Confirmé: "La Coupe à Québec" en librairie et au Colisée Pepsi, le 11 novembre !


Le grand jour ? Le jour J ? Le Jour du Souvenir, le 11 novembre prochain. Ce jour annuel pour commémorer les sacrifices de la Première Guerre mondiale et pour rappeler la signature de l’Armistice, le 11 novembre 1918.

Le hasard (enfin, un peu!) fait en sorte que mon livre "La Coupe à Québec : les  Bulldogs et la naissance du hockey" sera enfin disponible ce jour-là, en librairie partout au Québec. C’est mon grand jour aussi !

Disons que les "trois étoiles" se sont alignées. D’abord, le livre est disponible plus tôt que prévu. On aime croire que les libraires ont hâte de le présenter à leurs clients !

Belgique, 1916. Le Lieutenant Charles Gaven Power au centre, entouré du Lt. G. Grondin, Lt. René Pelletier (debout), Lt. W.E. Beaton et le Major A.T. Powell (assis). Ses quatre compagnons tomberont au combat avant le mois d’avril 1917. Extrait du livre biographique «A Party Politican : The Memoirs of Chubby Power », Collection Marc Durand.

Ensuite, entre les efforts de guerre et les Bulldogs, il y a un lien historique. Dès 1899, on dénombre jusqu’à sept membres du club en Afrique, impliqués dans la guerre des Boers. Ils seront encore plus nombreux entre 1914 et 1918, alors qu’ex-joueurs et administrateurs traversent l’Atlantique pour appuyer la Grande-Bretagne. Le Lieutenant-Colonel Albert Edward Swift, le Lieutenant Charles Gavan "Chubby" Power et le Major-Général Sir David Watson en reviendront triomphants et décorés, alors que d’autres, comme George Leonard, attaquant de l’édition gagnante de la Coupe Stanley en 1912, en meurt. Notons que les candidatures de Joe Malone et Jack McDonald ne sont pas retenues, étant tous les deux fabricants d’armes militaires chez l’armurier Ross. À la lecture du livre, vous aurez l’occasion de voir que le Quebec Hockey Club n’est pas insensible à la Grande Guerre et qu’il en a été aussi une victime collatérale.

Enfin, le hasard veut aussi que les Remparts de Québec disputent un match, dimanche le 11 novembre à 15h contre les Screaming Eagles du Cap-Breton.  Cette région, représentée il y bientôt 100 ans par les Millionnaires de Sydney (ville annexée à la municipalité régionale du Cap-Breton en 1995) a tenté de ravir la Coupe Stanley aux Bulldogs en mars 1913. Leur voyage à Québec a été infructueux.

Je vous invite sincèrement à vous procurer des billets pour cette partie. Je serai sur place et vous pourrez mettre la main sur le magnifique livre à un prix spécial de lancement. Il me fera plaisir de vous rencontrer et de vous le dédicacer.

Il y aura aussi au moins une autre très bonne raison de vous pointer au Colisée Pepsi le 11 novembre… La surprise pour très bientôt !  Achetez vos billets maintenant ici !

 

L’étrange saga d’Edmond Bouchard: la clé française échappée


Edmond Bouchard

Edmond Bouchard

Le Quebec HC (Bulldogs) n’a jamais eu de joueurs francophones de grande qualité. En de trop rares occasions, il a tenté d’en attirer : Didier Pitre et Aurèle Joliat ont reçu des offres  des « Blancs et Bleus », mais sans suite.

Edmond Bouchard aussi.

À l’hiver 1917, le Quebec HC attire moins de 1000 spectateurs à l’Aréna. L’interminable première guerre mondiale mine l’intérêt des partisans.  Il faut souligner également que l’équipe est exclusivement composée de joueurs anglophones. La population locale, largement "canayenne",  encourage d’abord ses joueurs de la ligue municipale.

On ne reprochera pas au patron du Quebec HC Mike (MJ) Quinn d’offrir un contrat professionnel à l’excellent George Carey, un joueur dominant du Sons of Ireland, le meilleur club amateur de Québec. Il donne raison à l’organisation et surprend agréablement chez les pros de la N.H.A.

Sans doute inspiré par le succès instantané de Carey, Mike (MJ) Quinn fait alors de l’œil au « nouveau » meilleur joueur amateur de la ville, Edmond Bouchard.  Il n’y a pas plus francophone que ça!

29 dec 1916
Quebec Chronicle 29 dec. 1916

Cet athlète de St-Étienne des Grès en Mauricie, alors âgé de 24 ans, en est à ses premiers coups de patins dans la Vieille Capitale.  Nouveau joueur du club francophone Les Montagnais, il fait 5’10’’ et 185 livres. Un vrai p’tit bouledogue…

Le 2 janvier 1917, Le Quebec Chronicle avance qu’Edmond Bouchard est « convoité par le Québec » et prétend qu’il « pourrait même s’entendre avec lui à temps pour le match demain soir contre les Canadiens ». Une stratégie qui aurait pu mettre la population “du bon bord” car, vous l’aurez deviné, les francophones de Québec adorent les Canadiens de Montréal.

Mais Edmond Bouchard ne jouera pas pour les Bulldogs ce soir-là.

Dommage.

Edmond Bouchard est un joueur populaire, peut-être encore plus que Joe Malone chez les francophones. Cette saison-là (1916-17), il enregistre 16 buts en 9 parties pour Les Montagnais. Lors des saisons 1918 et 1919 (marquées par l’absence des Bulldogs et du hockey professionnel à Québec), il devient le joueur vedette de la Ville en marquant un impressionnant total de 48 buts en 17 parties, dominant aisément la colonne des marqueurs et les manchettes des journaux !

