Québec se souvient de Joe Malone


1951 publicité avec Joe Malone

publicité de Molson concernant Joe Malone, nouvellement intronisé au Temple de la renommée du Hockey. Programme du Colisée, 1951-52. Sa nomination sera reconnue le 31 mars 1952, lors d’un match des As. Jean Béliveau est présent.

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4 conférences le 14 janvier prochain


Une première pour la nouvelle Société d’histoire du sport de la capitale nationale dont j’ai l’honneur de présider : une journée conférence avec 4 thèmes :

  • Les « Bulldogs« , une conférence dynamique avec vidéo et quelques primeurs;
  • le baseball à travers l’histoire du Stade municipal de Québec avec Daniel Papillon;
  • une discussion avec le grand Maurice Filion (Remparts, Nordiques et Rouge et Or football)
  • une table ronde digne de la « Ligue du Vieux Poêle » avec Maurice Dumas, Réal Labbé et Gérard Potvin sur les sports et les athlètes qui ont marqué la grande région.

Aussi, cet événement réuni plusieurs collectionneurs et exposants spécialisés en sport. Une belle occasion de vendre, échanger ou faire évaluer vos objets précieux !

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Souvenirs du passé


photoscanbrliveauPhoto extraite d’un cahier souvenir dédié à Jean Béliveau, publié par Robert Desjardins en 1964. On y retrouve Jean de dos, au Colisée, discutant avec son ami Émile Couture de la Brasserie Molson. Au mur, la fameuse photo géante de Joe Malone et la plaque que la Ville a retrouvé puis restauré il y a quelques années. Elle est aujourd’hui perdue dans un couloir sans intérêt du Pavillon de la Jeunesse.

La question refait surface: Qu’est-il arrivé à la grande photo ?

Et tant qu’à y être, qu’est-ce que représente le cadre sur fond blanc derrière la tête du Gros Bill ?

La rue Joe-Malone


La rue Claude-Jutra disparaitra.

RUE JOE-MALONE

Joe-Malone ? J’aimerais avoir les arguments pour convaincre le Comité de toponymie et le  Comité de commémoration de la Ville.

Très peu d’athlètes ont reçu cet honneur à Québec.

Joe Malone était un homme bon. Il avait pour surnom « Gentleman Joe ». Il a été un capitaine aimé, adulé. Ses adversaires le respectait. Jusqu’à sa mort, on avait que des éloges à son égard, pour son style de jeu et sa personnalité. Il était, toute sa vie durant, un ambassadeur extraordinaire pour Québec.

En voici quelques lignes.

Joe Malone est né à Sillery en 1890 d’une famille qui illustre bien la réalité de l’époque : d’une maman nommé Marie-Louise Rochon et d’un papa mesureur de bois nommé Maurice Joseph Malone, Joe est franco-irlandais.

Vers 1904, Joe Malone et sa famille ont emménagé au 7, rue Racine à Québec, aujourd’hui le 734, rue Philippe-Dorval. Un épigraphe honore d’ailleurs sa mémoire sur ce bâtiment. Plus près du Quebec Skating Rink, mais aussi plus près de l’armurier Ross. C’est là qu’il gagnera d’abord sa vie, dès l’âge de 15 ans, en 1905 jusqu’à la fermeture de l’usine au printemps 1917.

Joe Malone a joué son hockey amateur et professionnel à Québec et l’aurait fait toute sa vie, n’eut été des multiples forfaits de son équipe, le Québec Hockey Club. En 1912, il refuse même un chèque en blanc de Lester Patrick à Vancouver qui aurait pu en faire le joueur le mieux payé au monde.

Joe Malone a été capitaine du Québec Hockey Club dès l’âge de 21 ans. Il les a mené à la conquête de deux Coupes Stanley. Il jouera 9 saisons complètes avec les « Bulldogs ».

Il prend pour épouse Mathilda Power (fille de Michael et Joséphine St-Hilaire) en 1916, en l’église St-Patrick. Leur premier enfant, Bernice Joséphine, est née à Québec en 1917.

En 1917, les Bulldogs en sabbatique et l’usine Ross Rifle fermée, il devient un joueur du Club de hockey Canadien de Montréal. Au centre de Newsy Lalonde et Dider Pitre, il établi une saison record de 44 buts en 20 parties jouées, pour une moyenne de 2,2 buts par match, une marque qui tient toujours.

