Il y a 100 ans – Feu Quebec Skating Rink


Le feu et l’histoire en fumée…

 « Le vieux rond à patiner de Québec, situé sur la Grande Allée a été complètement détruit par un incendie de bonne heure ce matin. (…) Il devait être démoli sous peu pour faire place au parc des champs de bataille ».

L’Action catholique, 29 octobre 1918.

La perte du Quebec Skating Rink est peut-être évaluée 15 000 $ mais elle a surtout réduit en poussière des tonnes de souvenirs. Sous ses arches, le hockey a pris forme et a vu naitre les premières vedettes du hockey.

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Le Quebec Skating Rink, vers 1915, côté sud de la Grande-Allée, face au Parlement.

 

Histoire de patinoires

 « Parce qu’il fait froid et que ses hivers semblent interminables, les habitants de Québec doivent trouver de quoi s’occuper. »

On patine depuis longtemps à Québec. Sur le fleuve lorsqu’il le permet, sur les lacs et rivières… et à l’intérieur, avant tout le monde. En 1851, un hangar du quai de la reine victime d’une marée montante voit son plancher recouvert d’eau. L’hiver bien pris, on tire avantage d’un toit qui permet de patiner malgré la neige ou la pluie passagère.QUEBEC SKATING CLUB RULES AND REGULATIONS 1869

Un premier véritable « Skating Rink » voit le jour chemin St-Louis en 1864. L’édifice a la forme d’une de grange. Tout comme pour les « curling sheds », on dit qu’elles « servent à passer l’hiver occupé ». Valse et patinage libre sont pratiqués.

La patinoire ne semble pas répondre aux besoins de sa clientèle. Le 16 Aout 1873, Le Saturday Budget publie un commentaire d’un citoyen à l’effet que la future patinoire devrait être multifonctionnelle. Le 20 juin 1876, le Quebec Skating Club annonce le désir de construire un nouvel aréna.

Le 10 février 1877, L’architecte W.J. Thomas de Montréal promet cet aréna au cout de 25 000 $. Il sera fait de brique avec une structure en bois d’une dimension de 212 pieds par 100 pieds. Le toit en tôle galvanisée sera supporté par une arche de 50 pieds de hauteur. Il y aura 14 pieds d’espace sur les côtés et 16 pieds à chaque extrémité. Il y a aura des vestiaires et un bureau au 2e étage. On récupérera 1000$ de la vente des matériaux de l’ancien Skating Rink qui sera démoli.

La glace aura une dimension de 180 pieds par 70 pieds. La surface sera plus petite que l’aréna Victoria où s’est joué le premier match de hockey, qui mesure 204 pieds x 85 pieds. La dimension des patinoires nord-américaines d’aujourd’hui. Nul besoin d’avoir de standards, le hockey n’allait pas devenir notre sport national d’hiver avant bien longtemps.

L’œuvre serait aménagée sur un terrain du gouvernement canadien. Ce terrain de 130 pieds de façade par 260 pieds longe le mur situé à l’ouest de la porte St-Louis, « entre le premier et le 2e lampadaire de la Grande Allée ». Si l’hebdomadaire Québec Saturday Budget souhaite les appels d’offres lancés d’ici la fin mars, le gouvernement provincial n’entend pas laisser aller les choses.

Le 27 février, il formule une lettre adressée au gouvernement fédéral lui suppliant de ne pas permettre la construction du nouvel aréna car ce dernier nuira à la vue du futur Hôtel du parlement de Québec prévu sur le terrain de cricket. 

 Le Daily Telegraph appuie la démarche des opposants au projet. « Un bâtiment de bois devrait être construit sur un autre terrain. On doit agir car il est encore temps de réparer « this evil ».

Le gouvernement canadien fera la sourde oreille et accordera tout de même au Quebec Skating Club le terrain convoité le 17 mars 1877 au coût de 2000$. Le Patinoir, comme l’écrit les quotidiens français de l’époque, sera construit par les frères Hatch.

L’endroit est en pleine effervescence : coup sur coup, on y construit les édifices du Parlement et un skating rink « dont le plan exposé a, pendant un mois, charmé les regards naïfs des passants »

À une réunion du conseil municipal en avril 1877, M. E Holloway, secrétaire du Quebec Skating Club demande d’être exempté de taxes car « le bâtiment sera un joyau pour la ville et qu’il sera utilisé à plusieurs fins comme des exhibitions et des concerts. » Le conseiller McLaughlin n’entend pas céder à cette demande : « Il est inacceptable que des gens riches osent nous déranger pour ça alors que les pauvres qui sont taxés n’auront même pas les moyens d’utiliser ce bâtiment destiné aux plaisirs des riches ! »

1881 1er skating Rink 1877
1881 : Parlement et Skating Rink cohabitent difficilement.

Malgré les dénigreurs, la patinoire sera officiellement inaugurée le samedi 22 décembre 1877 en présence du Gouverneur Général. On y a aussi chanté l’hymne national Britannique. Le Ô Canada ! de Calixa Lavallée y sera joué en grande première le 24 juin 1880 lors du congrès des Canadiens-Français.

On tiendra le premier carnaval de la saison, le 9 janvier 1878. On exige de bonne manière, de la grâce, sous peine d’expulsion du membre fautif. 200 patineurs respecteront les consignes. Le hockey, son spectacle et ses spectateurs changeront un peu les normes…

Place au hockey !

Hasard ou non, le Quebec Hockey Club sera créé en 1878, même si le hockey aurait été joué à Québec avant cet hiver.

C’est le 22 janvier 1881 qu’aura lieu le tout premier affrontement entre deux villes, entre la meilleure équipe de Québec et le Victoria Skating Club de Montréal. Lors de cette partie, les joueurs sont accompagnés des mélodies du « A Battery Band », un orchestre militaire. Le match, disputé au skating rink de la porte St-Louis permet aux porte-couleurs de Québec de remporter « ce rendez-vous très attendu et regardé par un très grand nombre de spectateurs » par la marque de 2-0. Pendant 10 ans, des anglophones de Québec participent à la naissance de notre sport national d’hiver à cet endroit.

LA DERNIÈRE DESTINATION DU QUEBEC SKATING RINK (1891-1918)

En avril 1888, le premier ministre du Québec Honoré Mercier annonce en chambre qu’il étudie la possibilité de déménager le mal-aimé skating rink de la Porte St-Louis, jugé gênant depuis l’érection du nouvel hôtel du Parlement.

Son gouvernement passe à l’action le 12 novembre 1888 en rachetant du Quebec Skating Club le terrain au cout de 15 000$. Le contrat prévoit une somme de 5000$ supplémentaire si le bâtiment est assemblé de nouveau du côté sud de la Grande-Allée  (à l’entrée des Plaines d’Abraham) et qu’il demeure accessible gratuitement pour y tenir des foires agricoles, horticoles et industrielles pour les 20 prochaines années.

Encore une fois, l’emplacement proposé du bâtiment fait des mécontents. Le ministère de la défense demande de reconsidérer cette décision car elle entrave la continuation projetée de l’avenue Dufferin tel que souhaité.

Le Patinoir est démembré dès le printemps 1889. Un plancher de pierre est entamé durant l’été, mais des démêlés entre le Quebec Skating Club et les autorités gouvernementales compromettent son achèvement pour l’hiver 1890. Devant l’impasse, un groupe de citoyens dont font partie d’anciens joueurs tel A.W. Colley, W.B. Scott et Percy Myles, le rédacteur du journal l’Électeur Ernest Pacaud et les joueurs actuels Archie Laurie, R.J. Davidson et J.A. Scott décident de fonder un nouveau groupe, l’Athletic Skating Club qui aura pour mission d’ériger une structure temporaire pour l’hiver qui approche à grand pas. Le contracteur J.B. Boiteau de la rue Latourelle déploie 30 hommes pour dresser une structure de 180’ par 80’ et de 50’ de hauteur, avec une surface glacée de 160’ par 60’ (une glace nord-américaine fait 200’ x 85’). L’opération d’urgence qui doit permettre son utilisation pour le congé des fêtes est possible grâce à des dons qui totalisent 1000$.

L’opération est un échec total : un « filet d’eau » traverse continuellement la patinoire, ce qui empêche la surface de geler convenablement.

Le 21 janvier vers 5h du matin, la structure s’affaisse par le centre sous le poids d’une chute de 10 cm de neige sur une longueur de 60 pieds, causant la mort… de cette structure temporaire. Par chance, personne ne se trouvait à l’intérieur à ce moment. Le Skating Rink reste sur la glace…

Le 8 avril, le Daily Telegraph décrit une scène d’horreur: « Les ruines du skating rink sont un symbole honteux pour les passants. Les promoteurs de ce projet temporaire controversé avaient promis son démantèlement une fois la saison froide terminée, or il demeure toujours tel un monument décadent et disgracieux ».

En juillet 1890, le « comité des routes (road committee) » recommande de poursuivre la construction du nouveau skating rink à l’emplacement prévu, en autant qu’il laisse assez d’espace pour y permette une éventuelle rue. Malheureusement, d’autres complications administratives retardent le projet pour au moins une autre année. Deux hivers ou le Quebec Hockey Club doit limiter ses activités.

Une proposition est déposée le 28 août 1891 à la chambre des Communes pour officialiser le don d’un terrain de 45 000 p.c. (300 x 150). Ce projet sera notarié le 2 novembre suivant.

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1891, construction de la dernière version du Skating Rink, vu du Parlement.

On ajoute au plan original des allées de bowling et de curling sur chaque côté. Le « nouveau club de Curling Victoria », toujours actif de nos jours, est né de cette décision. Enfin, on a refait l’entrée, ce qui lui donne ce look différent.

Un bal costumé en janvier 1892 lance enfin la dernière génération des Quebec Skating Rink. Son principal occupant, le Quebec Hockey Club, n’y est toutefois que locataire et est à l’étroit avec ses gradins inadéquats et sa patinoire format réduit. Très intimidant, sombre et exigu, les adversaires détestent y jouer. Les spectateurs sont bruyants et très partisans. Les anecdotes sont nombreuses…

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Dessin de La Presse publié le 15 janvier 1898. Les bandes et les filets sont encore à venir d’ici deux ans…

 

C’est ici qu’on a vu se transformer le hockey :  la rondelle, les premiers filets, les bandes, le hockey sur 3 périodes au lieu de deux et du hockey moderne à six joueurs au lieu de sept. Les numéros sur les chandails aussi…

Malgré de nombreuses configurations, l’équipe est incapable d’y loger plus de 3000 spectateurs et la venue du hockey professionnel au Canada, vers 1907, fait craindre le pire, faute de revenu adéquat pour soutenir ces nouvelles dépenses. Un nouvel aréna sera nécessaire.

1900 Banquet Soc St-Jean Baptiste au Québec Skating Rink
Photo inédite dans le livre « La Coupe à Québec » : le Quebec Skating Rink, en 1900, prêt à accueillir le banquet de la Société St-Jean Baptiste. Crédits : Daniel Papillon.

« L’Aréna de Québec », un stade de 8000 places construit au Parc Victoria ouvrira finalement ses portes en décembre 1913, sous l’effervescence provoquée par les deux conquêtes consécutives de la Coupe Stanley. L’édifice du champ de bataille continuera d’accueillir foires, patinage libre et hockey (il sera le domicile des Sons of Ireland, une grande équipe junior amateur résolument anglophone) jusqu’au jour fatidique du 29 octobre 1918.

Malgré une offre de vente à la Commission dès 1912, le bâtiment appartenait toujours au Quebec Skating Club. Un document de la Commission des Champs de Bataille Nationaux du 19 novembre 1923 mentionne que le « Skating Rink, totalement détruit par un incendie, n’a pas encore été reconstruit », ce qui laisse croire qu’il en fut question.

 

 

 

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Le Québec veut rester dans la N. H. A.


Article du Devoir, quelques semaines avant le début de la saison 1911-12, celle de la première Coupe Stanley. Tous les différents Skating Rink de Québec ont toujours appartenu au Quebec Skating Club depuis 1851 et le hockey est à l’étroit dans se trop petit bâtiment. Il faudra deux conquêtes canadiennes pour inciter la Ville et le Club d’obtenir un aréna de qualité.

* * *

1911 10 09 quebec sortie de la ligue.pngLES MAGNATS DU HOCKEY A QUÉBEC DÉCLARENT QUE LA CAPITALE SERA REPRÉSENTÉE COMME PAR LES ANNÉES PASSÉES.

Québec, 9 octobre 1911.— La rumeur est venue de Toronto qu’il se fait des démarches pour éliminer l’équipe québécoise de la ligue de la N. H. A., mais ces ru­meurs n’effraient pas les membres du Quebec Hockey Club, comme le disait l’un des directeurs aujourd’hui.

Déjà les magnats de la National Hockey Association sont occupés de la prochaine saison, de même que tous les clubs qui font partie de l’Union, et mercredi prochain, il y aura une as­semblée de l’Association, au restau­rant Kastell, à Montréal.

Le club Québec sera représenté à cet­te réunion. Dès lundi soir, probable­ment. Il y aura une réunion du club qui choisira alors deux délégués pour se faire représenter à Montréal. Une des raisons que les adversaires du Québec invoquent pour le faire éliminer de la ligue est que ce club n’a pas de patinoir et qu’il lui faut se fier au bon vouloir des directeurs du Quebec Skating Club qui louent leur rond.

Un des directeurs du club Québec, a déclaré que s’il n’y a que cela, Québec sera dans la ligue, et il y sera. “Nous avons fait des arrangements qui sont pratiquement terminés et par lesquels notre club est sûr d’avoir le patinoir Québec à sa disposition pour les jou­tes. On nous fera des conditions rai­sonnables qui nous permettront de nous maintenir avec de bons joueurs. Et d’ailleurs, on est maintenant assu­ré d’avoir un Arena, dès l’an prochain “Cette saison”, a continué l’interlo­cuteur, “le club Québec aura tout pro­bablement cinq de ses joueurs de l’an­née dernière, et deux ou trois bons joueurs nouveaux qui ne seront certainement pas pour abaisser le niveau de l’équipe. Naturellement, il est un peu à bonne heure encore pour parler du choix des hommes, mais notre club ne sera pas pris au dépourvu quand le temps viendra de descendre sur  le rond.”

 

Deux générations retrouvées…


1956 03 07 Paddy Moran et Gilles Tremblay
Le Soleil, 7 mars 1956

Le Soleil du 7 mars 1956 illustre un moment entre deux joueurs légendaires de Québec: Ludger Tremblay, le meilleur pointeur de l’histoire des As de Québec et Paddy Moran, le célèbre gardien de but des « Bulldogs ». Ce dernier allait être honoré, deux jours plus tard, sur la glace du Colisée, en tant que plus récent membre du Pavillon des Sports de Québec. Le dimanche 11 mars, une fête réunissant plusieurs de ses ex-coéquipiers, dont Joe Malone et Charles « Chubby » Power, viendra conclure « la plus belle semaine de ma vie » dira-t-il aux invités, dans un discours en anglais et en français, précise Le Soleil. Paddy sera intronisé au Temple de la renommée du hockey en 1958. Il devient alors le deuxième joueur de Québec à obtenir cette distinction, après Joe Malone. Depuis, seul Patrick Roy s’ajoute à ce groupe aussi sélect que restreint.

Le Pavillon des Sports, créé en 1955 sous l’initiative de Jean Béliveau, intronisait ainsi son douzième et dernier membre, avant de disparaître. La Société d’Histoire du Sport de la Capitale Nationale tente depuis de faire revivre cette initiative.

1956 03 12 Paddy Moran célébré
Le Soleil, 12 mars 1956.

