Avant Michael, y’a eu George McCarron !


George McCarron, tel qu'illustré par le Pittsburg Press du 18 janvier 1903.
George McCarron, tel qu’illustré dans le Pittsburgh Press du 18 janvier 1903.

Le Canadien vient de faire de l’Américain Michael McCarron son 1er choix au repêchage en 2013. 110 ans plus tôt, c’est à un McCarron de Québec de faire la une des pages sportives de Pittsburgh. J’ignore si un lien de parenté les unis, mais chose certaine, George a été le premier joueur de hockey professionnel de la grande famille.

Dans les faits, cet attaquant de Québec est d’abord le tout premier joueur de hockey professionnel natif de la Capitale. Il m’a été impossible de retracer le certificat de naissance de George Ernest Irwin McCarron. Né en 1879 ou 1880, il est peut-être aussi de Pont-Rouge comme son frère Thomas né en 1877. De sang paternel irlandais et écossais du côté de sa mère, il habite le 78 St-Vallier à Québec au rescencement de 1881. Il est un des grands joueurs à avoir porté le chandail des Crescents, un autre club de Québec, auquel il est associé dès 1896 lors de la victoire de ce club au Carnaval de Québec. C’est aussi cette année là qu’il s’enrole dans la milice volontaire canadienne du 8e Régiment comme bon nombre de ses coéquipiers.

Très attaché aux Crescents, tout comme son frère aîné Thomas qui en est le secrétaire-trésorier, il a fort probablement résisté aux appels du grand club senior pour demeurer avec son club de calibre intermédiaire.  Il ne jouera que deux matchs avec le Quebec Hockey Club,  en 1900-01, le temps de compter 7 buts ! Il passe les deux années suivantes avec les Crescents. Presque tous ses coéquipiers dorénavant avec le club Québec, il amorce une carrière professionnelle chez le Pittsburgh Athletic Club pour la saison 1902-1903. Officiellement, George travaille à la Pittsburgh Steel Corporation, mais la grande majorité des joueurs canadiens de la Western Pennsylvania Hockey League ont une prime pour jouer au hockey, ce qui est formellement interdit dans les ligues canadiennes, encore toutes amateurs. De plus, cette année là, il termine premier compteur de son équipe avec 14 buts en 13 parties et premier au chapitre des pénalités avec 47 minutes « sur la bande ». Il est, sans surprise, nommé sur la première équipe d’étoile de la ligue.

Toujours cet hiver là, un samedi matin du 22 février 1903, George McCarron prend pour épouse à Pittsburgh Emma Martin de Québec, fille d’Edward Martin, rue de l’Artillerie. Ils auront une fille. Ethel, née en 1904 dans la ville de l’acier.

George McCarron, en 1898 avec les Crescents de Québec.
George McCarron, en 1898 avec les Crescents de Québec.

Après deux autres saisons professionnelles à Pittsburgh et à Sault-Ste-Marie au Michigan, il tente un retour à Québec en 1905, prenant part au camp d’entraînement du Quebec Hockey Club. Il sera du premier voyage du Club à Ottawa comme joueur de réserve, mais ne verra pas d’action et quittera l’équipe.

On le retrouve pour une compagnie ferroviaire à Chicago en 1910, mais sera de retour à Québec très rapidement. On le verra tantôt comme arbitre (il sera utilisé d’ailleurs dans la NHA) et capitaine de son équipe des employés des chemins de fer de 1914 à 1916. Il meurt le 13 octobre 1923, à l’âge 43 ans. Le Quebec Chronicle dit alors de lui qu’il fût « l’un des meilleurs joueurs de crosse et de hockey de son époque ».

Espérons pour le Canadien que ce Michael McCarron soit du même calibre.

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Joyeux Noël !


Bulldogs carte de noel

À l’aube de la meilleure saison de l’histoire des Bulldogs de Québec, l’organisation, les joueurs et « son parrain » vous souhaite de joyeuses fêtes ! Cliquez ici pour une carte bien spéciale, gracieuseté de la Commission des Champs de Bataille Nationaux !

Article sur « La Coupe à Québec » dans Les Grands Hebdos


Une belle rencontre avec Denis Fortin, un grand journaliste, beaucoup plus grand que moi !

Joe Malone et moi, avant les cérémonies d’avant-match des Remparts de Québec.

