découvre avec elle son passé, dont l’histoire de son arrière grand-père Arthur Derome, un des directeurs des Bulldogs en 1912, gagnant de la Coupe Stanley. J’ai été interpelé en tant qu’expert, à l’été 2012, bien avant la publication du livre.

L’Action Catholique qui relate de la mort d’Arthur Derome (le 30 décembre 1957 à l’âge de 76 ans) décrivait les grands moments de sa vie de cette façon:

Arthur Derome, en 1913

Arthur Derome, en 1913

Bien connu dans le monde des affaires et du sport, il avait été pendant sept ans  gérant de l’entrepôt frigorifique du port de Québec et fût directeur du Quebec Hockey Club, qui remporta trois fois le championnat mondial. Il fût l’un des premiers membres du club de golf de Ste-Pétronille et du club de curling Jacques-Cartier. Pendant la première guerre mondiale, il était lieutenant dans les forces armées canadiennes.

‘Trois fois champion du monde" ? Le Quebec Hockey Club a bien gagné la Coupe Stanley en 1912 et 1913, puis le tournoi annuel de New York en mars 1912, considéré par les journaux de l’époque comme un Championnat du monde, peut-être parce qu’il était disputé dans un autre pays que le Canada.

Avec les Bulldogs, champions de la saison 1912-13. Dernier à droite, 3e rangée.

Il a certainement été des bâtisseurs de l’ère professionnelle du Club. L’histoire veut qu’il a été celui qui tend le contrat de 3000$ qu’offre le club Québec au joueur étoile Didier Pitre pour la saison 1912-13. En mars 1913, il appui le projet de construction du nouvel aréna de Québec au Parc Victoria proposé par le Groupe Dussault, alors que le Club de hockey Québec offre sa propre solution, près de la Gare du Palais. L’option endossée par Derome aura finalement l’avale de la Ville et des Bulldogs, mais cette aventure aura peut-être contribuée au divorce.

LA CROSSE PROFESSIONNELLE À QUÉBEC

 Fort des succès des Bulldogs, l’ex-directeur du club de hockey Arthur Derome devient en 1914 gérant d’une franchise de la Dominion Lacrosse Association, un nouveau circuit professionnel. Le club Québec rivalise avec Toronto, Tecumseh (Toronto) et le National (Montréal)  qui compte sur Didier Pitre et le meilleur joueur de crosse de l’époque, Newsy Lalonde.

 Le préparateur physique Dave Béland est appelé à entrainer des joueurs tels les frères Malone et Paddy Moran qui font partie de la formation en début de saison. Le match d’ouverture attire 2000 personnes au Parc de l’Exposition, mais la fête ne s’étire pas.  Sans beaucoup de succès, les gens de moins en moins enthousiastes préfèrent de loin le baseball pratiqué sur le terrain d’à côté.  Derome démissionne le 18 juin.

 Le 12 juillet, avec une seule victoire en poche, le « Québec » devient les « Irish-Canadians » et jouent leurs matchs locaux à Montréal. Moran et les Malone, disparus depuis longtemps et les autres joueurs de la Capitale ne sont plus de l’alignement.

 La ligue et toutes les autres au pays fermeront leurs livres en 1915. L’âge d’or de la crosse au Canada est révolu. Québec aura droit de nouveau à de la crosse professionnelle en 1975 avec les Caribous.

Arthur Derome est mort le 30 décembre 1957, il habitait toujours Ste-Pétronille, Ile d’Orléans.

Le skating rink de 1877: Le troisième à Québec, pas le premier.


Scope (Québec) novembre 2013. La correction est de moi ;)

Québec Scope magazine, novembre 2013. La correction est de moi ;)

Le magazine Québec Scope publie un intéressant top50 des choses qu’on ne savait (peut-être) pas sur la Capitale. L’item numéro 10, en page 36, traite du Quebec Skating Rink devant le Parlement. C’est vrai qu’il a été inauguré en décembre 1877, mais il s’agit bien du 3e, pas du premier. L’article aurait eu plus de punch s’il avait informé ses lecteurs d’une première historique: La Ville de Québec a été la première à offrir une patinoire intérieure, dès 1851! Le hangar était situé au quai de la Reine. Le Club de patinage de Québec, fondé la même année, érige un Skating Club plus spacieux tout près du Parlement en 1864. C’est la construction de ce dernier qui oblige le club de patinage à aménager un terrain près de la porte St-Louis. Comme le précise avec justesse l’article, il a dû être démantelé en avril 1889, mais son déménagement ne sera pas complété avant le mois de décembre 1891. Je vous invite à consulter les photos et les articles concernant ses immeubles dans mon livre La Coupe à Québec, les Bulldogs et la naissance du hockey.

