De retour au Salon du livre de Québec, les 11 et 12 avril 2014.


accueil_55J’aurai le plaisir d’enfiler de nouveau mon chandail d’auteur lors du Salon international du livre de Québec, alors que je serai debout devant le filet du kiosque des Éditions Sylvain Harvey pour stopper les visiteurs et leur offrir La Coupe à Québec: Les Bulldogs et la naissance du hockey. Venez me rencontrer vendredi le 11 avril de 17h à 18h et samedi le 12 avril de 16h à 17h et de 18h à 18h30. Je serai au stand 258 et je devrais arborer un chandail du Quebec Hockey Club, dont mon tout nouveau chandail 1913 de Paddy Moran. Il me fera plaisir de jaser "old time hockey" avec vous. Si vous avez déjà acheté le livre (merci !!!) venez le faire dédicacer ! Au plaisir de vous rencontrer !

"La Coupe à Québec" a un an !


couverture extŽrieure365 jours depuis la parution de mon livre "La Coupe à Québec: Les Bulldogs et la naissance du hockey". Un an depuis le lancement officiel au Colisée Pepsi dans le cadre d’un match des Remparts, en compagnie de Joe Malone jr. Il y a un an se succédaient une multitude d’entrevues, de conférences, les Salons du Livre de Montréal et Québec… Le temps passe vraiment vite! Je suis toujours aussi fier et heureux de l’avoir mis au monde. Ce livre m’a permis de concrétiser des années de recherches en un bouquin complet et agréable à consulter, rempli de trésors et magnifiquement illustré. Merci encore à tout ceux qui, de près ou de loin, ont collaboré à ce projet.

Je me suis surpris cette semaine à tenter de chiffrer le nombre de primeurs de ce livre: La vérité sur l’invention du filet par Québec, le Club Québec comme étant le premier club civil de hockey au monde, le surnom Bulldogs qui n’arrive qu’en 1913, la Coupe Stanley volée de 1904, La construction de l’Aréna de Québec,  le prêt de la franchise de la LNH en 1919 et sa révocation en 1920… quelques exemples des nombreuses interprétations et légendes enfin élucidées. Une contribution à l’histoire, pour le sport et la ville que j’aime.

Le blogue Quebecbulldogs me permet de poursuivre le travail, de compléter certains dossiers. Je suis à pondre un article sur Dave Béland, ce soigneur et préparateur physique du Quebec Hockey Club et premier athlète olympique de Québec dont l’histoire fascinante n’a pas été raconté. Je suis aussi en contact avec des descendants de l’énigmatique Joe Savard, gardien substitut des champions de la Coupe Stanley en 1912 et 1913.

Je me souviens avoir dit à mon complice Frédéric Smith de la C.C.N. que ce livre serait mon premier et mon dernier. Il ne me croyait pas et il avait raison. L’histoire du hockey et des sports de la Ville de Québec me passionne encore plus que jamais. Il n’y a pas une semaine qui passe sans que je fouille de nouveau les archives accessibles sur internet, la bibliothèque de l’Université Laval ou mes milliers de documents conservés.

Je viens de remporter l’enchère d’un album de photos originaux datant de 1915. 216 clichés de la région et d’ailleurs, provenant d’un brocanteur situé à Seattle! J’ai hâte de le recevoir. Je vous en donne des nouvelles.

Le skating rink de 1877: Le troisième à Québec, pas le premier.


Scope (Québec) novembre 2013. La correction est de moi ;)

Québec Scope magazine, novembre 2013. La correction est de moi ;)

Le magazine Québec Scope publie un intéressant top50 des choses qu’on ne savait (peut-être) pas sur la Capitale. L’item numéro 10, en page 36, traite du Quebec Skating Rink devant le Parlement. C’est vrai qu’il a été inauguré en décembre 1877, mais il s’agit bien du 3e, pas du premier. L’article aurait eu plus de punch s’il avait informé ses lecteurs d’une première historique: La Ville de Québec a été la première à offrir une patinoire intérieure, dès 1851! Le hangar était situé au quai de la Reine. Le Club de patinage de Québec, fondé la même année, érige un Skating Club plus spacieux tout près du Parlement en 1864. C’est la construction de ce dernier qui oblige le club de patinage à aménager un terrain près de la porte St-Louis. Comme le précise avec justesse l’article, il a dû être démantelé en avril 1889, mais son déménagement ne sera pas complété avant le mois de décembre 1891. Je vous invite à consulter les photos et les articles concernant ses immeubles dans mon livre La Coupe à Québec, les Bulldogs et la naissance du hockey.

Québec, berceau du hurley au Canada ?


joueur de hurley, historyirland.com

joueur de hurley, historyirland.com

Je vous raconte cette histoire même si, selon moi, elle n’est pas tout à fait terminé. Je cherche encore une façon de changer la fin ;)

Il y a plusieurs mois, un lecteur de mon livre "La Coupe à Québec" m’a fait suivre par la poste une copie d’une page d’un bouquin qui m’a vraiment intrigué. On y retrouve l’apparence d’un journal personnel, daté du 24 janvier 1826, qui raconte la pratique d’un jeu, le hurley, dans les rues de Québec.

Mardi, 24 janvier.— Les enfants ont inventé, depuis un an ou deux, un nouveau jeu d’hiver qui menace de devenir un danger pour les passants, si on n’y met pas bientôt bon ordre. J’ai moi-même failli être la victime d’une de ces bandes de jeunes joueurs qui, dans l’ardeur de leur nouveau passe-temps, considèrent tous ceux qui tentent de passer là, où ils sont à se pourchasser dans la rue, comme des intrus passibles des châtiments les plus sévères. Je remontais l’Esplanade quand, à l’angle de la rue Sainte-Anne, je suis tombé au milieu d’une dizaine de vauriens qui, hurlant à qui mieux mieux, les uns armés de lourds gourdins, les autres de vieux balais, couraient après une balle. J’ai reçu deux ou trois coups à me rompre les mollets et chevilles, avant de réussir à me tirer hors de cette cohue pour continuer ma route en pestant contre cette engeance indisciplinée et d’une grossièreté à faire dresser les cheveux sur la tête. L’inventeur de ce jeu mériterait le fouet et la potence … ou le fouet tout court. Le plus beau de l’affaire, c’est qu’il n’est plus un coin de la ville exempt de cette nouvelle folie. Dès que trois ou quatre enfants se sont réunis, le jeu (je devrais dire le massacre) commence. Faute de balle, on se sert d’un glaçon ou d’une patate gelée. Il paraît qu’on a donné un nom à ces batailles — le " Hurley ". (43) Que le ciel nous en débarrasse, puisque nos magistrats, comme toujours, préfèrent attendre que quelque citoyen honorable se soit fait assommer ou tuer avant d’intervenir.

Journal d'un bourgeois de Québec page frontaleSans attendre, j’ai cherché le livre en question. C’était vraiment mon jour de chance, un libraire de la rue St-Jean de Québec avait "Le Journal d’un bourgeois de Québec", un ouvrage posthume écrit par Émile Castonguay (1894-1956), publié en 1960. La préface du livre dit de Castonguay "qu’il était l’un des hommes les plus érudits du Canada français", jadis gérant général du quotidien l’Action Sociale et passionné d’histoire. Signant plusieurs textes pour le journal l’Action Catholique sous divers noms de plume, Castonguay raconte ici le quotidien d’un citoyen canadien-français anonyme, rentier et avide de loisirs, d’art et de culture. Échelonné entre mars 1825 et décembre 1826, son récit couvre une période négligée des historiens, non sans raison, car il ne se passe pas grand chose à Québec, sauf en ce 24 janvier 1926 en ce qui me concerne.