Contre toute attente, il revient vivre à Québec la saison suivante afin de participer à la relance de l’usine Ross qui deviendra la North American Arms Co. Il s’entrainera à Québec la semaine et ne jouera que les samedis avec le Canadien, le tout premier et dernier joueur à temps partiel !

Il profitera des installations pour fabriquer ses premières lames de patins brevetées, les « Joe Malone Special », d’un alliage beaucoup plus léger et performant. Conçu à Québec, elles feront la loi pendant plus d’une décennie, endossées par des dizaines de joueurs de la LNH, tels Howie Morenz, Aurèle Joliat et Jack Adams.

Québec revient au hockey professionnel en 1919. Les Bulldogs terminent bons derniers de la LNH, mais Joe Malone remporte tout de même un autre championnat des compteurs avec 39 buts en 24 parties.

À Québec, le 31 janvier 1920, il inscrit sept buts dans un victoire de 10-6 sur Toronto. C’est un record presque centenaire qui tient toujours. Depuis, plus de 50 000 matchs ont eu lieu dans la LNH sans qu’un autre joueur ne répète l’exploit.

Il détient ou a détenu plusieurs records de la LNH. Celui du plus grand nombre de buts en une saison, soit 44 en 1918, n’a été battu qu’en 1945 par Maurice Richard, à son 42e match, faut-il le préciser.

De 1909 à 1924, il enfile un grand total de 401 buts en 307 matchs réguliers, de tournois et de séries de la Coupe Stanley. Le grand historien Charles L. Coleman lui consacre une place parmi les 5 meilleurs joueurs de l’époque 1893-1926.

Joe Malone avait de belles valeurs familiales et humaines, que sa famille respecte toujours. En 2013, son fils a poliment refusé la demande d’un commerçant de Québec qui voulait nommé un pub en son nom. « Mon père ne buvait pas et ne fumait pas, il n’aurait pas aimé être associé à ce genre de commerce ».

En 1950, il est élu au Temple de la renommée du hockey, le premier Québecois à recevoir cet honneur.

Le 31 mars 1952, la Ville de Québec lui présente une plaque pour l’en féliciter, sur la glace du Colisée avant une partie des As et de Jean Béliveau, son joueur préféré. « On me dit qu’il joue comme moi », disait-il. Élancé et élégant. Cette plaque est aujourd’hui au Pavillon de la Jeunesse.

Une bannière est aussi bien en vue au plafond du Centre Vidéotron.

En 1955, le Pavillon des Sports, un temple de la renommée du sport de la région de Québec voit le jour et Joe Malone fait parti des 11 premiers intronisés. L’initiative est de Jean Béliveau, alors représentant régional pour la brasserie Molson.

Il est aussi membre du Panthéon des sports canadiens, la plus haute distinction chez les athlètes au pays.

Il quitte définitivement notre monde le 15 mai 1969, victime d’un arrêt cardiaque, dans son lit à Ville St-Laurent. Le quotidien Le Soleil souligne grandement sa contribution.

Joe Malone, un fier ambassadeur de la Ville de Québec qui mérite bien le nom d’une rue, et même plus.

Parce qu’en 2012, on parlait aussi de la Place Joe-Malone devant le nouvel amphithéâtre.

 

 

 

 

 

 

 

 

Albert Edward Swift est mort en 1948 !


Pas une manchette ça ? C’en est une pour moi en tout cas ! Une recherche impromptue dans les journaux canadiens m’a enfin permis de mettre la main sur une preuve de décès du Brigadier Général A.E. Swift, en toute petite vignette de la une du Ottawa Journal.

1948 04 21 Annonce de la mort de AE Swift

The Ottawa Journal, 21 avril 1948

Mon livre La Coupe à Québec est dû pour une réédition ! En page 35, il est écrit en fin de portrait du meilleur buteur du 19e siècle que « la mort de ce grand militaire et joueur de hockey demeure un mystère ».

Albert E Swift retravaillé

Albert Edward Swift (1866 ?-1948) photo-montage avec le Quebec Hockey Club, 1894.