Encore quelques heures pour miser sur la collection Simon Bourque.


Voici les dernières mises de la collection Simon Bourque concernant les cartes des principaux joueurs des Bulldogs. La C55 de Joe Malone domine les enchères à 4173 $. On peu miser encore jusqu’à demain en cliquant ici. Classic Auctions. Lisez bien les instructions et les petits caractères !

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Goldie Prodger (et non Prodgers) avec le chandail numéro devant de 1912. Il avait déserté le Club Québec avec Oatman et MacDonald pour s’aligner avec le club Victoria de la PCHA en 1913.

Joe Malone 1911-12 Imperial Tobacco C55:    4 713 $

Joe Malone 1912-13 Imperial Tobacco C57:    1 330 $

Joe Malone 1923-24 William Paterson V145-1:    807 $

Joe Hall 1911-12 Imperial Tobacco C55:    666 $

Joe Hall 1912-13 Imperial Tobacco C57:    165 $

Joe Hall 1912-13 Imperial Tobacco C57(PSA 6):    783 $

Paddy Moran 1911-12 Imperial Tobacco C55:    1 075 $

Paddy Moran 1912-13 Imperial Tobacco C57:    587 $

Jack MacDonald 1911-12 Imperial Tobacco C55:    363 $

Jack MacDonald 1912-13 Imperial Tobacco C57:    393 $

Eddie Oatman 1911-12 Imperial Tobacco C55:    1 149 $

Eddie Oatman 1912-13 Imperial Tobacco C57:    267 $

Goldie Prodger 1912-13 Imperial Tobacco C57:    324 $

Goldie Prodger 1923-24 William Paterson V145-1:    334 $

Goldie Prodger 1924-25 Champ’s Cigarettes C144:    220 $

Jack Marks 1912-13 Imperial Tobacco C57:    294 $

Tommy Dunderdale 1911-12 Imperial Tobacco C55:    2 148 $

Tommy Dunderdale 1912-13 Imperial Tobacco C57:    363 $

Québec, berceau du hurley au Canada ?


joueur de hurley, historyirland.com

joueur de hurley, historyirland.com

Je vous raconte cette histoire même si, selon moi, elle n’est pas tout à fait terminé. Je cherche encore une façon de changer la fin ;)

Il y a plusieurs mois, un lecteur de mon livre "La Coupe à Québec" m’a fait suivre par la poste une copie d’une page d’un bouquin qui m’a vraiment intrigué. On y retrouve l’apparence d’un journal personnel, daté du 24 janvier 1826, qui raconte la pratique d’un jeu, le hurley, dans les rues de Québec.

Mardi, 24 janvier.— Les enfants ont inventé, depuis un an ou deux, un nouveau jeu d’hiver qui menace de devenir un danger pour les passants, si on n’y met pas bientôt bon ordre. J’ai moi-même failli être la victime d’une de ces bandes de jeunes joueurs qui, dans l’ardeur de leur nouveau passe-temps, considèrent tous ceux qui tentent de passer là, où ils sont à se pourchasser dans la rue, comme des intrus passibles des châtiments les plus sévères. Je remontais l’Esplanade quand, à l’angle de la rue Sainte-Anne, je suis tombé au milieu d’une dizaine de vauriens qui, hurlant à qui mieux mieux, les uns armés de lourds gourdins, les autres de vieux balais, couraient après une balle. J’ai reçu deux ou trois coups à me rompre les mollets et chevilles, avant de réussir à me tirer hors de cette cohue pour continuer ma route en pestant contre cette engeance indisciplinée et d’une grossièreté à faire dresser les cheveux sur la tête. L’inventeur de ce jeu mériterait le fouet et la potence … ou le fouet tout court. Le plus beau de l’affaire, c’est qu’il n’est plus un coin de la ville exempt de cette nouvelle folie. Dès que trois ou quatre enfants se sont réunis, le jeu (je devrais dire le massacre) commence. Faute de balle, on se sert d’un glaçon ou d’une patate gelée. Il paraît qu’on a donné un nom à ces batailles — le " Hurley ". (43) Que le ciel nous en débarrasse, puisque nos magistrats, comme toujours, préfèrent attendre que quelque citoyen honorable se soit fait assommer ou tuer avant d’intervenir.