NB: Denis écrit que les joueurs pouvaient gagner plus de 5000$ en 1910. Jje parle trop vite ou je me suis emporté, c’est surement de ma faute. En fait, un seul joueur a fait ce salaire cette année là en hockey professionnel, Fred Taylor des « Millionnaires » de Renfrew et c’est pas pour rien qu’ils ont hérité de ce surnom. Ils ont offert plus de 22 000 $ en salaire cette saison là à leur sept joueurs, devenant la première véritable équipe de hockey à tenter de s’acheter la Coupe Stanley, sans succès.

Selon mes recherches, aucun joueur de Québec n’a fait plus de 2000 $ en une saison. Vous lirez par contre qu’on a offert 3000$ à Didier Pitre en 1912, mais c’était dans une combine avec le Canadien qui n’a pas obtenu l’accord de l’ANH.

Pour lire l’article, passez par ici !

Encore 6 jours avant le lancement: le Club Québec champion du monde.


Photomontage du photographe Beaudry à partir des photos prises pour une série de cartes postales. Il est intéressant de voir les images de Joe Savard, Dave Beland etc (les 5 d’en bas) qui n’ont finalement vu le jour que dans les journaux. Le sous-titre « champion du monde » illustre bien l’effervescence du moment. Ce n’était pas faux.

Confirmé: « La Coupe à Québec » en librairie et au Colisée Pepsi, le 11 novembre !


Le grand jour ? Le jour J ? Le Jour du Souvenir, le 11 novembre prochain. Ce jour annuel pour commémorer les sacrifices de la Première Guerre mondiale et pour rappeler la signature de l’Armistice, le 11 novembre 1918.

Le hasard (enfin, un peu!) fait en sorte que mon livre « La Coupe à Québec : les  Bulldogs et la naissance du hockey » sera enfin disponible ce jour-là, en librairie partout au Québec. C’est mon grand jour aussi !

Disons que les « trois étoiles » se sont alignées. D’abord, le livre est disponible plus tôt que prévu. On aime croire que les libraires ont hâte de le présenter à leurs clients !

Belgique, 1916. Le Lieutenant Charles Gaven Power au centre, entouré du Lt. G. Grondin, Lt. René Pelletier (debout), Lt. W.E. Beaton et le Major A.T. Powell (assis). Ses quatre compagnons tomberont au combat avant le mois d’avril 1917. Extrait du livre biographique «A Party Politican : The Memoirs of Chubby Power », Collection Marc Durand.

Ensuite, entre les efforts de guerre et les Bulldogs, il y a un lien historique. Dès 1899, on dénombre jusqu’à sept membres du club en Afrique, impliqués dans la guerre des Boers. Ils seront encore plus nombreux entre 1914 et 1918, alors qu’ex-joueurs et administrateurs traversent l’Atlantique pour appuyer la Grande-Bretagne. Le Lieutenant-Colonel Albert Edward Swift, le Lieutenant Charles Gavan « Chubby » Power et le Major-Général Sir David Watson en reviendront triomphants et décorés, alors que d’autres, comme George Leonard, attaquant de l’édition gagnante de la Coupe Stanley en 1912, en meurt. Notons que les candidatures de Joe Malone et Jack McDonald ne sont pas retenues, étant tous les deux fabricants d’armes militaires chez l’armurier Ross. À la lecture du livre, vous aurez l’occasion de voir que le Quebec Hockey Club n’est pas insensible à la Grande Guerre et qu’il en a été aussi une victime collatérale.

Enfin, le hasard veut aussi que les Remparts de Québec disputent un match, dimanche le 11 novembre à 15h contre les Screaming Eagles du Cap-Breton.  Cette région, représentée il y bientôt 100 ans par les Millionnaires de Sydney (ville annexée à la municipalité régionale du Cap-Breton en 1995) a tenté de ravir la Coupe Stanley aux Bulldogs en mars 1913. Leur voyage à Québec a été infructueux.

Je vous invite sincèrement à vous procurer des billets pour cette partie. Je serai sur place et vous pourrez mettre la main sur le magnifique livre à un prix spécial de lancement. Il me fera plaisir de vous rencontrer et de vous le dédicacer.

Il y aura aussi au moins une autre très bonne raison de vous pointer au Colisée Pepsi le 11 novembre… La surprise pour très bientôt !  Achetez vos billets maintenant ici !

 

13 Mars 1912 : le club Québec défend avec succès la Coupe Stanley.


C’est aujourd’hui, il y a 100 ans, que le club Québec défend avec succès la Coupe Stanley. Opposé aux Victorias de Moncton, il avait triomphé 9-3 lors du premier match, le 11 mars.

Le Canada, 14 mars 1912. Pour lire plus facilement, cliquez sur l'article.

