La rue Joe-Malone


La rue Claude-Jutra disparaitra.

RUE JOE-MALONE

Joe-Malone ? J’aimerais avoir les arguments pour convaincre le Comité de toponymie et le  Comité de commémoration de la Ville.

Très peu d’athlètes ont reçu cet honneur à Québec.

Joe Malone était un homme bon. Il avait pour surnom « Gentleman Joe ». Il a été un capitaine aimé, adulé. Ses adversaires le respectait. Jusqu’à sa mort, on avait que des éloges à son égard, pour son style de jeu et sa personnalité. Il était, toute sa vie durant, un ambassadeur extraordinaire pour Québec.

En voici quelques lignes.

Joe Malone est né à Sillery en 1890 d’une famille qui illustre bien la réalité de l’époque : d’une maman nommé Marie-Louise Rochon et d’un papa mesureur de bois nommé Maurice Joseph Malone, Joe est franco-irlandais.

Vers 1904, Joe Malone et sa famille ont emménagé au 7, rue Racine à Québec, aujourd’hui le 734, rue Philippe-Dorval. Un épigraphe honore d’ailleurs sa mémoire sur ce bâtiment. Plus près du Quebec Skating Rink, mais aussi plus près de l’armurier Ross. C’est là qu’il gagnera d’abord sa vie, dès l’âge de 15 ans, en 1905 jusqu’à la fermeture de l’usine au printemps 1917.

Joe Malone a joué son hockey amateur et professionnel à Québec et l’aurait fait toute sa vie, n’eut été des multiples forfaits de son équipe, le Québec Hockey Club. En 1912, il refuse même un chèque en blanc de Lester Patrick à Vancouver qui aurait pu en faire le joueur le mieux payé au monde.

Joe Malone a été capitaine du Québec Hockey Club dès l’âge de 21 ans. Il les a mené à la conquête de deux Coupes Stanley. Il jouera 9 saisons complètes avec les « Bulldogs ».

Il prend pour épouse Mathilda Power (fille de Michael et Joséphine St-Hilaire) en 1916, en l’église St-Patrick. Leur premier enfant, Bernice Joséphine, est née à Québec en 1917.

En 1917, les Bulldogs en sabbatique et l’usine Ross Rifle fermée, il devient un joueur du Club de hockey Canadien de Montréal. Au centre de Newsy Lalonde et Dider Pitre, il établi une saison record de 44 buts en 20 parties jouées, pour une moyenne de 2,2 buts par match, une marque qui tient toujours.

Contre toute attente, il revient vivre à Québec la saison suivante afin de participer à la relance de l’usine Ross qui deviendra la North American Arms Co. Il s’entrainera à Québec la semaine et ne jouera que les samedis avec le Canadien, le tout premier et dernier joueur à temps partiel !

Il profitera des installations pour fabriquer ses premières lames de patins brevetées, les « Joe Malone Special », d’un alliage beaucoup plus léger et performant. Conçu à Québec, elles feront la loi pendant plus d’une décennie, endossées par des dizaines de joueurs de la LNH, tels Howie Morenz, Aurèle Joliat et Jack Adams.

Québec revient au hockey professionnel en 1919. Les Bulldogs terminent bons derniers de la LNH, mais Joe Malone remporte tout de même un autre championnat des compteurs avec 39 buts en 24 parties.

À Québec, le 31 janvier 1920, il inscrit sept buts dans un victoire de 10-6 sur Toronto. C’est un record presque centenaire qui tient toujours. Depuis, plus de 50 000 matchs ont eu lieu dans la LNH sans qu’un autre joueur ne répète l’exploit.

Il détient ou a détenu plusieurs records de la LNH. Celui du plus grand nombre de buts en une saison, soit 44 en 1918, n’a été battu qu’en 1945 par Maurice Richard, à son 42e match, faut-il le préciser.

De 1909 à 1924, il enfile un grand total de 401 buts en 307 matchs réguliers, de tournois et de séries de la Coupe Stanley. Le grand historien Charles L. Coleman lui consacre une place parmi les 5 meilleurs joueurs de l’époque 1893-1926.

Joe Malone avait de belles valeurs familiales et humaines, que sa famille respecte toujours. En 2013, son fils a poliment refusé la demande d’un commerçant de Québec qui voulait nommé un pub en son nom. « Mon père ne buvait pas et ne fumait pas, il n’aurait pas aimé être associé à ce genre de commerce ».

En 1950, il est élu au Temple de la renommée du hockey, le premier Québecois à recevoir cet honneur.

Le 31 mars 1952, la Ville de Québec lui présente une plaque pour l’en féliciter, sur la glace du Colisée avant une partie des As et de Jean Béliveau, son joueur préféré. « On me dit qu’il joue comme moi », disait-il. Élancé et élégant. Cette plaque est aujourd’hui au Pavillon de la Jeunesse.

Une bannière est aussi bien en vue au plafond du Centre Vidéotron.

En 1955, le Pavillon des Sports, un temple de la renommée du sport de la région de Québec voit le jour et Joe Malone fait parti des 11 premiers intronisés. L’initiative est de Jean Béliveau, alors représentant régional pour la brasserie Molson.