Castonguay avait, selon ma compréhension, mis la main sur ce journal intime et avait décider de l’éditer avec ses annotations. Cette page 211 citée plus haut en offre un bel exemple: (43) s’agirait-il de l’apparition du jeu de hockey ?

Cette phrase, comme la présence du mot hurley m’ont vraiment fait bondir. Mon collègue du S.I.H.R., le suédois Carl Giden, une sommité sur les origines du hockey semble aussi excité que moi: "Si c’est vrai" m’écrit-il, "il s’agit de la première mention du mot hurley au Canada". L’historien Bill Fitsell ajoute à nos échanges par courriel que ce serait aussi important, sinon plus, que la première mention du mot hockey au Canada, qui remonte au journal d’expédition de John Franklin, alors aux Territoires du Nord-Ouest, en 1825.  Le Hurley (ou Hurling) est un jeu irlandais ancêtre du hockey comme plusieurs jeux disputés en groupe utilisant balle et bâtons. Les Écossais jouent au Shinty ou au Shinny, les Anglais utilisent les termes Hockey ou Bandy et plus tard, les textes franco-canadiens parlent aussi d’un jeu de crosse.  En le désignant "hurley", notre Bourgeois condamne en quelques sortes un groupe de plus en plus présent en ville: les Irlandais. Ses ouvriers et leurs enfants n’ont pas une bonne réputation auprès de l’élite…

Je devais en avoir le cœur net. J’ai rejoint Claude Castonguay, le fils d’Émile, celui-là même que l’histoire décrit souvent comme le Père de la carte d’assurance-maladie au Québec. Dans mes rêves les plus farfelus, il avait encore le manuscrit original. Sa réponse m’a vite fait retomber sur terre:


(…) je dois avouer que le bourgeois et son journal n’ont existé que dans le cerveau de mon père. Par contre, comme il était féru de la petite histoire du 19ème siècle, s’il parle du hurley, c’est que ce jeu a existé. Tout intéressait mon père,  y compris les sports (…)

Nous voilà bien loin d’une preuve historique. J’ai été naïf et excité au point de négliger les passages du livre qui aborde le caractère fictif du personnage.

N’empêche, le récit d’Émile Castonguay et ses extraits précis qu’on retracent aussi dans les journaux de l’époque entrouvrent une porte: Et si son passage sur les aventures des jeunes joueurs de hurley était vraiment tiré d’un fait réel ? À preuve, cette vraie lettre retracée par Giden et Houda du SIHR, datée du 2 novembre 1827 (et rendue publique en 1919 par la société historique Columbia de Washington, DC) écrite par l’Américain Ephrem Steady qui offre à peu près la même histoire :

"Amis Gales et Seaton: Certains de vos concitoyens souhaitent être informés si une loi a déjà été votée par notre société, soit d’interdire le bandy dans les rues? Si une telle loi est en existence, le sujet devrait retenir l’attention du Conseil; nos yeux et nos membres sont
souvent mise en danger par cette pratique, et les dames sont obligés de modifier leur route ou
rencontrer le risque d’être renversé par les partis en lice pour le bandy-ball"...

Émile Castonguay savait peut-être que le souhait de son Bourgeois allait être éventuellement exaucé. Le Conseil de la Cité de Québec possède depuis au moins 1848 un règlement qui stipule que la pratique du hurley (appelé crosse dans la version française) dans les rues, ruelles ou places publiques de la Cité de Québec est interdite, sous peine d’une amende de 5 Chelins (Shillings) ou une peine maximum de 30 jours de prison.

Ironiquement, la Ville de Québec interdit toujours ce genre d’activité qu’on désigne maintenant "jeu dans une rue", même si aucune amende n’aurait été décerné depuis 2006.

Que de mystère, non ? Mes premières recherches en janvier 1826 ont été infructueuses mais je garde confiance de trouver ma conclusion rêvée car, ne l’écrit-il pas dès le départ, le jeu a été inventé par des enfants "il y a un an ou deux"…

Extrait de "Règlement pour l'entretien des chemins en cette Cité, 1848.

Extrait de "Règlement pour l’entretien des chemins en cette Cité, corporation de Québec", 1848.

Les chandails au fil des saisons (1/3)


Mon confrère de la SIRH Danny Laflamme travaille sur un projet bien ambitieux: recréer le plus fidèlement possible les chandails portés par les joueurs des équipes majeures en Amérique du Nord, de 1885 à 1930. Ce défi est de taille, car plusieurs éditions sont restées sans image sinon, de piètres qualités et bien sur, en noir et blanc.  Son objectif est de rendre accessible cette base de données aux membres du SIRH.

J’ai bien sur sauté sur l’occasion pour lui offrir mon aide au sujet du Quebec Hockey Club. Il s’est glissé plusieurs erreurs de dates et même de conception à travers le temps et les différents sites web et livres sur le sujet.

Grâce à sa collaboration et sa permission, voici donc le premier de trois volets sur les chandails du club de hockey Québec.

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Quebec Hockey Club 1877-78 (première édition) création: Danny Laflamme.

Quebec Hockey Club 1877-78 (première édition) création: Danny Laflamme.

chandail du club de football-rugby de Québec, 1878.Il est fort probable que le premier chandail porté par les joueurs de ce tout nouveau sport intérieur qu’est le hockey sur glace soit en fait un chandail de… football ! La plupart des hockeyeurs du Club, dont le capitaine Charles Miller venaient de remporter un championnat de rugby-football sous ses couleurs. Au fil des ans, le chandail aux lignes horizontales bleues et blanches (ou grises) est fréquemment utilisé par le "premier" club de la ville de Québec, que ce soit en football, en crosse et bien sur, en hockey.

Quebec Hockey Club 1887-88 création: Danny Laflamme.

Quebec Hockey Club 1887-88 création: Danny Laflamme.

1888 chandail QuebecCertainement le plus différent chandail de l’équipe, il est clairement identifié au groupe anglo-saxon de la majorité des joueurs de l’époque. La Croix de St-Georges, rouge sur un écusson blanc, est aussi utilisée sur le drapeau de l’Angleterre, dont le saint est également le patron (wikipedia). Comme le chandail ne nous permet pas de définir précisément sa couleur principale, nous avons opté logiquement pour le bleu. Il nous est impossible de connaitre exactement le moment de son apparition dans le vestiaire du Club. Peut-être est-il ainsi depuis plusieurs années…

Quebec Hockey Club 1891-92 création: Danny Laflamme.

Quebec Hockey Club 1891-92 création: Danny Laflamme.

QuebecAprès deux hivers sans toit, le Club de Hockey Québec emménage dans le Quebec Skating Rink revampé sur les Plaines d’Abraham en décembre 1891. Une des rares photos du Club sans trophée, sinon, peut-être, ce nouveau chandail qui compte encore 6 lignes horizontales. Remarquez la ligne bleue supérieure qui se sépare pour laisser jaillir le col roulé. Il n’apparaît aucun logo ni numéro. D’ailleurs, il n’y en aura pas pour encore 20 ans…

Quebec Hockey Club 1893-94 création: Danny Laflamme.

Quebec Hockey Club 1893-94 création: Danny Laflamme.

Quebec 94Le fait d’arme de la saison 1894 est sans aucun doute cette victoire de 3-2 contre le premier et alors détenteur de la Coupe Stanley, le Montreal Hockey Club (associé et souvent appelé M.A.A.A.), lors du match qui a cloturé le premier Carnaval de Québec. Albert Edward Swift (photo) porte d’ailleurs une des médailles obtenues à la suite de cette brillante victoire, grandement célébrée en Ville. L’autre, c’est pour féliciter le Club pour la belle saison.

Avant Michael, y’a eu George McCarron !


