De retour au Salon du livre de Québec, les 11 et 12 avril 2014.


accueil_55J’aurai le plaisir d’enfiler de nouveau mon chandail d’auteur lors du Salon international du livre de Québec, alors que je serai debout devant le filet du kiosque des Éditions Sylvain Harvey pour stopper les visiteurs et leur offrir La Coupe à Québec: Les Bulldogs et la naissance du hockey. Venez me rencontrer vendredi le 11 avril de 17h à 18h et samedi le 12 avril de 16h à 17h et de 18h à 18h30. Je serai au stand 258 et je devrais arborer un chandail du Quebec Hockey Club, dont mon tout nouveau chandail 1913 de Paddy Moran. Il me fera plaisir de jaser "old time hockey" avec vous. Si vous avez déjà acheté le livre (merci !!!) venez le faire dédicacer ! Au plaisir de vous rencontrer !

Encore 6 jours avant le lancement: le Club Québec champion du monde.


Photomontage du photographe Beaudry à partir des photos prises pour une série de cartes postales. Il est intéressant de voir les images de Joe Savard, Dave Beland etc (les 5 d’en bas) qui n’ont finalement vu le jour que dans les journaux. Le sous-titre "champion du monde" illustre bien l’effervescence du moment. Ce n’était pas faux.

Confirmé: "La Coupe à Québec" en librairie et au Colisée Pepsi, le 11 novembre !


Le grand jour ? Le jour J ? Le Jour du Souvenir, le 11 novembre prochain. Ce jour annuel pour commémorer les sacrifices de la Première Guerre mondiale et pour rappeler la signature de l’Armistice, le 11 novembre 1918.

Le hasard (enfin, un peu!) fait en sorte que mon livre "La Coupe à Québec : les  Bulldogs et la naissance du hockey" sera enfin disponible ce jour-là, en librairie partout au Québec. C’est mon grand jour aussi !

Disons que les "trois étoiles" se sont alignées. D’abord, le livre est disponible plus tôt que prévu. On aime croire que les libraires ont hâte de le présenter à leurs clients !

Belgique, 1916. Le Lieutenant Charles Gaven Power au centre, entouré du Lt. G. Grondin, Lt. René Pelletier (debout), Lt. W.E. Beaton et le Major A.T. Powell (assis). Ses quatre compagnons tomberont au combat avant le mois d’avril 1917. Extrait du livre biographique «A Party Politican : The Memoirs of Chubby Power », Collection Marc Durand.

Ensuite, entre les efforts de guerre et les Bulldogs, il y a un lien historique. Dès 1899, on dénombre jusqu’à sept membres du club en Afrique, impliqués dans la guerre des Boers. Ils seront encore plus nombreux entre 1914 et 1918, alors qu’ex-joueurs et administrateurs traversent l’Atlantique pour appuyer la Grande-Bretagne. Le Lieutenant-Colonel Albert Edward Swift, le Lieutenant Charles Gavan "Chubby" Power et le Major-Général Sir David Watson en reviendront triomphants et décorés, alors que d’autres, comme George Leonard, attaquant de l’édition gagnante de la Coupe Stanley en 1912, en meurt. Notons que les candidatures de Joe Malone et Jack McDonald ne sont pas retenues, étant tous les deux fabricants d’armes militaires chez l’armurier Ross. À la lecture du livre, vous aurez l’occasion de voir que le Quebec Hockey Club n’est pas insensible à la Grande Guerre et qu’il en a été aussi une victime collatérale.

Enfin, le hasard veut aussi que les Remparts de Québec disputent un match, dimanche le 11 novembre à 15h contre les Screaming Eagles du Cap-Breton.  Cette région, représentée il y bientôt 100 ans par les Millionnaires de Sydney (ville annexée à la municipalité régionale du Cap-Breton en 1995) a tenté de ravir la Coupe Stanley aux Bulldogs en mars 1913. Leur voyage à Québec a été infructueux.

Je vous invite sincèrement à vous procurer des billets pour cette partie. Je serai sur place et vous pourrez mettre la main sur le magnifique livre à un prix spécial de lancement. Il me fera plaisir de vous rencontrer et de vous le dédicacer.

Il y aura aussi au moins une autre très bonne raison de vous pointer au Colisée Pepsi le 11 novembre… La surprise pour très bientôt !  Achetez vos billets maintenant ici !

 

Place Joe-Malone devant le nouvel amphithéatre ?


Joe Malone fils, portant son tout nouveau chandail de l’édition 1912-13 du Quebec Hockey Club, gracieuseté de sa fille Joanne Creaghan. Il a été confectionné par Murielle Tremblay de Cap-Rouge.

Valérie Gaudreau du quotidien Le Soleil de Québec raconte ceci ce matin:

La place publique devant le futur amphithéâtre pourrait bien porter le nom de Joe Malone. La Ville explore en effet la possibilité de rendre ainsi honneur au joueur vedette des anciens Bulldogs de Québec, gagnants de la Coupe Stanley en 1912 et en 1913. "La place Joe-Malone, ce n’est pas impossible. Sincèrement, ça fait partie de notre réflexion", a indiqué Régis Labeaume hier. Le maire répondait à la question d’un citoyen, Patrice Drapeau, qui a demandé au conseil municipal si la création d’une place publique devant amphithéâtre pourrait être l’occasion de souligner ces victoires d’il y a un peu plus d’un siècle.

Marc-André Gagnon du Journal de Québec ajoute:

La place publique aperçue lors de la présentation visuelle de l’amphithéâtre, la semaine dernière, pourrait être nommée en l’honneur du joueur-vedette de l’époque des Bulldogs de Québec, Joe Malone. «Ça fait sincèrement partie de nos réflexions, a dit le maire Labeaume. [...] C’est à peu près le seul qui nous a amené la coupe Stanley à Québec.»

Déjà, en février dernier, le Maire avait évoqué la présence d’une statue du grand numéro 4 du Québec Hockey Club à cet endroit. Un autre groupe composé de descendants de Patrick "Paddy" Moran a aussi fait des représentations pour souligner la carrière du grand gardien, devants les filets de Québec de 1901 à 1917 (sauf 1909-10), aussi membre du Temple de la renommée du hockey.

J’aime beaucoup.

La Coupe à Québec: la Une !


Voici l’image qui sautera aux yeux de milliers de lecteurs dès la mi-novembre : cette magnifique couverture sur papier haute densité glacé d’une grande équipe de hockey, le Quebec Hockey Club, posant fièrement dans le studio de Marc-Alfred Montminy de la rue Couillard en mars 1913 après une deuxième conquête de la Coupe Stanley.  La pièce de résistance de ce montage réalisé par André Durocher est une idée de Frédéric Smith de la Commission de la Capitale Nationale et de l’éditeur Sylvain Harvey qui ont demandé à Gianni Caccia de colorer pour la première fois cette photo légendaire. Le travail de précision est, convenons-le, remarquable. En plus de la Coupe Stanley et la Coupe O’Brien (trophée du championnat de le saison en NHA), il est plus facile de distinguer les joueurs et leur équipement, dont l’usure des jambières du gardien Paddy Moran, les culottes, les patins et les bas, étonnamment différents d’un joueur à l’autre, dotés à quelques occasions de rudimentaires protèges-genoux.  On remarque aussi le deuxième chandail de la saison 1912-13, celui porté par le joueur substitut Walter Rooney (debout au centre).