 

4 conférences le 14 janvier prochain


Une première pour la nouvelle Société d’histoire du sport de la capitale nationale dont j’ai l’honneur de présider : une journée conférence avec 4 thèmes :

  • Les « Bulldogs« , une conférence dynamique avec vidéo et quelques primeurs;
  • le baseball à travers l’histoire du Stade municipal de Québec avec Daniel Papillon;
  • une discussion avec le grand Maurice Filion (Remparts, Nordiques et Rouge et Or football)
  • une table ronde digne de la « Ligue du Vieux Poêle » avec Maurice Dumas, Réal Labbé et Gérard Potvin sur les sports et les athlètes qui ont marqué la grande région.

Aussi, cet événement réuni plusieurs collectionneurs et exposants spécialisés en sport. Une belle occasion de vendre, échanger ou faire évaluer vos objets précieux !

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Souvenirs du passé


photoscanbrliveauPhoto extraite d’un cahier souvenir dédié à Jean Béliveau, publié par Robert Desjardins en 1964. On y retrouve Jean de dos, au Colisée, discutant avec son ami Émile Couture de la Brasserie Molson. Au mur, la fameuse photo géante de Joe Malone et la plaque que la Ville a retrouvé puis restauré il y a quelques années. Elle est aujourd’hui perdue dans un couloir sans intérêt du Pavillon de la Jeunesse.

La question refait surface: Qu’est-il arrivé à la grande photo ?

Et tant qu’à y être, qu’est-ce que représente le cadre sur fond blanc derrière la tête du Gros Bill ?

La rue Joe-Malone


La rue Claude-Jutra disparaitra.

RUE JOE-MALONE

Joe-Malone ? J’aimerais avoir les arguments pour convaincre le Comité de toponymie et le  Comité de commémoration de la Ville.

Très peu d’athlètes ont reçu cet honneur à Québec.

Joe Malone était un homme bon. Il avait pour surnom « Gentleman Joe ». Il a été un capitaine aimé, adulé. Ses adversaires le respectait. Jusqu’à sa mort, on avait que des éloges à son égard, pour son style de jeu et sa personnalité. Il était, toute sa vie durant, un ambassadeur extraordinaire pour Québec.

En voici quelques lignes.

Joe Malone est né à Sillery en 1890 d’une famille qui illustre bien la réalité de l’époque : d’une maman nommé Marie-Louise Rochon et d’un papa mesureur de bois nommé Maurice Joseph Malone, Joe est franco-irlandais.

Vers 1904, Joe Malone et sa famille ont emménagé au 7, rue Racine à Québec, aujourd’hui le 734, rue Philippe-Dorval. Un épigraphe honore d’ailleurs sa mémoire sur ce bâtiment. Plus près du Quebec Skating Rink, mais aussi plus près de l’armurier Ross. C’est là qu’il gagnera d’abord sa vie, dès l’âge de 15 ans, en 1905 jusqu’à la fermeture de l’usine au printemps 1917.

Joe Malone a joué son hockey amateur et professionnel à Québec et l’aurait fait toute sa vie, n’eut été des multiples forfaits de son équipe, le Québec Hockey Club. En 1912, il refuse même un chèque en blanc de Lester Patrick à Vancouver qui aurait pu en faire le joueur le mieux payé au monde.

Joe Malone a été capitaine du Québec Hockey Club dès l’âge de 21 ans. Il les a mené à la conquête de deux Coupes Stanley. Il jouera 9 saisons complètes avec les « Bulldogs ».

Il prend pour épouse Mathilda Power (fille de Michael et Joséphine St-Hilaire) en 1916, en l’église St-Patrick. Leur premier enfant, Bernice Joséphine, est née à Québec en 1917.

En 1917, les Bulldogs en sabbatique et l’usine Ross Rifle fermée, il devient un joueur du Club de hockey Canadien de Montréal. Au centre de Newsy Lalonde et Dider Pitre, il établi une saison record de 44 buts en 20 parties jouées, pour une moyenne de 2,2 buts par match, une marque qui tient toujours.

Contre toute attente, il revient vivre à Québec la saison suivante afin de participer à la relance de l’usine Ross qui deviendra la North American Arms Co. Il s’entrainera à Québec la semaine et ne jouera que les samedis avec le Canadien, le tout premier et dernier joueur à temps partiel !

Il profitera des installations pour fabriquer ses premières lames de patins brevetées, les « Joe Malone Special », d’un alliage beaucoup plus léger et performant. Conçu à Québec, elles feront la loi pendant plus d’une décennie, endossées par des dizaines de joueurs de la LNH, tels Howie Morenz, Aurèle Joliat et Jack Adams.

Québec revient au hockey professionnel en 1919. Les Bulldogs terminent bons derniers de la LNH, mais Joe Malone remporte tout de même un autre championnat des compteurs avec 39 buts en 24 parties.

À Québec, le 31 janvier 1920, il inscrit sept buts dans un victoire de 10-6 sur Toronto. C’est un record presque centenaire qui tient toujours. Depuis, plus de 50 000 matchs ont eu lieu dans la LNH sans qu’un autre joueur ne répète l’exploit.

Il détient ou a détenu plusieurs records de la LNH. Celui du plus grand nombre de buts en une saison, soit 44 en 1918, n’a été battu qu’en 1945 par Maurice Richard, à son 42e match, faut-il le préciser.

De 1909 à 1924, il enfile un grand total de 401 buts en 307 matchs réguliers, de tournois et de séries de la Coupe Stanley. Le grand historien Charles L. Coleman lui consacre une place parmi les 5 meilleurs joueurs de l’époque 1893-1926.

Joe Malone avait de belles valeurs familiales et humaines, que sa famille respecte toujours. En 2013, son fils a poliment refusé la demande d’un commerçant de Québec qui voulait nommé un pub en son nom. « Mon père ne buvait pas et ne fumait pas, il n’aurait pas aimé être associé à ce genre de commerce ».

En 1950, il est élu au Temple de la renommée du hockey, le premier Québecois à recevoir cet honneur.

Le 31 mars 1952, la Ville de Québec lui présente une plaque pour l’en féliciter, sur la glace du Colisée avant une partie des As et de Jean Béliveau, son joueur préféré. « On me dit qu’il joue comme moi », disait-il. Élancé et élégant. Cette plaque est aujourd’hui au Pavillon de la Jeunesse.

Une bannière est aussi bien en vue au plafond du Centre Vidéotron.

En 1955, le Pavillon des Sports, un temple de la renommée du sport de la région de Québec voit le jour et Joe Malone fait parti des 11 premiers intronisés. L’initiative est de Jean Béliveau, alors représentant régional pour la brasserie Molson.

Il est aussi membre du Panthéon des sports canadiens, la plus haute distinction chez les athlètes au pays.

Il quitte définitivement notre monde le 15 mai 1969, victime d’un arrêt cardiaque, dans son lit à Ville St-Laurent. Le quotidien Le Soleil souligne grandement sa contribution.

Joe Malone, un fier ambassadeur de la Ville de Québec qui mérite bien le nom d’une rue, et même plus.

Parce qu’en 2012, on parlait aussi de la Place Joe-Malone devant le nouvel amphithéâtre.

 

 

 

 

 

 

 

 

Albert Edward Swift est mort en 1948 !


Pas une manchette ça ? C’en est une pour moi en tout cas ! Une recherche impromptue dans les journaux canadiens m’a enfin permis de mettre la main sur une preuve de décès du Brigadier Général A.E. Swift, en toute petite vignette de la une du Ottawa Journal.

1948 04 21 Annonce de la mort de AE Swift
The Ottawa Journal, 21 avril 1948

Mon livre La Coupe à Québec est dû pour une réédition ! En page 35, il est écrit en fin de portrait du meilleur buteur du 19e siècle que « la mort de ce grand militaire et joueur de hockey demeure un mystère ».

Albert E Swift retravaillé
Albert Edward Swift (1866 ?-1948) photo-montage avec le Quebec Hockey Club, 1894.

Je savais qu’il habitait, ou avait habité le village rurale de Dane, dans le Timiskaming en Ontario. C’est ce qu’il inscrit en 1934 lorsqu’il marie sa fille Marjorie Erskine à Arthur Beresford Scott (fils de son ex-coéquipier A. E. Scott), à l’église Anglicane Holy Trinity de Québec. Les recherches d’hier soir ont aussi confirmé l’hypothèse que notre ami s’est présenté aux élections fédérales de 1940 comme candidat indépendant (Liberal Soldier) dans son comté (Timiskaming). Une défaite cinglante, ne récoltant que 110 voix sur plus de 21 000 votants. Il était alors âgé de 74 ans.

Son âge ? Pas si sur.

Comme l’indique l’annonce de sa mort, il aurait été âgé de 79 ans, ce qui ne correspond pas à son certificat de naissance daté du 30 janvier 1866, qui lui en attribuerait 82. Plus tard dans sa vie, comme au recensement de 1911, il indique être né en janvier 1871. Comme il a joué (malgré son jeune âge, diront les journaux) avec le Quebec Hockey Club en 1881, je doute qu’il n’avait que 10 ans. Il semble mentir sur plusieurs documents militaires ou de voyages. Une pierre tombale ou un véritable certificat de décès serait bienvenue…

Mais aussi, il n’était pas rare qu’une famille anglaise redonne exactement le même nom au prochain enfant, suite au décès prématuré d’un plus jeune. Hmmmm.

Encore un peu de travail à faire, mais au moins, on a une fin pour mieux retracer le début.

Merci à Vincent Couture et Dominique Ritchot pour la soirée de recherche virtuelle !

Ici, un intéressant petit portrait de mon collègue Joe Pelletier sur la carrière de « Dolly Swift ».

 

 

 

 

George Leonard: le « bulldog » mort au combat.


En ce jour du souvenir, il est de mise de souligner la mort de George Joseph Arthur Leonard (1886-1917), joueur d’utilité du Club de Hockey Québec. Malgré l’immense proportion de militaires au sein du Club, dont les grands décorés Sir David Watson, Albert Edward Swift, Charles « Chubby » Power et C.F. Constantine (ces deux derniers ont été ses coéquipiers), il est l’un des deux seuls à avoir perdu la vie au combat, l’autre étant William Holliday (1877-17) un joueur de réserve qui a joué quelques matchs entre 1899 et 1904.

George Leonard, portant le chandail de l'édition 1912, gagnante de la Coupe Stanley.
George Leonard, portant le chandail de l’édition 1912, gagnante de la Coupe Stanley, illustrée à gauche.

« L’Irlandais » natif de Québec a joué 10 matchs avec le grand club, comptant six fois lors de la saison 1907. Membre du Q.O.C.H. (Queen’s Own Cameron Highlanders) en 1908, il se blesse au genou lors d’un match de baseball intérieur (l’ancêtre de la balle-molle), au manège militaire. Incapable de suivre le rythme, il quitte le hockey de haut niveau pendant 5 ans, mais son état s’améliore au point de prendre part à deux matchs de la NHA en 1912, dont un pour la Coupe Stanley. Il poursuivra sa passion pendant quelques saisons dans des ligues amateurs.

Sa mort est annoncée dans les journaux le 10 septembre à la surprise du rédacteur qui avoue n’avoir jamais eu vent de sa présence au front avec le 29e Bataillon. On souligne son immense potentiel athlétique, doué également pour le football et la course à pied. Il avait 30 ans et n’était pas marié.

George Leonard s’enrôle le 12 septembre 1916. Alors âgé de 30 ans, il se rajeunit de 3 ans afin, on imagine, mieux se faire accepter. Il mourra quelques jours avant son prochain anniversaire...
George Leonard s’enrôle le 12 septembre 1916 à Halifax. Alors âgé de 30 ans, il se rajeunit de 3 ans (1889 au lieu de 1886) afin, on imagine, de se faire accepter plus facilement. Il mourra près d’un an plus tard, quelques jours avant son prochain anniversaire…
17 août 1917. Résumé de l'armée canadienne.
17 août 1917. Résumé de l’armée canadienne. « Mort au combat. » Devant Lens (France) dans la tranchée Cinnabar, il est mort instantanément, atteint à la tête d’un tir ennemi.

Les Bulldogs et les premiers pas du hockey à Québec à CHYZ !


L’émission 3600 secondes d’Histoire fait place cette semaine à l’histoire du hockey de la Vieille Capitale ! Mercredi le 4 mars à 18h30, j’aurai le privilège de passer 3600 secondes avec cette émission très intéressante de CHYZ 94.3. Semble qu’on me posera des tonnes de questions sur les origines du hockey à Québec, sur l’histoire du Québec Hockey Club (1878-1920) et finalement, sur notre premier héros, le fabuleux Joe Malone.

Fan d’histoire de la Ville de Québec, je vous invite à aimer leur page Facebook mais aussi, à écouter l’émission. Un livre autographié par Joe Malone junior sera attribué parmi les auditeurs.

3600 secondes d’Histoire

CHYZ 94.3

Mercredi, 4 mars 2015

Au plaisir de vous savoir avec nous !

Maureen Rooney n’est plus.


Au centre d’hébergement Saint Brigid’s Home, le 30 décembre 2014, sa fille Catherine à ses côtés, est décédée dame Maureen Rooney McKenna (née Rooney), fille de feu Lt.-Colonel Dr. Joseph Walter Rooney et de feu Bertha Rose Dewfall de Québec. Elle est allée rejoindre son cher Desmond, qui a été son époux pendant 60 ans. Elle avait 90 ans.

Maureen Rooney avec le poster de l'équipe de son père.
Maureen Rooney avec le poster de l’équipe de son père.

Elle laisse dans le deuil ses enfants : Catherine, Sheila et Brian ainsi que ses petits-enfants et arrière-petits-enfants. Catherine m’a beaucoup aidé pour mon livre, toujours à Québec et passionnée par l’histoire des Irlandais de la Vieille Ville. Elle demeure à quelques pas de la maison de son grand-père, rue Ste-Anne.

à voir, ce document vidéo sur la conquête de la Coupe Stanley. Catherine y est à la 2e minute.

J’avais eu le privilège de rencontrer Maureen Rooney lors d’un défilé de la St-Patrick à Québec. J’ai même quelque part une photo d’elle en compagnie de Joe Malone jr, invité à l’événement. Les deux enfants de joueurs des « Bulldogs » avaient le même âge. La mort les a frappé en 60 jours.

En 2013, elle a retrouvé parmi ses souvenirs un poster de l’équipe de 1912, gagnante de la Coupe Stanley. Son père avait compté un but lors du deuxième et dernier match. En très bon état, je lui ai acheté et fait encadrer par un spécialiste de la rue St-Paul.

Joueur d’utilité, Walter Rooney (1888-1965) a été dentiste pour l’armée canadienne. Il aussi étudié à l’Université McGill, là où il a joué au hockey après son passage chez les pros, ce qui en fait un des rares joueurs universitaires à avoir remporté d’abord la Coupe Stanley. Si vous passez par l’Arena Macdonald de McGill, regardé une des vitrines d’expositions, on y retrouve son nom sur un alignement en tant que Capitaine.

Les funérailles de Maureen McKenna auront lieu le 09 janvier 2015 14:00 à l’adresse suivante: en l’église St-Patrick’s, 1145, de Salaberry, Québec.

 

Joe Malone junior n’est plus.


Joe Malone et moi, avant les cérémonies d'avant-match des Remparts de Québec.
Joe Malone et moi, avant les cérémonies d’avant-match des Remparts de Québec, le 11 novembre 2012.

Mary Malone vient de m’annoncer la mort de son père, Joe jr, fils du grand Joe Malone. Décédé dans la nuit du 1er novembre, il venait de célébrer son 91e anniversaire, étant né le jour de l’Halloween 1923. Il est en grande partie responsable de la qualité iconographique du livre « La Coupe à Québec » (une cinquantaine de photos inédites) et il a été très généreux de son temps lors des entrevues que j’ai réalisé avec lui, à Québec et à London. Selon sa famiille, il était fier qu’un livre consacré au club et à la ville de son père soit enfin publié. Je n’oublierai jamais cet homme.