À l’automne 1919, les Bulldogs renaissent de leurs cendres et lui offre encore une fois de porter un chandail professionnel.

La suite des choses soulève une tonne de questions.

27 décembre 1919
Quebec Chronicle 27 décembre 1919

Lors du premier match des Bulldogs dans la LNH en décembre 1919, Edmond Bouchard demande étonnamment à Mike (MJ) Quinn de porter l’uniforme et de s’asseoir au banc des joueurs. Quinn refuse, prétextant que les spectateurs se questionneraient sur la pertinence de ne pas faire jouer un de leurs favoris.

Quelques jours plus tard, coup de théâtre : après un match avec les Crescents de Québec, Bouchard quitte la Ville pour une autre équipe, le Hochelaga de la Ligue Sénior de Montréal.

Cette ligue amateur cesse ses activités en 1921 et Bouchard revient à Québec. Il s’apprête à jouer pour les Voltigeurs de Québec dans la toute nouvelle ligue provinciale lorsque l’association de hockey amateur du Québec est chargée d’enquêter sur lui.

Monsieur L.A. Latreille, l’ex-patron du Montréal Hochelaga allègue qu’Edmond Bouchard a joué pour un salaire de 750 $ avec son équipe "amateur" en 1920 (50$ par partie, pour 15 jouées). Il aurait donc quitté les Voltigeurs de Québec (et les Bulldogs ?) pour jouer "pro" à Montréal.

Quebec Chronicle, 4 janvier 1922
Quebec Chronicle, 4 janvier 1922

Le patron des Voltigeurs de Québec Lionel Létourneau soutient tout de même Edmond Bouchard dans son plaidoyer d’innocence. En dernier recours, Bouchard avoue avoir reçu ces sommes pour payer ses frais de déplacement, ce qui était permis. Le comité en doute puisque qu’un voyage « Trois-Rivières-Montréal » ne coute alors que 2.25 $. On se questionne  aussi sur la pertinence qu’il verse 6.50$ par jour de travail manqué à celui qui remplace son quart de travail à Trois-Rivières.

Le verdict tombe le 2 janvier 1922 : Le patineur de la Mauricie perd son statut de joueur amateur. Forcé à la retraite chez les "amateurs", il accepte ce jour-là de signer une entente professionnelle avec … les Canadiens, exactement 5 ans après avoir décliné la première offre professionnelle des Bulldogs.

Edmond avec les Canadiens
Edmond avec les Canadiens

Un peu moins d’un an plus tard, le 22 décembre 1922, il sera échangé ironiquement à Hamilton, le nouveau domicile des "Bulldogs", en retour de… Joe Malone.

Si sa carrière professionnelle n’a commencé qu’à l’âge de 30 ans, il aura eu le temps et le talent pour jouer 220 matchs dans la LNH avec MontréalHamilton, les NY Americans et les Pirates de Pittsburgh.

Ce n’est que le 26 janvier 1934 qu’il retrouve son statut de joueur amateur (ça se faisait !). On retrace le nom du hockeyeur dans les journaux de la Mauricie jusqu’en 1936, alors qu’il est encore actif  dans une ligue locale à l’âge de 43 ans.

Il est décédé le 18 juillet 1955 à l’âge de 63 ans.

Qui sait ce qu’un "oui" au Quebec HC en 1917 aurait pu changer au cours de l’histoire de l’équipe.

le 2 janvier 1920, le Quebec Chronicle va même prétendre qu'il sera de l'alignement partant. Une commande pour attirer les spectateurs ?

le 2 janvier 1920, le Quebec Chronicle va même prétendre qu'il sera de l'alignement partant. Une commande pour attirer les spectateurs ?

les petits des Bulldogs.


Malgré leur mort au printemps 1920, les Bulldogs de Québec se sont réincarnés à quelques reprises: Ils sont devenus les Tigers d’Hamilton (1920-25), les Americans de New York (1925-1941) pour finalement laisser aucune trace de vie après la seule saison des Americans de Brooklyn (1941-42).

http://www.britishpathe.com/record.php?id=4207

Pour le projet qui m’est chère, je suis toujours à la recherche de film impliquant l’équipe ou les joueurs. À part quelques textes ici et là relant la présence de "movieman" lors d’entraînement, je n’ai rien touché encore.  Voici pourquoi, petit bonheur ou médaille de carton, je vous propose ici un mince soupir de notre défunte équipe: Dans ce document, on y retrouve des extraits d’un match entre les Maroons de Montréal et les Americains au Madison Square Garden, diffusé par Pathé Gazette le 12 janvier 1930. Il y a d’ailleurs erreur: Ce n’est pas une partie entre américains et canadiens. Jamais le Canada n’a porté de "M" sur son chandail.

Aucun Bulldogs ne s’y retrouve. Petit butin. Intéressant quand même non ?

Hier comme aujourd’hui, pas facile à Québec…


Même avec une équipe gagnante, les foules sont décevantes en 1912-1913. Québec est "trop fort pour la ligue" avec sa fiche de 16 victoires et 4 défaites et l’enivrement de la course au championnat n’est plus depuis la mi-saison. Aussi, des rumeurs ont même  laissé croire que les "joutes" étaient "arrangées". Rien pour convaincre les amateurs de se déplacer par une nuit froide de février…

Imaginez, on y apprend que la plus petite  recette d’un match a été de 1200 $. Comme les  billets se vendaient entre 0.50 $ et 1 $, imaginez le nombre de spectateurs. Ailleurs, Toronto, Montréal et Ottawa en attirent régulièrement 5000…

La Patrie, 10 mars 1912

La Patrie, 10 mars 1913