Pour le deuxième match disputé le 13 mars, Moncton est accueilli sur la glace par une marche funèbre, extrait de l’oratorio Saül de Handel, un choix douteux souligné par le Chronicle. N’empêche, l’orchestre connaît son hockey… Oatman et Malone sont grippés et seul ce dernier prend part au match. Malone compte le seul but d’une première période chaudement disputée. Mais le vent tourne en deuxième et Malone quitte la patinoire satisfait, son club en avance 5-0. Le jeune George Leonard jouera la fin de la période avant d’être relevé à son tour en 3e par Walter Rooney. Le futur dentiste de Québec compte le 8e et ultime but du match, son seul chez les professionnels. Une victoire « 100% Québec » car en plus de Rooney, Les québécois Joe Malone et Jack McDonald ont respectivement compté deux et cinq buts. « Mac » a compté neuf buts en deux rencontres. Enfin, le gardien Patrick « Paddy » Moran vétéran de huit  hivers avec l’équipe obtient le premier jeu blanc de l’ère professionnelle de la Coupe Stanley.

Contrairement à la tradition moderne, la coupe argentée n’est pas présentée aux joueurs à la fin de la rencontre, toujours bien en vue dans la vitrine décorée du grand magasin Holt Renfrew. Étonnamment, c’est un groupe de supporteurs qui, en début de 3e période, offrent aux joueurs de jolis médaillons et pinces à cravates en guise de récompenses.

La Robinson Cup


L’HISTOIRE RETROUVÉE D’UN TROPHÉE.

 Au fil des ans, mon blog quebecbulldogs.com m’a permis de beaux échanges d’informations et de belles découvertes, comme la présence d’un trophée inconnu, la « Robinson Cup » que tient d’une main Benoit Morin. Voici une des photos qu’il m’a fait parvenir en 2008.

Trois années ont passé avant d’avoir l’histoire derrière cette récompense.  Je fouillais à New York. La réponse était à Québec.

 Le 27 janvier 1906, le new-yorkais R.E. Robinson assiste à la victoire de 3-1 du Club de hockey Québec sur les Shamrocks à Montréal. Impressionné par ce qu’il vient de découvrir, il demande d’organiser un match pour agrémenter son séjour à Québec prévu dans les prochains jours. Le lundi 29 janvier, il assiste donc à une partie entre les deux équipes du Club Québec, le sénior et l’intermédiaire.

Quebec Chronicle, 30 janvier 1906. On y retrouve les noms des joueurs des deux équipes. L'arbitre C. Gordon Blair est le président du Club.
Quebec Chronicle, 30 janvier 1906. On y retrouve les noms des joueurs des deux équipes. L'arbitre C. Gordon Blair est le président du Club.

 Sans surprise, le grand club l’emporte 9-3 devant une foule considérable dont  R.E. Robinson qui remet la Coupe au capitaine Joe Power. Il remercie alors les 14 joueurs en présence qui l’applaudissent après un discours fort apprécié.

 Ce trophée est de nouveau challengé le 15 février 1906. Les séniors l’emportent 11-6 mais le match n’est pas pris au sérieux par les joueurs et déchantent les 400 spectateurs qui se sont déplacés pour cette « mascarade ».

 Le trophée Robinson ne semble plus avoir été disputé par la suite.

 Les noms des joueurs de l’équipe gagnante qui figure sur le trophée sont ceux du premier match, sans doute gravés entre les deux parties. On note l’absence du joueur étoile Herb Jordan qui avait quitté l’équipe à ce moment, désabuser du hockey. Il y sera pour le second match.

 Un immense merci à Benoit Morin qui nous a permis cette page d’histoire. Il conserve jalousement l’une des rares pièces de collection de l’équipe.

Article sur le livre dans le Quebec Chronicle-Telegraph


J’ai eu la chance d’être interviewé par Ken Schankler du Quebec Chronicle-Telegraph sur mon projet de livre. Ce journal interpèle directement la communauté anglophone de Québec ce qui rend cet exercice très important.

Publié par the Quebec Chronicle-Telegraph, http://www.qctonline.com/node/5201

Québec Bulldogs subject of forthcoming book

By Ken Schankler
Published: August 18, 2010
1913 Moran Malone Hall.jpg

Photo: Marc Durand

Patrick “Paddy” Moran, Joe Malone and Joe Hall, pictured in 1913, are in the Hockey Hall Of Fame. Moran and Joe Malone are from the Québec City area.

They were a predominantly Anglophone team in a French-speaking town. Their star player would later score 44 goals playing for the Montreal Canadiens. They won the Stanley Cup twice, playing at a small rink just inside the Rue St. Louis gate long before national TV contracts and multi-tiered 20,000 seat arenas.

