Tommy Smith – Le petit sournois aux mains d’or.


Détenteur du record de buts dans un match régulier des ligues majeures professionnelles de hockey – 9 avec les Bulldogs en janvier 1914 – il aura été champion compteur de la NHA à deux reprises, puis capitaine du Club de hockey Québec.

Image : Ville de Québec

Les Bulldogs de Québec ont joué entre 1878 et 1920, faisant d’eux l’une des premières équipes de l’histoire du hockey. Ils ont remporté la Coupe Stanley en 1912 et 1913, et les cinq joueurs en vedette ont contribué à l’ultime récompense. Puisque leur histoire n’est pas toujours connue, prenez le temps de lire leur bio avant de faire votre choix!

VOTEZ ICI ! Celui qui obtiendra le plus de votes sera immortalisé en œuvre d’art à la place Jean-Béliveau. Vous pouvez voter tous les jours jusqu’au 20 janvier 2019.

Voici un des cinq portraits dédiés au concours.

À 5’6″ et 150 livres, Tommy Smith (1886-1966) n’était pas très imposant, mais il savait certainement se démarquer ; en comptant des tonnes de buts.

En 235 parties comptabilisées dans le hockey senior sur 13 hivers, il aura inscrit un incroyable total de 392 buts. 125 de ceux-ci le seront pour Québec en un peu moins de cinq saisons et 118 parties.

Tommy est l’un des sept frères « Smith » d’Ottawa à avoir joué au hockey de haut niveau. Son frère ainé Alf est, comme lui, intronisé au Temple de la renommée du hockey.

Malgré de ronflantes statistiques, la presse le critique parfois pour son manque d’implication en défensive. « L’un des plus grand loafers du hockey » préfère demeurer derrière les défenseurs adverses et attendre les occasions de contre-attaquer.

Il a aussi la réputation de renier ses contrats pour des ententes plus lucratives à la moindre occasion. Dès 1906, il préfère les Pros de Pittsburgh de L’IHL, laissant de côté les Sénateurs d’Ottawa avec qui il vient pourtant de gagner la Coupe Stanley avec deux de ses frères.

À la droite du gardien, Tommy Smith avec le Pittsburgh Hockey Club en 1907.

« J’irai jouer à Mexico si la paie est bonne » se vante-il. Entre 1908 et 1912, il fait exactement ça, acceptant le chèque le plus élevé dans quatre ligues professionnelles de second ordre. C’est justement avec Moncton de la Maritime Professional Hockey Association qu’il connait une incroyable saison de 53 buts en 18 parties en 1912, propulsant l’équipe vers Québec pour tenter de ravir – sans succès – la Coupe Stanley aux « Bulldogs ». Cette confrontation allait permettre à Québec et Smith d’unir leurs destins à jamais (enfin, presque).

L’automne suivant cette première conquête « la » Coupe, Québec voit trois de ses joueurs vedettes (dont Jack McDonald) subtilisés par la Pacific Coast Hockey League (PCHA). À court d’attaquant, Québec s’entend à la dernière minute avec Tommy Smith pour la somme de 1600$. En compagnie de Joe Malone (43 buts), il enfile 39 buts en 20 parties, en route vers la meilleure saison de l’histoire du club, et la Coupe Stanley. Il répétera sa fiche de 39 buts en 1914 et enfilera 40 buts en 1915, bon pour deux championnats consécutifs des marqueurs de la NHA. Le 21 janvier 1914, il inscrit 9 buts dans une victoire de 12-6 sur les Wanderers de Montréal, devant une foule en liesse à l’Aréna de Québec. Racontant ses souvenirs à l’Ottawa Journal en mars 1959, il jure que ce genre d’exploit n’était pas nécessairement glorifié à l’époque. « Personne ne se faisait de cadeau. Je les ai tous mérité ces buts car tout le monde travaillait pour la victoire. Ce n’est qu’à ma retraite qu’on m’a rappelé ce record (qui tient toujours) et que j’avais remporté deux championnats des marqueurs. »

Tommy Smith avec Québec – magazine Spalding en 1913

Malgré lui, il est l’objet d’une querelle en 1915. Suite à une entente avec la PCHA, trois des six clubs de la NHA, en alternance, doivent céder un de leur joueur à la ligue rivale de l’ouest canadien. Sachant que Tommy Smith allait être réclamé, Québec l’échange aux Ontarios de Toronto qui ne sont pas du trio d’équipes touchés par ce règlement avant la prochaine saison. Un coup fumant de Québec, malgré l’ordre d’un arbitre qui ordonne quelques semaines plus tard le transfert de Smith vers l’ouest. Québec rachète alors son contrat et rapatrie son as marqueur pour les 9 derniers matchs de la saison, avec qui il enfile un impressionnant total de 23 buts.

Tommy Smith en voiture devant l’Arena de Victoria, BC, en 1913. Joe Malone est le passager. (Image : collection famille Malone)

Garder Tommy Smith heureux n’est toutefois pas de tout repos. Malgré le meilleur salaire de la NHA en 1914 – 1500$ pour la saison – et le poste de capitaine de l’équipe depuis un an, il refuse de se joindre aux Bulldogs pour la saison 1916-17 qui peinent à joindre les deux bouts en cette période difficile reliée à la première guerre mondiale. Son contrat est vendu aux nouveaux champions de la Coupe Stanley, le Canadien de Montréal (le seul club à avoir fait de l’argent) mais ses meilleures années sont derrière lui.

Canevas de l’œuvre commandée par le Temple de la renommée du hockey dans les années 80.

Après deux années loin du hockey professionnel, il effectue un ultime retour le 5 janvier 1920, en renfort au Club Athlétique Québec, à ce point désemparé. Blanchit pendant 10 matchs, il quitte définitivement le hockey.

Sept ans après sa mort, il est intronisé au Temple de la renommée du hockey en 1973. Il sera le dernier des neuf « Bulldogs » à y être admis.


Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s