Il est aussi membre du Panthéon des sports canadiens, la plus haute distinction chez les athlètes au pays.

Il quitte définitivement notre monde le 15 mai 1969, victime d’un arrêt cardiaque, dans son lit à Ville St-Laurent. Le quotidien Le Soleil souligne grandement sa contribution.

Joe Malone, un fier ambassadeur de la Ville de Québec qui mérite bien le nom d’une rue, et même plus.

Parce qu’en 2012, on parlait aussi de la Place Joe-Malone devant le nouvel amphithéâtre.

 

 

 

 

 

 

 

 

Albert Edward Swift est mort en 1948 !


Pas une manchette ça ? C’en est une pour moi en tout cas ! Une recherche impromptue dans les journaux canadiens m’a enfin permis de mettre la main sur une preuve de décès du Brigadier Général A.E. Swift, en toute petite vignette de la une du Ottawa Journal.

1948 04 21 Annonce de la mort de AE Swift

The Ottawa Journal, 21 avril 1948

Mon livre La Coupe à Québec est dû pour une réédition ! En page 35, il est écrit en fin de portrait du meilleur buteur du 19e siècle que « la mort de ce grand militaire et joueur de hockey demeure un mystère ».

Albert E Swift retravaillé

Albert Edward Swift (1866 ?-1948) photo-montage avec le Quebec Hockey Club, 1894.

Je savais qu’il habitait, ou avait habité le village rurale de Dane, dans le Timiskaming en Ontario. C’est ce qu’il inscrit en 1934 lorsqu’il marie sa fille Marjorie Erskine à Arthur Beresford Scott (fils de son ex-coéquipier A. E. Scott), à l’église Anglicane Holy Trinity de Québec. Les recherches d’hier soir ont aussi confirmé l’hypothèse que notre ami s’est présenté aux élections fédérales de 1940 comme candidat indépendant (Liberal Soldier) dans son comté (Timiskaming). Une défaite cinglante, ne récoltant que 110 voix sur plus de 21 000 votants. Il était alors âgé de 74 ans.

Son âge ? Pas si sur.

Comme l’indique l’annonce de sa mort, il aurait été âgé de 79 ans, ce qui ne correspond pas à son certificat de naissance daté du 30 janvier 1866, qui lui en attribuerait 82. Plus tard dans sa vie, comme au recensement de 1911, il indique être né en janvier 1871. Comme il a joué (malgré son jeune âge, diront les journaux) avec le Quebec Hockey Club en 1881, je doute qu’il n’avait que 10 ans. Il semble mentir sur plusieurs documents militaires ou de voyages. Une pierre tombale ou un véritable certificat de décès serait bienvenue…

Mais aussi, il n’était pas rare qu’une famille anglaise redonne exactement le même nom au prochain enfant, suite au décès prématuré d’un plus jeune. Hmmmm.

Encore un peu de travail à faire, mais au moins, on a une fin pour mieux retracer le début.

Merci à Vincent Couture et Dominique Ritchot pour la soirée de recherche virtuelle !

Ici, un intéressant petit portrait de mon collègue Joe Pelletier sur la carrière de « Dolly Swift ».

 

 

 

 

George Leonard: le « bulldog » mort au combat.


En ce jour du souvenir, il est de mise de souligner la mort de George Joseph Arthur Leonard (1886-1917), joueur d’utilité du Club de Hockey Québec. Malgré l’immense proportion de militaires au sein du Club, dont les grands décorés Sir David Watson, Albert Edward Swift, Charles « Chubby » Power et C.F. Constantine (ces deux derniers ont été ses coéquipiers), il est le seul à avoir perdu la vie au combat.

George Leonard, portant le chandail de l'édition 1912, gagnante de la Coupe Stanley.

George Leonard, portant le chandail de l’édition 1912, gagnante de la Coupe Stanley, illustrée à gauche.

« L’Irlandais » natif de Québec a joué 10 matchs avec le grand club, comptant six fois lors de la saison 1907. Membre du Q.O.C.H. (Queen’s Own Cameron Highlanders) en 1908, il se blesse au genou lors d’un match de baseball intérieur (l’ancêtre de la balle-molle), au manège militaire. Incapable de suivre le rythme, il quitte le hockey de haut niveau pendant 5 ans, mais son état s’améliore au point de prendre part à deux matchs de la NHA en 1912, dont un pour la Coupe Stanley. Il poursuivra sa passion pendant quelques saisons dans des ligues amateurs.

Sa mort est annoncée dans les journaux le 10 septembre à la surprise du rédacteur qui avoue n’avoir jamais eu vent de sa présence au front avec le 29e Bataillon. On souligne son immense potentiel athlétique, doué également pour le football et la course à pied. Il avait 30 ans et n’était pas marié.

George Leonard s’enrôle le 12 septembre 1916. Alors âgé de 30 ans, il se rajeunit de 3 ans afin, on imagine, mieux se faire accepter. Il mourra quelques jours avant son prochain anniversaire...