George McCarron, tel qu'illustré par le Pittsburg Press du 18 janvier 1903.

George McCarron, tel qu’illustré dans le Pittsburgh Press du 18 janvier 1903.

Le Canadien vient de faire de l’Américain Michael McCarron son 1er choix au repêchage en 2013. 110 ans plus tôt, c’est à un McCarron de Québec de faire la une des pages sportives de Pittsburgh. J’ignore si un lien de parenté les unis, mais chose certaine, George a été le premier joueur de hockey professionnel de la grande famille.

Dans les faits, cet attaquant de Québec est d’abord le tout premier joueur de hockey professionnel natif de la Capitale. Il m’a été impossible de retracer le certificat de naissance de George Ernest Irwin McCarron. Né en 1879 ou 1880, il est peut-être aussi de Pont-Rouge comme son frère Thomas né en 1877. De sang paternel irlandais et écossais du côté de sa mère, il habite le 78 St-Vallier à Québec au rescencement de 1881. Il est un des grands joueurs à avoir porté le chandail des Crescents, un autre club de Québec, auquel il est associé dès 1896 lors de la victoire de ce club au Carnaval de Québec. C’est aussi cette année là qu’il s’enrole dans la milice volontaire canadienne du 8e Régiment comme bon nombre de ses coéquipiers.

Très attaché aux Crescents, tout comme son frère aîné Thomas qui en est le secrétaire-trésorier, il a fort probablement résisté aux appels du grand club senior pour demeurer avec son club de calibre intermédiaire.  Il ne jouera que deux matchs avec le Quebec Hockey Club,  en 1900-01, le temps de compter 7 buts ! Il passe les deux années suivantes avec les Crescents. Presque tous ses coéquipiers dorénavant avec le club Québec, il amorce une carrière professionnelle chez le Pittsburgh Athletic Club pour la saison 1902-1903. Officiellement, George travaille à la Pittsburgh Steel Corporation, mais la grande majorité des joueurs canadiens de la Western Pennsylvania Hockey League ont une prime pour jouer au hockey, ce qui est formellement interdit dans les ligues canadiennes, encore toutes amateurs. De plus, cette année là, il termine premier compteur de son équipe avec 14 buts en 13 parties et premier au chapitre des pénalités avec 47 minutes "sur la bande". Il est, sans surprise, nommé sur la première équipe d’étoile de la ligue.

Toujours cet hiver là, un samedi matin du 22 février 1903, George McCarron prend pour épouse à Pittsburgh Emma Martin de Québec, fille d’Edward Martin, rue de l’Artillerie. Ils auront une fille. Ethel, née en 1904 dans la ville de l’acier.

George McCarron, en 1898 avec les Crescents de Québec.

George McCarron, en 1898 avec les Crescents de Québec.

Après deux autres saisons professionnelles à Pittsburgh et à Sault-Ste-Marie au Michigan, il tente un retour à Québec en 1905, prenant part au camp d’entraînement du Quebec Hockey Club. Il sera du premier voyage du Club à Ottawa comme joueur de réserve, mais ne verra pas d’action et quittera l’équipe.

On le retrouve pour une compagnie ferroviaire à Chicago en 1910, mais sera de retour à Québec très rapidement. On le verra tantôt comme arbitre (il sera utilisé d’ailleurs dans la NHA) et capitaine de son équipe des employés des chemins de fer de 1914 à 1916. Il meurt le 13 octobre 1923, à l’âge 43 ans. Le Quebec Chronicle dit alors de lui qu’il fût "l’un des meilleurs joueurs de crosse et de hockey de son époque".

Espérons pour le Canadien que ce Mikael McCarron soit du même calibre.

Une rencontre de la ligue du vieux poêle !


Je suis entouré de gauche à droite par Onil Boutin, ancien joueur des As de Québec, Léo Roy, auteur d'un livre sur les As, Mario Trépanier, collectionneur, et Jean-Patrice Martel, président de la Société internationale de recherche sur le hockey. Le Soleil, 21 avril 2013. Photo: Patrice Laroche

Je suis entouré de gauche à droite par Onil Boutin, ancien joueur des As de Québec, Léo Roy, auteur d’un livre sur les As, Mario Trépanier, collectionneur, et Jean-Patrice Martel, président de la Société internationale de recherche sur le hockey.
Le Soleil, 21 avril 2013. Photo: Patrice Laroche

Que du plaisir samedi dernier, alors que la Société Internationale de Recherche sur le Hockey (S.I.R.H.) tenait une 2e rencontre régionale au Québec. J’ai eu le privilège de parler de l’essentiel  de mes recherches sur la naissance du hockey à Québec et du Quebec Hockey Club.  Cinq autres conférenciers étaient aussi au menu devant un groupe d’initié très intéressé. Un gros merci au collectionneur et membre du SIRH Mario Trépanier pour cette journée formidable.

Je vous invite à lire le texte de mon confrère Ian Bussières du quotidien Le Soleil.

Conférence de la Société Internationale de Recherche sur le Hockey (SIRH) à Québec !


SIHR_Logo_nobanner_250_x_175Les historiens du hockey ont rendez-vous à Québec!

La Société internationale de recherche sur le hockey (SIRH) est fière d’annoncer la tenue de sa seconde rencontre régionale au Québec, qui aura lieu le samedi 20 avril prochain à Québec. Rappelons que la première rencontre régionale de la Société a eu lieu le 24 novembre dernier à Montréal; une quinzaine de passionnés du hockey ont participé à cette rencontre qui a permis d’aborder plusieurs sujets dont la contribution de Léo Bourgault au monde du hockey, la patinoire Victoria de Montréal et le Championnat du monde de hockey de 1970 qui devait avoir lieu à Montréal et à Winnipeg.

Cette deuxième rencontre est organisée par Mario Trépanier, un membre de la Société qui s’intéresse tout particulièrement à l’histoire du hockey à Québec. Ce n’est donc pas un hasard si la rencontre aura pour thème le hockey à Québec et les grandes équipes qui ont marqué son histoire : les Bulldogs, les As, les Remparts et les Nordiques. La Société tient à remercier Mario pour sa précieuse collaboration, lui qui s’est spontanément offert pour organiser cette rencontre.

couverture extŽrieurePrésent lors de la première rencontre, Marc Durand sera de retour parmi nous pour parler de son récent livre «La Coupe à Québec – Les Bulldogs et la naissance du hockey». Journaliste télé affecté à la couverture sportive depuis plus de 20 ans, Marc est passionné de hockey depuis sa plus tendre enfance. Cette insatiable soif d’en savoir plus l’a amené à effectuer des recherches sur l’histoire du hockey à Québec et «La Coupe à Québec» est son premier ouvrage.

Il y aura ensuite une discussion sur le thème «Regard sur les As de Québec». Un ancien joueur des As, Onil Boutin, viendra nous parler de son séjour avec l’équipe de 1967 à 1971. Originaire de Sherbrooke, ce défenseur a également participé à la Coupe Memorial de 1967 avec les Canadiens de Thetford Mines. Il pourra signer les cartes postales mises à la disposition des personnes qui assisteront à la rencontre. De plus, un membre de la Société, Léo Roy, nous présentera son projet de livre sur l’histoire des As.

Après la pause, il sera question de hockey junior – et des Remparts de Québec! – avec Jean-Pierre d’Auteuil et Jean-Philippe Otis, auteurs du récent livre «La Ligue de hockey junior majeur du Québec». Ce livre de référence abondamment illustré raconte toute l’histoire de ce circuit qui nous a donné les Lafleur, Lemieux et Crosby. Les passionnés des Nordiques connaissaient déjà Jean-Pierre d’Auteuil, qui a produit le fameux coffret DVD «Les Nordiques, notre équipe!».