Sous le titre "La Coupe à Québec : Les Bulldogs et la naissance du hockey" on aperçoit quelques joueurs de la première génération du Club Québec à l’intérieur du Quebec Skating Rink posant pour le Daily Telegraph en janvier 1894, à quelques jours du Carnaval de Québec et du grand match qui les oppose au premier gagnant de la Coupe Stanley, le Montreal AAA, partie qu’ils ont d’ailleurs gagné 3-2.

Le livre explique en détails l’histoire derrière ces deux photos…. et tellement TELLEMENT PLUS ! Plus de 160 pages, 150 photos couleurs (lorsque possible) il sera en kiosque bientôt au coût de 29,95 $. N’hésitez pas à le demander à votre libraire préféré, question de l’inciter à mettre cette magnifique photo en vedette !

"La Coupe à Québec" en librairie en novembre.


Je peux enfin vous l’annoncer : le livre qui prend le titre de "La Coupe à Québec: L’histoire des Bulldogs et la naissance du hockey" sera bientôt en impression et sera disponible dès le mois de novembre. Les coéditeurs, la Commission de la capitale nationale du Québec et les Éditions Sylvain Harvey m’ont montré les maquettes cette semaine et je suis emballé ! Plus de 160 pages couleurs, abondamment illustrées à l’aide de 150 photos, dont plusieurs directement d’archives personnelles de familles liées à l’histoire du club.  Je n’en dis pas plus pour l’instant ;)  La suite cette semaine !

Exemple de quelques pages du livre et portion du document de présentation aux libraires.

13 Mars 1912 : le club Québec défend avec succès la Coupe Stanley.


C’est aujourd’hui, il y a 100 ans, que le club Québec défend avec succès la Coupe Stanley. Opposé aux Victorias de Moncton, il avait triomphé 9-3 lors du premier match, le 11 mars.

Le Canada, 14 mars 1912. Pour lire plus facilement, cliquez sur l'article.

Pour le deuxième match disputé le 13 mars, Moncton est accueilli sur la glace par une marche funèbre, extrait de l’oratorio Saül de Handel, un choix douteux souligné par le Chronicle. N’empêche, l’orchestre connaît son hockey… Oatman et Malone sont grippés et seul ce dernier prend part au match. Malone compte le seul but d’une première période chaudement disputée. Mais le vent tourne en deuxième et Malone quitte la patinoire satisfait, son club en avance 5-0. Le jeune George Leonard jouera la fin de la période avant d’être relevé à son tour en 3e par Walter Rooney. Le futur dentiste de Québec compte le 8e et ultime but du match, son seul chez les professionnels. Une victoire « 100% Québec » car en plus de Rooney, Les québécois Joe Malone et Jack McDonald ont respectivement compté deux et cinq buts. « Mac » a compté neuf buts en deux rencontres. Enfin, le gardien Patrick « Paddy » Moran vétéran de huit  hivers avec l’équipe obtient le premier jeu blanc de l’ère professionnelle de la Coupe Stanley.

Contrairement à la tradition moderne, la coupe argentée n’est pas présentée aux joueurs à la fin de la rencontre, toujours bien en vue dans la vitrine décorée du grand magasin Holt Renfrew. Étonnamment, c’est un groupe de supporteurs qui, en début de 3e période, offrent aux joueurs de jolis médaillons et pinces à cravates en guise de récompenses.

Le tournoi après la Coupe Stanley


1912 : un championnat du monde avec ça ?

Depuis plus de 10 ans, les New-Yorkais raffolent du hockey pratiqué par les meilleurs joueurs canadiens. À chaque printemps, ils invitent une ou des équipes pour une série de matchs démonstrations. La seule visite du club Québec remonte en 1904, pour deux matchs contre des clubs amateurs new-yorkais.   Après avoir été écartée de la tournée américaine en 1911, le Club Québec devient soudainement l’incontournable invité de la série de matchs en sol américain contre les autres équipes de la National Hockey Association. Accompagnés par les substitut Joe Savard et Walter Rooney, les joueurs quittent Québec le vendredi 15 mars 1912, deux jours après la grande victoire contre Moncton et une réception bien arrosée au Quebec Snowshoe Club…

 Le tournoi se déroule à Boston et New York et est doté d’une bourse totale de 7 700 $.

Photo studio de membres du Club Québec à New-York, le 17 mars 1914. On reconnait Joe Malone à droite et Jack Marks assis devant. Les deux autres joueurs sont peut-être des clubs Wanderers ou Vancouver. Une idée ? (source: Joe Malone jr.)

Les Québécois sont au Boston Arena le 18 mars pour y affronter les Sénateurs pour une première de deux rencontres. À noter qu’une belle surprise attend l’équipe, l’un des arbitres du match est Eddie Hogan, l’ancien joueur étoile étoile de Québec qui habite maintenant Montréal. Ce match se joue à 7 contre 7, comme Ottawa le désire tant.  Les Sénateurs ne sont pourtant pas de calibre et se font piétiner 9-2. Joe Malone compte 3 buts malgré une amygdalite. Le "Sénateur" Lesueur a déjà vécu de meilleurs jours et accorde 6 buts en première période et reçoit une rondelle en plein visage en 3e qui le force à quitter la rencontre, relevé par un défenseur. Une très rarissime  statistique, gracieuseté du Boston Evening Transcript: le nombre d’arrêts des gardiens. Lesueur en aurait réalisé 19 et son remplaçant Shore trois pour un total de 31 lancers par Québec.  Moran n’aurait reçu que 13 tirs dans tout le match. La performance d’Ottawa déçoit tellement le promoteur de Boston qu’il refuse de tenir un autre match les impliquant. Dans l’impossibilité de s’entendre, le président de la NHA, Emmett Quinn transfert le second match au St-Nicholas Rink de New York. La querelle fait passer la bourse totale du tournoi à 4 950 $.

St. Nicholas Rink, New York (source: Liffiton.net)

À 6 contre 6 cette fois, Ottawa l’emporte 5-3 le 20 mars mais perd la série au total des buts. Québec affronte donc les Wanderers en finale, tombeur des Canadiens. Le « Blue and White » remporte le premier match 5-4 grâce au but gagnant de Joe Hall, après qu’il ait été coupé à la lèvre par une rondelle avec 4 minutes à faire et insisté pour recevoir des points de suture. Le lendemain, dans un troisième match en quatre soirs, Malone marque 4 fois et aide son équipe à l’emporter 8-4. Québec enlève « le championnat du monde » 13-8 au total des buts. Le club reçoit 1475 $, ce qui couvre à peine les dépenses reliées au voyage. N’empêche, Le Soleil coiffe sa "une" de ce titre : « Le Club de Hockey Québec champion du monde ».

De retour en ville le lundi 25 mars, les joueurs se disent « à bientôt » et offrent à leur gérant MJ Quinn un étui métallique à cigarettes gravé.

Les trois « M » de Québec. Malone, MacDonald et Moran repartent le lendemain en direction de Vancouver où ils iront représenter la NHA dans une série de rencontres les opposants aux Étoiles de la Pacific Coast Hockey Association. Hall les accompagnent mais arrête son périple chez lui, à Brandon. Il dit au revoir à ses amis avec la promesse de revenir, accompagné de sa femme et de son fils.