 

Je suis content de l’avoir dit de son vivant. Je vous invite à relire certains textes qui le concerne.

https://quebecbulldogs.com/2013/10/31/bon-90e-anniversaire-de-naissance-joe-gerard-cletus-malone/

https://quebecbulldogs.com/2013/04/15/le-pub-joe-malone-ne-verra-pas-le-jour/

https://quebecbulldogs.com/2012/11/12/joe-malone-fils-a-quebec/

https://quebecbulldogs.com/2008/03/30/rencontre-avec-joe-malone-jr/

Merci Joe.

Le Brian McFarlane Award enfin dans mes mains !


En compagnie de Bill Fitsell à Penetanguishene, Ontario. Photo:  Benoit Clairoux.
En compagnie de Bill Fitsell à Penetanguishene, Ontario. Photo : Benoit Clairoux.

Le livre « La Coupe à Québec : Les Bulldogs et la naissance du hockey » en a fait du chemin depuis son lancement en 2012. La Société Internationale de Recherche en Hockey (SIRH) m’a attribué le prix Brian McFarlane en 2013, lors de sa convention annuelle qui se tenait à Utica, au New Jersey. C’est lors la convention suivante, en mai 2014 à Penetanguishene en Ontario, que j’ai pu recevoir ce fameux trophée des mains d’un des fondateurs de la SIRH, Bill Fitsell, un grand historien du hockey qui a collaboré à mes recherches.

Sur le trophée, on peut y lire:

The Brian McFarlane Award

Marc Durand

for outstanding research and writing (pour l’exceptionnelle recherche et écriture)

Society for International Hockey Research

2013.

Le Bill McFarlane Award. photo: Benoit Clairoux.
Le Bill McFarlane Award. Photo : Benoit Clairoux.
Conférence sur l'histoire des Bulldogs de Québec lors de la convention 2014 de la SIRH. Photo: Benoit Clairoux.
Conférence sur l’histoire des Bulldogs de Québec lors de la convention 2014 de la SIRH. Photo : Benoit Clairoux.

Chubby Power honoré par le gouvernement du Canada


Belgique, 1916. Lieutenant Charles Gaven Power au centre, entouré du  Lt. G. Grondin, Lt. René Pelletier (debout), Lt. W.E. Beaton et le Major A.T. Powell (assis). Ses quatre compagnons tomberont au combat avant le mois d’avril 1917. Extrait du livre biographique «A Party Politican : The Memoirs of Chubby Power », Collection Marc Durand.
Belgique, 1916. Lieutenant Charles Gaven Power au centre, entouré du Lt. G. Grondin, Lt. René Pelletier (debout), Lt. W.E. Beaton et le Major A.T. Powell (assis). Ses quatre compagnons tomberont au combat avant le mois d’avril 1917. Extrait du livre biographique «A Party Politican : The Memoirs of Chubby Power », Collection Marc Durand.

Heureux de lire l’article ce matin dans Le Soleil concernant un très bel hommage à ce grand politicien qu’a été Charles Gavan « Chubby » Power. Une plaque commémorative honorant sa vie militaire, puis politique, a été dévoilée hier par le ministre Steven Blaney. Elle sera accrochée au Cercle de la Garnison de Québec, là où il a passé plusieurs moments de  sa vie.

Je vous invite à lire l’article ici.

Chubby n’a joué que deux saisons complètes avec le Québec Hockey Club, amassant la somme impressionnante de 44 buts en 23 parties. Il aurait pu jouer avant et après les saisons 1908 et 1909, mais il étudiait au Collège Loyola (Concordia) à Montréal et a poursuivi ses études à l’Université Laval par la suite, tout en menant une carrière militaire, bien expliquée dans l’article.

Aussi, c’était l’époque tumultueuse du début du professionnalisme dans le hockey, étape qu’il a toujours refusé à franchir.

Toute sa vie, il aimait revenir sur ses exploits sportifs et n’en manquait pas une pour prendre un petit scotch avec ses amis de Québec. Il rappelait que son Club aurait dû mériter la Coupe Stanley de 1904, littéralement volée par l’Ottawa Hockey Club. Dans les années 60, il est celui qui a proposé avec succès la candidature de son coéquipier Paddy Moran au Temple de la renommée du hockey.

Chubby a l'âge de 16 ans, dans l'équipe du Collège Loyola.
Chubby à l’âge de 16 ans, dans l’équipe du Collège Loyola.

Ses frères Joe et James Rockett ont aussi connu de grands moments dans le hockey. Le premier a compté 84 buts en 62 parties et a été le Président et Capitaine du Club Québec pendant plusieurs saisons. C’est lui qui a permis la signature des premiers joueurs professionnels avec les « Bulldogs » dans la NHA. « Rocket », un solide défenseur, a été le seul à signer des contrats professionnels. Il est aussi le premier anglophone à avoir joué pour le Canadien de Montréal.

Je vous signale qu’on a déjà parlé du trio de frères réunis lors de certains matchs.

Très heureux pour la famille Power qui a encore des racines dans la région et dont le sang se mélange à celui des Malone et des Cannon.

Rencontre avec Donald Guay


enfin, j'ai pu remettre mon livre à Donald Guay, le plus grand historien en sports au Québec.
enfin, j’ai pu remettre mon livre à Donald Guay, le plus grand historien en sports au Québec.

Enfin… Oui, j’ai attendu trop longtemps. Intimidé peut-être. Et pourtant… C’est son ami Roger Boileau, de la Faculté des sciences de l’éducation du Département d’éducation physique de l’Université Laval qui m’a permis ce moment privilégié. Victime d’un AVC il y a plusieurs années, Monsieur Donald Guay ne sort pratiquement plus de chez lui. Né en 1934, il a beaucoup, beaucoup donné pour la connaissance de l’histoire du sport au Québec et la compréhension de l’activité physique , ne serait-ce que par sa définition exacte du mot sport, très longtemps sans réponse satisfaisante et aujourd’hui, reprise partout dans le monde.

Sport : Activité physique et amusante pratiqué selon un enjeu et des règles écrites sous un esprit particulier, l’esprit sportif, font d’équité, de loyauté et de désir de vaincre. »

C’est donc « de sa faute » si j’interpelle souvent mes amis lors d’une discussion du genre, « faire du jogging, de l’escalade ou du tapis roulant, c’est pas du sport… « 

Historien et auteur de réputation internationale, il m’avait offert mon premier coup de cœur pour l’histoire du hockey avec son livre L’histoire du hockey: origine et développement d’un phénomène culturel. Il m’avait inspiré un reportage en 2003 pour Radio-Canada, c’était alors ma première et seule rencontre avec lui.

Il avait lu mon livre mais ne l’avait pas. C’est chose faite. Malgré son handicap et la mort récente de sa femme, l’homme de Lévis était en grande forme et surtout, la tête remplie de projets d’écriture, dont un livre sur l’histoire des régates. Bien appuyé par ses enfants qui s’occupent de le garder heureux, il demeure, toujours aujourd’hui, l’encyclopédie vivante de l’histoire du sport au Québec.

Je raconterai plus en détails cette rencontre un de ces jours. Merci Monsieur Guay. (une trop courte biographie de Donald Guay ici).

 

De retour au Salon du livre de Québec, les 11 et 12 avril 2014.


accueil_55J’aurai le plaisir d’enfiler de nouveau mon chandail d’auteur lors du Salon international du livre de Québec, alors que je serai debout devant le filet du kiosque des Éditions Sylvain Harvey pour stopper les visiteurs et leur offrir La Coupe à Québec: Les Bulldogs et la naissance du hockey. Venez me rencontrer vendredi le 11 avril de 17h à 18h et samedi le 12 avril de 16h à 17h et de 18h à 18h30. Je serai au stand 258 et je devrais arborer un chandail du Quebec Hockey Club, dont mon tout nouveau chandail 1913 de Paddy Moran. Il me fera plaisir de jaser  »old time hockey » avec vous. Si vous avez déjà acheté le livre (merci !!!) venez le faire dédicacer ! Au plaisir de vous rencontrer !

Qui êtes-vous ? Pénélope McQuade découvre Arthur Derome.


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Pénélope McQuade, une  »bulldog » dans le sang !

Vous avez raté  »qui êtes-vous? » avec Pénélope McQuade samedi, le 30 novembre 2013? Disponible sur tou.tv, on découvre avec elle son passé, dont l’histoire de son arrière grand-père Arthur Derome, un des directeurs des Bulldogs en 1912, gagnant de la Coupe Stanley. J’ai été interpelé en tant qu’expert, à l’été 2012, bien avant la publication du livre.

L’Action Catholique qui relate de la mort d’Arthur Derome (le 30 décembre 1957 à l’âge de 76 ans) décrivait les grands moments de sa vie de cette façon:

Arthur Derome, en 1913
Arthur Derome, en 1913

Bien connu dans le monde des affaires et du sport, il avait été pendant sept ans  gérant de l’entrepôt frigorifique du port de Québec et fût directeur du Quebec Hockey Club, qui remporta trois fois le championnat mondial. Il fût l’un des premiers membres du club de golf de Ste-Pétronille et du club de curling Jacques-Cartier. Pendant la première guerre mondiale, il était lieutenant dans les forces armées canadiennes.

‘Trois fois champion du monde » ? Le Quebec Hockey Club a bien gagné la Coupe Stanley en 1912 et 1913, puis le tournoi annuel de New York en mars 1912, considéré par les journaux de l’époque comme un Championnat du monde, peut-être parce qu’il était disputé dans un autre pays que le Canada.

Avec les Bulldogs, champions de la saison 1912-13. Dernier à droite, 3e rangée.

Il a certainement été des bâtisseurs de l’ère professionnelle du Club. L’histoire veut qu’il a été celui qui tend le contrat de 3000$ qu’offre le club Québec au joueur étoile Didier Pitre pour la saison 1912-13. En mars 1913, il appui le projet de construction du nouvel aréna de Québec au Parc Victoria proposé par le Groupe Dussault, alors que le Club de hockey Québec offre sa propre solution, près de la Gare du Palais. L’option endossée par Derome aura finalement l’avale de la Ville et des Bulldogs, mais cette aventure aura peut-être contribuée au divorce.

LA CROSSE PROFESSIONNELLE À QUÉBEC

 Fort des succès des Bulldogs, l’ex-directeur du club de hockey Arthur Derome devient en 1914 gérant d’une franchise de la Dominion Lacrosse Association, un nouveau circuit professionnel. Le club Québec rivalise avec Toronto, Tecumseh (Toronto) et le National (Montréal)  qui compte sur Didier Pitre et le meilleur joueur de crosse de l’époque, Newsy Lalonde.

 Le préparateur physique Dave Béland est appelé à entrainer des joueurs tels les frères Malone et Paddy Moran qui font partie de la formation en début de saison. Le match d’ouverture attire 2000 personnes au Parc de l’Exposition, mais la fête ne s’étire pas.  Sans beaucoup de succès, les gens de moins en moins enthousiastes préfèrent de loin le baseball pratiqué sur le terrain d’à côté.  Derome démissionne le 18 juin.

 Le 12 juillet, avec une seule victoire en poche, le « Québec » devient les « Irish-Canadians » et jouent leurs matchs locaux à Montréal. Moran et les Malone, disparus depuis longtemps et les autres joueurs de la Capitale ne sont plus de l’alignement.

 La ligue et toutes les autres au pays fermeront leurs livres en 1915. L’âge d’or de la crosse au Canada est révolu. Québec aura droit de nouveau à de la crosse professionnelle en 1975 avec les Caribous.

Arthur Derome est mort le 30 décembre 1957, il habitait toujours Ste-Pétronille, Ile d’Orléans.

 »La Coupe à Québec » a un an !


couverture extŽrieure365 jours depuis la parution de mon livre  »La Coupe à Québec: Les Bulldogs et la naissance du hockey ». Un an depuis le lancement officiel au Colisée Pepsi dans le cadre d’un match des Remparts, en compagnie de Joe Malone jr. Il y a un an se succédaient une multitude d’entrevues, de conférences, les Salons du Livre de Montréal et Québec… Le temps passe vraiment vite! Je suis toujours aussi fier et heureux de l’avoir mis au monde. Ce livre m’a permis de concrétiser des années de recherches en un bouquin complet et agréable à consulter, rempli de trésors et magnifiquement illustré. Merci encore à tout ceux qui, de près ou de loin, ont collaboré à ce projet.

Je me suis surpris cette semaine à tenter de chiffrer le nombre de primeurs de ce livre: La vérité sur l’invention du filet par Québec, le Club Québec comme étant le premier club civil de hockey au monde, le surnom Bulldogs qui n’arrive qu’en 1913, la Coupe Stanley volée de 1904, La construction de l’Aréna de Québec,  le prêt de la franchise de la LNH en 1919 et sa révocation en 1920… quelques exemples des nombreuses interprétations et légendes enfin élucidées. Une contribution à l’histoire, pour le sport et la ville que j’aime.

Le blogue Quebecbulldogs me permet de poursuivre le travail, de compléter certains dossiers. Je suis à pondre un article sur Dave Béland, ce soigneur et préparateur physique du Quebec Hockey Club et premier athlète olympique de Québec dont l’histoire fascinante n’a pas été raconté. Je suis aussi en contact avec des descendants de l’énigmatique Joe Savard, gardien substitut des champions de la Coupe Stanley en 1912 et 1913.

Je me souviens avoir dit à mon complice Frédéric Smith de la C.C.N. que ce livre serait mon premier et mon dernier. Il ne me croyait pas et il avait raison. L’histoire du hockey et des sports de la Ville de Québec me passionne encore plus que jamais. Il n’y a pas une semaine qui passe sans que je fouille de nouveau les archives accessibles sur internet, la bibliothèque de l’Université Laval ou mes milliers de documents conservés.

Je viens de remporter l’enchère d’un album de photos originaux datant de 1915. 216 clichés de la région et d’ailleurs, provenant d’un brocanteur situé à Seattle! J’ai hâte de le recevoir. Je vous en donne des nouvelles.

Le skating rink de 1877: Le troisième à Québec, pas le premier.


Scope (Québec) novembre 2013. La correction est de moi ;)
Québec Scope magazine, novembre 2013. La correction est de moi 😉

Le magazine Québec Scope publie un intéressant top50 des choses qu’on ne savait (peut-être) pas sur la Capitale. L’item numéro 10, en page 36, traite du Quebec Skating Rink devant le Parlement. C’est vrai qu’il a été inauguré en décembre 1877, mais il s’agit bien du 3e, pas du premier. L’article aurait eu plus de punch s’il avait informé ses lecteurs d’une première historique: La Ville de Québec a été la première à offrir une patinoire intérieure, dès 1851! Le hangar était situé au quai de la Reine. Le Club de patinage de Québec, fondé la même année, érige un Skating Club plus spacieux tout près du Parlement en 1864. C’est la construction de ce dernier qui oblige le club de patinage à aménager un terrain près de la porte St-Louis. Comme le précise avec justesse l’article, il a dû être démantelé en avril 1889, mais son déménagement ne sera pas complété avant le mois de décembre 1891. Je vous invite à consulter les photos et les articles concernant ses immeubles dans mon livre La Coupe à Québec, les Bulldogs et la naissance du hockey.

Encore quelques heures pour miser sur la collection Simon Bourque.


Voici les dernières mises de la collection Simon Bourque concernant les cartes des principaux joueurs des Bulldogs. La C55 de Joe Malone domine les enchères à 4173 $. On peu miser encore jusqu’à demain en cliquant ici. Classic Auctions. Lisez bien les instructions et les petits caractères !