Enfin, notre ami Stéphane Harvey offrira une présentation sur la première rencontre de la série Canada-URSS de 1974, disputée au Colisée de Québec. On se souviendra que trois joueurs des Nordiques faisaient partie de l’équipe canadienne qui a donné du fil à retordre aux Soviétiques : Serge Bernier, Réjean Houle et Jean-Claude Tremblay. Membre actif de la Société et fervent collectionneur des Nordiques, Stéphane Harvey est à l’emploi de la Bibliothèque de Saguenay et a participé en 2010 à la réalisation d’une exposition sur Jean-Claude Tremblay au Musée du Fjord de Saguenay.

Une table de lecture sera aménagée pour présenter divers livres québécois ayant pour thème le hockey. Ce sera l’occasion de découvrir de nouveaux titres et des ouvrages moins connus… et de redécouvrir certains classiques!

Bulldogs, As, Remparts et Nordiques : c’est tout un programme qui nous attend ce samedi 20 avril à Québec! La rencontre aura lieu de 13 h 30 à 17 h au sous-sol du restaurant Céline et Ramone, situé au 1061, boulevard Pierre-Bertrand. L’entrée est libre et vos amis sont les bienvenus; nous vous invitons à demeurer des nôtres pour le souper afin de compenser pour la salle qui nous est gracieusement offerte par le restaurant. Il n’est pas obligatoire de s’inscrire à l’avance, mais vous êtes invités à nous laisser un court message si vous comptez être des nôtres.

Contact : Benoît Clairoux, Société internationale de recherche sur le hockey (SIRH)

514 678-2873 ou benoit.clairoux@videotron.ca

Il y a 100 ans: Québec gagnait sa dernière Coupe Stanley.


Les Bulldogs de Joe Hall et de Joe Malone.

La saison 1913 est celle d’une querelle entre la PCHA et la NHA dont le club est la principale victime. Démantelé de la moitié de ses joueurs, le Quebec Hockey Club valorise l’apport exceptionnel de deux grands bâtisseurs : le gérant Mike J. Quinn et le centre Joe Malone. La saison 1913, c’est aussi une deuxième coupe Stanley et l’apparition du surnom légitime d’un club qui n’a pas froid aux yeux et qui s’agrippe à son élan, les Bulldogs.

CE TEXTE EST UN EXTRAIT DU LIVRE "LA COUPE À QUÉBEC: LES BULLDOGS ET LA NAISSANCE DU HOCKEY", PUBLIÉ CHEZ LES ÉDITIONS SYLVAIN HARVEY, EN COLLABORATION AVEC LA COMMISSION DE LA CAPITALE NATIONALE ET LA VILLE DE QUÉBEC.

1913 avec les directeurs

Rare photo de l’édition gagnante de la Coupe Stanley 1912-13, avec la direction et les joueurs substituts. Source: Ville de Québec.

L’aréna réclamé au printemps n’est pas encore réalité. Faute de mieux, le vieux Skating Rink de la Grande Allée sera encore une fois remodelé par l’intérieur. De nouveaux balcons pourront accueillir 400 spectateurs. On est loin des rénovations prévues, jugées trop onéreuses par le club de patinage. De plus, la Commission des champs de bataille nationaux qui prévoit acheter le terrain pour en faire une porte d’accès aux plaines d’Abraham n’entend pas investir dans cet édifice. Ces gradins sont nécessaires, selon Quinn, directeur-gérant du Quebec Hockey Club. Les profits de 1500 $ en 1912 ont été réalisés grâce aux 2500 $ engendrés par la présentation des deux matchs de la coupe Stanley. Par ailleurs, les 6000 $ investis en salaires en 1912 passeront à 9000 $ en 1913 pour garder la famille intacte. Trois joueurs de l’extérieur, Jack Marks, Eddie Oatman et Goldie Prodger, ont passé une partie de l’été dans la ville avec les Automatics, le club de baseball de l’armurier Ross pour lequel ils ont aussi travaillé.

Des vautours sur la ville

Les succès du club en 1912 attisent évidemment la convoitise des autres ligues majeures de hockey, la PCHA des frères Patrick en particulier. Le 15 octobre, Lester Patrick et Jimmy Gardiner sont à Québec pour attirer Joe Malone, Eddie Oatman et Goldie Prodger avec de gros contrats, sans succès. Selon le Quebec Chronicle, « Patrick et Gardiner ont quitté Québec bredouilles hier soir, les membres de notre club sont trop honorables pour briser leur entente. » Quinn ne prend toutefois pas les choses à la légère et s’entend rapidement avec les sept joueurs principaux du club. Il dépose les contrats signés à la rencontre de la NHA qui se tient le 26 octobre 1912 au Château Frontenac.

Hélas, rien n’est si simple ! La PCHA est furieuse contre la NHA et Sam Lichtenhein, propriétaire des Wanderers, qui vient de faire signer un contrat à Harry Hyland, le meilleur buteur de la PCHA, déjà sous contrat dans l’Ouest. Il n’en fallait pas plus pour Frank Patrick qui déclare la guerre à la NHA. Un télégramme du 16 novembre adressé à Joe Malone précise le plan de Frank Patrick. « Puisque la NHA a brisé son entente avec nous », ce dernier offre des contrats à tous les joueurs réguliers du Quebec Hockey Club. Son objectif consiste à détruire le club détenteur de la coupe Stanley et à fragiliser ainsi la NHA. Les six joueurs convoités ont déjà en poche une entente de 1500 $, mais la PCHA offre 2200 $ à Malone, à Oatman et à Prodger, et 1800 $ à McDonald, à Moran et à Hall.

contract vancouverLes offres de Patrick seront bonifiées au point de séduire la moitié du groupe. Oatman et Prodger acceptent de renier leur entente avec le Quebec Hockey Club pour 2500 $, tandis que Jack McDonald accepte les 2000 $ proposés. Le 21 novembre, une importante foule est rassemblée à la gare pour dire adieu à Oatman et à Prodger. Ce dernier se confond en excuses et réitère son immense respect pour Quinn et l’équipe de Québec qui lui a offert sa première chance. Ses amis, fort nombreux, le supplient de rester, mais selon les journaux, il aurait donné sa parole à son coéquipier Oatman dont on regrette moins le départ, l’accusant d’avoir orchestré l’évasion. Une fois à Vancouver, les trois joueurs sont dispersés dans les trois clubs de la PCHA. L’objectif des frères Patrick est partiellement atteint, mais le coeur et l’âme de l’équipe de Québec demeurent intacts. Joe Malone, Paddy Moran et Joe Hall restent fidèles et feront en sorte que le Quebec Hockey Club demeure champion encore une fois.

Une reconstruction signée Quinn et Malone

Le lendemain du « raid », Mike J. Quinn et son capitaine Joe Malone sont en route pour l’assemblée générale de la NHA à Toronto, ironiquement accompagnés par Jack McDonald à bord du train. Le gérant et le capitaine du Quebec Hockey Club profitent du voyage pour reconstruire l’équipe et essuient les refus de plusieurs joueurs amateurs dont quelques Canadiens français de la région d’Ottawa comme Jack Fournier, Steph « Coo » Dion et Eddie Gérard. Ce dernier deviendra joueur professionnel l’année suivante et connaîtra une belle carrière. Il sera élu au Temple de la renommée du hockey en 1945.

Finalement, Québec met le grappin sur le prolifique buteur Tommy Smith, auteur de 53 buts avec Moncton en 1912, leur meilleur joueur au challenge de la coupe Stanley à Québec. Dans sa dernière ligne droite, Quinn réussit un autre tour de force, celui de dénicher deux joueurs aussi talentueux qu’inconnus : Harry Mummery, un gros défenseur de 100 kg (220 lb), et Russell « Rusty » Crawford, un ailier qui évolue à Saskatoon. Le premier jouera onze ans dans la NHA/NHL et le second sera élu membre du Temple de la renommée en 1963. Comme repêchage de dernière minute, on a rarement vu mieux.