Oatman est honoré de belle façon par ses hôtes de l’hiver, la famille Huxley du 13 St-Amable. Un orchestre militaire, des cadeaux et une tablée de 40 de ses amis font de cette soirée un évènement inoubliable. Il ira rejoindre ses proches à Milwaukee, tout comme le font ses coéquipiers Prodger et Marks en Ontario, mais ils tiendront parole et reviendront passer l’été à l’emploi de l’Armurier Ross.

Quand aux dirigeants du club champion, ils sont déjà à régler un dossier capital : un aréna digne de se nom, conçu pour le hockey. Le Chronicle avance que « trois ou quatre promoteurs avec autant de lieu » sont sur les rangs mais les supplie de concrétiser leurs plans car « les champions du monde méritent une grande patinoire avec les commodités modernes ». Le Sénateur Choquette et son groupe sont à l’hôtel Victoria le 3 avril et souhaitent un dénouement heureux d’ici trois semaines, à temps pour la prochaine saison.

Le 15 avril 1912, la rumeur d’un nouvel aréna sur les terrains du Quebec Amateur Athletic Association sur Grande-Allée au cout de 150 000 $ se fait surclasser par une autre nouvelle qui fait la une partout dans le monde : le Titanic a coulé.

Nouvel amphithéâtre et emplacement controversé : un vieux débat.


Le Quebec Skating Rink, vers 1915, près de la porte St-Louis.

Le Colisée de 2012 a ceci de commun avec le Quebec Skating Rink de 1912 : Il est désuet. Malgré les époques et leurs réalités, il est étonnant de constater certaines similitudes entre les deux dossiers et l’omniprésence des maires Drouin et Labeaume… Cet article sera du livre à paraitre l’automne 2012.

Le "Pavillon des patineurs" (Skating Rink) a été conçu en 1877 sans même avoir le hockey en tête. Son déménagement en 1891 sur Cove Fields (Plaines d’Abraham) lui permet d’y ajouter des gradins. Malgré cela, il ne peut s’y asseoir que 1400 personnes et accueillir 3500 spectateurs fort inconfortables autour d’une glace de 180′ par 70′.

Rumeurs ou projets de nouvel aréna non menés à terme, il y en a eu par dizaines dans les années 1910. Ce "nouvel Aréna" était prévu près de la Grande-Allée.

Le 12 mars 1913, deux jours après une 2e conquête de la Coupe Stanley par ses "Bulldogs", le maire Drouin reçoit de la part du Club de hockey Québec une proposition d’achat de terrain dans St-Roch pour y construire un aréna. Le Club privilégie deux emplacements : soit à l’intersection de la rue St-Roch (Gare-du-Palais) et Desfossés (Charest) ou encore coin St-Roch et St-Marguerite, tout près de la Gare C.P.R. et de l’éventuelle gare du Palais. Le Club est disposé à payer le prix demandé à l’aide d’un fond d’amortissement de 1%, à un taux d’intérêt de 4%. En retour, il promet un aréna d’une valeur de 60 000$. Cette offre est supportée par un ami du Club, l’échevin Joseph-Camillien Lockwell, « convaincu que les citoyens vont apprécier l’achat des terrains et maisons aux prix de l’évaluation municipale ».

Toutefois, une autre offre est sur le bureau du maire de Québec. Elle provient d’un groupe de Lévis dirigé par Joseph-Étienne Dussault, accompagné de ses frères Horace et Léopold et de ses beaux-frères Noël Belleau et Louis-Gédéon Gravel. Le groupe appelé « Syndicat de l’Aréna de Québec » propose un aréna situé au Parc Victoria. Cette proposition est supportée par Arthur Derome, un autre administrateur du Club Québec.

Lockwell favorise encore le projet présenté par le Club de hockey, « amené par des gens de Québec ». Aussi, il est « mieux situé pour les joueurs et spectateurs », à deux pas de la gare et de l’hôtel Victoria, la « maison du club ».

Les deux projets sont défendus le 28 mars lors d’une rencontre du comité des finances de la ville. Le maire Olivier-Napoléon Drouin se montre favorable à sa réalisation car « le hockey semble être le sport le plus populaire actuellement et il existe de tels arénas dans presque toutes les villes au pays. Comme le Club Québec est le meilleur club au Canada, il est grand temps de lui procurer un endroit et un aréna convenable ». Le maire Labeaume n’aurait pas dit mieux!

Canadien vs Québec, 3 janvier 1917

Drouin favorise le projet du Syndicat dans « son » Parc Victoria, lieu qui avait aussi été proposé par le Club de Hockey Québec en 1912 mais refusé par la Ville. Cette fois, le maire croit pouvoir obtenir l’accord des Sœurs de l’Hôpital Général de Québec qui ont cédé ce terrain à la Ville en 1896 sous certaines conditions. Les Sœurs s’objectent encore à l’érection d’un aréna, mais les conseillers de la ville recommandent tout de même d’aller de l’avant avec le projet. L’offre du groupe Dussault est aussi plus concrète : riche de la succession de leur père décédé en 1909, les Dussault déposent immédiatement un chèque de 10 000$ en garantie de réalisation pour le 1er décembre. Les plans et devis sont prêts : un bâtiment de 300′ x 225′ pour une surface de jeu standard de 200′ x 85′, structure en acier et béton, 7000 sièges et l’option d’une glace artificielle dans les cartons.

Le projet est déposé pour adoption au conseil de ville le 4 avril 1913 mais Lockwell s’y oppose, « par respect pour le Club Québec qui est toujours en tournée dans l’ouest du pays ». Dès leur retour, le gérant Mike Quinn et d’autres membres de l’organisation s’entendent rapidement avec le groupe Dussault pour une location de cinq ans, soulagés et convaincus que l’aréna sera « le plus adéquat au pays ». Il comptera finalement 5500 sièges, pour une capacité maximale de 6500 spectateurs. La ville entérine le projet le vendredi suivant. Le terrain sera loué au coût fixe de 200$ par année pour une durée de 50 ans.

Un peu moins de 9 mois plus tard, le match inaugural de l’Aréna de Québec a lieu le 29 décembre 1913 contre le Canadien. Pour l’occasion, le président de la NHA, Emmet Quinn, le maire Drouin et le Lieutenant-

Vue aérienne de l’Aréna du Parc Victoria, vers 1930 (bâtiment blanc). Il est situé dans le stationnement actuel du stade de baseball, parallèle à la ligne du 3e but. Le stade municipal sera érigé quelques années plus tard. L’Aréna sera détruit par un incendie en 1942.

gouverneur Sir François Langelier font l’honneur de leurs présences. Ce dernier « donne le signal de la joute en sonnant la cloche ». Ce ne sera pas une salle comble; entre 4500 et 5000 spectateurs assistent à la rencontre, « mais la direction de l’Aréna et le club (Québec) sont satisfaits, compte tenu que plusieurs grands magasins étaient demeurés ouverts ». C’est Jack Laviolette du Canadien qui aura l’honneur d’y inscrire le premier but. Négligé à trois contre un par les parieurs, le Canadien gâche la fête et l’emporte 4-3.

Nul doute que les championnats du Club de hockey et les prouesses de son capitaine Joe Malone ont permis cette réalisation. Québec cesse d’être la risée du pays et offre à son club et ses fidèles amateurs un premier amphithéâtre conçu pour le hockey.