Je savais qu’il habitait, ou avait habité le village rurale de Dane, dans le Timiskaming en Ontario. C’est ce qu’il inscrit en 1934 lorsqu’il marie sa fille Marjorie Erskine à Arthur Beresford Scott (fils de son ex-coéquipier A. E. Scott), à l’église Anglicane Holy Trinity de Québec. Les recherches d’hier soir ont aussi confirmé l’hypothèse que notre ami s’est présenté aux élections fédérales de 1940 comme candidat indépendant (Liberal Soldier) dans son comté (Timiskaming). Une défaite cinglante, ne récoltant que 110 voix sur plus de 21 000 votants. Il était alors âgé de 74 ans.

Son âge ? Pas si sur.

Comme l’indique l’annonce de sa mort, il aurait été âgé de 79 ans, ce qui ne correspond pas à son certificat de naissance daté du 30 janvier 1866, qui lui en attribuerait 82. Plus tard dans sa vie, comme au recensement de 1911, il indique être né en janvier 1871. Comme il a joué (malgré son jeune âge, diront les journaux) avec le Quebec Hockey Club en 1881, je doute qu’il n’avait que 10 ans. Il semble mentir sur plusieurs documents militaires ou de voyages. Une pierre tombale ou un véritable certificat de décès serait bienvenue…

Mais aussi, il n’était pas rare qu’une famille anglaise redonne exactement le même nom au prochain enfant, suite au décès prématuré d’un plus jeune. Hmmmm.

Encore un peu de travail à faire, mais au moins, on a une fin pour mieux retracer le début.

Merci à Vincent Couture et Dominique Ritchot pour la soirée de recherche virtuelle !

Ici, un intéressant petit portrait de mon collègue Joe Pelletier sur la carrière de « Dolly Swift ».

 

 

 

 

George Leonard: le « bulldog » mort au combat.


En ce jour du souvenir, il est de mise de souligner la mort de George Joseph Arthur Leonard (1886-1917), joueur d’utilité du Club de Hockey Québec. Malgré l’immense proportion de militaires au sein du Club, dont les grands décorés Sir David Watson, Albert Edward Swift, Charles « Chubby » Power et C.F. Constantine (ces deux derniers ont été ses coéquipiers), il est l’un des deux seuls à avoir perdu la vie au combat, l’autre étant William Holliday (1877-17) un joueur de réserve qui a joué quelques matchs entre 1899 et 1904.

George Leonard, portant le chandail de l'édition 1912, gagnante de la Coupe Stanley.

George Leonard, portant le chandail de l’édition 1912, gagnante de la Coupe Stanley, illustrée à gauche.

« L’Irlandais » natif de Québec a joué 10 matchs avec le grand club, comptant six fois lors de la saison 1907. Membre du Q.O.C.H. (Queen’s Own Cameron Highlanders) en 1908, il se blesse au genou lors d’un match de baseball intérieur (l’ancêtre de la balle-molle), au manège militaire. Incapable de suivre le rythme, il quitte le hockey de haut niveau pendant 5 ans, mais son état s’améliore au point de prendre part à deux matchs de la NHA en 1912, dont un pour la Coupe Stanley. Il poursuivra sa passion pendant quelques saisons dans des ligues amateurs.

Sa mort est annoncée dans les journaux le 10 septembre à la surprise du rédacteur qui avoue n’avoir jamais eu vent de sa présence au front avec le 29e Bataillon. On souligne son immense potentiel athlétique, doué également pour le football et la course à pied. Il avait 30 ans et n’était pas marié.

George Leonard s’enrôle le 12 septembre 1916. Alors âgé de 30 ans, il se rajeunit de 3 ans afin, on imagine, mieux se faire accepter. Il mourra quelques jours avant son prochain anniversaire...

George Leonard s’enrôle le 12 septembre 1916 à Halifax. Alors âgé de 30 ans, il se rajeunit de 3 ans (1889 au lieu de 1886) afin, on imagine, de se faire accepter plus facilement. Il mourra près d’un an plus tard, quelques jours avant son prochain anniversaire…

17 août 1917. Résumé de l'armée canadienne.

17 août 1917. Résumé de l’armée canadienne. « Mort au combat. » Devant Lens (France) dans la tranchée Cinnabar, il est mort instantanément, atteint à la tête d’un tir ennemi.