Malone lance une saison exceptionnelle

Carte de Joe Malone, Topps, 1961.

Carte de Joe Malone, Topps, 1961. Elle est signée par son fils.

Avec quatre nouveaux joueurs, le club rapiécé surprend tout le monde avec une victoire convaincante de 7-3 sur les Sénateurs d’Ottawa le 28 décembre, pour ouvrir la saison 1912-1913. Ces derniers avaient pris les commandes de la rencontre 3-2 en deuxième période, mais Joe Malone a inscrit 2 buts en 30 secondes pour ne plus regarder derrière. Avec ses trois buts, ce dernier est qualifié de « probable meilleur attaquant de la ligue » par le Chronicle. Le 11 janvier 1913, le Quebec Hockey Club reçoit le Canadien et accueille 4000 spectateurs. Selon L’Action Sociale, « la foule se pressait si nombreuse dans les places à 0,25 $ qu’une cloison construite cette année pour fermer au public l’entrée des chambres des clubs a été démolie sous la poussée des spectateurs ». Le premier ministre du Québec Sir Lomer Gouin, dans les loges à 1,50 $, est témoin d’une victoire de 5-4 et d’un match qui nourrira la légende de Joe Hall. Au cours d’une attaque en première période, Hall se rue sur Vézina avec tant de force qu’il brise la barre de fer qui soutient le filet. Il retrouve plus tard son « ami » Newsy Lalonde et les deux joueurs passent la première période à se quereller. Hall conclut une dispute par un coup qui blesse Lalonde à la tête. Plus tard en deuxième, l’arbitre Tom Melville punit Hall de nouveau, sans raison apparente cette fois. Hall l’invective, lui donne un coup de patin et incite les amateurs à s’en prendre à lui. Chassé de la rencontre, « Bad Joe » est suspendu une semaine par la NHA et reçoit une amende de 100 $. Le Quebec Hockey Club perd trois des quatre matchs suivants, séquence qui prend fin avec la plus imposante défaite de la saison, le 22 janvier. Harry Hyland, le joueur étoile que les Wanderers ont « volé » à la PCHA, compte huit buts au Skating Rink de Québec et aide son club à l’emporter 10-6. Québec a maintenant cinq victoires et quatre défaites, et occupe le deuxième rang derrière le Canadien. Commence alors une séquence victorieuse sans précédent dans l’histoire du club.

Le hockey à sept pour une dernière fois

Le 29 janvier à Ottawa, Tommy Smith prédit que les Sénateurs « se coucheront » devant eux, ce qu’ils ont d’ailleurs fait, puisqu’ils ont été défaits 5-3. C’est en principe le dernier match de la saison à six contre six, puisqu’à la demande des clubs Ottawa et Tecumsehs, la NHA revient à la combinaison traditionnelle à sept joueurs pour la seconde moitié de la saison. La semaine suivante, le Ottawa Journal prédit que, cette fois, les joueurs québécois n’auront pas autant de plaisir dans la capitale fédérale. Selon l’article qui cite un joueur anonyme, Ottawa cherchera la bagarre contre Québec. Le Quebec Hockey Club domine finalement tous les aspects du jeu, même les moins sportifs, et l’emporte 4-1. On raconte que Joe Malone passe son temps à s’arrêter au banc et à rigoler avec le gérant Mike J. Quinn. Désabusés, des spectateurs sollicitent un peu de fierté et demandent à leurs favoris de s’en prendre à « Bad Joe » Hall : « Get Hall ! Get Hall ! » Exaspéré, le vétéran défenseur y va d’une réaction passée depuis à l’histoire. Voici comment le Montreal Gazette décrit la scène. « Hall, en possession de la rondelle, a patiné jusque dans sa zone, du côté est de l’aréna. Il s’est arrêté, a mis une main sur le côté de son visage et s’est mis à crier aux spectateurs : “Pourquoi ne pas descendre sur la glace et vous en prendre à Hall vous-même ?” » Aucun amateur n’accepte l’invitation. Le reste de la période se passe en zone des Sénateurs, ce qui permet au gardien Moran de poursuivre la discussion avec les spectateurs… Le lendemain, le club Ottawa, le seul maintenant à tenir farouchement au hockey traditionnel à sept joueurs, accepte finalement de se joindre aux amateurs et autres clubs de la NHA qui réclament le hockey plus ouvert et rapide dont ils ont été témoins depuis deux ans. Québec a gagné une autre bataille.

Les Bulldogs de Joe Hall

1910 février 1913, Ottawa Citizen

10 février 1913, Ottawa Citizen

Le surnom des « Bulldogs » de Québec revient probablement au journaliste Tommy Gorman de l’Ottawa Citizen, comme on peut lire pour la toute première fois en page 8 de l’édition du 10 février 1913. C’est le titre associé à une victoire de 4-1 à Ottawa : « Les “Bulldogs” de Québec triplent le pointage et s’agrippent fermement à la coupe Stanley ». Les premières lignes du texte expliquent le lien. « Les Bulldogs de Joe Hall, surnom utilisé fréquemment par la confrérie des joueurs, n’ont pas eu trop de difficulté à s’approcher de la coupe Stanley lorsqu’ils ont rencontré et battu Ottawa par la marque de 4 à 1. » Comme pour expliquer cette image, le journaliste compare Québec et le Canadien, ce dernier rudoyé dans la défaite de 2-1 la semaine précédente. « Contrairement aux Canadiens, ils ont refusé d’abdiquer. » Une portion de l’article est reprise dans le Calgary Daily Herald de cette façon. Le Toronto World écrit « Bulldogs » dans un seul mot. Enfin, le Quebec Chronicle emploie aussi « Joe Hall’s Bulldogs », tout comme le Citizen le lendemain et durant plusieurs jours. Le 18 février, dans une pleine page remplie de photos des joueurs, le Quebec Chronicle ose enfin : « Les Bulldogs de Québec s’agrippent avec détermination à la coupe Stanley. » Il revient plus timidement le 28 avec l’expression « Joe Malone’s Bulldogs ». L’utilisation systématique du sobriquet se propage définitivement à l’automne 1913 et dans les journaux francophones en 1915. Contrairement à ce que prétendent plusieurs écrits, l’origine du surnom ne date donc pas des premiers pas du Quebec Hockey Club. Aucune mention n’a été trouvée au fil des 35 premières années. Le Chronicle le confirme en quelque sorte le 11 février 1916 : « [...] le Club a été surnommé “Bulldogs” il y a quelques années pour ses qualités de combattants et de finisseurs. Il ne mérite pas cette appellation cette saison. » Le surnom revient donc au courage et au sang-froid de ce club, inspiré par son leader, le dur à cuire Joe Hall, probable propriétaire de Togo, le bulldog en vedette sur la photo du club gagnant d’une autre coupe Stanley.

Deuxième conquête de la coupe Stanley

Obrien-Quebec

Les inscriptions du Quebec Hockey Club sur le trophée O’Brien, symbole du championnat de la NHA.