Image
Goldie Prodger (et non Prodgers) avec le chandail numéro devant de 1912. Il avait déserté le Club Québec avec Oatman et MacDonald pour s’aligner avec le club Victoria de la PCHA en 1913.

Joe Malone 1911-12 Imperial Tobacco C55:    4 713 $

Joe Malone 1912-13 Imperial Tobacco C57:    1 330 $

Joe Malone 1923-24 William Paterson V145-1:    807 $

Joe Hall 1911-12 Imperial Tobacco C55:    666 $

Joe Hall 1912-13 Imperial Tobacco C57:    165 $

Joe Hall 1912-13 Imperial Tobacco C57(PSA 6):    783 $

Paddy Moran 1911-12 Imperial Tobacco C55:    1 075 $

Paddy Moran 1912-13 Imperial Tobacco C57:    587 $

Jack MacDonald 1911-12 Imperial Tobacco C55:    363 $

Jack MacDonald 1912-13 Imperial Tobacco C57:    393 $

Eddie Oatman 1911-12 Imperial Tobacco C55:    1 149 $

Eddie Oatman 1912-13 Imperial Tobacco C57:    267 $

Goldie Prodger 1912-13 Imperial Tobacco C57:    324 $

Goldie Prodger 1923-24 William Paterson V145-1:    334 $

Goldie Prodger 1924-25 Champ’s Cigarettes C144:    220 $

Jack Marks 1912-13 Imperial Tobacco C57:    294 $

Tommy Dunderdale 1911-12 Imperial Tobacco C55:    2 148 $

Tommy Dunderdale 1912-13 Imperial Tobacco C57:    363 $

Didier Pitre à Québec? Sur une carte de hockey seulement.


Renaud Dorval me demande via Twitter pourquoi la National Hockey Association (NHA) a refusé la transaction qui aurait permis au Quebec Hockey Club d’aligner le  meilleur compteur du Canadien, le joueur étoile Didier Pitre. La réponse se trouve à la page 88 de mon livre « La Coupe à Québec : Les Bulldogs et la naissance du hockey ».  En voici l’extrait, agrémenté de quelques détails supplémentaires.

Joseph George Didier Pitre, dit Cannonball ( 1883-1934), est un ailier droit québécois professionnel de hockey sur glace ayant essentiellement joué pour les Canadiens de Montréal. Élu au  Temple de la renommée du hockey en 1962.
Natif de Valleyfield, Joseph George Didier Pitre, dit Cannonball ( 1883-1934), est un ailier droit ayant essentiellement joué pour les Canadiens de Montréal. Élu au Temple de la renommée du hockey en 1962. Cette carte de hockey de la saison 1912-13 l’identifie au Club de Hockey Québec.

DIDIER PITRE À QUÉBEC !

Le 26 novembre 1912, les journaux annoncent en grande pompe l’arrivée du joueur étoile du Canadien de Montréal, l’attaquant Didier Pitre, auteur de 28 des 59 buts de son club en 1912, bon pour le 2e rang de la NHA.  En échange, Québec aurait donné les droits du déserteur Goldie Prodger, que le propriétaire George Kendall (dit Kennedy) du Club de Hockey Canadien croit être capable de rapatrier dans la NHA.

Selon l’Action Sociale, Kendall était au théâtre Princess de Québec la veille en tant que promoteur de lutte, sa passion première.  C’est là qu’il aurait accepté l’offre de Québec.  À ce moment, le secrétaire Arthur Derome est à Montréal et convainc Pitre de signer le contrat évalué plus tard à 3 000 $, la plus importante somme jamais offerte par le Club Québec.  Ce journal n’est pas peu fier de cette nouvelle :

« Tout en augmentant de 100 % la valeur de son équipe, elle vient de donner à l’élément canadien-français de Québec, dont l’encouragement n’a jamais fait défaut aux champions, un représentant sur l’équipe. ».

Le « star French-Canadian player » est reçu comme un héros par la presse, logé avec sa femme à l’hôtel Victoria, accueilli avec une réception réservée aux grandes vedettes. Pitre est sur la glace pour le premier entrainement du 11 décembre et est ovationné à tout rompre, comme les joueurs Malone, Hall et Moran. Malheureusement, les centaines de spectateurs aux entrainements seront bientôt fort déçus. Des rumeurs ramènent Pitre à Montréal, d’abord niées par Québec. Le 21 décembre, le Quebec Chronicle se questionne : « Quelle est la position de Québec dans l’affaire Pitre ? »

Le lendemain, la NHA est réunie à Toronto et entend la version officielle de cette transaction. Pitre est, dans les faits, loué à Québec et le Canadien pourrait en tout temps réclamer ses services, ce qu’il ferait s’ils sont dans la course en 2e moitié de saison.  Kendall savait compter : la NHA, qui avait adopté la saison précédente le hockey à six joueurs, devait revenir au hockey à sept joueurs le 1er février. Le Canadien aurait coupé de moitié le salaire de son joueur étoile et récupéré son 7e joueur pour l’autre moitié de saison, tout en affaiblissant considérablement le Club Québec, détenteur de la Coupe Stanley.

Cette transaction illicite avait aussi pour but d’empêcher Pitre de se diriger vers l’ouest canadien.  Plus tôt en novembre, Vancouver avait échangé Newsy Lalonde au Canadien contre Pitre, mais Kendall refusait d’y donner suite, prétextant que la Pacific Coast Hockey Association (PCHA) se comportait cavalièrement avec la NHA.  Cette dernière délibère et refuse l’entente Québec-Montréal, ce qui met fin à l’association de Pitre avec Québec.  Frank Patrick, patron de la PCHA réclame de nouveau la transaction Lalonde – Pitre, sans succès.

Voyant la popularité du canadien-français auprès de la population, Québec aurait tenté de conclure une transaction valable auprès du Canadien. Malheureusement, « les canadiens-français de la vieille capitale n’auront jamais la chance d’applaudir un des leurs dans l’uniforme québécois » écrira l’Action Sociale. Pitre jouera avec le Canadien, tout comme Newsy Lalonde, ce qui envenime les relations NHA – PCHA.

Publicité du 15 février 1917. Didier Pitre et plusieurs joueurs professionnels patinent sur ses lames.
Publicité du 15 février 1917. Didier Pitre et plusieurs joueurs professionnels patinent sur les lames Fleming fabriquées à Québec.

Le populaire joueur québécois gardera toutefois un précieux souvenir de son passage à Québec : ses patins, fabriqués au Quebec Skate Manufacturing Co. du 259 rue St-Jean.  L’année suivante, il en commande une autre paire depuis Vancouver, qui l’a finalement acquis.

Et notre souvenir de son passage à Québec ?  Celui d’une carte de hockey de la série C-57, imprimée un peu trop tôt.

Bon 90e anniversaire de naissance Joe Gerard Cletus Malone !


Télégramme de bonne fête que je lui ai fait parvenir aujourd'hui.
Télégramme de bonne fête que je lui ai fait parvenir aujourd’hui.

Le fils du grand Joe Malone a 90 ans aujourd’hui. Il est né le 31 octobre 1923 à Montréal. Quelques semaines plus tard, son illustre père disputait son dernier match dans la LNH. Dernier survivant des 3 enfants de Joe Malone et Mathilda Power (aussi de Québec), il est toujours entouré de sa charmante épouse Rita et d’une magnifique famille de 5 enfants et plusieurs petits-enfants. Vous retrouverez dans ce site plusieurs articles le concernant (faites ne recherche avec Joe Malone fils ou jr) et tout autant de souvenirs qu’il a bien voulu partager avec moi pour quebecbulldogs.com et mon livre. Parmi ceux-ci, des télégrammes que son père recevait, plusieurs l’enjoignant de quitter Québec pour jouer ailleurs pour plus d’argent, ce qu’il a refusé de faire tant et aussi longtemps que le club Québec a existé. J’ai choisi de lui envoyer, à mon tour, un message  »comme dans le temps ».  Être né le 31 octobre, rien de plus normal pour le fils du fantôme…

Télégramme de bonne chance d’Art Ross des Wanderers destiné à Joe Malone (Source : Collections Joe Malone jr.)
Télégramme de bonne chance d’Art Ross des Wanderers destiné à Joe Malone (Source : Collections Joe Malone jr.)
Baptistère de Joe Malone junior. (en bas dans la page de gauche). Remarquez le métier de son père, appelé ''Mechanic'', soit fabricant d'outils et de pièces, son principal métier.
Certificat de naissance de Joe Malone junior. (en bas dans la page de gauche, cliquez pour un agrandissement). Remarquez le métier de son père:  »mechanic », soit fabricant d’outils et de pièces, son principal métier.
«C'est un bien beau livre et je suis heureux que quelqu'un ait pensé raconter l'histoire des Bulldogs. Ça a commencé l'an passé avec le 100e anniversaire de la Coupe Stanley à Québec. C'est agréable de voir qu'on recommence à s'intéresser à cette partie de l'histoire du hockey.» Tel sont les mots de Joe Malone fils au confrère Ian Bussières du Soleil, livre en main, accompagné de plusieurs membre de sa famille dont son épouse Rita et son fils Brian, au fond.  Photo: Le Soleil/Patrice Laroche.
«C’est un bien beau livre et je suis heureux que quelqu’un ait pensé raconter l’histoire des Bulldogs. Ça a commencé l’an passé avec le 100e anniversaire de la Coupe Stanley à Québec. C’est agréable de voir qu’on recommence à s’intéresser à cette partie de l’histoire du hockey.» Tel sont les mots de Joe Malone fils au confrère Ian Bussières du Soleil, livre en main, accompagné de plusieurs membre de sa famille dont son épouse Rita et son fils Brian, au fond. Photo: Le Soleil/Patrice Laroche.

La Collection Simon Bourque est en vente.


La carte de 1913-24 de Joe Malone avec le CH.
La carte de 1923-24 de Joe Malone avec le CH.

J’ai mis en contact ma collègue Justine Boutet avec le collectionneur Simon Bourque et Marc Juteau, propriétaire de Classic Auctions. Aux enchères actuellement, une incroyable collection des plus vieilles et plus belles cartes de l’histoire du hockey.  Cliquez ici pour visionner le reportage et ici pour voir l’encan ! Vous avez jusqu’au 5 novembre pour vous procurer les Joe Malone, Paddy Moran ou Joe Hall (et bien d’autres, évidemment ;)!

Simon et Marc ont collaboré à plusieurs occasions pour la publication de mon livre.

Québec, berceau du hurley au Canada ?


joueur de hurley, historyirland.com
joueur de hurley, historyirland.com

Je vous raconte cette histoire même si, selon moi, elle n’est pas tout à fait terminé. Je cherche encore une façon de changer la fin 😉

Il y a plusieurs mois, un lecteur de mon livre  »La Coupe à Québec » m’a fait suivre par la poste une copie d’une page d’un bouquin qui m’a vraiment intrigué. On y retrouve l’apparence d’un journal personnel, daté du 24 janvier 1826, qui raconte la pratique d’un jeu, le hurley, dans les rues de Québec.

Mardi, 24 janvier.— Les enfants ont inventé, depuis un an ou deux, un nouveau jeu d’hiver qui menace de devenir un danger pour les passants, si on n’y met pas bientôt bon ordre. J’ai moi-même failli être la victime d’une de ces bandes de jeunes joueurs qui, dans l’ardeur de leur nouveau passe-temps, considèrent tous ceux qui tentent de passer là, où ils sont à se pourchasser dans la rue, comme des intrus passibles des châtiments les plus sévères. Je remontais l’Esplanade quand, à l’angle de la rue Sainte-Anne, je suis tombé au milieu d’une dizaine de vauriens qui, hurlant à qui mieux mieux, les uns armés de lourds gourdins, les autres de vieux balais, couraient après une balle. J’ai reçu deux ou trois coups à me rompre les mollets et chevilles, avant de réussir à me tirer hors de cette cohue pour continuer ma route en pestant contre cette engeance indisciplinée et d’une grossièreté à faire dresser les cheveux sur la tête. L’inventeur de ce jeu mériterait le fouet et la potence … ou le fouet tout court. Le plus beau de l’affaire, c’est qu’il n’est plus un coin de la ville exempt de cette nouvelle folie. Dès que trois ou quatre enfants se sont réunis, le jeu (je devrais dire le massacre) commence. Faute de balle, on se sert d’un glaçon ou d’une patate gelée. Il paraît qu’on a donné un nom à ces batailles — le  » Hurley « . (43) Que le ciel nous en débarrasse, puisque nos magistrats, comme toujours, préfèrent attendre que quelque citoyen honorable se soit fait assommer ou tuer avant d’intervenir.

Journal d'un bourgeois de Québec page frontaleSans attendre, j’ai cherché le livre en question. C’était vraiment mon jour de chance, un libraire de la rue St-Jean de Québec avait  »Le Journal d’un bourgeois de Québec », un ouvrage posthume écrit par Émile Castonguay (1894-1956), publié en 1960. La préface du livre dit de Castonguay « qu’il était l’un des hommes les plus érudits du Canada français », jadis gérant général du quotidien l’Action Sociale et passionné d’histoire. Signant plusieurs textes pour le journal l’Action Catholique sous divers noms de plume, Castonguay raconte ici le quotidien d’un citoyen canadien-français anonyme, rentier et avide de loisirs, d’art et de culture. Échelonné entre mars 1825 et décembre 1826, son récit couvre une période négligée des historiens, non sans raison, car il ne se passe pas grand chose à Québec, sauf en ce 24 janvier 1926 en ce qui me concerne.

Castonguay avait, selon ma compréhension, mis la main sur ce journal intime et avait décider de l’éditer avec ses annotations. Cette page 211 citée plus haut en offre un bel exemple: (43) s’agirait-il de l’apparition du jeu de hockey ?

Cette phrase, comme la présence du mot hurley m’ont vraiment fait bondir. Mon collègue du S.I.H.R., le suédois Carl Giden, une sommité sur les origines du hockey semble aussi excité que moi:  »Si c’est vrai » m’écrit-il,  »il s’agit de la première mention du mot hurley au Canada ». L’historien Bill Fitsell ajoute à nos échanges par courriel que ce serait aussi important, sinon plus, que la première mention du mot hockey au Canada, qui remonte au journal d’expédition de John Franklin, alors aux Territoires du Nord-Ouest, en 1825.  Le Hurley (ou Hurling) est un jeu irlandais ancêtre du hockey comme plusieurs jeux disputés en groupe utilisant balle et bâtons. Les Écossais jouent au Shinty ou au Shinny, les Anglais utilisent les termes Hockey ou Bandy et plus tard, les textes franco-canadiens parlent aussi d’un jeu de crosse.  En le désignant  »hurley », notre Bourgeois condamne en quelques sortes un groupe de plus en plus présent en ville: les Irlandais. Ses ouvriers et leurs enfants n’ont pas une bonne réputation auprès de l’élite…

Je devais en avoir le cœur net. J’ai rejoint Claude Castonguay, le fils d’Émile, celui-là même que l’histoire décrit souvent comme le Père de la carte d’assurance-maladie au Québec. Dans mes rêves les plus farfelus, il avait encore le manuscrit original. Sa réponse m’a vite fait retomber sur terre:


(…) je dois avouer que le bourgeois et son journal n’ont existé que dans le cerveau de mon père. Par contre, comme il était féru de la petite histoire du 19ème siècle, s’il parle du hurley, c’est que ce jeu a existé. Tout intéressait mon père,  y compris les sports (…)

Nous voilà bien loin d’une preuve historique. J’ai été naïf et excité au point de négliger les passages du livre qui aborde le caractère fictif du personnage.