George Leonard s’enrôle le 12 septembre 1916 à Halifax. Alors âgé de 30 ans, il se rajeunit de 3 ans (1889 au lieu de 1886) afin, on imagine, de se faire accepter plus facilement. Il mourra près d’un an plus tard, quelques jours avant son prochain anniversaire…

17 août 1917. Résumé de l'armée canadienne.

17 août 1917. Résumé de l’armée canadienne. « Mort au combat. » Devant Lens (France) dans la tranchée Cinnabar, il est mort instantanément, atteint à la tête d’un tir ennemi.

Les Bulldogs et les premiers pas du hockey à Québec à CHYZ !


L’émission 3600 secondes d’Histoire fait place cette semaine à l’histoire du hockey de la Vieille Capitale ! Mercredi le 4 mars à 18h30, j’aurai le privilège de passer 3600 secondes avec cette émission très intéressante de CHYZ 94.3. Semble qu’on me posera des tonnes de questions sur les origines du hockey à Québec, sur l’histoire du Québec Hockey Club (1878-1920) et finalement, sur notre premier héros, le fabuleux Joe Malone.

Fan d’histoire de la Ville de Québec, je vous invite à aimer leur page Facebook mais aussi, à écouter l’émission. Un livre autographié par Joe Malone junior sera attribué parmi les auditeurs.

3600 secondes d’Histoire

CHYZ 94.3

Mercredi, 4 mars 2015

Au plaisir de vous savoir avec nous !

Maureen Rooney n’est plus.


Au centre d’hébergement Saint Brigid’s Home, le 30 décembre 2014, sa fille Catherine à ses côtés, est décédée dame Maureen Rooney McKenna (née Rooney), fille de feu Lt.-Colonel Dr. Joseph Walter Rooney et de feu Bertha Rose Dewfall de Québec. Elle est allée rejoindre son cher Desmond, qui a été son époux pendant 60 ans. Elle avait 90 ans.

Maureen Rooney avec le poster de l'équipe de son père.

Maureen Rooney avec le poster de l’équipe de son père.

Elle laisse dans le deuil ses enfants : Catherine, Sheila et Brian ainsi que ses petits-enfants et arrière-petits-enfants. Catherine m’a beaucoup aidé pour mon livre, toujours à Québec et passionnée par l’histoire des Irlandais de la Vieille Ville. Elle demeure à quelques pas de la maison de son grand-père, rue Ste-Anne.

à voir, ce document vidéo sur la conquête de la Coupe Stanley. Catherine y est à la 2e minute.

J’avais eu le privilège de rencontrer Maureen Rooney lors d’un défilé de la St-Patrick à Québec. J’ai même quelque part une photo d’elle en compagnie de Joe Malone jr, invité à l’événement. Les deux enfants de joueurs des « Bulldogs » avaient le même âge. La mort les a frappé en 60 jours.

En 2013, elle a retrouvé parmi ses souvenirs un poster de l’équipe de 1912, gagnante de la Coupe Stanley. Son père avait compté un but lors du deuxième et dernier match. En très bon état, je lui ai acheté et fait encadrer par un spécialiste de la rue St-Paul.

Joueur d’utilité, Walter Rooney (1888-1965) a été dentiste pour l’armée canadienne. Il aussi étudié à l’Université McGill, là où il a joué au hockey après son passage chez les pros, ce qui en fait un des rares joueurs universitaires à avoir remporté d’abord la Coupe Stanley. Si vous passez par l’Arena Macdonald de McGill, regardé une des vitrines d’expositions, on y retrouve son nom sur un alignement en tant que Capitaine.

Les funérailles de Maureen McKenna auront lieu le 09 janvier 2015 14:00 à l’adresse suivante: en l’église St-Patrick’s, 1145, de Salaberry, Québec.

 

Joe Malone junior n’est plus.


Joe Malone et moi, avant les cérémonies d'avant-match des Remparts de Québec.

Joe Malone et moi, avant les cérémonies d’avant-match des Remparts de Québec, le 11 novembre 2012.

Mary Malone vient de m’annoncer la mort de son père, Joe jr, fils du grand Joe Malone. Décédé dans la nuit du 1er novembre, il venait de célébrer son 91e anniversaire, étant né le jour de l’Halloween 1923. Il est en grande partie responsable de la qualité iconographique du livre « La Coupe à Québec » (une cinquantaine de photos inédites) et il a été très généreux de son temps lors des entrevues que j’ai réalisé avec lui, à Québec et à London. Selon sa famiille, il était fier qu’un livre consacré au club et à la ville de son père soit enfin publié. Je n’oublierai jamais cet homme.

 

Je suis content de l’avoir dit de son vivant. Je vous invite à relire certains textes qui le concerne.

https://quebecbulldogs.com/2013/10/31/bon-90e-anniversaire-de-naissance-joe-gerard-cletus-malone/

https://quebecbulldogs.com/2013/04/15/le-pub-joe-malone-ne-verra-pas-le-jour/

https://quebecbulldogs.com/2012/11/12/joe-malone-fils-a-quebec/

https://quebecbulldogs.com/2008/03/30/rencontre-avec-joe-malone-jr/

Merci Joe.