Il reste deux semaines au calendrier régulier, et le Quebec Hockey Club s’assure du premier rang de la NHA et de la coupe Stanley grâce à une victoire de 7-6 sur le Canadien, à Montréal, le 22 février. À l’image de la saison, Québec revient de l’arrière. Malone compte ses deuxième et troisième buts du match pour transformer le retard en victoire. Avec trois rencontres à disputer et le championnat en poche, les Bulldogs gardent le cap sur une saison de rêve. En bout de piste, Hall et Malone alignent onze victoires de suite pour une fiche incroyable de seize victoires et quatre défaites, six victoires devant les « invincibles » Wanderers. Joe Malone remporte son premier championnat des compteurs avec 43 buts en 20 matchs. Profitant des qualités de passeurs exceptionnelles, son ailier Tommy Smith le suit de près avec 39 buts pour le deuxième rang de la NHA. Paddy Moran quant à lui termine au premier rang chez les gardiens réguliers, devant Georges Vézina.

Les Millionaires en ville

La MaPHL obtient le droit d’affronter les détenteurs de la coupe Stanley. Malheureusement, mis à part le défenseur « Cap » McDonald, la nouvelle formation de Sydney est remplie d’inconnus au talent douteux. Selon certains écrits, les Sydney Millionaires ont gagné leur championnat grâce à du jeu intimidant. Même si les coupes Stanley et O’Brien sont de nouveau présentées dans une vitrine décorée aux couleurs du club chez Holt Renfrew, la frénésie n’est pas la même qu’à pareille date l’année précédente. Pour ce premier match le 8 mars, une assez bonne foule se rend au Quebec Skating Rink. Comme les Millionaires possèdent des uniformes similaires à ceux de Québec, ils portent ceux du Emmet, club senior de la ligue municipale. Ils auraient peut-être dû aussi aligner leurs meilleurs joueurs. Dans une victoire de 14-3, Joe Malone connaît le festival offensif de sa carrière. Il met la table avec deux buts en première période, puis explose avec cinq buts en deuxième. Le match étant hors de portée pour les Millionaires, Québec remplace les joueurs étoiles Joe Hall et Tommy Smith par Billy Creighton et Jeff Malone (le frère de Joe), deux substituts qui n’ont pas joué plus de 40 minutes cette saison. Joe Malone ajoute tout de même deux buts en troisième période, pour un total de neuf buts dans la partie. L’historien Charles Coleman avance que Malone visait le record de quatorze buts dans une partie de la coupe Stanley établi par Frank McGee en 1905 contre le club de Dawson City, sans doute la plus faible formation à avoir obtenu le droit de disputer le trophée. Si le record avait été l’objectif de « Gentlemen Joe » Malone, Smith et Hall seraient certainement demeurés dans le match. Avec onze points d’avance dans cette série au total des buts, le grippé Joe Malone prend congé pour le dernier match, le 10 mars 1913. Smith, peu réputé pour son ardeur au travail, remplace Malone au centre, semble faire peu de cas de ses adversaires et n’effectue aucun repli défensif. Dans un match sans enjeu, la plus petite foule de la saison est témoin d’une victoire de 6-2. Afin de mettre un peu de piquant en fin de match, le gardien Paddy Moran s’élance avec la rondelle et rate le but de peu. Le fait saillant de la rencontre se déroule entre les périodes. On honore l’architecte de cette formidable équipe, le gérant Mike J. Quinn. Au premier entracte, on lui remet une bourse de 550 $, fruit d’une souscription publique lancée depuis quelques semaines. Avant la troisième période, c’est au tour des joueurs de lui offrir un superbe loquet en or. Le Quebec Hockey Club est encore détenteur de la coupe Stanley, mais sa saison est loin d’être terminée.

New York, New York

À peine champions, les Bulldogs prennent de nouveau le train pour y jouer le tournoi annuel de New York, disputé au Saint Nicholas Rink et doté d’une bourse de 2500 $. Cette fois, le club affronte directement les Wanderers en finale. Ces derniers ont remporté leurs deux matchs contre le club Ottawa et attendent Québec patiemment. Après quatre jours de repos, ils inscrivent six buts en première période, infligeant une défaite de 9-5 à Québec, une première depuis le 25 janvier. Joe Malone, toujours affaibli par la grippe, quitte la rencontre après la première période. Le deuxième match disputé le 15 mars est remporté 5-3 par Québec, qui perd toutefois la série 12-10 au total des buts. Cette rencontre est si violente que le New York Times avance que les « clubs canadiens repartent à la maison avec un record d’yeux au beurre noir, de lacérations à la tête et de côtes fracturées, du jamais vu ici ». Le gardien Albert Cadotte des Wanderers est assommé dans une mêlée générale et termine la rencontre dans le vestiaire, encore inconscient. Ce sera son dernier match en carrière chez les professionnels. La partie s’est jouée dans un épais brouillard en raison d’une glace ramollie par le temps doux. On dit même qu’Art Ross a compté un but du centre de la patinoire, rondelle que n’a jamais vue Moran. Enfin, l’article du New York Times décrit les prouesses de Joe Malone, auteur des cinq buts de son équipe. Le récit du journaliste est peut-être à l’origine de son surnom le plus connu : « Phantom Joe ». « Joe Malone était rapide comme l’éclair. Il glissait sur la glace comme un fantôme dans un épais brouillard. Son spectre semblait surgir devant chaque adversaire auquel il soutirait toujours la rondelle. »

Une « série mondiale » de hockey

Depuis deux ans, la PCHA demande d’affronter les champions de la coupe Stanley. Québec s’est toujours dit favorable à cet affrontement, mais à la condition de jouer ses matchs à la maison, comme le veulent la tradition et son privilège. En septembre 1912, le Quebec Hockey Club invite New Westminster, club champion de la PCHA en 1911-1912, à l’affronter en décembre, se disant même disposé à s’entraîner sur la glace artificielle du Saint Nicholas Rink de New York pour s’y préparer. Pas une semaine ne passe sans que les journaux relatent les débats entre Lester Patrick d’une part et Mike J. Quinn de l’autre. La PCHA ne veut pas jouer à Québec, et le Skating Rink est trop petit pour rentabiliser le voyage. Patrick propose de
jouer la série à Toronto, en territoire neutre, ce que refuse encore Québec, par respect pour ses partisans. « Défendre la coupe Stanley à l’extérieur de la ville conquérante tuerait le hockey », affirme Quinn. Il est aussi possible que ce dernier n’entende pas accorder de faveur à la PCHA, « voleur » de cinq de ses joueurs depuis 1911. Comme les commissaires de la coupe Stanley n’ont pas le pouvoir de forcer l’équipe championne à jouer ailleurs que chez elle, c’est l’impasse. Le trophée ne sera pas à l’enjeu cette année-là. Lester Patrick tient tout de même à prouver au pays que ses champions peuvent rivaliser avec le Quebec Hockey Club. Il leur offre ainsi 3000 $ pour venir jouer une série de trois rencontres contre les Victoria Aristocrats, champions de la PCHA. Il dit s’inspirer des séries mondiales au baseball qui opposent annuellement les champions des deux ligues majeures. Sans coupe Stanley en jeu, Québec accepte l’offre.

Un looooooong voyage

Remarquez le chandail bleu avec l’écusson qui semble dire "Quebec Hockey Club, Champion NHA 1912-12"

Pause devant un train, en route pour Victoria. Remarquez le chandail bleu avec l’écusson qui semble dire "Quebec Hockey Club, Champion NHA 1912-13". J’ai coloré cette photo de la collection de Joe Malone jr.