Si on dit de Jean Béliveau qu’il a construit le Colisée en 1949, on peut aussi dire de Joe Malone qu’il a construit l’Aréna en 1913. Signe des temps, aucun joueur ne pourra être associé au prochain…

Frénésie, Coupe Stanley et champion du monde : La plus belle saison du "Quebec Hockey Club".


Le 6 mars 2012, Québec célèbrera le 100e anniversaire de sa conquête de la Coupe Stanley. Voici l’histoire de cette saison incroyable, racontée pour la première fois. Ce texte fera partie du livre à paraître à l’automne sous le titre de travail " L’histoire méconnue du Quebec Hockey Club (1878-1920)".

Quebec Hockey Club, 1911-12

La photo d’équipe de 1912, prise possiblement le 12 ou le 13 mars, entre les deux matchs contre Moncton. Eddie Oatman (en médaillon) est malade et rate le match du 13. La Coupe O’Brien, absente de la photo n’est arrivée que le 18.

Dans la boule de cristal de Barney…

Un article de l’Ottawa Citizen du 7 mars 1911 cite le « cover-point » (défenseur) Barney Holden, de retour à Winnipeg en compagnie de son coéquipier Joe Hall du Quebec Hockey Club.

Barney Holden

« Deux coéquipiers natifs de Québec, Jack MacDonald et Joe Malone sont exceptionnels. Le premier est le meilleur attaquant au monde, devant  « Dubbie » Kerr d’Ottawa et le dernier est le meilleur manieur de bâton de la ligue ». Ces compliments sont audacieux, MacDonald n’a obtenu que 14 buts, 18 de moins que l’ailier des Sénateurs et Malone, frêle et souvent à l’écart, n’en a compté que neuf. Du même souffle, il ajoute que « Québec remportera le championnat de la NHA et la Coupe Stanley en 1912 ». Depuis 20 ans, Québec n’a eu que quelques saisons gagnantes, les dernières remontent aux « années Jordan » de 1904 et 1905. Depuis, le Club a cumulé une piètre fiche de 19 victoires contre 42 défaites.

Holden a dû passer pour fou à ce moment, de retour d’une saison de 4 victoires et 12 défaites, bon pour le dernier rang de la National Hockey Association (NHA). Barney ne jouera plus à Québec. Mais l’émergence de Malone et de ses « Blue and Whites» le feront passer pour un véritable prophète.

La course aux joueurs

L’automne 1911 n’annonce rien de bon. La Pacific Coast Hockey Association (PCHA) soutire deux joueurs de Québec, les attaquants Ken Mallen et Tommy Dunderdale. Ce dernier était encore libre car Québec voulait d’abord s’entendre avec l’excellent Odie Cleghorn, 5e buteur de la dernière saison, obtenu d’une loterie à la suite de la dissolution de Renfrew.

Malheureusement, Odie Cleghorn désire plutôt s’aligner avec les Wanderers de Montréal qui ont obtenu son frère Sprague. La cause est entendue par la NHA qui tranche : Québec l’échange aux Wanderers contre 500$. Le Toronto World rapporte que Québec se plaint de « toujours être du côté des décisions défavorables de la ligue ».

Québec a eu dans le passé beaucoup de difficultés à convaincre des joueurs « étrangers » et doit encore chercher ailleurs. Le club aura toutefois la main heureuse, il obtient un joueur alors méconnu, George « Goldie » Prodger, des Colts de Waterloo et John Joseph « Jack » Marks, un « travailleur honnête » que plusieurs joueurs de Québec ont côtoyé par le passé.

Les trois « M » de Québec, Malone, McDonald et Moran sont de retour, même si ce dernier a reçu une offre de 500$ supérieure à celle de Québec pour jouer ailleurs. Quant à « Bad Joe » Hall, il a peut-être connu sa pire saison en carrière avec Québec, blessé sérieusement à l’épaule à son premier match avec l’équipe en janvier 1911. Le gérant de Québec Mike « M.J. » Quinn tente tout de même de le convaincre de revenir. Le 7 décembre, Il est toujours chez lui à Brandon, Manitoba et raconte au Toronto World qu’il préfère s’aligner avec une des deux nouvelles formations de Toronto qui doivent aussi faire partie de la NHA. Il dit garder la forme en s’entrainant avec les joueurs amateurs de sa ville.

Les clubs de Toronto écartés de la ligue faute d’aréna, Hall accepte l’offre de Québec. Sa présence sera déterminante au succès de la saison 1911-12.

12 octobre 1911, Montreal Gazette. La NHA change à jamais le hockey en abolissant le « rover », faisant de ce sport un affrontement entre six joueurs de chaque côté, comme aujourd’hui. Une décision qui plait à Québec, sur la glace comme dans son portefeuille.

Un camp d’entraînement prometteur

Comme le souligne le Quebec Chronicle du 27 novembre : « les joueurs sont déjà à l’entrainement. On peut les voir courir d’un pas rapide sur les rues de l’extérieur de la ville ». Le froid déjà installé, un premier entraînement sur la glace naturelle du Quebec Skating Rink (Patinoir Québec) a lieu le 1er décembre et pour une fois, Québec a de l’avance, alors que le temps doux montréalais empêche ses clubs de s’entraîner pour au moins deux autres semaines.

Fort d’une préparation relevée, menée par l’athlète olympique Dave Beland (1908, le premier athlète olympique natif de Québec) et l’entraineur Chuck Nolan, Québec offre tout un cadeau à ses partisans le 25 décembre : Une victoire de 23-3 contre une équipe composée des meilleurs joueurs amateurs de la ville. Joe Malone inscrit 12 buts et son ami Joe Hall, qu’on dit « brillant » à la défense, en inscrit 6.

Petit rappel: c’est l’époque où la passe avant est interdite, les zones inexistantes, les gardiens doivent rester debout pour effectuer un arrêt et les six joueurs partants demeurent habituellement sur la glace pour les 60 minutes de la partie.

Le film d’une saison Hollywoodienne.

Le 29 décembre, Québec reçoit les Wanderers au vieux Skating Rink pour le premier match d’une longue saison de 18. Les nombreux partisans sont amèrement déçus de cette défaite de 9-5. Un match lamentable selon « An Old Player », qui signe de cette façon son opinion dans le Chronicle: « Goldie Prodger est peut-être précédé d’une bonne réputation, mais sa performance d’hier ne lui obtiendrait pas un poste dans une équipe junior ». Il y va aussi d’une sévère critique envers le gardien « Paddy » Moran de Québec, «  dont le manque de jugement a causé la perte de son équipe. Il a joué de meilleurs matchs par le passé, on ne se rappelle pas l’avoir vu aussi mauvais ».

Un seul match joué et la confiance est fragile. Québec a vendu un record de 1200 billets de saison et la demande unitaire est sans précédant, malgré l’augmentation de 25 cents par siège réservé. En mode panique, les administrateurs du club BJ Kaine et Arthur Derome sont dépêchés à Montréal pour reluquer le talent de joueurs amateurs. Insatisfaits de Moran, on laisse même entendre que Joseph Savard, un autre gardien de Québec pourrait être dans les filets contre Ottawa, le lendemain. Dans les journaux, le club doit nier la rumeur de l’avoir congédié.