Journal d'un bourgeois de Québec page frontaleSans attendre, j’ai cherché le livre en question. C’était vraiment mon jour de chance, un libraire de la rue St-Jean de Québec avait "Le Journal d’un bourgeois de Québec", un ouvrage posthume écrit par Émile Castonguay (1894-1956), publié en 1960. La préface du livre dit de Castonguay "qu’il était l’un des hommes les plus érudits du Canada français", jadis gérant général du quotidien l’Action Sociale et passionné d’histoire. Signant plusieurs textes pour le journal l’Action Catholique sous divers noms de plume, Castonguay raconte ici le quotidien d’un citoyen canadien-français anonyme, rentier et avide de loisirs, d’art et de culture. Échelonné entre mars 1825 et décembre 1826, son récit couvre une période négligée des historiens, non sans raison, car il ne se passe pas grand chose à Québec, sauf en ce 24 janvier 1926 en ce qui me concerne.

Castonguay avait, selon ma compréhension, mis la main sur ce journal intime et avait décider de l’éditer avec ses annotations. Cette page 211 citée plus haut en offre un bel exemple: (43) s’agirait-il de l’apparition du jeu de hockey ?

Cette phrase, comme la présence du mot hurley m’ont vraiment fait bondir. Mon collègue du S.I.H.R., le suédois Carl Giden, une sommité sur les origines du hockey semble aussi excité que moi: "Si c’est vrai" m’écrit-il, "il s’agit de la première mention du mot hurley au Canada". L’historien Bill Fitsell ajoute à nos échanges par courriel que ce serait aussi important, sinon plus, que la première mention du mot hockey au Canada, qui remonte au journal d’expédition de John Franklin, alors aux Territoires du Nord-Ouest, en 1825.  Le Hurley (ou Hurling) est un jeu irlandais ancêtre du hockey comme plusieurs jeux disputés en groupe utilisant balle et bâtons. Les Écossais jouent au Shinty ou au Shinny, les Anglais utilisent les termes Hockey ou Bandy et plus tard, les textes franco-canadiens parlent aussi d’un jeu de crosse.  En le désignant "hurley", notre Bourgeois condamne en quelques sortes un groupe de plus en plus présent en ville: les Irlandais. Ses ouvriers et leurs enfants n’ont pas une bonne réputation auprès de l’élite…

Je devais en avoir le cœur net. J’ai rejoint Claude Castonguay, le fils d’Émile, celui-là même que l’histoire décrit souvent comme le Père de la carte d’assurance-maladie au Québec. Dans mes rêves les plus farfelus, il avait encore le manuscrit original. Sa réponse m’a vite fait retomber sur terre:


(…) je dois avouer que le bourgeois et son journal n’ont existé que dans le cerveau de mon père. Par contre, comme il était féru de la petite histoire du 19ème siècle, s’il parle du hurley, c’est que ce jeu a existé. Tout intéressait mon père,  y compris les sports (…)

Nous voilà bien loin d’une preuve historique. J’ai été naïf et excité au point de négliger les passages du livre qui aborde le caractère fictif du personnage.

N’empêche, le récit d’Émile Castonguay et ses extraits précis qu’on retracent aussi dans les journaux de l’époque entrouvrent une porte: Et si son passage sur les aventures des jeunes joueurs de hurley était vraiment tiré d’un fait réel ? À preuve, cette vraie lettre retracée par Giden et Houda du SIHR, datée du 2 novembre 1827 (et rendue publique en 1919 par la société historique Columbia de Washington, DC) écrite par l’Américain Ephrem Steady qui offre à peu près la même histoire :

"Amis Gales et Seaton: Certains de vos concitoyens souhaitent être informés si une loi a déjà été votée par notre société, soit d’interdire le bandy dans les rues? Si une telle loi est en existence, le sujet devrait retenir l’attention du Conseil; nos yeux et nos membres sont
souvent mise en danger par cette pratique, et les dames sont obligés de modifier leur route ou
rencontrer le risque d’être renversé par les partis en lice pour le bandy-ball"...

Émile Castonguay savait peut-être que le souhait de son Bourgeois allait être éventuellement exaucé. Le Conseil de la Cité de Québec possède depuis au moins 1848 un règlement qui stipule que la pratique du hurley (appelé crosse dans la version française) dans les rues, ruelles ou places publiques de la Cité de Québec est interdite, sous peine d’une amende de 5 Chelins (Shillings) ou une peine maximum de 30 jours de prison.

Ironiquement, la Ville de Québec interdit toujours ce genre d’activité qu’on désigne maintenant "jeu dans une rue", même si aucune amende n’aurait été décerné depuis 2006.

Que de mystère, non ? Mes premières recherches en janvier 1826 ont été infructueuses mais je garde confiance de trouver ma conclusion rêvée car, ne l’écrit-il pas dès le départ, le jeu a été inventé par des enfants "il y a un an ou deux"…

Extrait de "Règlement pour l'entretien des chemins en cette Cité, 1848.

Extrait de "Règlement pour l’entretien des chemins en cette Cité, corporation de Québec", 1848.