Toujours à New York le 15 mars, le Quebec Hockey Club se dirige d’abord à Montréal et poursuit sa route pour le long voyage de près de 6000 km vers l’île de Vancouver. Il s’arrête à Brandon, au Manitoba, le 19 mars, pour un entraînement qui attire beaucoup d’amateurs venus voir trois des leurs : Hall, Mummery et Creighton. L’équipe arrive à Victoria le 22 mars et profite d’un entraînement au Victoria Arena, patinoire de 3500 sièges construite en 1911 au coût de 110 000 $ et dotée d’une surface artificielle. La série décrite par erreur par plusieurs journaux de l’époque comme celle de la coupe Stanley débute le 24 mars. Québec retrouve chez les Aristocrats deux anciens joueurs : le défenseur Goldie Prodger et le centre Tommy Dunderdale, champion compteur de la PCHA. Les règles de la PCHA s’appliquent dans ce premier match. Le hockey se joue encore à sept. Les punitions ne correspondent pas à des amendes comme dans la NHA, mais plutôt à des sentences chronométrées que doivent purger les joueurs fautifs sur le banc des punitions. Près de 5000 spectateurs voient leurs favoris remporter le premier match 7-5. L’arbitre de Victoria Joe Gorman est le « héros » de cette rencontre, alors qu’il refuse un but à Québec. Il punit par la suite Hall et Crawford. Privé de ses joueurs, le Quebec Hockey Club accorde trois buts. « Plusieurs lettres ont été envoyées aux journaux de Victoria dénonçant le traitement injuste qu’on avait infligé au Québec », racontera plus tard Mike J. Quinn à L’Action sociale. Le second match, disputé le 27 mars selon les règles de la NHA, est arbitré par le Wanderer Art Ross. Québec profite de l’inexpérience de Victoria à ce style de jeu. Les Bulldogs l’emportent 6-3, malgré une foule hostile à leur endroit. Voyant l’avantage que procurent les règlements particuliers, Mike J. Quinn et Lester Patrick s’entendent pour scinder en deux le match décisif du 29 mars. Le sort a favorisé les règles de la NHA en première moitié, mais Victoria mène tout de même cette portion du match 2-0. Les Aristocrats de Victoria l’emportent 6-1 pour enlever les honneurs de la série. Québec qui, contrairement aux autres clubs, a fait de très rares permutations de joueurs au cours de la saison, a paru vraiment à bout de souffle. Malone est méconnaissable, ayant puisé dans toutes ses ressources pour jouer le dernier match. Sur les rails depuis près de trois semaines, les joueurs de Québec ont affronté une équipe bien reposée, chez elle, et bien soutenue par de chauvins partisans.

Les Patrick gagnent leur pari. Dès la saison suivante, seuls l’Est et l’Ouest du pays, représentés par leurs meilleures ligues respectives, vont concourir pour la coupe Stanley. Comme si ce n’était pas assez, le Quebec Hockey Club termine son long périple en affrontant deux équipes d’étoiles. D’abord celle des meilleurs joueurs de Vancouver et de New Westminster, dont les « déserteurs » Oatman et McDonald font partie, qui l’emporte 9-3 à Vancouver. Puis, sur le chemin du retour, le 2 avril à Calgary, Québec affronte l’équipe d’étoiles de la NHA d’Art Ross qui a aussi fait le voyage. Privé de Joe Hall demeuré à Vancouver, Joe Malone offre à Carl Kendall, un Québécois des Millionaires de Vancouver qui revient chez lui, la chance de jouer au centre. Ce dernier compte trois buts. Joe Malone, évoluant pour une rare fois à l’aile, enregistre quatre buts dans une victoire de 9-8. Au fil des derniers kilomètres, le Quebec Hockey Club se déleste de presque tous ses membres. Le 7 avril à 18 h 30, les frères Jeff et Joe Malone sont les seuls joueurs de l’équipe à débarquer à la gare de Québec. Le capitaine Joe Malone aura compté 65 buts en 28 parties durant l’hiver, sa meilleure saison en carrière. « Le meilleur centre au monde » a dans ses bagages une nouvelle offre de Lester Patrick qui l’invite cette fois à choisir les conditions monétaires de l’entente. Malone décline l’offre, la ville de Québec étant en voie d’obtenir enfin son premier aréna conçu pour le hockey.

Article sur "La Coupe à Québec" dans Les Grands Hebdos


Une belle rencontre avec Denis Fortin, un grand journaliste, beaucoup plus grand que moi !

Joe Malone et moi, avant les cérémonies d’avant-match des Remparts de Québec.

NB: Denis écrit que les joueurs pouvaient gagner plus de 5000$ en 1910. Jje parle trop vite ou je me suis emporté, c’est surement de ma faute. En fait, un seul joueur a fait ce salaire cette année là en hockey professionnel, Fred Taylor des "Millionnaires" de Renfrew et c’est pas pour rien qu’ils ont hérité de ce surnom. Ils ont offert plus de 22 000 $ en salaire cette saison là à leur sept joueurs, devenant la première véritable équipe de hockey à tenter de s’acheter la Coupe Stanley, sans succès.

Selon mes recherches, aucun joueur de Québec n’a fait plus de 2000 $ en une saison. Vous lirez par contre qu’on a offert 3000$ à Didier Pitre en 1912, mais c’était dans une combine avec le Canadien qui n’a pas obtenu l’accord de l’ANH.

Pour lire l’article, passez par ici !

La Coupe à Québec: la Une !


Voici l’image qui sautera aux yeux de milliers de lecteurs dès la mi-novembre : cette magnifique couverture sur papier haute densité glacé d’une grande équipe de hockey, le Quebec Hockey Club, posant fièrement dans le studio de Marc-Alfred Montminy de la rue Couillard en mars 1913 après une deuxième conquête de la Coupe Stanley.  La pièce de résistance de ce montage réalisé par André Durocher est une idée de Frédéric Smith de la Commission de la Capitale Nationale et de l’éditeur Sylvain Harvey qui ont demandé à Gianni Caccia de colorer pour la première fois cette photo légendaire. Le travail de précision est, convenons-le, remarquable. En plus de la Coupe Stanley et la Coupe O’Brien (trophée du championnat de le saison en NHA), il est plus facile de distinguer les joueurs et leur équipement, dont l’usure des jambières du gardien Paddy Moran, les culottes, les patins et les bas, étonnamment différents d’un joueur à l’autre, dotés à quelques occasions de rudimentaires protèges-genoux.  On remarque aussi le deuxième chandail de la saison 1912-13, celui porté par le joueur substitut Walter Rooney (debout au centre).

Sous le titre "La Coupe à Québec : Les Bulldogs et la naissance du hockey" on aperçoit quelques joueurs de la première génération du Club Québec à l’intérieur du Quebec Skating Rink posant pour le Daily Telegraph en janvier 1894, à quelques jours du Carnaval de Québec et du grand match qui les oppose au premier gagnant de la Coupe Stanley, le Montreal AAA, partie qu’ils ont d’ailleurs gagné 3-2.

Le livre explique en détails l’histoire derrière ces deux photos…. et tellement TELLEMENT PLUS ! Plus de 160 pages, 150 photos couleurs (lorsque possible) il sera en kiosque bientôt au coût de 29,95 $. N’hésitez pas à le demander à votre libraire préféré, question de l’inciter à mettre cette magnifique photo en vedette !

Nouvel amphithéâtre et emplacement controversé : un vieux débat.


Le Quebec Skating Rink, vers 1915, près de la porte St-Louis.

Le Colisée de 2012 a ceci de commun avec le Quebec Skating Rink de 1912 : Il est désuet. Malgré les époques et leurs réalités, il est étonnant de constater certaines similitudes entre les deux dossiers et l’omniprésence des maires Drouin et Labeaume… Cet article sera du livre à paraitre l’automne 2012.

Le "Pavillon des patineurs" (Skating Rink) a été conçu en 1877 sans même avoir le hockey en tête. Son déménagement en 1891 sur Cove Fields (Plaines d’Abraham) lui permet d’y ajouter des gradins. Malgré cela, il ne peut s’y asseoir que 1400 personnes et accueillir 3500 spectateurs fort inconfortables autour d’une glace de 180′ par 70′.