The first games were played with a band performing at center ice during the game.
« They would have to skate around the band, » said Radio-Canada television personality Marc Durand, the host of the national weekly show Tellement Sport based in Quebec City the last three years.

Yet when it comes to hockey history books, the Quebec Bulldogs are largely ignored.

Durand is hoping to change all that. He is currently working on a book about the team that he expects to be issued in time to honour the 100th anniversary of the Bulldogs’ 1911-12 Stanley Cup. Currently, he is looking for the public’s help in finding information about the team.

Durand has dedicated a website to the history of the Bulldogs. The website address, available in French only, is www.quebecbulldogs.com.

« They were like for 40 years one of the best teams in the world and they had the best players in the world, » he said.

Leading the team was Joe Malone, who would score 43 goals in 20 games during the team’s second Stanley Cup season in 1912-13. On January 31, 1920, Malone scored seven goals in a game against Toronto, a record that has never been equalled.

Other players on the Bulldogs included Joe Hall, Jack MacDonald, Paddy Moran and Percy Lesueur and three brothers, Chubby, Joe and Rocket Power. Well-known Quebec City doctor Walter Rooney scored a goal in the 1912 Stanley Cup final, the only goal he ever scored.

In contrast to modern, multi-year, multi-million dollar contracts, players were paid little and some were reluctant to take any money at all.

« A lot players didn’t want to go pro because if they played for money they couldn’t return to their amateur teams, » Durand said.

The local media at the time also preferred not to see players receive payment for play.

The Bulldogs roots can be traced to hockey’s amateur days as they competed in the Amateur Hockey Association, later called the Canadian Amateur Hockey Association.

The team officially known as Athletics won the CAHL Championship in 1904, but was not allowed to vie for the Stanley Cup.

The CAHL would be come the ECAHA as a desire to become a professional league overwhelmed amateur hockey leading to the formation of the Canadian Hockey Association in 1909, in which the Quebec Bulldogs were a founding member.

However, after just one month, the CHA merged into the more powerful National Hockey Association. The Bulldogs were unsure they wanted to join, so they sat out the rest of the season.

After a one-year hiatus, the Bulldogs joined the NHA, with McDonald scoring 14 goals and Tommy Dunderdale scoring 13 in a 16-game season. However, the Bulldogs would finish in last place with a 4-12 record.

The Bulldogs in 1911-12 would go from worst to first, as Hall scored 15 goals while having an imposing physical presence on the ice. Malone added 21 goals and McDonald potted 18, as the Bulldogs posted a 10-8 record. In the Stanley Cup Finals the Bulldogs easily defeated the Moncton Victoria in 2 games, 9-3 and 8-0, to claim the Cup.

In 1912-13, Coming off their Stanley Cup Championship, the Bulldogs were even stronger as they ran away with the NHA title with a record of 16-4. Malone had 43 goals, Tommy Smith, 39.

In the Stanley Cup Finals, the Bulldogs again dominated beating the Maritime Champion Sydney Millionaires in two straight games by a combined score of 20-5. After beating the Millionaires, the Bulldogs were challenged by the PCHA Champion Victoria Aristocrats.

Bursting with confidence the Bulldogs expected to walk over the Aristocrats. However, the Bulldogs would split the first two games before losing 6-1 in the decisive third game. However, because the Stanley Cup Board of trustees did not recognize the challenge, the Bulldogs were able to keep the Cup (Note: The Bulldogs offered to play the Stanley Cup games in Quebec City as they entitled to ask were but Victoria refused to travel. They settle for a « world series » event and never, the cup was supposed to be the final prize.)

Durand has relied in large part on the Quebec Chronicle, a forerunner of the Chronicle-Telegraph, for information.

« They were really close to the team and the owners, » Durand said of the paper.

As for his own show, Durand likes to focus on Anglophone athletes.

« We don’t care if they don’t speak French, » said Durand of his interview subjects. « We want to be recognized as much as French Canadian athletes. »

Durand can be contacted quebecbulldogs@gmail.com

M.J. Quinn, l’homme derrière le succès des Bulldogs.


Mike QuinnIl est sur les photos des équipes championnes de 1912 et 1913 et pourtant, il n’aurait jamais joué au hockey. M.J. Quinn a été pendant plus de 10 ans à la tête du Quebec Hockey Club, en fait pendant toute son existence dans le hockey professionnel.

De descendance irlandaise, Il est né en 1875 à Québec.

Il a d’abord œuvré comme fonctionnaire municipal, pour quitter son poste le temps de quelques années auprès de 2 quotidiens, le Daily Telegraph et le Canadien-Nord. Il reviendra à la Ville de Québec en 1910 comme évaluateur.