Joe Malone (1912), nouveau capitaine du Quebec Hockey Club.

Malgré les menaces et les rumeurs, le sextette de Québec demeure inchangé.  Il joue mieux mais perd ses 2 rencontres suivantes par le même pointage de 5-4. La fiche du Club est 0-3 et selon les plus pessimistes, il est déjà sorti de la course aux championnats. Mais une décision importante coïncide avec le réveil des troupes : lors de l’entraînement suivant, le 8 janvier, il est décidé de confier le poste de capitaine à un jeune homme de 21 ans de Québec, Joe Malone.

Une première victoire !

Le 10 janvier, Québec remporte enfin son premier match de la saison 6-4 contre les Sénateurs. 3000 spectateurs sont témoins d’une très belle partie. « Plusieurs je-vous-l’avais-bien-dit ont pourtant les poches vides » souligne le Quebec Chronicle (une allusion aux parieurs qui affirment avoir prédit la victoire mais qui ont misé le contraire).

Le Club de hockey Québec remporte également le match suivant à Montréal contre les puissants Wanderers par le compte de 5-4. L’Action Sociale dépeint bien l’engouement grandissant du hockey dans la ville.  « Partout où les résultats étaient affichés point par point, une foule nombreuse étaient massée pour connaître l’issue de la joute. Pour ne nommer qu’un endroit, nous citerons le magasin de M. Jos Hunt, tabaconiste de la rue St-Jean où il y avait une foule telle que les tramways pouvaient à peine passer. Le magasin était rempli et à la porte, la foule bloquait la rue ».

Le prochain match à domicile avive la frénésie. Québec gagne 4-2 face au Canadien devant plus de 3500 spectateurs, « la plus grosse foule de l’histoire » selon l’Action Sociale, et des centaines de partisans resteront malheureusement frustrés à la porte, faute de place. « Le besoin d’un aréna se fait sentir de plus en plus ».

Le 13 chanceux…

Après 12 matchs, les quatre clubs de la NHA ont une fiche identique de 6-6. Jamais n’a-t-on assisté à une lutte aussi serrée.

"Paddy Moran crachait du tabac à chiquer dans les yeux de ses adversaires". Sunday Sun, 8 avril 1961

Pour ce 13e match, à Montréal contre le Canadien, Jack McDonald est grippé et malgré qu’il fasse le voyage, l’ailier ne peut prendre part à la rencontre. Il sera remplacé par le « 7e joueur », Jack Marks. Ce dernier a la tâche de couvrir Didier Pitre, de loin le meilleur attaquant du Canadien, actuel meneur chez les buteurs du circuit.

Marks le surveille tellement bien que Pitre n’a plus la tête au jeu. Hors de lui, il s’en prend à Goldie Prodger et lui assène un violent coup de hockey, ce que « Goldie » imite à son tour. Les deux hommes sont chassés du match. La liste des remplaçants épuisée chez le Canadien (un joueur remplacé ne peut revenir au jeu), on termine la troisième période à quatre contre quatre, plus les gardiens.

En deuxième période, Moran est assommé par un tir de ce même Pitre, surnommé « Cannonball », c’est tout dire. Paddy est inconscient et le gérant MJ Quinn vient lui porter secours. Moran s’éveille et s’excite « où est la rondelle ? Est-ce qu’il y a eu but ? ». Remis sur pied, il reprend place « sourire en coin, une marque de la grosseur d’un œuf au visage ». Il n’accorde qu’un seul but, en toute fin de partie, pour une grande victoire de 2-1 contre le Canadien devant plus de 5000 amateurs de hockey.

Pour la première fois de son histoire,  Québec est au premier rang d’une ligue professionnelle.

Une fin de saison fébrile.

"Les patins à lames tubulaires Fleming sont utilisés par toutes les équipes de la National Hockey League"

Le hockey se retrouve systématiquement à la « une » de la rubrique sport de tous les journaux. Plusieurs annonceurs profitent de l’intérêt pour associer leurs commerces au hockey. Le 21 février, Ed Fleming du Quebec Skate Manufacturing and Repair Co., fabricant des patins des joueurs de Québec, fait installer à ses frais une horloge qui permet aux spectateurs de suivre le temps à jouer. Le Chronicle annonce qu’un amateur de Québec garantit $300 aux joueurs s’ils remportent le championnat.

Québec revient le 24 février avec une autre victoire de 2-1 contre les Wanderers. L’Action Sociale titre son récit de la façon suivante : « encore une victoire et Québec aura pratiquement le championnat et sera détenteur de la Coupe Stanley ».

Québec peut s’en approcher grandement en gagnant son match contre le Canadien le 28 février. Aussi, le club s’assure de la présence de ses supporteurs en nolisant un wagon, les billets négociés à 7.95$ aller-retour.

Malheureusement, Québec connaît son pire match depuis le match inaugural et perd 6-3. Vers la fin de la partie, Oatman et Payan ont « jeté leurs bâtons sur la glace » et livré une bagarre, séparés par Goldie Prodger et George Vézina.

Au dernier weekend de la saison, tous les clubs sauf Canadien sont encore dans la course pour le premier rang et la Coupe Stanley.

Le match de l’histoire de Québec.

Le 2 mars 1912, ce 18e et dernier match de la saison pour Québec allait permettre à Joe Malone de se tailler une place parmi les légendes du hockey. Le Club Québec affronte les Sénateurs devant 6000 spectateurs, la meilleure foule de la saison. L’aréna Dey d’Ottawa vrombit dès la première période car son équipe prend rapidement les devants par deux buts. Québec semble désorganisé, comme le match précédant.

Joe Hall. Le 21 mars 1912, une série de 7 cartes postales des principaux joueurs de Québec voit le jour, en vente au coût de $0.35. Les photos proviennent du photographe Beaudry. (Source : collection Watters).

Dans un vestiaire sans doute très silencieux, il est permis de croire que le vétéran robuste défenseur « Bad Joe » Hall concocte un plan, car ses intentions en début de deuxième période semblent être bien planifiées.

Lors d’une mêlée pour la rondelle, Hall donne un coup de coude à la tête d’Albert « Dubbie » Kerr, l’un des meilleurs buteurs de la ligue. Celui-ci réplique et l’arbitre leur sert un avertissement. Hall continue à « lui parler » et Kerr se met à le poursuivre et lui administre un violent coup de poing. Au lieu de répliquer, Hall va se plaindre directement à l’arbitre qui éjecte aussitôt l’attaquant des Sénateurs. Hors de lui, le gardien Percy Lesueur s’en prend aussi à Hall mais échappe au sifflet de l’arbitre Duncan Campbell. Tout ce temps, l’homme à tout faire Dave Beland supplie Hall de « garder sa tête », ce que le dur-à-cuire fait. Son « plan » en dépend.

Récompensé, Il déjoue le gardien aigri d’Ottawa quelques instants plus tard, geste imité ensuite par Malone pour conclure la deuxième période à égalité, 2-2.

La tête refroidie par la pause de 10 minutes, Ottawa reprend rapidement son avance de deux buts, puis domine 5-4 avec quelques minutes à faire. Dès lors, le sextette d’Ottawa se replie en défensive, convaincu de contenir le Club Québec de cette façon pour les quelques minutes restantes.