Rumeurs ou projets de nouvel aréna non menés à terme, il y en a eu par dizaines dans les années 1910. Ce "nouvel Aréna" était prévu près de la Grande-Allée.

Le 12 mars 1913, deux jours après une 2e conquête de la Coupe Stanley par ses "Bulldogs", le maire Drouin reçoit de la part du Club de hockey Québec une proposition d’achat de terrain dans St-Roch pour y construire un aréna. Le Club privilégie deux emplacements : soit à l’intersection de la rue St-Roch (Gare-du-Palais) et Desfossés (Charest) ou encore coin St-Roch et St-Marguerite, tout près de la Gare C.P.R. et de l’éventuelle gare du Palais. Le Club est disposé à payer le prix demandé à l’aide d’un fond d’amortissement de 1%, à un taux d’intérêt de 4%. En retour, il promet un aréna d’une valeur de 60 000$. Cette offre est supportée par un ami du Club, l’échevin Joseph-Camillien Lockwell, « convaincu que les citoyens vont apprécier l’achat des terrains et maisons aux prix de l’évaluation municipale ».

Toutefois, une autre offre est sur le bureau du maire de Québec. Elle provient d’un groupe de Lévis dirigé par Joseph-Étienne Dussault, accompagné de ses frères Horace et Léopold et de ses beaux-frères Noël Belleau et Louis-Gédéon Gravel. Le groupe appelé « Syndicat de l’Aréna de Québec » propose un aréna situé au Parc Victoria. Cette proposition est supportée par Arthur Derome, un autre administrateur du Club Québec.

Lockwell favorise encore le projet présenté par le Club de hockey, « amené par des gens de Québec ». Aussi, il est « mieux situé pour les joueurs et spectateurs », à deux pas de la gare et de l’hôtel Victoria, la « maison du club ».

Les deux projets sont défendus le 28 mars lors d’une rencontre du comité des finances de la ville. Le maire Olivier-Napoléon Drouin se montre favorable à sa réalisation car « le hockey semble être le sport le plus populaire actuellement et il existe de tels arénas dans presque toutes les villes au pays. Comme le Club Québec est le meilleur club au Canada, il est grand temps de lui procurer un endroit et un aréna convenable ». Le maire Labeaume n’aurait pas dit mieux!

Canadien vs Québec, 3 janvier 1917

Drouin favorise le projet du Syndicat dans « son » Parc Victoria, lieu qui avait aussi été proposé par le Club de Hockey Québec en 1912 mais refusé par la Ville. Cette fois, le maire croit pouvoir obtenir l’accord des Sœurs de l’Hôpital Général de Québec qui ont cédé ce terrain à la Ville en 1896 sous certaines conditions. Les Sœurs s’objectent encore à l’érection d’un aréna, mais les conseillers de la ville recommandent tout de même d’aller de l’avant avec le projet. L’offre du groupe Dussault est aussi plus concrète : riche de la succession de leur père décédé en 1909, les Dussault déposent immédiatement un chèque de 10 000$ en garantie de réalisation pour le 1er décembre. Les plans et devis sont prêts : un bâtiment de 300′ x 225′ pour une surface de jeu standard de 200′ x 85′, structure en acier et béton, 7000 sièges et l’option d’une glace artificielle dans les cartons.

Le projet est déposé pour adoption au conseil de ville le 4 avril 1913 mais Lockwell s’y oppose, « par respect pour le Club Québec qui est toujours en tournée dans l’ouest du pays ». Dès leur retour, le gérant Mike Quinn et d’autres membres de l’organisation s’entendent rapidement avec le groupe Dussault pour une location de cinq ans, soulagés et convaincus que l’aréna sera « le plus adéquat au pays ». Il comptera finalement 5500 sièges, pour une capacité maximale de 6500 spectateurs. La ville entérine le projet le vendredi suivant. Le terrain sera loué au coût fixe de 200$ par année pour une durée de 50 ans.

Un peu moins de 9 mois plus tard, le match inaugural de l’Aréna de Québec a lieu le 29 décembre 1913 contre le Canadien. Pour l’occasion, le président de la NHA, Emmet Quinn, le maire Drouin et le Lieutenant-

Vue aérienne de l’Aréna du Parc Victoria, vers 1930 (bâtiment blanc). Il est situé dans le stationnement actuel du stade de baseball, parallèle à la ligne du 3e but. Le stade municipal sera érigé quelques années plus tard. L’Aréna sera détruit par un incendie en 1942.

gouverneur Sir François Langelier font l’honneur de leurs présences. Ce dernier « donne le signal de la joute en sonnant la cloche ». Ce ne sera pas une salle comble; entre 4500 et 5000 spectateurs assistent à la rencontre, « mais la direction de l’Aréna et le club (Québec) sont satisfaits, compte tenu que plusieurs grands magasins étaient demeurés ouverts ». C’est Jack Laviolette du Canadien qui aura l’honneur d’y inscrire le premier but. Négligé à trois contre un par les parieurs, le Canadien gâche la fête et l’emporte 4-3.

Nul doute que les championnats du Club de hockey et les prouesses de son capitaine Joe Malone ont permis cette réalisation. Québec cesse d’être la risée du pays et offre à son club et ses fidèles amateurs un premier amphithéâtre conçu pour le hockey.

Si on dit de Jean Béliveau qu’il a construit le Colisée en 1949, on peut aussi dire de Joe Malone qu’il a construit l’Aréna en 1913. Signe des temps, aucun joueur ne pourra être associé au prochain…

La Robinson Cup


L’HISTOIRE RETROUVÉE D’UN TROPHÉE.

 Au fil des ans, mon blog quebecbulldogs.com m’a permis de beaux échanges d’informations et de belles découvertes, comme la présence d’un trophée inconnu, la « Robinson Cup » que tient d’une main Benoit Morin. Voici une des photos qu’il m’a fait parvenir en 2008.

Trois années ont passé avant d’avoir l’histoire derrière cette récompense.  Je fouillais à New York. La réponse était à Québec.

 Le 27 janvier 1906, le new-yorkais R.E. Robinson assiste à la victoire de 3-1 du Club de hockey Québec sur les Shamrocks à Montréal. Impressionné par ce qu’il vient de découvrir, il demande d’organiser un match pour agrémenter son séjour à Québec prévu dans les prochains jours. Le lundi 29 janvier, il assiste donc à une partie entre les deux équipes du Club Québec, le sénior et l’intermédiaire.

Quebec Chronicle, 30 janvier 1906. On y retrouve les noms des joueurs des deux équipes. L'arbitre C. Gordon Blair est le président du Club.

Quebec Chronicle, 30 janvier 1906. On y retrouve les noms des joueurs des deux équipes. L'arbitre C. Gordon Blair est le président du Club.

 Sans surprise, le grand club l’emporte 9-3 devant une foule considérable dont  R.E. Robinson qui remet la Coupe au capitaine Joe Power. Il remercie alors les 14 joueurs en présence qui l’applaudissent après un discours fort apprécié.

 Ce trophée est de nouveau challengé le 15 février 1906. Les séniors l’emportent 11-6 mais le match n’est pas pris au sérieux par les joueurs et déchantent les 400 spectateurs qui se sont déplacés pour cette « mascarade ».

 Le trophée Robinson ne semble plus avoir été disputé par la suite.

 Les noms des joueurs de l’équipe gagnante qui figure sur le trophée sont ceux du premier match, sans doute gravés entre les deux parties. On note l’absence du joueur étoile Herb Jordan qui avait quitté l’équipe à ce moment, désabuser du hockey. Il y sera pour le second match.

 Un immense merci à Benoit Morin qui nous a permis cette page d’histoire. Il conserve jalousement l’une des rares pièces de collection de l’équipe.