N’empêche, le récit d’Émile Castonguay et ses extraits précis qu’on retracent aussi dans les journaux de l’époque entrouvrent une porte: Et si son passage sur les aventures des jeunes joueurs de hurley était vraiment tiré d’un fait réel ? À preuve, cette vraie lettre retracée par Giden et Houda du SIHR, datée du 2 novembre 1827 (et rendue publique en 1919 par la société historique Columbia de Washington, DC) écrite par l’Américain Ephrem Steady qui offre à peu près la même histoire :

« Amis Gales et Seaton: Certains de vos concitoyens souhaitent être informés si une loi a déjà été votée par notre société, soit d’interdire le bandy dans les rues? Si une telle loi est en existence, le sujet devrait retenir l’attention du Conseil; nos yeux et nos membres sont
souvent mise en danger par cette pratique, et les dames sont obligés de modifier leur route ou
rencontrer le risque d’être renversé par les partis en lice pour le bandy-ball »...

Émile Castonguay savait peut-être que le souhait de son Bourgeois allait être éventuellement exaucé. Le Conseil de la Cité de Québec possède depuis au moins 1848 un règlement qui stipule que la pratique du hurley (appelé crosse dans la version française) dans les rues, ruelles ou places publiques de la Cité de Québec est interdite, sous peine d’une amende de 5 Chelins (Shillings) ou une peine maximum de 30 jours de prison.

Ironiquement, la Ville de Québec interdit toujours ce genre d’activité qu’on désigne maintenant « jeu dans une rue », même si aucune amende n’aurait été décerné depuis 2006.

Que de mystère, non ? Mes premières recherches en janvier 1826 ont été infructueuses mais je garde confiance de trouver ma conclusion rêvée car, ne l’écrit-il pas dès le départ, le jeu a été inventé par des enfants « il y a un an ou deux »…

Extrait de "Règlement pour l'entretien des chemins en cette Cité, 1848.
Extrait de « Règlement pour l’entretien des chemins en cette Cité, corporation de Québec », 1848.

Les chandails au fil des saisons (1/3)


Mon confrère de la SIRH Danny Laflamme travaille sur un projet bien ambitieux: recréer le plus fidèlement possible les chandails portés par les joueurs des équipes majeures en Amérique du Nord, de 1885 à 1930. Ce défi est de taille, car plusieurs éditions sont restées sans image sinon, de piètres qualités et bien sur, en noir et blanc.  Son objectif est de rendre accessible cette base de données aux membres du SIRH.

J’ai bien sur sauté sur l’occasion pour lui offrir mon aide au sujet du Quebec Hockey Club. Il s’est glissé plusieurs erreurs de dates et même de conception à travers le temps et les différents sites web et livres sur le sujet.

Grâce à sa collaboration et sa permission, voici donc le premier de trois volets sur les chandails du club de hockey Québec.

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Quebec Hockey Club 1877-78 (première édition) création: Danny Laflamme.
Quebec Hockey Club 1877-78 (première édition) création: Danny Laflamme.

chandail du club de football-rugby de Québec, 1878.Il est fort probable que le premier chandail porté par les joueurs de ce tout nouveau sport intérieur qu’est le hockey sur glace soit en fait un chandail de… football ! La plupart des hockeyeurs du Club, dont le capitaine Charles Miller venaient de remporter un championnat de rugby-football sous ses couleurs. Au fil des ans, le chandail aux lignes horizontales bleues et blanches (ou grises) est fréquemment utilisé par le  »premier » club de la ville de Québec, que ce soit en football, en crosse et bien sur, en hockey.

Quebec Hockey Club 1887-88 création: Danny Laflamme.
Quebec Hockey Club 1887-88 création: Danny Laflamme.

1888 chandail QuebecCertainement le plus différent chandail de l’équipe, il est clairement identifié au groupe anglo-saxon de la majorité des joueurs de l’époque. La Croix de St-Georges, rouge sur un écusson blanc, est aussi utilisée sur le drapeau de l’Angleterre, dont le saint est également le patron (wikipedia). Comme le chandail ne nous permet pas de définir précisément sa couleur principale, nous avons opté logiquement pour le bleu. Il nous est impossible de connaitre exactement le moment de son apparition dans le vestiaire du Club. Peut-être est-il ainsi depuis plusieurs années…

Quebec Hockey Club 1891-92 création: Danny Laflamme.
Quebec Hockey Club 1891-92 création: Danny Laflamme.

QuebecAprès deux hivers sans toit, le Club de Hockey Québec emménage dans le Quebec Skating Rink revampé sur les Plaines d’Abraham en décembre 1891. Une des rares photos du Club sans trophée, sinon, peut-être, ce nouveau chandail qui compte encore 6 lignes horizontales. Remarquez la ligne bleue supérieure qui se sépare pour laisser jaillir le col roulé. Il n’apparaît aucun logo ni numéro. D’ailleurs, il n’y en aura pas pour encore 20 ans…

Quebec Hockey Club 1893-94 création: Danny Laflamme.
Quebec Hockey Club 1893-94 création: Danny Laflamme.

Quebec 94Le fait d’arme de la saison 1894 est sans aucun doute cette victoire de 3-2 contre le premier et alors détenteur de la Coupe Stanley, le Montreal Hockey Club (associé et souvent appelé M.A.A.A.), lors du match qui a cloturé le premier Carnaval de Québec. Albert Edward Swift (photo) porte d’ailleurs une des médailles obtenues à la suite de cette brillante victoire, grandement célébrée en Ville. L’autre, c’est pour féliciter le Club pour la belle saison.

En lieu sûr… un stade pour la capitale.


En lieu sûr, avec Eddie Lantigua et Michel Laplante, deux des bâtisseurs du stade revampé.
En lieu sûr, avec Eddie Lantigua et Michel Laplante, deux des bâtisseurs du stade revampé.

Le Stade municipale a 75 ans. Après le succès de mon livre  »La Coupe à Québec: l’histoire des Bulldogs et la naissance du hockeyLa Commission de la Capitale Nationale remet le nez dans le monde du sport avec la sortie d’un magnifique ouvrage historique:  »En lieu sûr… un stade pour la capitale » de l’auteur Daniel Papillon, un passionné de baseball et de l’histoire du sport de Québec. On lui doit déjà les recherches et iconographies qui agrémentent votre séjour dans les corridors du stade.  Aucun doute que ce livre, publié en collaboration avec la Ville de Québec sera un ajout et un atout majeur à l’histoire de ce merveilleux sport et ce tout aussi merveilleux stade de baseball. Il sera en vente au prix dérisoire de 9,95 $ au stade et aussi à l’observatoire de la Capitale.

Ce soir, 3 juillet, on célèbre avec grande pompe cet événement. J’y serai aussi pour le match des Capitales et des Aigles ! J’adore le baseball et sans aucun effort, je rasasse rapidement 10 souvenirs, en ordre chronologique:

– avec mon père qui m’amène voir les Carnavals en 1974, avec le très prometteur Larry Parrish au 3e but. Il a fait trois erreurs ce jour-là.

– moi qui plonge pour capter une balle fausse… dans les gradins.

– moi, joueur de baseball mineur, dans un tournoi avec des clôtures à neige à la fin de l’avant-champ.

– descripteur des matchs des Patriotes de Ste-Foy à CIHW FM, dans les gradins poussiéreux pour un match vs les Voiliers de Québec.

– entraîneur des Capitales de Charlesbourg (Midget AAA) dans le vestiaire, à démolir une poubelle à coup de bat de baseball après une honteuse défaite.

– journaliste à TQS, reportage sur le comité de survie du Stade. Je remarque aux pinceaux Raymond Malenfant, qui avait répondu à l’appel lancé par André Arthur.

– le retour en vie du stade avec les belles années des Diamants.

– journaliste et spectateur enjoué depuis 15 ans aux matchs des Capitales, avec en tête des personnages que je ne croisaient que là: M. Lachance (Take me out to the ballgame…), Claude Scott, Myles Wolff, Michel Laplante, Éric Gagné…

– Tim Raines, Moises Alou et Pedro Martinez il y a 2 ans pour un match de balle molle.

– et ma famille qui m’accompagne souvent, comme ce soir !

Bonne fête vieux stade !

Avant Michael, y’a eu George McCarron !


George McCarron, tel qu'illustré par le Pittsburg Press du 18 janvier 1903.
George McCarron, tel qu’illustré dans le Pittsburgh Press du 18 janvier 1903.

Le Canadien vient de faire de l’Américain Michael McCarron son 1er choix au repêchage en 2013. 110 ans plus tôt, c’est à un McCarron de Québec de faire la une des pages sportives de Pittsburgh. J’ignore si un lien de parenté les unis, mais chose certaine, George a été le premier joueur de hockey professionnel de la grande famille.

Dans les faits, cet attaquant de Québec est d’abord le tout premier joueur de hockey professionnel natif de la Capitale. Il m’a été impossible de retracer le certificat de naissance de George Ernest Irwin McCarron. Né en 1879 ou 1880, il est peut-être aussi de Pont-Rouge comme son frère Thomas né en 1877. De sang paternel irlandais et écossais du côté de sa mère, il habite le 78 St-Vallier à Québec au rescencement de 1881. Il est un des grands joueurs à avoir porté le chandail des Crescents, un autre club de Québec, auquel il est associé dès 1896 lors de la victoire de ce club au Carnaval de Québec. C’est aussi cette année là qu’il s’enrole dans la milice volontaire canadienne du 8e Régiment comme bon nombre de ses coéquipiers.

Très attaché aux Crescents, tout comme son frère aîné Thomas qui en est le secrétaire-trésorier, il a fort probablement résisté aux appels du grand club senior pour demeurer avec son club de calibre intermédiaire.  Il ne jouera que deux matchs avec le Quebec Hockey Club,  en 1900-01, le temps de compter 7 buts ! Il passe les deux années suivantes avec les Crescents. Presque tous ses coéquipiers dorénavant avec le club Québec, il amorce une carrière professionnelle chez le Pittsburgh Athletic Club pour la saison 1902-1903. Officiellement, George travaille à la Pittsburgh Steel Corporation, mais la grande majorité des joueurs canadiens de la Western Pennsylvania Hockey League ont une prime pour jouer au hockey, ce qui est formellement interdit dans les ligues canadiennes, encore toutes amateurs. De plus, cette année là, il termine premier compteur de son équipe avec 14 buts en 13 parties et premier au chapitre des pénalités avec 47 minutes « sur la bande ». Il est, sans surprise, nommé sur la première équipe d’étoile de la ligue.

Toujours cet hiver là, un samedi matin du 22 février 1903, George McCarron prend pour épouse à Pittsburgh Emma Martin de Québec, fille d’Edward Martin, rue de l’Artillerie. Ils auront une fille. Ethel, née en 1904 dans la ville de l’acier.

George McCarron, en 1898 avec les Crescents de Québec.
George McCarron, en 1898 avec les Crescents de Québec.

Après deux autres saisons professionnelles à Pittsburgh et à Sault-Ste-Marie au Michigan, il tente un retour à Québec en 1905, prenant part au camp d’entraînement du Quebec Hockey Club. Il sera du premier voyage du Club à Ottawa comme joueur de réserve, mais ne verra pas d’action et quittera l’équipe.

On le retrouve pour une compagnie ferroviaire à Chicago en 1910, mais sera de retour à Québec très rapidement. On le verra tantôt comme arbitre (il sera utilisé d’ailleurs dans la NHA) et capitaine de son équipe des employés des chemins de fer de 1914 à 1916. Il meurt le 13 octobre 1923, à l’âge 43 ans. Le Quebec Chronicle dit alors de lui qu’il fût « l’un des meilleurs joueurs de crosse et de hockey de son époque ».

Espérons pour le Canadien que ce Michael McCarron soit du même calibre.

L’histoire des Jaros de la Beauce


Logo_Jaros
Logo des Jaros de la Beauce (1975-76). Image: Wikipedia.

Une connaissance, Steve Vallìères avec qui j’ai parlé de mon projet des Bulldogs bien avant tout le monde et Daniel Laverdière nous offrent depuis peu le fruit de leurs recherches sur le portail Wikipédia: L’histoire des Jaros, une équipe de hockey professionnel aussi spectaculaire qu’éphémère.

J’en savais trop peu sur eux, sinon la présence de Joe Hardy, que j’ai côtoyé un peu comme animateur de lignes ouvertes dans les années 80 et Boom Boom Caron, de qui j’ai déjà lu un texte sur ses souvenirs avec cette équipe. Il avancait que n’eut été de leurs brillantes prestations en séries au printemps 1976, l’équipe des Beaucerons aurait joué dans le film Slapshot avec Paul Newman. Car oui, les Jaros et les Jets, rebaptisés les Chiefs pour le film, évoluait dans la même ligue, la NAHL.

Les Jaros de la Beauce étaient très bien représentés dans le domaine de la robustesse. Une ligue de goons, « pire que dans le film » dira Alain Caron, auteur de 78 buts cette année là. Prenez 10 minutes pour revivre cette aventure vraiment spéciale.

L'indien des  Bulldogs de Syracuse dans le film Slapshot. Le chandail et le logo sont directement inspirés des Jaros.
L’indien des Bulldogs de Syracuse dans le film Slapshot. Le chandail et le logo sont directement inspirés des Jaros.

22 octobre 1966, dernière présence sur la glace pour Joe Malone.


Joe Malone Forum 1966
Joe Malone, saluant la foule à son entrée sur la glace du Forum de Montréal, le 22 octobre 1966. Cliquez sur la photo pour voir le montage vidéo.

À l’automne 1966, la LNH célèbre son 50e anniversaire. Le Club de hockey Canadien profite de son match d’ouverture pour présenter ses joueurs et bâtisseurs membres du Temple de la Renommée du hockey qui ont fait du Tricolore la plus grande organisation de la ligue. Parmi les Aurèle Joliat et Butch Bouchard (ce dernier honoré un peu plus tôt la même année) se pointe sur la glace Joe Malone, alors âgé de de 76 ans.

Sa présence est précédée de la présentation de René Lecavalier, maitre de cérémonie sur la patinoire. Il s’en est sans doute voulu d’avoir dit « 44 buts en 22 saisons » en parlant de celui qui, 50 ans plus tôt, avait dominé outrageusement cette première saison de la LNH avec 44 buts en 22 matchs, bien qu’en fait, il n’en a joué que 20.  On le présente à 1:00 du montage vidéo.

J’ai édité la présentation afin de préserver l’essentiel. J’ai cru bon ajouter celle de Maurice Richard et le long retour vers les gradins. Joe Malone prendra part à d’autres évènements reliés au hockey avant de quitter ce monde en 1969. Ce document très rare est certainement sur la toile pour la toute première fois.

NOTES: À la question de mon ami Paul Foisy, du site Sport et Société, voici la liste des légendes présentées sur la glace, dans l’ordre: Sylvio Mantha, Aurèle Joliat, Herb Gardiner, Joe Malone, Frank Selke, Elmer Lach, Bill Durnam, Emile Bouchard, Kenny Reardon, Maurice Richard et Toe Blake. Intéressant, René Lecavalier mentionne à la fin de cette liste qu’Ambrose O’Brien, co-fondateur du Canadien et Newsy Lalonde n’ont pu prendre part à la cérémonie.

Récipiendaire du Brian McFarlane Award !


Brian McFarlane. Image: emcbelville.com
Brian McFarlane. Image: emcbelville.com

SIHR_Logo_nobanner_250_x_175J’ai passé un beau weekend, malgré la pluie. C’est que j’ai appris samedi que j’étais le récipiendaire du Brian McFarlane Award, remis annuellement par les membres de la Société Internationale de Recherche en Hockey (SIHR). Le congrès annuel était tenu ce weekend à Utica (NY). Brian McFarlane, c’est le René Lecavalier de CBC. Pendant 25 ans, il a été la voix du hockey des canadiens-anglais et des américains. Grand écrivain, collectionneur et historien, son apport à notre sport national est tel qu’il a été admis au Temple de la renommée du hockey en 1995.