L’atmosphère frôle la frénésie lorsque que dans la dernière minute de jeu, on apprend aux 6000 spectateurs que dans l’autre match de la ligue, les Canadiens ont battu les Wanderers en surtemps, 2-1. Ottawa n’est donc qu’à quelques secondes du titre de la ligue et d’une deuxième Coupe Stanley de suite.

Dans l’euphorie, on semble avoir perdu de vue le longiligne numéro 4 de Québec. Joe Malone surgit de nulle part, accepte une passe de Hall et lance sur Lesueur. Ce dernier fait l’arrêt avec le genou mais la rondelle bondit devant lui. Le gardien d’Ottawa se précipite sur la rondelle mais Malone l’atteint avant lui, faisant glisser doucement la rondelle « 5 pouces dans le but». Ainsi, Joe Malone inscrit le but égalisateur à sept secondes de la fin de la troisième. C’est le silence.

Une période supplémentaire est donc nécessaire pour déterminer le gagnant de cette importante partie. Imaginez: un spectateur superstitieux lance un fer à cheval à Lesueur qui s’empresse de le fixer à « son » filet.

le premier "20 minutes" demeure sans décision. Si Lesueur et Moran sauvent leur club en maintes occasions, Québec est visiblement plus en forme qu’Ottawa et domine le jeu.

À la 84e minute de jeu, le capitaine Joe Malone, le héros de ce match repère Joe Hall, celui qui a provoqué la relance du club, lui refile la rondelle et Hall compte ! Ce but sera confirmé  après une discussion animée auprès du juge de but Dave Reynolds qui l’avait d’abord refusé. Hall compte ainsi le plus important but de sa carrière. Le plus important de l’histoire du Club Québec.

Les six joueurs québécois ont joué la totalité des 83 minutes et 50 secondes du match pour procurer ce gain historique. Récompensés, ils s’assurent au moins d’une égalité au sommet la NHA.

La folie se transporte en ville !

"Québec ressemble à des champions". Quebec Chronicle, 4 mars 1912.

Les amateurs, dont plusieurs avaient suivi la rencontre par télégraphe sont nombreux (de 4000 à 10 000 personnes selon le Daily Telegraph, La Patrie ou le Chronicle) pour accueillir leurs héros le lendemain à 18h30 à la gare du C.P.R. . Deux corps de musique ont d’ailleurs été dépêchés pour la fête. Les joueurs sont transportés sur les épaules des amateurs sur " un demi-mille" jusqu’à l’Hôtel Victoria où une réception les attend.

C’est là que, quelques jours plus tard, ils prendront « possession » de la Coupe Stanley.

Le 6 mars 1912, Ottawa est à Montréal pour y jouer le dernier match de la saison contre les Wanderers. Ce match avait été remporté préalablement par Ottawa le 24 janvier mais jugé illégal par la ligue car les Sénateurs avaient aligné Fred « Cyclone » Taylor, un joueur qui appartenait légalement aux Wanderers.

Si Ottawa l’emporte, il termine à égalité avec Québec. Une série éliminatoire entre les deux équipes serait alors nécessaire pour déterminer le champion de la N.H.A.

Le quotidien montréalais Le Canada avance que « le triomphe final de Québec est ardemment souhaité par tout le public désireux de voir la Vieille Capitale occuper la place qui lui revient dans tous les sports seniors du pays ».

"Champions du monde et détenteur de la Coupe Stanley" Remarquez la note en bas de page: "maintenant, Est-ce Québec aura un aréna ?" Quebec Daily Telegraph, 7 mars 1912.

"Champions du monde et détenteurs de la Coupe Stanley" Remarquez la note en bas de page: "maintenant, Est-ce que Québec aura un aréna ?" Quebec Daily Telegraph, 7 mars 1912.

Ce soir-là, les joueurs et supporteurs de Québec sont réunis à L’hôtel Victoria et suivent le match but par but grâce au télégraphe. les gestionnaires du club Québec Charles Frémont et BJ Kaine sont à Montréal afin de suivre son déroulement. Heureusement pour Québec, les “Redbands” ont le couteau entre les dents, désireux de venger l’humiliante raclée de 17-5 qu’Ottawa leur a faite subir trois semaines plus tôt.  Ils offrent une performance sans bavure et renversent Ottawa par la marque de 5-2. Lorsque l’information arrive à l’hôtel Victoria, il y est inscrit “Wanderers 5; Ottawa 2; game over”. C’est la fête en ville, encore une fois ! « La bonne nouvelle se répand des corridors de l’hôtel jusqu’aux rues de St-Roch, Limoilou, St-Sauveur, Ville Montcalm et des plaines d’Abraham ». Les journaux racontent que les gens chantent une parodie du succès “What’s the Matter with Father” interprété à l’époque par Fred Duprez dont voici le refrain modifié :

What’s the matter with goaler “Pat” ? (He’s alright).
To Goldie Prodger lift your hat,
(He’s alright).
Joe Hall would make a team alone, Marks and Oatman hold their own,
What’s up with Mac and Joe Malone ?
(They’re alright) !

La Coupe O'Brien, le trophée du championnat de la NHA

Après ses trois défaites d’affilées en début de saison, Québec, sans changer son alignement, termine la saison avec une fiche de 10-8, une victoire de plus que les Sénateurs et les Wanderers. Le Quebec Hockey Club remporte le championnat de la NHA, le trophée O’Brien et devient le nouveau détenteur de la Coupe Stanley. Le lendemain, le commissaire de la Coupe Stanley William Foran autorise le transfert de la Coupe vers Québec et lui ordonne de la défendre contre d’éventuels challengers, comme il en est la coutume. Le seul club au pays à obtenir ce privilège sera les Victorias de Moncton, champions de la ligue professionnelle des Maritimes (Ma.P.H.L.).

Ça sent les séries !

La Coupe Stanley, placée depuis un an dans la vitrine de la bijouterie Henry Birks & Sons de la rue Sparks à Ottawa, déménage le 11 mars dans la vitrine du magasin Holt Renfrew, rue Buade, décorée aux couleurs du Club Québec. « Un grand nombre d’amateurs viennent offrir leur respect pour ce grand trophée qui a trouvé son chemin vers la vieille Capitale ». Le trophée O’Brien, symbole du championnat de la NHA n’est arrivé que le 18 mars et en très mauvais état. Une fois réparé chez « G. Seifert & Sons», rue de la Fabrique, le trophée prend enfin place dans la vitrine du grand magasin.

Les articles abondent, les honneurs pleuvent et les quotidiens, en particulier le Daily Telegraph, bombardent leurs pages d’un vœu cher : « Now, will Quebec get a Arena ? ». Le quotidien invite aussi le conseil de la ville de Québec à contribuer à l’achat de cadeaux et suggère une montre en or.

Reste tout de même les deux matchs à jouer contre Moncton au total des buts et Joe Malone souffre d’une grippe. Il était absent du rassemblement du 6 mars à l’hôtel Victoria et avait raté l’entraînement du lendemain.

Moncton s’amène en ville.

Télégramme de bonne chance d’Art Ross des Wanderers destiné à Joe Malone (Source : Collections Joe Malone jr.)

