Joe Malone – Le premier héros sportif de Québec.


Qu’il soit surnommé « Gentleman Joe » ou « the Phantom», Joe Malone est d’abord l’icône du Quebec Hockey Club. Aucun autre athlète n’a procuré autant de crédibilité, de prestance, de championnats et de retombé à la ville de Québec. Franco-Irlandais en plus…

Les Bulldogs de Québec ont joué entre 1878 et 1920, faisant d’eux l’une des premières équipes de l’histoire du hockey. Ils ont remporté la Coupe Stanley en 1912 et 1913, et les cinq joueurs en vedette ont contribué à l’ultime récompense. Puisque leur histoire n’est pas toujours connue, prenez le temps de lire leur bio avant de faire votre choix!

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Voici un des cinq portraits dédiés au concours.


Joe Malone signe le livre d’or de la Ville de Sillery, le 30 mars 1952, honoré ainsi par toute la communauté à la suite de son intronisation au Temple de la renommée du hockey. Dans l’ordre derrière lui : Jeff Malone, Paddy Moran, Jos Savard, Le pro-maire (Burns), Jack McDonald et Walter Rooney.

* * *

D’une famille à revenu modeste, il a du sang irlandais et français dans les veines. Sa mère Marie-Louise Rochon a épousé Maurice Joseph Malone, né à Sillery, lui-même descendant de la famille Gignac. Le hockeyeur Maurice Joseph Cletus (Joe) Malone est né à Saint-Colomb-de-Sillery, le 28 février 1890. Il est le deuxième d’une famille de onze enfants qui habite derrière l’église en bas de la côte. Son père est mesureur de bois (culler), comme son grand-père et son arrière-grand-père avant lui. Mais ce métier n’est pas pour lui. Le bois qu’il préfère, c’est celui d’un bâton de hockey. Joe excelle dans plusieurs sports, la crosse et le baseball en particulier, mais c’est au hockey qu’il se démarque. On le retrace dès l’âge de treize ans dans le Chronicle du 17 janvier 1904 dans une victoire de 10-1 du Club Columbia, du nom de sa paroisse. Le journal avance « qu’il est une étoile montante ».

Joe Malone, vers 1912, regarde sa ville avec beaucoup d’admiration.

Déjà, le nom Malone est associé au hockey dans la capitale par la présence d’Ernest, un oncle à peine dix ans plus vieux que lui. En 1905, il évolue pour le Club Ross Rifle, de la compagnie pour lequel il est mécanicien. Il est peut-être à l’origine de l’embauche de Jeff, de Joe et de leur jeune frère Lewis auprès de l’armurier. Ces emplois coïncident avec la venue de la famille Malone à Québec, installé au 7, rue Racine (aujourd’hui 734, rue Philippe-Dorval, dans le quartier Saint-Jean-Baptiste), vers 1905. Ernest, Joe et Jeff sont parfois coéquipiers avec les Crescents et remportent le championnat de la ligue junior en 1907 et 1908.

Plan pied du célèbre Joe Malone, en 1913. L’histoire ne dit pas pourquoi il n’a pas de gant à la main gauche, sinon que cette anecdote rappelle que Peter Stastny ne l’a pas non plus lorsqu’il compte son but gagnant contre les Whalers de Hartford en 1987… « Le but de Peter, avec l’aide de Joe ? »

Patineur au style fluide, mesurant 1,78 m et pesant 68 kg, il décrit ses prouesses offensives en ces termes : « Je n’avais pas le meilleur lancer, mais je savais où la rondelle irait. » De 1909 à 1924, il enfile un total de 401 buts en 307 matchs réguliers, de tournois et de séries de la coupe Stanley. Le grand historien Charles L. Coleman lui consacre le poste de joueur de centre sur la première équipe d’étoiles de l’époque 1893-1926. Rien de moins.