Le prix Brian McFarlane a été inauguré la même année en l’honneur du président honoraire de la SIHR, en reconnaissance de son soutien à la Société et par sa contribution continue à la préservation de l’histoire du hockey. Cet honneur reconnaît « la recherche exceptionnelle de ses membres » et est jugé sur la qualité des documents présentés à la Société et à des projets éditoriaux spéciaux en dehors de la société.
Je suis fier de vous souligner cette reconnaissance car elle appartient à plusieurs personnes: Un gros merci à Denis Angers, Frédéric Smith et Hélène Jean de la Commission de la Capitale Nationale, aux Éditions Sylvain Harvey et à la Ville de Québec pour avoir supporté financièrement la production du livre « La Coupe à Québec: les Bulldogs et la naissance du hockey« .
C’est seulement la 2e fois qu’un Québecois remporte ce prix, après Michel Vigneault en 1996 qui incidemment, a collaboré grandement à la révision de mon livre. Je remercie enfin tous ceux qui l’ont déjà été en page 4 !couverture extŽrieure

Une rencontre de la ligue du vieux poêle !


Je suis entouré de gauche à droite par Onil Boutin, ancien joueur des As de Québec, Léo Roy, auteur d'un livre sur les As, Mario Trépanier, collectionneur, et Jean-Patrice Martel, président de la Société internationale de recherche sur le hockey. Le Soleil, 21 avril 2013. Photo: Patrice Laroche
Je suis entouré de gauche à droite par Onil Boutin, ancien joueur des As de Québec, Léo Roy, auteur d’un livre sur les As, Mario Trépanier, collectionneur, et Jean-Patrice Martel, président de la Société internationale de recherche sur le hockey.
Le Soleil, 21 avril 2013. Photo: Patrice Laroche

Que du plaisir samedi dernier, alors que la Société Internationale de Recherche sur le Hockey (S.I.R.H.) tenait une 2e rencontre régionale au Québec. J’ai eu le privilège de parler de l’essentiel  de mes recherches sur la naissance du hockey à Québec et du Quebec Hockey Club.  Cinq autres conférenciers étaient aussi au menu devant un groupe d’initié très intéressé. Un gros merci au collectionneur et membre du SIRH Mario Trépanier pour cette journée formidable.

Je vous invite à lire le texte de mon confrère Ian Bussières du quotidien Le Soleil.

Le « Pub Joe Malone » ne verra pas le jour.


La décision est tombée, s’il n’en tient qu’à son fils.

Un restaurateur de Québec désirait rendre hommage à ce grand joueur des Bulldogs en nommant son futur pub sportif, le « Joe Malone » ou quelque chose du genre.

Joe Malone, père et fils.
Joe Malone, père et fils.

Profitant d’un passage de Joe Malone fils pour la promotion de mon livre, cet homme d’affaire a invité toute la famille à entendre son projet et a gentiment demandé la permission d’utiliser le célèbre nom.

Je ne connais pas les détails de l’offre. Tout ce que j’en sais me vient de Monsieur Malone fils qui désirait mon opinion. Évidemment, je croyais que c’était une bonne idée. Malone étant natif de Sillery, un héros sportif, une légende de Québec, de souches irlandaise et française par sa mère. Une Guinness avec ça ?

Mais Joe Malone n’aurait pas voulu de cet hommage, selon son fils. « Comme vous le savez, mon père était une personne discrète et ne cherchait pas la publicité. Il a toujours préféré laisser ses réalisations sportives défendre sa réputation » m’écrivait-il récemment. C’est vrai. Toute sa vie, il a joué low-profile. Sur la glace, il était le « Fantôme » ou « Gentleman Joe ». Il détient des records offensifs dans la NHA et la LNH.

L’héritage de Joe Malone n’est pas à vendre. Un exemple m’a convaincu dès ma première rencontre: Malone fils a préféré faire plastifier les découpures, les contrats, les télégrammes et les photos de son père sachant fort bien qu’ils perdaient une bonne part de leur valeur de revente. Il voulait ainsi s’assurer que ses enfants et petits-enfants puissent les chérir encore longtemps.

J’aurais bien aimé prendre une pint au « Pub Joe Malone ». Je savoure toutefois avec plus de fierté sa confiance en me livrant, avec tant de délicatesse, les images et les accès pour l’écriture de ce livre.

Un gentleman, lui aussi.

La Coupe à Québec au Salon international du livre de Québec.


accueil_55J’aurai le plaisir d’être présent au Salon international du livre de Québec, du 10 au 14 avril au Centre des Congrès. Je serai disponible pour « jaser Bulldogs » et signé mon livre à ses moments précis:

  • Vendredi, 12 : 19h à 20h
  • Samedi, 13 : 15h à 16h
  • Dimanche, 14 : 14h à 15h
Marc Durand, photo Le Soleil, Patrice Laroche
Marc Durand, photo Le Soleil, Patrice Laroche

Je serai au stand 241, celui des Éditions Sylvain Harvey, mon cher éditeur.  De plus, j’aurai le privilège d’être invité à parler de mon livre lors d’une rencontre d’auteurs, samedi à 16h30, en compagnie d’Élizabeth Gagnon et Monique Vaillancourt Lelièvre, et Mylène Gilbert-Dumas.

Conférence de la Société Internationale de Recherche sur le Hockey (SIRH) à Québec !


SIHR_Logo_nobanner_250_x_175Les historiens du hockey ont rendez-vous à Québec!

La Société internationale de recherche sur le hockey (SIRH) est fière d’annoncer la tenue de sa seconde rencontre régionale au Québec, qui aura lieu le samedi 20 avril prochain à Québec. Rappelons que la première rencontre régionale de la Société a eu lieu le 24 novembre dernier à Montréal; une quinzaine de passionnés du hockey ont participé à cette rencontre qui a permis d’aborder plusieurs sujets dont la contribution de Léo Bourgault au monde du hockey, la patinoire Victoria de Montréal et le Championnat du monde de hockey de 1970 qui devait avoir lieu à Montréal et à Winnipeg.

Cette deuxième rencontre est organisée par Mario Trépanier, un membre de la Société qui s’intéresse tout particulièrement à l’histoire du hockey à Québec. Ce n’est donc pas un hasard si la rencontre aura pour thème le hockey à Québec et les grandes équipes qui ont marqué son histoire : les Bulldogs, les As, les Remparts et les Nordiques. La Société tient à remercier Mario pour sa précieuse collaboration, lui qui s’est spontanément offert pour organiser cette rencontre.

couverture extŽrieurePrésent lors de la première rencontre, Marc Durand sera de retour parmi nous pour parler de son récent livre «La Coupe à Québec – Les Bulldogs et la naissance du hockey». Journaliste télé affecté à la couverture sportive depuis plus de 20 ans, Marc est passionné de hockey depuis sa plus tendre enfance. Cette insatiable soif d’en savoir plus l’a amené à effectuer des recherches sur l’histoire du hockey à Québec et «La Coupe à Québec» est son premier ouvrage.

Il y aura ensuite une discussion sur le thème «Regard sur les As de Québec». Un ancien joueur des As, Onil Boutin, viendra nous parler de son séjour avec l’équipe de 1967 à 1971. Originaire de Sherbrooke, ce défenseur a également participé à la Coupe Memorial de 1967 avec les Canadiens de Thetford Mines. Il pourra signer les cartes postales mises à la disposition des personnes qui assisteront à la rencontre. De plus, un membre de la Société, Léo Roy, nous présentera son projet de livre sur l’histoire des As.

Après la pause, il sera question de hockey junior – et des Remparts de Québec! – avec Jean-Pierre d’Auteuil et Jean-Philippe Otis, auteurs du récent livre «La Ligue de hockey junior majeur du Québec». Ce livre de référence abondamment illustré raconte toute l’histoire de ce circuit qui nous a donné les Lafleur, Lemieux et Crosby. Les passionnés des Nordiques connaissaient déjà Jean-Pierre d’Auteuil, qui a produit le fameux coffret DVD «Les Nordiques, notre équipe!».

Enfin, notre ami Stéphane Harvey offrira une présentation sur la première rencontre de la série Canada-URSS de 1974, disputée au Colisée de Québec. On se souviendra que trois joueurs des Nordiques faisaient partie de l’équipe canadienne qui a donné du fil à retordre aux Soviétiques : Serge Bernier, Réjean Houle et Jean-Claude Tremblay. Membre actif de la Société et fervent collectionneur des Nordiques, Stéphane Harvey est à l’emploi de la Bibliothèque de Saguenay et a participé en 2010 à la réalisation d’une exposition sur Jean-Claude Tremblay au Musée du Fjord de Saguenay.

Une table de lecture sera aménagée pour présenter divers livres québécois ayant pour thème le hockey. Ce sera l’occasion de découvrir de nouveaux titres et des ouvrages moins connus… et de redécouvrir certains classiques!

Bulldogs, As, Remparts et Nordiques : c’est tout un programme qui nous attend ce samedi 20 avril à Québec! La rencontre aura lieu de 13 h 30 à 17 h au sous-sol du restaurant Céline et Ramone, situé au 1061, boulevard Pierre-Bertrand. L’entrée est libre et vos amis sont les bienvenus; nous vous invitons à demeurer des nôtres pour le souper afin de compenser pour la salle qui nous est gracieusement offerte par le restaurant. Il n’est pas obligatoire de s’inscrire à l’avance, mais vous êtes invités à nous laisser un court message si vous comptez être des nôtres.

Contact : Benoît Clairoux, Société internationale de recherche sur le hockey (SIRH)

514 678-2873 ou benoit.clairoux@videotron.ca


Il y a 100 ans, 0n parlait aussi amphithéâtre…

Quebec Bulldogs

Le Colisée de 2012 a ceci de commun avec le Quebec Skating Rink de 1912 : Il est désuet. Malgré les époques et leurs réalités, il est étonnant de constater certaines similitudes entre les deux dossiers et l’omniprésence des maires Drouin et Labeaume… Cet article sera du livre à paraitre l’automne 2012.

Le « Pavillon des patineurs » (Skating Rink) a été conçu en 1877 sans même avoir le hockey en tête. Son déménagement en 1891 sur Cove Fields (Plaines d’Abraham) lui permet d’y ajouter des gradins. Malgré cela, il ne peut s’y asseoir que 1400 personnes et accueillir 3500 spectateurs fort inconfortables autour d’une glace de 180′ par 70′.

Le 12 mars 1913, deux jours après une 2e conquête de la Coupe Stanley par ses « Bulldogs », le maire Drouin reçoit de la part du Club de hockey Québec une proposition d’achat de terrain dans St-Roch pour y construire un aréna. Le Club…

Voir l’article original 747 mots de plus

Il y a 100 ans: Québec gagnait sa dernière Coupe Stanley.


Les Bulldogs de Joe Hall et de Joe Malone.

La saison 1913 est celle d’une querelle entre la PCHA et la NHA dont le club est la principale victime. Démantelé de la moitié de ses joueurs, le Quebec Hockey Club valorise l’apport exceptionnel de deux grands bâtisseurs : le gérant Mike J. Quinn et le centre Joe Malone. La saison 1913, c’est aussi une deuxième coupe Stanley et l’apparition du surnom légitime d’un club qui n’a pas froid aux yeux et qui s’agrippe à son élan, les Bulldogs.

CE TEXTE EST UN EXTRAIT DU LIVRE « LA COUPE À QUÉBEC: LES BULLDOGS ET LA NAISSANCE DU HOCKEY », PUBLIÉ CHEZ LES ÉDITIONS SYLVAIN HARVEY, EN COLLABORATION AVEC LA COMMISSION DE LA CAPITALE NATIONALE ET LA VILLE DE QUÉBEC.

1913 avec les directeurs
Rare photo de l’édition gagnante de la Coupe Stanley 1912-13, avec la direction et les joueurs substituts. Source: Ville de Québec.

L’aréna réclamé au printemps n’est pas encore réalité. Faute de mieux, le vieux Skating Rink de la Grande Allée sera encore une fois remodelé par l’intérieur. De nouveaux balcons pourront accueillir 400 spectateurs. On est loin des rénovations prévues, jugées trop onéreuses par le club de patinage. De plus, la Commission des champs de bataille nationaux qui prévoit acheter le terrain pour en faire une porte d’accès aux plaines d’Abraham n’entend pas investir dans cet édifice. Ces gradins sont nécessaires, selon Quinn, directeur-gérant du Quebec Hockey Club. Les profits de 1500 $ en 1912 ont été réalisés grâce aux 2500 $ engendrés par la présentation des deux matchs de la coupe Stanley. Par ailleurs, les 6000 $ investis en salaires en 1912 passeront à 9000 $ en 1913 pour garder la famille intacte. Trois joueurs de l’extérieur, Jack Marks, Eddie Oatman et Goldie Prodger, ont passé une partie de l’été dans la ville avec les Automatics, le club de baseball de l’armurier Ross pour lequel ils ont aussi travaillé.

Des vautours sur la ville

Les succès du club en 1912 attisent évidemment la convoitise des autres ligues majeures de hockey, la PCHA des frères Patrick en particulier. Le 15 octobre, Lester Patrick et Jimmy Gardiner sont à Québec pour attirer Joe Malone, Eddie Oatman et Goldie Prodger avec de gros contrats, sans succès. Selon le Quebec Chronicle, « Patrick et Gardiner ont quitté Québec bredouilles hier soir, les membres de notre club sont trop honorables pour briser leur entente. » Quinn ne prend toutefois pas les choses à la légère et s’entend rapidement avec les sept joueurs principaux du club. Il dépose les contrats signés à la rencontre de la NHA qui se tient le 26 octobre 1912 au Château Frontenac.

Hélas, rien n’est si simple ! La PCHA est furieuse contre la NHA et Sam Lichtenhein, propriétaire des Wanderers, qui vient de faire signer un contrat à Harry Hyland, le meilleur buteur de la PCHA, déjà sous contrat dans l’Ouest. Il n’en fallait pas plus pour Frank Patrick qui déclare la guerre à la NHA. Un télégramme du 16 novembre adressé à Joe Malone précise le plan de Frank Patrick. « Puisque la NHA a brisé son entente avec nous », ce dernier offre des contrats à tous les joueurs réguliers du Quebec Hockey Club. Son objectif consiste à détruire le club détenteur de la coupe Stanley et à fragiliser ainsi la NHA. Les six joueurs convoités ont déjà en poche une entente de 1500 $, mais la PCHA offre 2200 $ à Malone, à Oatman et à Prodger, et 1800 $ à McDonald, à Moran et à Hall.

contract vancouverLes offres de Patrick seront bonifiées au point de séduire la moitié du groupe. Oatman et Prodger acceptent de renier leur entente avec le Quebec Hockey Club pour 2500 $, tandis que Jack McDonald accepte les 2000 $ proposés. Le 21 novembre, une importante foule est rassemblée à la gare pour dire adieu à Oatman et à Prodger. Ce dernier se confond en excuses et réitère son immense respect pour Quinn et l’équipe de Québec qui lui a offert sa première chance. Ses amis, fort nombreux, le supplient de rester, mais selon les journaux, il aurait donné sa parole à son coéquipier Oatman dont on regrette moins le départ, l’accusant d’avoir orchestré l’évasion. Une fois à Vancouver, les trois joueurs sont dispersés dans les trois clubs de la PCHA. L’objectif des frères Patrick est partiellement atteint, mais le coeur et l’âme de l’équipe de Québec demeurent intacts. Joe Malone, Paddy Moran et Joe Hall restent fidèles et feront en sorte que le Quebec Hockey Club demeure champion encore une fois.

