À surveiller dans quelques jours, le récit de la saison 1911-12 du Club de Hockey Québec.
Le livre devrait paraitre en septembre 2012. À suivre.
Le 24 décembre 1902, une primeur du quotidien Montreal Witness soulève l’inquiétude chez les fans de hockey de Québec. Selon l’article, un soulèvement aurait été tenté pour éliminer Québec de la C.A.H.L. au profit d’une équipe dans l’ouest de Montréal. Ce putsch aurait pris naissance secrètement le 13 décembre, l’après-midi de la réunion annuelle de la ligue à l’hôtel Windsor de Montréal, à l’abri des représentants de Québec, encore à bord du train. Certains dirigeants reprochent à Québec de n’être qu’une épine au pied de la ligue, sans intérêt pour son développement et qui attire plus d’ennuis que de spectateurs.
Notamment, Québec s’objecte toujours à disputer des matchs en semaine car il dit n’avoir que des joueurs « amateurs » qui ont un travail régulier en semaine. Certaines organisations aimeraient jouer en semaine et ainsi augmenter le nombre de matchs et les profits qui en découleraient. La position de Québec rend très plausible le professionnalisme déguisé des formations de Montréal et d’Ottawa. On accuse aussi Québec de freiner systématiquement toute expansion de la ligue. Ce soir là, Québec refusera d’ailleurs la candidature de Cornwall qui avait reçu l’appui d’Ottawa et des Shamrocks. Cornwall avait pourtant proposé de jouer ses 2 voyages à Québec.
Cette primeur n’est sans doute qu’un pétard lancé par un journaliste à l’agenda caché. Le “cas Québec » n’est pas discuté à l’assemblée. À la suite de l’article, le Chronicle de Québec a contacté plusieurs joueurs qui rejettent unanimement cette nouvelle et croient au contraire que l’organisation est un modèle pour la ligue et que tous apprécient sa présence.
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N’en demeure pas moins que pendant toute son existence, le Club de hockey Québec a été critiqué, mis en doute et regardé de haut par les magnats du sport Montréalais. L’orgueil de l’organisation a été souvent son pire ennemi comme son meilleur allié. Il a su se relever d’attaque sournoise en 1894, 1895, 1904 et 1910. À bout de souffle et de ressources, il est resté au sol après sa seule saison dans la LNH en 1920.
Dans le cadre du 100e anniversaire de cette foire agricole, Espace K sur le site d’Expo-Cité abrite une exposition soulignant les grands moments du hockey à Québec appelé “Hockey Cité“. Signatures d’autographes avec 12 anciens joueurs dont Guy Lafleur et Jean Béliveau, la coupe Avco (Nordiques, 1977), le trophée O’Brien gagné par Québec en 1912 et 1913 et beaucoup beaucoup d’objets des Remparts, Nordiques, As, Citadelles, le tournoi pee-wee et… le Club de Hockey Québec.
Je collabore à ce dernier volet. J’en profite bien sur pour faire la promotion de mon livre à venir, dont le titre provisoire est “Le Bulldog peut mordre: L’histoire inédite du Quebec Hockey Club, 1878-1920″ J’ai choisi de placer le mot “Bulldog” dans un pré-titre pour ne pas avoir à le nommer dans le nom officiel du Club puisque que le mot n’a été utilisé que 7 des 38 saisons de l’équipe. Je préfère aussi garder l’appellation à l’anglaise. Vous en pensez quoi ?
Venez me rencontrer, j’y serai plusieurs fois pendant l’exposition.
Voici quelques clichés de l’ouverture ce matin. Cliquez sur les photos pour les agrandir.
Le 23 juin 1907, Hod Stuart, l’un des joueurs les plus importants de la première décennie du 20e siècle meurt accidentellement à Belleville, en Ontario.
Il supervise alors un chantier de construction de son père. Pendant une pause, il risque un plongeon en terrain méconnu dans la Baie de Quinte. Sa tête percute des rochers et il meurt instantanément, le cou fracturé. Il avait 28 ans.
La nouvelle secoue le monde du hockey, entres autres à Québec où il a joué pendant deux saisons dont celle de 1901-02 en tant que capitaine avant de devenir le premier joueur vedette à franchir la frontière américaine pour jouer au hockey. De retour au pays pour la saison 1906-07, il venait de remporter Coupe Stanley avec les Wanderers de Montréal.
Il laisse dans le deuil deux enfants et sa femme Margaret Loughin qu’il avait rencontré lors de son séjour à Québec. Ils se sont épousés en l’église St-Patrick le 24 mai 1901. C’est pour elle qu’il demeure à Québec un an de plus que son frère, Bruce Stuart, un autre joueur étoile.