Malone est le meilleur compteur de son équipe à 7 reprises et a remporté quatre titres des compteurs de la NHA/NHL, en 1913,17,18 et 1920). Son dernier championnat était avec les pauvres Bulldogs de la LNH et leur 4 victoires en 24 parties. Il enfile 28 et 24 buts en tant que joueur et entraineur des tout aussi douteux Tigers de Hamilton. Dans les années 50, ses amis comparent son style à celui de Jean Béliveau.

Il détient toujours le record de buts dans un match de la LNH, établi à Québec le 31 janvier 1920, alors qu’il compte 7 buts dans une victoire de 10-6 sur Toronto. Le dernier joueur à s’être approché de ce chiffre? Darryl Sittler avec 6 en 1976.

FABRICANT D’OUTILS ET INVENTEUR
Joe Malone excelle dans son métier de tool maker, qui lui permet un salaire de 600 $ en 1911, le même que son père, toujours mesureur de bois. Si bien qu’une fois la guerre déclarée, son pays le préfère dans l’atelier d’armes militaires de la Grande Allée. Au milieu de cette crise, il prend pour épouse Mathilda Power, fille de Michael Power et de Joséphine St-Hilaire, en l’église Saint Patrick, le 24 juillet 1916. Malheureusement, la Ross Rifle ferme ses portes en mars 1917 et Joe déménage à Ottawa, loin de sa famille et de sa première fille, Bernice, née à l’hôpital Jeffrey Hale quelques mois plus tard. C’est à Montréal qu’il trouve du travail et par le fait même, une place aux
côtés de Newsy Lalonde et de Didier Pitre du Canadien avec qui il connaît une saison légendaire de 44 buts en 20 parties dans la LNH. Ironiquement, il devient le troisième Malone à jouer pour le Canadien, après ses cousins éloignés Foster et Sarsfield Malone de Trois-Rivières, dont le père est aussi culler. Il revient vers Québec en 1918-19 et ne jouera que les weekends avec le Canadien, ce qui explique ses 7 buts en 8 parties. Il est de la relance de l’ex usine Ross Rifle et développe une lame de patin plus performante. En 1920, Joe Malone patine sur ses propres lames, les Joe Malone Special, d’un alliage beaucoup plus léger et performant. Conçues à Québec, elles feront la loi pendant plus d’une décennie, endossées par des dizaines de joueurs de la LNH, tels Howie Morenz, Aurèle Joliat et Jack Adams. Le capitaine et entraîneur des Tigers de Hamilton inscrit 52 buts en 44 parties mais, à l’automne 1922, il demande une transaction vers Montréal où il installe sa famille. C’est là qu’il finira sa carrière à titre de joueur de relève du Canadien. Il accroche ses Joe Malone Special après un dernier match le 23 janvier 1924 pour travailler au service de la compagnie de téléphone Northern Electric pour qui il conçoit des outils spécialisés.

Le 24 février 1945, Joe Malone remet la rondelle du 45e but de Maurice Richard, qui vient d’abattre son propre record de 44 buts en une saison, établi en 1918. « Malone, maintenant la chevelure couverte de cheveux blancs fut l’un des premiers à le féliciter » écrit La Presse. Richard a brisé le record au 42e match de la saison. Joe l’avait fait en 20 parties.

Le premier fils du « Phantom», Joe Junior (né ironiquement le jour de l’Halloween 1923), etait le véritable gardien des artefacts de son illustre père. La collection d’objets, d’articles et de photos des années 1910 à la fin de sa vie raconte un homme simple, modeste et grand amoureux du sport qu’il a aidé à bâtir. Il détient encore aujourd’hui au moins cinq records de la LNH. Joe Malone quitte définitivement la patinoire le 15 mai 1969, victime d’un arrêt cardiaque, dans son lit à Saint-Laurent (Montréal).

Le « nouveau » Forum, inauguré en 1966, reçoit les légendaires joueurs du Canadien. Joe Malone fait possiblement sa dernière présence sur la patinoire.

Le « gentlemen fantôme », lui, est toujours parmi nous, et une œuvre d’art pour souligner son incroyable apport dans sa Ville est plus que souhaitable.

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