Les Victorias de Moncton arrivent en ville dimanche le 10 mars en après-midi fort d’un contingent de 40 personnes et logent à l’hôtel St-Louis. Le quotidien Moncton Transcript affirme que Moncton fera bonne impression car "la patinoire de Québec convient à son style de jeu". Cette formation compte dans ses rangs cinq joueurs de l’équipe de Galt, championne de la défunte Ligue Professionnelle de l’Ontario (O.P.H.L), perdante contre les Sénateurs en challenge pour la Coupe Stanley en 1911. Leur joueur étoile est Tommy Smith, un futur « Bulldog » de Québec.

Le 11 mars 1912, le Quebec Skating Club s’anime, moussé par les nombreuses pages consacrées à ce challenge. Pour la toute première fois, un match de la Coupe Stanley est joué à six contre six et le système de pénalité monétaire en vigueur dans la NHA est appliqué.

Sur une glace molle et lente, Québec écrase les champions de la ligue professionnelle des Maritimes par le pointage de 9-3. Malone, toujours affaibli, compte tout de même 3 buts. Son ailier Jack McDonald en ajoute 4, les deux autres appartiennent à Joe Hall. Eddie Oatman qui a lui aussi la grippe est remplacé dès la deuxième période par Jack Marks. Le Chronicle s’avance : « La Coupe Stanley restera à Québec », convaincu que Moncton ne pourra réduire le déficit de six buts dans le deuxième match.

Pour le deuxième match disputé le 13 mars, Moncton est accueilli sur la glace par la marche funèbre, extrait de l’oratorio Saül de Handel, un choix douteux souligné par le Chronicle. N’empêche, l’orchestre connaît son hockey…

Pour ce match, le système des pénalités au banc est utilisé. Oatman n’est pas en uniforme, remplacé par Marks. Joe Malone a prévenu les amateurs : une fois la victoire assurée, il quittera la patinoire au profit de jeunes joueurs.

Malone compte le seul but d’une première période chaudement disputée. Mais le vent tourne en deuxième et Malone quitte la patinoire, son club en avance 5-0. Le jeune George Leonard jouera la fin de la période avant d’être relevé à son tour en 3e par Walter Rooney. Le futur dentiste de Québec compte le 8e et ultime but du match, son seul chez les professionnels. Une victoire « 100% Québec » car en plus de Rooney, Les québécois Joe Malone et Jack McDonald ont respectivement compté deux et cinq buts. « Mac » a compté neuf buts en deux rencontres. Enfin, le gardien Patrick « Paddy » Moran vétéran de huit  hivers avec l’équipe obtient le premier jeu blanc de l’ère professionnelle de la Coupe Stanley.

Contrairement à la tradition moderne, la coupe argentée ne semble pas présentée aux joueurs à la fin de la rencontre, toujours bien en vue dans la vitrine décorée. Étonnamment, c’est un groupe de supporteurs qui, en début de troisième période, offrent aux joueurs de jolis médaillons et pinces à cravates en guise de récompenses.

Immédiatement après la confirmation du championnat, le Daily Telegraph annonce un album souvenir du Club de Hockey Quebec. En vente le 9 mars 1912 au cout de $0.10, il contient 24 pages et 17 photos. (Source : Collections Joe Malone jr.)

Un championnat du monde avec ça ?

Annonce du match "Ottawas et Quebecs" Boston Evening Transcript, 18mars 1912.

Après avoir été écarté de la tournée annuelle en 1911, le Quebec Hockey Club devient soudainement l’incontournable invité de la série de matchs en sol américain contre les autres équipes de la ligue. Les joueurs quittent Québec le vendredi 15 mars, deux jours après la grande victoire et une réception bien arrosée au Quebec Snowshoe Club…

Le tournoi se déroule à Boston et New York et offre une bourse totale de 7 700 $.

Les québécois sont au tout nouvel Boston Arena le 18 mars pour y affronter les Sénateurs pour une première de deux rencontres. Ce match se joue à sept contre sept, comme Ottawa le désire tant. Pourtant, les Sénateurs se font piétiner 9-2. Joe Malone compte trois buts, malgré une amygdalite. Lesueur qui a déjà vécu de meilleurs jours accorde six buts en première période et reçoit une rondelle en plein visage en troisième qui le force à quitter la rencontre, relevé par le défenseur Hamby Shore. Une très rarissime  statistique, gracieuseté du Boston Evening Transcript : le nombre d’arrêts des gardiens. Lesueur en aurait réalisé 19 et son remplaçant Shore trois pour un total de 31 lancers par Québec.  Moran n’aurait reçu que 13 tirs dans tout le match.

La performance d’Ottawa déçoit tellement le promoteur de Boston qu’il refuse de tenir un autre match les impliquant. Dans l’impossibilité de s’entendre, le président de la NHA, Emmett Quinn transfert le second match au St-Nicholas Rink de New York. La querelle fait passer la bourse totale du tournoi à 4 950 $.

À six contre six cette fois, Ottawa l’emporte 5-3 mais perd la série au total des buts. Québec affronte donc les Wanderers en finale, tombeur des Canadiens.

Le « Blue and White » remporte le premier match 5-4 grâce au but gagnant de Joe Hall. But compté après qu’il ait été coupé à la lèvre par une rondelle avec quatre minutes à faire et insisté pour recevoir des points de suture.

Le lendemain, dans un troisième match en quatre soirs, Malone marque quatre fois et aide son équipe à l’emporter 8-4. Québec enlève « le championnat du monde » 13-8 au total des buts. Le club reçoit 1475 $, ce qui couvre à peine les dépenses reliées au voyage. N’empêche, Le Soleil coiffe sa "une" de ce titre : « Le Club de Hockey Québec champion du monde ». Une première consécration  en 34 hivers dont l’histoire est parsemée de frustrations, d’échecs et de démêlées fort médiatisées.

Les honneurs et les exploits arrivent enfin pour la courageuse organisation de Québec qu’on surnommera « Bulldogs » seulement la saison suivante car « il s’agrippe à la Coupe Stanley avec ténacité et persévérance ». Le nouvel aréna "que Joe Malone a bâti" sera construit à temps pour la saison 1913-14.

Il y a 100 ans, Québec était la meilleure ville de hockey au monde.

Article sur le livre dans le Quebec Chronicle-Telegraph


J’ai eu la chance d’être interviewé par Ken Schankler du Quebec Chronicle-Telegraph sur mon projet de livre. Ce journal interpèle directement la communauté anglophone de Québec ce qui rend cet exercice très important.

Publié par the Quebec Chronicle-Telegraph, http://www.qctonline.com/node/5201

Québec Bulldogs subject of forthcoming book

By Ken Schankler
Published: August 18, 2010
1913 Moran Malone Hall.jpg

Photo: Marc Durand

Patrick “Paddy” Moran, Joe Malone and Joe Hall, pictured in 1913, are in the Hockey Hall Of Fame. Moran and Joe Malone are from the Québec City area.

They were a predominantly Anglophone team in a French-speaking town. Their star player would later score 44 goals playing for the Montreal Canadiens. They won the Stanley Cup twice, playing at a small rink just inside the Rue St. Louis gate long before national TV contracts and multi-tiered 20,000 seat arenas.

The first games were played with a band performing at center ice during the game.
"They would have to skate around the band," said Radio-Canada television personality Marc Durand, the host of the national weekly show Tellement Sport based in Quebec City the last three years.

Yet when it comes to hockey history books, the Quebec Bulldogs are largely ignored.