En décembre 1907, les Wanderers proposent de jouer un match dont les profits viendront soulager financièrement la famille. Le 2 janvier 1908, 3800 spectateurs assistent au « Hod Stuart Memorial Game », une partie qui oppose les champions de la Coupe Stanley à un groupe des meilleurs joueurs des autres équipes de la E.C.A.H.A.. Au moins un joueur des 5 équipes composent cette formation, comme le veut la coutume aujourd’hui. 3 joueurs de Québec y prennent part : le gardien du Ottawa Percy Lesueur et les joueurs Ed Hogan et Joe Power du Club de Hockey Québec. Tous ont joué en sa compagnie lors de son passage fort apprécié à Québec. Les Wanderers l’emportent 10-7; Joe Power compte 2 des buts des « All-Stars».
L’événement est considéré comme le premier match des étoiles en hockey. Il permet à Margaret Laughlin d’obtenir tout près de 2 000 $.
Hod Stuart sera du groupe de la première intronisation au Temple de la renommée du hockey en 1945. Son frère Bruce suivra peu de temps avant sa mort en 1961.
Boxe professionnelle, théâtre vaudeville, hockey sénior… Billy Armstrong est un personnage connu au tournant du 20e siècle : natif de la Californie, il bourlingue ses 130 livres dans les arènes et théâtres nord-américains. On retrace de ses combats entre 1890 et 1906. Il remporte à Québec un combat au 14e ronde le 9 novembre 1903 devant 500 spectateurs ébahis devant sa technique. Il s’établit à Québec peu de temps après et ouvre un gymnase coin St-Jean et Stanislas.
Le Club de Hockey Québec fait appelle à ses services la veille de la rencontre la plus importante de la saison 1904. Après cette victoire qui allait procurer le championnat, il devient « préparateur physique » du Club et accompagne souvent les joueurs sur la route, comme en fait foi cette photo du 24 décembre 1904 prise à New York. Après deux saisons dans ce rôle, il quitte Québec en mai 1907 pour devenir l’entraîneur de boxe du M.A.A.A. jusqu’à sa mort en 1932. Apprécié de tous, il est embauché en 1908 pour s’occuper des démonstrations sportives dans le cadre du tricentenaire de Québec. Il occupera aussi le rôle d’instructeur de boxe pour les armées canadiennes et américaines et sera l’entraîneur de trois boxeurs canadiens des Jeux olympiques d’Anvers en 1920.
L’HISTOIRE RETROUVÉE D’UN TROPHÉE.
Au fil des ans, mon blog quebecbulldogs.com m’a permis de beaux échanges d’informations et de belles découvertes, comme la présence d’un trophée inconnu, la « Robinson Cup » que tient d’une main Benoit Morin. Voici une des photos qu’il m’a fait parvenir en 2008.
Trois années ont passé avant d’avoir l’histoire derrière cette récompense. Je fouillais à New York. La réponse était à Québec.
Le 27 janvier 1906, le new-yorkais R.E. Robinson assiste à la victoire de 3-1 du Club de hockey Québec sur les Shamrocks à Montréal. Impressionné par ce qu’il vient de découvrir, il demande d’organiser un match pour agrémenter son séjour à Québec prévu dans les prochains jours. Le lundi 29 janvier, il assiste donc à une partie entre les deux équipes du Club Québec, le sénior et l’intermédiaire.

Quebec Chronicle, 30 janvier 1906. On y retrouve les noms des joueurs des deux équipes. L'arbitre C. Gordon Blair est le président du Club.
Sans surprise, le grand club l’emporte 9-3 devant une foule considérable dont R.E. Robinson qui remet la Coupe au capitaine Joe Power. Il remercie alors les 14 joueurs en présence qui l’applaudissent après un discours fort apprécié.
Ce trophée est de nouveau challengé le 15 février 1906. Les séniors l’emportent 11-6 mais le match n’est pas pris au sérieux par les joueurs et déchantent les 400 spectateurs qui se sont déplacés pour cette « mascarade ».
Le trophée Robinson ne semble plus avoir été disputé par la suite.
Les noms des joueurs de l’équipe gagnante qui figure sur le trophée sont ceux du premier match, sans doute gravés entre les deux parties. On note l’absence du joueur étoile Herb Jordan qui avait quitté l’équipe à ce moment, désabuser du hockey. Il y sera pour le second match.
Un immense merci à Benoit Morin qui nous a permis cette page d’histoire. Il conserve jalousement l’une des rares pièces de collection de l’équipe.
« Nous avons inventé le filet de but de hockey ». C’est ce qu’a écrit Frank S. Stocking dans ses mémoires vers la fin de sa vie. C’était en 1953 et il avait alors 80 ans.