Une reconstruction signée Quinn et Malone

Le lendemain du « raid », Mike J. Quinn et son capitaine Joe Malone sont en route pour l’assemblée générale de la NHA à Toronto, ironiquement accompagnés par Jack McDonald à bord du train. Le gérant et le capitaine du Quebec Hockey Club profitent du voyage pour reconstruire l’équipe et essuient les refus de plusieurs joueurs amateurs dont quelques Canadiens français de la région d’Ottawa comme Jack Fournier, Steph « Coo » Dion et Eddie Gérard. Ce dernier deviendra joueur professionnel l’année suivante et connaîtra une belle carrière. Il sera élu au Temple de la renommée du hockey en 1945.

Finalement, Québec met le grappin sur le prolifique buteur Tommy Smith, auteur de 53 buts avec Moncton en 1912, leur meilleur joueur au challenge de la coupe Stanley à Québec. Dans sa dernière ligne droite, Quinn réussit un autre tour de force, celui de dénicher deux joueurs aussi talentueux qu’inconnus : Harry Mummery, un gros défenseur de 100 kg (220 lb), et Russell « Rusty » Crawford, un ailier qui évolue à Saskatoon. Le premier jouera onze ans dans la NHA/NHL et le second sera élu membre du Temple de la renommée en 1963. Comme repêchage de dernière minute, on a rarement vu mieux.

Malone lance une saison exceptionnelle

Carte de Joe Malone, Topps, 1961.
Carte de Joe Malone, Topps, 1961. Elle est signée par son fils.

Avec quatre nouveaux joueurs, le club rapiécé surprend tout le monde avec une victoire convaincante de 7-3 sur les Sénateurs d’Ottawa le 28 décembre, pour ouvrir la saison 1912-1913. Ces derniers avaient pris les commandes de la rencontre 3-2 en deuxième période, mais Joe Malone a inscrit 2 buts en 30 secondes pour ne plus regarder derrière. Avec ses trois buts, ce dernier est qualifié de « probable meilleur attaquant de la ligue » par le Chronicle. Le 11 janvier 1913, le Quebec Hockey Club reçoit le Canadien et accueille 4000 spectateurs. Selon L’Action Sociale, « la foule se pressait si nombreuse dans les places à 0,25 $ qu’une cloison construite cette année pour fermer au public l’entrée des chambres des clubs a été démolie sous la poussée des spectateurs ». Le premier ministre du Québec Sir Lomer Gouin, dans les loges à 1,50 $, est témoin d’une victoire de 5-4 et d’un match qui nourrira la légende de Joe Hall. Au cours d’une attaque en première période, Hall se rue sur Vézina avec tant de force qu’il brise la barre de fer qui soutient le filet. Il retrouve plus tard son « ami » Newsy Lalonde et les deux joueurs passent la première période à se quereller. Hall conclut une dispute par un coup qui blesse Lalonde à la tête. Plus tard en deuxième, l’arbitre Tom Melville punit Hall de nouveau, sans raison apparente cette fois. Hall l’invective, lui donne un coup de patin et incite les amateurs à s’en prendre à lui. Chassé de la rencontre, « Bad Joe » est suspendu une semaine par la NHA et reçoit une amende de 100 $. Le Quebec Hockey Club perd trois des quatre matchs suivants, séquence qui prend fin avec la plus imposante défaite de la saison, le 22 janvier. Harry Hyland, le joueur étoile que les Wanderers ont « volé » à la PCHA, compte huit buts au Skating Rink de Québec et aide son club à l’emporter 10-6. Québec a maintenant cinq victoires et quatre défaites, et occupe le deuxième rang derrière le Canadien. Commence alors une séquence victorieuse sans précédent dans l’histoire du club.

Le hockey à sept pour une dernière fois

Le 29 janvier à Ottawa, Tommy Smith prédit que les Sénateurs « se coucheront » devant eux, ce qu’ils ont d’ailleurs fait, puisqu’ils ont été défaits 5-3. C’est en principe le dernier match de la saison à six contre six, puisqu’à la demande des clubs Ottawa et Tecumsehs, la NHA revient à la combinaison traditionnelle à sept joueurs pour la seconde moitié de la saison. La semaine suivante, le Ottawa Journal prédit que, cette fois, les joueurs québécois n’auront pas autant de plaisir dans la capitale fédérale. Selon l’article qui cite un joueur anonyme, Ottawa cherchera la bagarre contre Québec. Le Quebec Hockey Club domine finalement tous les aspects du jeu, même les moins sportifs, et l’emporte 4-1. On raconte que Joe Malone passe son temps à s’arrêter au banc et à rigoler avec le gérant Mike J. Quinn. Désabusés, des spectateurs sollicitent un peu de fierté et demandent à leurs favoris de s’en prendre à « Bad Joe » Hall : « Get Hall ! Get Hall ! » Exaspéré, le vétéran défenseur y va d’une réaction passée depuis à l’histoire. Voici comment le Montreal Gazette décrit la scène. « Hall, en possession de la rondelle, a patiné jusque dans sa zone, du côté est de l’aréna. Il s’est arrêté, a mis une main sur le côté de son visage et s’est mis à crier aux spectateurs : “Pourquoi ne pas descendre sur la glace et vous en prendre à Hall vous-même ?” » Aucun amateur n’accepte l’invitation. Le reste de la période se passe en zone des Sénateurs, ce qui permet au gardien Moran de poursuivre la discussion avec les spectateurs… Le lendemain, le club Ottawa, le seul maintenant à tenir farouchement au hockey traditionnel à sept joueurs, accepte finalement de se joindre aux amateurs et autres clubs de la NHA qui réclament le hockey plus ouvert et rapide dont ils ont été témoins depuis deux ans. Québec a gagné une autre bataille.

Les Bulldogs de Joe Hall

1910 février 1913, Ottawa Citizen
10 février 1913, Ottawa Citizen

Le surnom des « Bulldogs » de Québec revient probablement au journaliste Tommy Gorman de l’Ottawa Citizen, comme on peut lire pour la toute première fois en page 8 de l’édition du 10 février 1913. C’est le titre associé à une victoire de 4-1 à Ottawa : « Les “Bulldogs” de Québec triplent le pointage et s’agrippent fermement à la coupe Stanley ». Les premières lignes du texte expliquent le lien. « Les Bulldogs de Joe Hall, surnom utilisé fréquemment par la confrérie des joueurs, n’ont pas eu trop de difficulté à s’approcher de la coupe Stanley lorsqu’ils ont rencontré et battu Ottawa par la marque de 4 à 1. » Comme pour expliquer cette image, le journaliste compare Québec et le Canadien, ce dernier rudoyé dans la défaite de 2-1 la semaine précédente. « Contrairement aux Canadiens, ils ont refusé d’abdiquer. » Une portion de l’article est reprise dans le Calgary Daily Herald de cette façon. Le Toronto World écrit « Bulldogs » dans un seul mot. Enfin, le Quebec Chronicle emploie aussi « Joe Hall’s Bulldogs », tout comme le Citizen le lendemain et durant plusieurs jours. Le 18 février, dans une pleine page remplie de photos des joueurs, le Quebec Chronicle ose enfin : « Les Bulldogs de Québec s’agrippent avec détermination à la coupe Stanley. » Il revient plus timidement le 28 avec l’expression « Joe Malone’s Bulldogs ». L’utilisation systématique du sobriquet se propage définitivement à l’automne 1913 et dans les journaux francophones en 1915. Contrairement à ce que prétendent plusieurs écrits, l’origine du surnom ne date donc pas des premiers pas du Quebec Hockey Club. Aucune mention n’a été trouvée au fil des 35 premières années. Le Chronicle le confirme en quelque sorte le 11 février 1916 : « […] le Club a été surnommé “Bulldogs” il y a quelques années pour ses qualités de combattants et de finisseurs. Il ne mérite pas cette appellation cette saison. » Le surnom revient donc au courage et au sang-froid de ce club, inspiré par son leader, le dur à cuire Joe Hall, probable propriétaire de Togo, le bulldog en vedette sur la photo du club gagnant d’une autre coupe Stanley.

Deuxième conquête de la coupe Stanley

Obrien-Quebec
Les inscriptions du Quebec Hockey Club sur le trophée O’Brien, symbole du championnat de la NHA.

Il reste deux semaines au calendrier régulier, et le Quebec Hockey Club s’assure du premier rang de la NHA et de la coupe Stanley grâce à une victoire de 7-6 sur le Canadien, à Montréal, le 22 février. À l’image de la saison, Québec revient de l’arrière. Malone compte ses deuxième et troisième buts du match pour transformer le retard en victoire. Avec trois rencontres à disputer et le championnat en poche, les Bulldogs gardent le cap sur une saison de rêve. En bout de piste, Hall et Malone alignent onze victoires de suite pour une fiche incroyable de seize victoires et quatre défaites, six victoires devant les « invincibles » Wanderers. Joe Malone remporte son premier championnat des compteurs avec 43 buts en 20 matchs. Profitant des qualités de passeurs exceptionnelles, son ailier Tommy Smith le suit de près avec 39 buts pour le deuxième rang de la NHA. Paddy Moran quant à lui termine au premier rang chez les gardiens réguliers, devant Georges Vézina.

Les Millionaires en ville

La MaPHL obtient le droit d’affronter les détenteurs de la coupe Stanley. Malheureusement, mis à part le défenseur « Cap » McDonald, la nouvelle formation de Sydney est remplie d’inconnus au talent douteux. Selon certains écrits, les Sydney Millionaires ont gagné leur championnat grâce à du jeu intimidant. Même si les coupes Stanley et O’Brien sont de nouveau présentées dans une vitrine décorée aux couleurs du club chez Holt Renfrew, la frénésie n’est pas la même qu’à pareille date l’année précédente. Pour ce premier match le 8 mars, une assez bonne foule se rend au Quebec Skating Rink. Comme les Millionaires possèdent des uniformes similaires à ceux de Québec, ils portent ceux du Emmet, club senior de la ligue municipale. Ils auraient peut-être dû aussi aligner leurs meilleurs joueurs. Dans une victoire de 14-3, Joe Malone connaît le festival offensif de sa carrière. Il met la table avec deux buts en première période, puis explose avec cinq buts en deuxième. Le match étant hors de portée pour les Millionaires, Québec remplace les joueurs étoiles Joe Hall et Tommy Smith par Billy Creighton et Jeff Malone (le frère de Joe), deux substituts qui n’ont pas joué plus de 40 minutes cette saison. Joe Malone ajoute tout de même deux buts en troisième période, pour un total de neuf buts dans la partie. L’historien Charles Coleman avance que Malone visait le record de quatorze buts dans une partie de la coupe Stanley établi par Frank McGee en 1905 contre le club de Dawson City, sans doute la plus faible formation à avoir obtenu le droit de disputer le trophée. Si le record avait été l’objectif de « Gentlemen Joe » Malone, Smith et Hall seraient certainement demeurés dans le match. Avec onze points d’avance dans cette série au total des buts, le grippé Joe Malone prend congé pour le dernier match, le 10 mars 1913. Smith, peu réputé pour son ardeur au travail, remplace Malone au centre, semble faire peu de cas de ses adversaires et n’effectue aucun repli défensif. Dans un match sans enjeu, la plus petite foule de la saison est témoin d’une victoire de 6-2. Afin de mettre un peu de piquant en fin de match, le gardien Paddy Moran s’élance avec la rondelle et rate le but de peu. Le fait saillant de la rencontre se déroule entre les périodes. On honore l’architecte de cette formidable équipe, le gérant Mike J. Quinn. Au premier entracte, on lui remet une bourse de 550 $, fruit d’une souscription publique lancée depuis quelques semaines. Avant la troisième période, c’est au tour des joueurs de lui offrir un superbe loquet en or. Le Quebec Hockey Club est encore détenteur de la coupe Stanley, mais sa saison est loin d’être terminée.

New York, New York

À peine champions, les Bulldogs prennent de nouveau le train pour y jouer le tournoi annuel de New York, disputé au Saint Nicholas Rink et doté d’une bourse de 2500 $. Cette fois, le club affronte directement les Wanderers en finale. Ces derniers ont remporté leurs deux matchs contre le club Ottawa et attendent Québec patiemment. Après quatre jours de repos, ils inscrivent six buts en première période, infligeant une défaite de 9-5 à Québec, une première depuis le 25 janvier. Joe Malone, toujours affaibli par la grippe, quitte la rencontre après la première période. Le deuxième match disputé le 15 mars est remporté 5-3 par Québec, qui perd toutefois la série 12-10 au total des buts. Cette rencontre est si violente que le New York Times avance que les « clubs canadiens repartent à la maison avec un record d’yeux au beurre noir, de lacérations à la tête et de côtes fracturées, du jamais vu ici ». Le gardien Albert Cadotte des Wanderers est assommé dans une mêlée générale et termine la rencontre dans le vestiaire, encore inconscient. Ce sera son dernier match en carrière chez les professionnels. La partie s’est jouée dans un épais brouillard en raison d’une glace ramollie par le temps doux. On dit même qu’Art Ross a compté un but du centre de la patinoire, rondelle que n’a jamais vue Moran. Enfin, l’article du New York Times décrit les prouesses de Joe Malone, auteur des cinq buts de son équipe. Le récit du journaliste est peut-être à l’origine de son surnom le plus connu : « Phantom Joe ». « Joe Malone était rapide comme l’éclair. Il glissait sur la glace comme un fantôme dans un épais brouillard. Son spectre semblait surgir devant chaque adversaire auquel il soutirait toujours la rondelle. »

Une « série mondiale » de hockey

Depuis deux ans, la PCHA demande d’affronter les champions de la coupe Stanley. Québec s’est toujours dit favorable à cet affrontement, mais à la condition de jouer ses matchs à la maison, comme le veulent la tradition et son privilège. En septembre 1912, le Quebec Hockey Club invite New Westminster, club champion de la PCHA en 1911-1912, à l’affronter en décembre, se disant même disposé à s’entraîner sur la glace artificielle du Saint Nicholas Rink de New York pour s’y préparer. Pas une semaine ne passe sans que les journaux relatent les débats entre Lester Patrick d’une part et Mike J. Quinn de l’autre. La PCHA ne veut pas jouer à Québec, et le Skating Rink est trop petit pour rentabiliser le voyage. Patrick propose de
jouer la série à Toronto, en territoire neutre, ce que refuse encore Québec, par respect pour ses partisans. « Défendre la coupe Stanley à l’extérieur de la ville conquérante tuerait le hockey », affirme Quinn. Il est aussi possible que ce dernier n’entende pas accorder de faveur à la PCHA, « voleur » de cinq de ses joueurs depuis 1911. Comme les commissaires de la coupe Stanley n’ont pas le pouvoir de forcer l’équipe championne à jouer ailleurs que chez elle, c’est l’impasse. Le trophée ne sera pas à l’enjeu cette année-là. Lester Patrick tient tout de même à prouver au pays que ses champions peuvent rivaliser avec le Quebec Hockey Club. Il leur offre ainsi 3000 $ pour venir jouer une série de trois rencontres contre les Victoria Aristocrats, champions de la PCHA. Il dit s’inspirer des séries mondiales au baseball qui opposent annuellement les champions des deux ligues majeures. Sans coupe Stanley en jeu, Québec accepte l’offre.

Un looooooong voyage

Remarquez le chandail bleu avec l’écusson qui semble dire "Quebec Hockey Club, Champion NHA 1912-12"
Pause devant un train, en route pour Victoria. Remarquez le chandail bleu avec l’écusson qui semble dire « Quebec Hockey Club, Champion NHA 1912-13 ». J’ai coloré cette photo de la collection de Joe Malone jr.