Durand is hoping to change all that. He is currently working on a book about the team that he expects to be issued in time to honour the 100th anniversary of the Bulldogs’ 1911-12 Stanley Cup. Currently, he is looking for the public’s help in finding information about the team.

Durand has dedicated a website to the history of the Bulldogs. The website address, available in French only, is www.quebecbulldogs.com.

"They were like for 40 years one of the best teams in the world and they had the best players in the world," he said.

Leading the team was Joe Malone, who would score 43 goals in 20 games during the team’s second Stanley Cup season in 1912-13. On January 31, 1920, Malone scored seven goals in a game against Toronto, a record that has never been equalled.

Other players on the Bulldogs included Joe Hall, Jack MacDonald, Paddy Moran and Percy Lesueur and three brothers, Chubby, Joe and Rocket Power. Well-known Quebec City doctor Walter Rooney scored a goal in the 1912 Stanley Cup final, the only goal he ever scored.

In contrast to modern, multi-year, multi-million dollar contracts, players were paid little and some were reluctant to take any money at all.

"A lot players didn’t want to go pro because if they played for money they couldn’t return to their amateur teams," Durand said.

The local media at the time also preferred not to see players receive payment for play.

The Bulldogs roots can be traced to hockey’s amateur days as they competed in the Amateur Hockey Association, later called the Canadian Amateur Hockey Association.

The team officially known as Athletics won the CAHL Championship in 1904, but was not allowed to vie for the Stanley Cup.

The CAHL would be come the ECAHA as a desire to become a professional league overwhelmed amateur hockey leading to the formation of the Canadian Hockey Association in 1909, in which the Quebec Bulldogs were a founding member.

However, after just one month, the CHA merged into the more powerful National Hockey Association. The Bulldogs were unsure they wanted to join, so they sat out the rest of the season.

After a one-year hiatus, the Bulldogs joined the NHA, with McDonald scoring 14 goals and Tommy Dunderdale scoring 13 in a 16-game season. However, the Bulldogs would finish in last place with a 4-12 record.

The Bulldogs in 1911-12 would go from worst to first, as Hall scored 15 goals while having an imposing physical presence on the ice. Malone added 21 goals and McDonald potted 18, as the Bulldogs posted a 10-8 record. In the Stanley Cup Finals the Bulldogs easily defeated the Moncton Victoria in 2 games, 9-3 and 8-0, to claim the Cup.

In 1912-13, Coming off their Stanley Cup Championship, the Bulldogs were even stronger as they ran away with the NHA title with a record of 16-4. Malone had 43 goals, Tommy Smith, 39.

In the Stanley Cup Finals, the Bulldogs again dominated beating the Maritime Champion Sydney Millionaires in two straight games by a combined score of 20-5. After beating the Millionaires, the Bulldogs were challenged by the PCHA Champion Victoria Aristocrats.

Bursting with confidence the Bulldogs expected to walk over the Aristocrats. However, the Bulldogs would split the first two games before losing 6-1 in the decisive third game. However, because the Stanley Cup Board of trustees did not recognize the challenge, the Bulldogs were able to keep the Cup (Note: The Bulldogs offered to play the Stanley Cup games in Quebec City as they entitled to ask were but Victoria refused to travel. They settle for a "world series" event and never, the cup was supposed to be the final prize.)

Durand has relied in large part on the Quebec Chronicle, a forerunner of the Chronicle-Telegraph, for information.

"They were really close to the team and the owners," Durand said of the paper.

As for his own show, Durand likes to focus on Anglophone athletes.

"We don’t care if they don’t speak French," said Durand of his interview subjects. "We want to be recognized as much as French Canadian athletes."

Durand can be contacted quebecbulldogs@gmail.com

Bien avant l’A.M.H.: Québec 3 Winnipeg 2


annonce de la rencontre entre Winnipeg et Québec
annonce de la rencontre entre Winnipeg et Québec

En cet hiver de l’année 1895, Les Victorias de Winnipeg ont une mission: prouver aux équipes établies qu’il se joue du bon hockey à l’ouest de l’Ontario.

Ils sont en ville, invaincus jusqu’à ce jour dans le cadre d’une triomphante tournée dans l’est du pays. Partout, ils surclassent leurs adversaires chez eux, comme en témoignent de grandes victoires de 5-2 à Ottawa et 5-1 contre le M.A.A.A. (Montréal), détenteur de la Coupe Stanley.

Arrivé le 5 février et logé à l’hôtel St-Louis, les Victorias de Winnipeg sont largement favoris pour l’emporter. Québec vient de subir une rare défaite à la maison quelques jours plus tôt.

À la consternation générale, Québec l’emporte 3-2. Pour une rare fois, la nouvelle du match se retrouve à la première page du Quebec Chronicle.

Du hockey rapide et propre. Les spectateurs ont peut-être eu droit à la plus belle démonstration de hockey à ce jour. Le match le plus scientifique jamais présenté à Québec.

Frank Storr Stocking
Frank Storr Stocking

L’attaquant A.D. Scott a brillé pour Québec y allant du premier et 3e but de son équipe, le dernier brisant l’égalité. Dan Bain, futur membre du Temple de la renommée comptera le 2e but de Winnipeg. Le gardien québécois F.S. Stocking, encore malade et « sous traitement du médecin » aurait joué à ce jour son meilleur match en carrière.

Après le match, le capitaine des Victorias C.J. « Tote » Campbell aurait déclaré au journaliste du Quebec Chronicle qu’il n’avait jamais affronté une aussi bonne équipe. Le journaliste conclu : « ce sera une surprise pour les Montréalais qui croient que Québec ne peut pas gagner une partie proprement ».

Malheureusement, le capitaine Campbell aura un autre discours loin de Québec. Il fait parvenir un télégramme à certains quotidiens dans lequel il blâme le favoritisme des officiels et la conduite des spectateurs pour leur seule et unique défaite du voyage. Heureusement, le Saturday Night de Toronto conclu en ces termes : On dirait que Winnipeg est incapable d’accepter la défaite et de tirer la première leçon que la pratique du sport doit nous enseigner.

Par cette grande victoire, le Club de Hockey Québec avait prouvé être parmi les meilleures équipes au pays.

Les Victorias de Winnipeg
Les Victorias de Winnipeg

Un an plus tard, les Victorias de Winnipeg remporteront la Coupe Stanley, devenant la première équipe à l’extérieur du Québec à réussir l’exploit.  Ses joueurs la remporteront de nouveau en 1901. Leur capitaine Dan Bain est aujourd’hui membre du Temple de la renommée.

Hier comme aujourd’hui, pas facile à Québec…


Même avec une équipe gagnante, les foules sont décevantes en 1912-1913. Québec est "trop fort pour la ligue" avec sa fiche de 16 victoires et 4 défaites et l’enivrement de la course au championnat n’est plus depuis la mi-saison. Aussi, des rumeurs ont même  laissé croire que les "joutes" étaient "arrangées". Rien pour convaincre les amateurs de se déplacer par une nuit froide de février…

Imaginez, on y apprend que la plus petite  recette d’un match a été de 1200 $. Comme les  billets se vendaient entre 0.50 $ et 1 $, imaginez le nombre de spectateurs. Ailleurs, Toronto, Montréal et Ottawa en attirent régulièrement 5000…

La Patrie, 10 mars 1912

La Patrie, 10 mars 1913