Les chandails au fil des saisons (1/3)


Mon confrère de la SIRH Danny Laflamme travaille sur un projet bien ambitieux: recréer le plus fidèlement possible les chandails portés par les joueurs des équipes majeures en Amérique du Nord, de 1885 à 1930. Ce défi est de taille, car plusieurs éditions sont restées sans image sinon, de piètres qualités et bien sur, en noir et blanc.  Son objectif est de rendre accessible cette base de données aux membres du SIRH.

J’ai bien sur sauté sur l’occasion pour lui offrir mon aide au sujet du Quebec Hockey Club. Il s’est glissé plusieurs erreurs de dates et même de conception à travers le temps et les différents sites web et livres sur le sujet.

Grâce à sa collaboration et sa permission, voici donc le premier de trois volets sur les chandails du club de hockey Québec.

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Quebec Hockey Club 1877-78 (première édition) création: Danny Laflamme.

Quebec Hockey Club 1877-78 (première édition) création: Danny Laflamme.

chandail du club de football-rugby de Québec, 1878.Il est fort probable que le premier chandail porté par les joueurs de ce tout nouveau sport intérieur qu’est le hockey sur glace soit en fait un chandail de… football ! La plupart des hockeyeurs du Club, dont le capitaine Charles Miller venaient de remporter un championnat de rugby-football sous ses couleurs. Au fil des ans, le chandail aux lignes horizontales bleues et blanches (ou grises) est fréquemment utilisé par le "premier" club de la ville de Québec, que ce soit en football, en crosse et bien sur, en hockey.

Quebec Hockey Club 1887-88 création: Danny Laflamme.

Quebec Hockey Club 1887-88 création: Danny Laflamme.

1888 chandail QuebecCertainement le plus différent chandail de l’équipe, il est clairement identifié au groupe anglo-saxon de la majorité des joueurs de l’époque. La Croix de St-Georges, rouge sur un écusson blanc, est aussi utilisée sur le drapeau de l’Angleterre, dont le saint est également le patron (wikipedia). Comme le chandail ne nous permet pas de définir précisément sa couleur principale, nous avons opté logiquement pour le bleu. Il nous est impossible de connaitre exactement le moment de son apparition dans le vestiaire du Club. Peut-être est-il ainsi depuis plusieurs années…

Quebec Hockey Club 1891-92 création: Danny Laflamme.

Quebec Hockey Club 1891-92 création: Danny Laflamme.

QuebecAprès deux hivers sans toit, le Club de Hockey Québec emménage dans le Quebec Skating Rink revampé sur les Plaines d’Abraham en décembre 1891. Une des rares photos du Club sans trophée, sinon, peut-être, ce nouveau chandail qui compte encore 6 lignes horizontales. Remarquez la ligne bleue supérieure qui se sépare pour laisser jaillir le col roulé. Il n’apparaît aucun logo ni numéro. D’ailleurs, il n’y en aura pas pour encore 20 ans…

Quebec Hockey Club 1893-94 création: Danny Laflamme.

Quebec Hockey Club 1893-94 création: Danny Laflamme.

Quebec 94Le fait d’arme de la saison 1894 est sans aucun doute cette victoire de 3-2 contre le premier et alors détenteur de la Coupe Stanley, le Montreal Hockey Club (associé et souvent appelé M.A.A.A.), lors du match qui a cloturé le premier Carnaval de Québec. Albert Edward Swift (photo) porte d’ailleurs une des médailles obtenues à la suite de cette brillante victoire, grandement célébrée en Ville. L’autre, c’est pour féliciter le Club pour la belle saison.

Clichés oubliés: George Vézina avec le Chicoutimi


Le Club de hockey Chicoutimi, 1908. Cette équipe qui challenge régulièrement les meilleurs clubs au Québec compte sur le gardien George Vézina (1887-1926) (à la position 4 sur une horloge). On le dit déjà exceptionnel, mais il accorde 34 buts pour trois défaites en quatre parties répertoriées contre les clubs de l’Université Laval et Québec entre 1905 et 1909. Il impressionne toutefois les gens du Canadien en 1910, assez pour le mettre sous contrat pour la saison 1910-11.

 

 

Les clichés oubliés: La Coupe Robinson


Encore une vingtaine de jours avant la sortie en kiosque du livre "La Coupe à Québec: les Bulldogs et la naissance du hockey".

Benoit Morin est l’unique détenteur d’une rare pièce d’anthologie du Club Québec: la Coupe Robinson, remise par un Américain de passage en 1906. Benoit m’avait contacté il y a quelques années via mon site. L’histoire de ce trophée sera abondamment raconté dans le livre. Merci encore Benoit, chanceux !