Toujours à New York le 15 mars, le Quebec Hockey Club se dirige d’abord à Montréal et poursuit sa route pour le long voyage de près de 6000 km vers l’île de Vancouver. Il s’arrête à Brandon, au Manitoba, le 19 mars, pour un entraînement qui attire beaucoup d’amateurs venus voir trois des leurs : Hall, Mummery et Creighton. L’équipe arrive à Victoria le 22 mars et profite d’un entraînement au Victoria Arena, patinoire de 3500 sièges construite en 1911 au coût de 110 000 $ et dotée d’une surface artificielle. La série décrite par erreur par plusieurs journaux de l’époque comme celle de la coupe Stanley débute le 24 mars. Québec retrouve chez les Aristocrats deux anciens joueurs : le défenseur Goldie Prodger et le centre Tommy Dunderdale, champion compteur de la PCHA. Les règles de la PCHA s’appliquent dans ce premier match. Le hockey se joue encore à sept. Les punitions ne correspondent pas à des amendes comme dans la NHA, mais plutôt à des sentences chronométrées que doivent purger les joueurs fautifs sur le banc des punitions. Près de 5000 spectateurs voient leurs favoris remporter le premier match 7-5. L’arbitre de Victoria Joe Gorman est le « héros » de cette rencontre, alors qu’il refuse un but à Québec. Il punit par la suite Hall et Crawford. Privé de ses joueurs, le Quebec Hockey Club accorde trois buts. « Plusieurs lettres ont été envoyées aux journaux de Victoria dénonçant le traitement injuste qu’on avait infligé au Québec », racontera plus tard Mike J. Quinn à L’Action sociale. Le second match, disputé le 27 mars selon les règles de la NHA, est arbitré par le Wanderer Art Ross. Québec profite de l’inexpérience de Victoria à ce style de jeu. Les Bulldogs l’emportent 6-3, malgré une foule hostile à leur endroit. Voyant l’avantage que procurent les règlements particuliers, Mike J. Quinn et Lester Patrick s’entendent pour scinder en deux le match décisif du 29 mars. Le sort a favorisé les règles de la NHA en première moitié, mais Victoria mène tout de même cette portion du match 2-0. Les Aristocrats de Victoria l’emportent 6-1 pour enlever les honneurs de la série. Québec qui, contrairement aux autres clubs, a fait de très rares permutations de joueurs au cours de la saison, a paru vraiment à bout de souffle. Malone est méconnaissable, ayant puisé dans toutes ses ressources pour jouer le dernier match. Sur les rails depuis près de trois semaines, les joueurs de Québec ont affronté une équipe bien reposée, chez elle, et bien soutenue par de chauvins partisans.

Les Patrick gagnent leur pari. Dès la saison suivante, seuls l’Est et l’Ouest du pays, représentés par leurs meilleures ligues respectives, vont concourir pour la coupe Stanley. Comme si ce n’était pas assez, le Quebec Hockey Club termine son long périple en affrontant deux équipes d’étoiles. D’abord celle des meilleurs joueurs de Vancouver et de New Westminster, dont les « déserteurs » Oatman et McDonald font partie, qui l’emporte 9-3 à Vancouver. Puis, sur le chemin du retour, le 2 avril à Calgary, Québec affronte l’équipe d’étoiles de la NHA d’Art Ross qui a aussi fait le voyage. Privé de Joe Hall demeuré à Vancouver, Joe Malone offre à Carl Kendall, un Québécois des Millionaires de Vancouver qui revient chez lui, la chance de jouer au centre. Ce dernier compte trois buts. Joe Malone, évoluant pour une rare fois à l’aile, enregistre quatre buts dans une victoire de 9-8. Au fil des derniers kilomètres, le Quebec Hockey Club se déleste de presque tous ses membres. Le 7 avril à 18 h 30, les frères Jeff et Joe Malone sont les seuls joueurs de l’équipe à débarquer à la gare de Québec. Le capitaine Joe Malone aura compté 65 buts en 28 parties durant l’hiver, sa meilleure saison en carrière. « Le meilleur centre au monde » a dans ses bagages une nouvelle offre de Lester Patrick qui l’invite cette fois à choisir les conditions monétaires de l’entente. Malone décline l’offre, la ville de Québec étant en voie d’obtenir enfin son premier aréna conçu pour le hockey.

7 buts pour Joe Malone, un record de la LNH qui tient toujours.


Sept buts pour l’imbattable Malone

(extrait du livre « La Coupe à Québec« )

C’est le soir le plus sibérien de l’hiver 1920. Le mercure atteint -33 °C. Comme la glace est naturelle, il fait aussi très froid à l’intérieur de l’Aréna. Le club Saint-Patrick de Toronto, troisième au classement, est en ville pour le dernier match de la première moitié de saison. Blâmant la température, les journaux évoquent « la présence d’un maximum de 1200 spectateurs, la plus petite foule de la saison ». Ces braves sont témoins d’un spectacle signé « Phantom » Malone qui passe à l’histoire.

Sommaire du match de sept buts de Joe Malone. La Patrie, 2 février 1920
Sommaire du match de sept buts de Joe Malone. La Patrie, 2 février 1920

Joe Malone compte le premier but du match sur une échappée, puis se fait refuser un but à la fin de la première période. Il donne le ton à sa prestation magique avec les trois buts de son équipe en deuxième période. Les Bulldogs mènent alors 6-4. Le Saint-Patrick, qui a le luxe d’avoir un gardien auxiliaire, remplace Mitchell par Lockhart en troisième période. Après avoir vu Toronto ramener le pointage 7-6, Joe Malone complète son irrésistible poussée. Il compte 3 autres buts dans les 10 dernières minutes du match, le dernier avec 45 secondes à faire. Son équipe remporte la partie 10-6. Malone enregistre sept buts importants dans une cause gagnante par des conditions climatiques épouvantables. On raconte en effet que Corbett Denneny de Toronto a subi une grave engelure à une main. L’Événement décrit l’exploit du fantôme.

 « Joe Malone a joué une de ses parties d’autrefois et a à lui seul compté sept points dans la soirée. Joe était en verve et chaque fois qu’il a eu la chance de trouver un point faible dans la muraille torontoise, il lançait avec une rapidité étonnante […] ».

Le record est toutefois peu souligné par le Chronicle qui se contente d’annoncer une « performance individuelle inégalée cette saison ». En fait, il s’agit d’un nouveau record de la LNH dont la récente histoire ne compte que 80 matchs en saison régulière. Depuis, plus de 50 000 matchs ont eu lieu sans qu’un autre joueur ne répète l’exploit du 31 janvier 1920.

Le dernier joueur a être passé à un but d’égaler ce record est Darryl Sittler avec les Leafs,  le 7 février 1976.  À voir la liste de tous les joueurs qui ont compté au moins 5 buts dans la LNH.

Joyeux Noël !


Bulldogs carte de noel

À l’aube de la meilleure saison de l’histoire des Bulldogs de Québec, l’organisation, les joueurs et « son parrain » vous souhaite de joyeuses fêtes ! Cliquez ici pour une carte bien spéciale, gracieuseté de la Commission des Champs de Bataille Nationaux !

Les Bulldogs racontés à Gilles Parent


Beaucoup de plaisir à jaser avec Gilles, un autre gars de Loretteville, que je connais comme vous, grâce à sa longue carrière !

En entrevue au FM93, le 13 novembre. Dans la photo: moi, Nico, Dan Pou et Gilles. De toute les entrevues accordées, c’est celle que j’appréhendais le plus. Je ne voulais pas le décevoir ! Gilles, c’est ma vie d’auditeur de radio, depuis le Zoo, la Jungle, son passage à CHOI et aujourd’hui. L’entrevue qu’il accorde à Robert Lepage il y a + ou – 5 ans, d’une durée d’une heure sans pause m’avait agréablement marqué.

Première réunion en français de la Société internationale de recherche sur le hockey (SIRH)


Voici une première et tout le monde est invité !

Montréal, le 15 novembre 2012 – La Société internationale de recherche sur le hockey (SIRH) est heureuse d’annoncer la tenue de sa première rencontre locale au Québec, le samedi 24 novembre prochain à Montréal. De telles rencontres ont lieu depuis plusieurs années à Toronto, avec beaucoup de succès. La Société comptant désormais plus de 50 membres au Québec, elle estime que le temps est venu d’organiser cette première rencontre locale et c’est à Montréal, où elle compte le plus de membres, qu’elle aura lieu. Venez nombreux et invitez vos amis qui s’intéressent à l’histoire du hockey! Le succès de cette rencontre assurera la tenue d’événements semblables à l’avenir.

Note to English-speaking SIHR members: This e-mail is an invitation to participate in a local gathering of SIHR members in Montreal, like it has been done in Toronto for several years. There will be guest speakers Léo Bourgault and Marc Durand, as well as the presentation of at least three research papers. All SIHR members and guests are encouraged to attend; however, please note that the presentations will be in French.

Pour cette première rencontre, la Société a invité l’un de ses plus prestigieux membres, Léo Bourgault, à présenter ses diverses réalisations dans le monde du hockey. Fils du défenseur du même nom qui a évolué dans la LNH de 1926 à 1935, Léo Bourgault s’est particulièrement illustré dans la Ligue Dépression, où il a récolté 251 buts et 388 passes en 20 saisons. Il a également joué pour le Rouge et Or de l’Université Laval et dans plusieurs pays européens. Mais surtout, il est à l’origine du concept des patinoires intérieures de style «club», mieux connues sous le nom de «Complexe les 4 glaces».

La Société a également invité un autre de ses membres, Marc Durand, à présenter son tout nouveau livre intitulé «La Coupe à Québec – Les Bulldogs et la naissance du hockey». Journaliste télé affecté à la couverture sportive depuis plus de 20 ans, Marc Durand est passionné de hockey depuis sa plus tendre enfance. Cette insatiable soif d’en savoir plus l’a amené plus tard à effectuer des recherches sur l’histoire du hockey à Québec et «La Coupe à Québec» est son premier ouvrage. Des exemplaires du livre seront disponibles auprès de l’auteur à la fin de la rencontre, au coût de 30$.

En plus de ces invités, des membres de la Société profiteront de l’occasion pour présenter certains de leurs travaux de recherche sur le hockey. C’est le cas de Jean-Patrice Martel, qui offrira une présentation intitulée «Le premier championnat mondial de hockey sur glace en sol canadien: Montréal – Winnipeg, 1970». Pour sa part, Mathieu Boivin-Chouinard nous proposera une présentation qui a pour titre «Le hockey comme instrument de la guerre froide: la perspective soviétique». Par ailleurs, à l’occasion du 40e anniversaire de la création de l’Association mondiale de hockey (AMH), Benoît Clairoux présentera son travail de recherche intitulé «AMH vs LNH: les rencontres pré-saison de 1974, 1976, 1977 et 1978». Du temps reste disponible pour d’autres présentations de recherche. Les membres intéressés doivent contacter Benoît Clairoux à l’adresse benoit.clairoux@videotron.ca pour réserver leur plage horaire.

C’est donc un rendez-vous le samedi 24 novembre 2012, à compter de 15h, à la salle 202 – Monet-Chartrand du Centre Saint-Pierre (1212, rue Panet, Montréal, à quelques pas de la station de métro Beaudry). La salle sera disponible à compter de 14h pour les membres qui souhaitent discuter avant le début de la rencontre. Une contribution de 5$ sera demandée aux personnes présentes afin d’amortir le prix de location de la salle. Les participants qui le désirent pourront aller souper en groupe à la conclusion de la rencontre, vers 17h30. Il n’est pas obligatoire de s’inscrire à l’avance, mais vous êtes invités à laisser un court message si vous comptez être des nôtres; pour ce faire ou pour tout autre renseignement, veuillez contacter Benoît Clairoux à l’adresse ci-dessus ou au 514 678-2873.

La Coupe à Québec au Salon du livre de Montréal vendredi.


Je m’en vais chez l’ennemi ? Pas vraiment. Même que le Club Canadien et le Club Québec étaient plutôt en bon terme. C’est vrai que Newsy Lalonde et Joe Hall ne s’aimaient pas, alors disons que la rivalité était sur la glace, pas des les journaux. M’en vais juste leur prouver que Québec a gagné avant le Canadien 🙂

Donc vendredi le 16, je serai au Salon du livre de Montréal de 16h à 17h et de 18h à 20h dans le kiosque d’Ulysse, emplacement 453.

Je vous invite à feuilleter quelques pages du livre ici.

Mise en jeu protocolaire avec plusieurs personnalités. Joe Malone fils porte le chandail de l’édition 1913. Je suis derrière Jacques Demers avec celui de 1912. Photo Les Remparts/Jonathan Roy

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Joe Malone fils à Québec


Le Soleil, présent à Québec comme il y a 100 ans a consacré beaucoup de place à Joe Malone, le fils cette fois, dans le cadre de sa participation au lancement du livre « La Coupe à Québec: les Bulldogs et la naissance du hockey ».  Je vous invite à lire ces articles.

Article sur la Place Joe-Malone.

Opinion de Joe Malone fils sur le livre.

«C’est un bien beau livre et je suis heureux que quelqu’un ait pensé raconter l’histoire des Bulldogs. Ça a commencé l’an passé avec le 100e anniversaire de la Coupe Stanley à Québec. C’est agréable de voir qu’on recommence à s’intéresser à cette partie de l’histoire du hockey.» Tel sont les mots de Joe Malone fils au confrère Ian Bussières du Soleil, livre en main, accompagné de plusieurs membres de sa famille dont son épouse Rita et son fils Brian, au fond. Photo: Le Soleil/Patrice Laroche.

 

 

Article sur « La Coupe à Québec » dans Les Grands Hebdos


Une belle rencontre avec Denis Fortin, un grand journaliste, beaucoup plus grand que moi !

Joe Malone et moi, avant les cérémonies d’avant-match des Remparts de Québec.

NB: Denis écrit que les joueurs pouvaient gagner plus de 5000$ en 1910. Jje parle trop vite ou je me suis emporté, c’est surement de ma faute. En fait, un seul joueur a fait ce salaire cette année là en hockey professionnel, Fred Taylor des « Millionnaires » de Renfrew et c’est pas pour rien qu’ils ont hérité de ce surnom. Ils ont offert plus de 22 000 $ en salaire cette saison là à leur sept joueurs, devenant la première véritable équipe de hockey à tenter de s’acheter la Coupe Stanley, sans succès.

Selon mes recherches, aucun joueur de Québec n’a fait plus de 2000 $ en une saison. Vous lirez par contre qu’on a offert 3000$ à Didier Pitre en 1912, mais c’était dans une combine avec le Canadien qui n’a pas obtenu l’accord de l’ANH.

Pour lire l’article, passez par ici !

Quelques photos du lancement du livre « La Coupe à Québec » au Colisée Pepsi.


Quelle journée ! Lancement du livre, signatures, présence au centre de la patinoire en compagnie des Anciens Combattants, des dignitaires et par dessus tout, Joe Malone jr ! Un gros merci aux Remparts pour l’accueil. J’aurai d’autres photos et plus de détails bientôt. Merci à mon père pour celles-ci !

J’accompagne Joe Malone fils au centre de la glace du Colisée. Il porte le chandail de 1913 alors que je suis aux couleurs de celui de 1912. Le fils du fantôme y était pour la première fois depuis 1991, alors présent pour hisser la bannière de son père et du club Québec. Enfin, le grand Joe Malone y a été présenté le 30 mars 1952 pour souligner son intronisation au Temple de la renommée du hockey. 60 ans séparent ces événements.
Séance d’autographe en compagnie de Joe Malone fils. Merci aux nombreux acheteurs !

En compagnie du Sénateur Jacques Demers, pas un de ses joueurs que les Bulldogs aimaient détester 😉