On dit qu’il a été de la création du « Crescent Hockey Club » en 1891 et il y sera en tant qu’administrateur jusqu’à leur championnat provincial en 1901.

En 1902, il accompagne quelques joueurs avec le grand club. Dès que le Québec HC devient « professionnel » en 1908, il est nommé gérant de l’équipe. Il aura donc à dénicher les meilleurs joueurs disponibles et négocier leurs contrats.

Avec l’aide de Joe Malone qui deviendra capitaine de l’équipe en 1911, il contribuera à bâtir l’une des meilleures équipes professionnelles de la décennie.

Joe Hall, Tommy Dunderdale, Ken Mallen, « Rusty » Crawford, Jack Marks, Eddie Oatman, Goldie Prodger, Tommy Smith et les frères Mummery sont tous des joueurs vedettes qu’il a dû convaincre de venir passer l’hiver ici, loin des leurs, pour des salaires souvent moindres; Québec n’a jamais eu l’assistance ni les infrastructures pour soutenir avantageusement les joueurs de l’équipe.

On le décrit comme un parfait gentilhomme, affable et courtois. Il est très apprécié de la ligue, des joueurs et des amateurs.

En février 1913, il menace de quitter son poste si un nouvel aréna n’est pas construit à Québec. Le Quebec Skating Club des Plaines d’Abraham est totalement désuet et la ville tarde à construire un nouveau domicile adéquat pour le hockey moderne. Ses menaces sont prises en considération et la saison 1913 s’amorcera au nouvel « Arena Québec » situé au Parc Victoria.

Ses talents de dépisteur sont reconnus partout au pays. À tel point qu’en mars 1914, le Toronto Sunday World annonce qu’il vient de recevoir une offre extraordinaire : le poste de gérant des « Ontarios », une équipe de Toronto de la N.H.A. qui rivalise avec les « Bulldogs ». Les arguments sont incroyables : Un contrat de 5 ans à raison d’un salaire de 3000$ par année, soit le double, voire le triple des meilleurs joueurs de l’époque. Il ne donnera pas suite à cette offre, préférant demeurer auprès des « Bulldogs » et de son principal emploi, celui d’évaluateur municipal qu’il occupera jusqu’à sa mort.

Passionné, il sera parmi les instigateurs du hockey moderne, joué à 6 joueurs au lieu de 7 et disputé sur 3 périodes au lieu de 2. En 1916, il proposera de comptabiliser « les passes » dans les statistiques des compteurs. « Un joueur qui obtient 10 buts et 15 passes devrait être reconnu champion-marqueur devant celui qui obtient 12 buts et 5 passes ».

En 1917, il est l’un des signataires de la toute nouvelle Ligue Nationale de Hockey.  Toutefois, conscient du manque de ressources financières de l’équipe causé par le désintérêt général et la 1ere guerre mondiale, il décide de « louer » ses joueurs et prendre une pause. Les « Bulldogs » cessent leurs activités et les Joe Malone, Joe Hall et cie seront redistribués aux autres formations de la nouvelle ligue. Il en sera ainsi pour 2 ans.

En 1919, à la suite de complications juridiques impliquant des investisseurs de Toronto, les « Bulldogs » sont réanimés et M.J. Quinn se voit « contraint » à reprendre les rennes de l’équipe. Loin des grandes villes, l’équipe n’attire aucun nouveau joueur important.  Québec aura  droit à ses anciens joueurs et devra offrir des contrats à quelques joueurs amateurs de la Ville. Malgré le meilleur compteur de la ligue en Joe Malone, les « Bulldogs » de « Mike » Quinn termineront leur dernière saison avec une fiche de 4 victoires et 20 défaites.

En 1920, la L.N.H. déménage la concession de Québec à Hamilton par crainte que le nouvel aréna  de cette ville soit occupé par une équipe d’une nouvelle ligue concurrente, ligue qui n’aura jamais vu le jour. Rien ne laisse croire que « Mike » Quinn ait reçu une quelconque compensation financière.

Les dernières années de sa vie semble s’être passées loin des patinoires. Sa mort est toutefois annoncée dans tous les quotidiens de Québec. Le 25 juillet 1923, « Mike » Quinn est mort subitement à sa résidence, rue St-Joachim suite à une embolie pulmonaire. Il avait 48 ans.

Associé au hockey de haut niveau de Québec pendant plus de 30 ans, M.J. « Mike » Quinn aura, sans compter un seul but, permis à Québec de gagner plus souvent qu’à son tour.