On a souvent attribué l’ajout d’un filet aux poteaux des buts à ce gardien de but et à ses amis, membres du club de hockey Québec. Sans le filet et la barre horizontale, les buts controversés se multipliaient et Québec avait l’impression d’être souvent du mauvais côté de la décision. Ça fait longtemps que le syndrome « Alain Côté » existe à Québec…
Un article du Montréal Gazette du 8 mars 1935 rapporte une version qui tend à justifier l’affirmation de l’ex-gardien de but Frank Stocking. Selon le texte, Stocking, las des controverses autour de cet aspect du jeu, fabrique en 1897 une cage d’acier au Québec and Lake St John Railway Shops en compagnie de certains coéquipiers (dont certainement le défenseur Charles Scott). Selon l’article, ils apportent leur invention à l’assemblée générale de la ligue qui adopte le concept.
Or, ce dernier passage est certainement inadéquat.
Même s’il est annoncé depuis quelques semaines, ce qu’on appellera le « filet de Québec » n’est pas proposé avant le 10 décembre 1898 à l’assemblée annuelle de l’AHAC. Frank Stocking et 3 autres membres du Club de hockey Québec tente de vendre leur idée. Hélas ou heureusement, la proposition a été très mal reçue, rapporte le Montréal Star.
Imaginez : au lieu des traditionnels poteaux, un trou de 4’’ x 6’’ est percé dans la bande pour y laisser passer une cage munie d’un filet d’une profondeur de 3 pieds tendu par derrière. Pour ajouter au charme, l’illustration laisse sous-entendre que la bande est inclinée !
Vrai, cette innovation allait permettre d’éliminer les controverses quant à la légitimité des buts. Toutefois, on lui reproche plusieurs irritants qui dénaturent le sport, comme le jeu derrière et autour des poteaux et la relance offensive. Ce filet ne sera jamais adopté, ni essayé de façon officielle. Il aura toutefois le mérite de s’attarder à la prochaine révolution du sport depuis l’adoption de la rondelle.
Le filet existe déjà.
À la fin du 19e siècle, le hockey sur gazon, le soccer et la crosse utilisent déjà des filets. Un autre sport sur glace, le ice polo (du « hockey-balle » pratiqué aux États-Unis avant l’arrivé du hockey) a déjà un filet. Frank Stocking et les joueurs de Québec en ont possiblement vu lors de leur démonstration à Baltimore en 1895.
On retrace l’utilisation sporadique d’un filet de pêche drapé entre les poteaux à Niagara-on-the-lakes dès 1896. La Southern Ontario Hockey League (SOHA) adopte officiellement le filet le 15 décembre 1898, 5 jours après la proposition de Stocking. Toutefois, certains articles témoignent que leur filet n’est pas fixé à la glace mais plutôt pendant comme un drap au dessus de la surface glacée pour ainsi permettre encore la passe par derrière, si précieuse aux puristes du sport.
Québec propose de nouveau l’année suivante son filet lors de la rencontre annuelle de la CAHL, le 9 décembre 1899. Le club dit avoir demandé au Québec Skating Rink d’être prêt à l’installer car à défaut de convaincre l’assemblée, il fera en sorte d’en faire la démonstration lors d’un match pré-saison contre une formation Montréalaise. Une motion de Québec sera finalement acceptée : il y aura une rencontre-démonstration entre les Victorias et les Shamrocks à Montréal.
Sans trop savoir de quel filet il s’agit, certains quotidiens reproduisent encore le « filet de Québec » dont le Montréal Daily Star. La confusion est telle que l’Ottawa Journal avance même que le match utilisera les 2 types de filets, celui de la SOHA d’un coté et le « Québec » de l’autre.
Il n’en sera rien. Le 30 décembre 1899, Shamrocks et Victorias utiliseront une version « améliorée » du filet « ontarien » avec une barre horizontale en métal en forme de U, 6 pouces derrière les barres verticales. Le filet est y accroché et fixé sur la glace par des patères. La démonstration convainc la presse, quoique certains inconvénients sont aussi soulignés dans la Patrie : « Les attaquants ne pourront plus faire des passes à travers les buts ni glisser le puck à leurs coéquipiers devant : un détour est rendu nécessaire. Le jeu se trouve gâté sous ce rapport mais si l’adoption des filets met fin pour jamais aux disputes ce sera toujours un bon point de gagné »
Satisfait de son utilité, un comité recommande l’adoption du « filet de Montréal ».
Québec accueille son premier match « avec filet » le 13 janvier contre Ottawa. La Patrie rapporte que ces derniers jouent ce match sous protêt, insatisfait de sa conception. Selon l’historien Paul Kitchen, le filet utilisé à Québec possède alors une barre horizontale fait d’une corde tendue, sans doute pour amoindrir les risques de blessures. Après tout, pendant plus de 20 ans, les joueurs ont traversé la zone des buts sans obstacles. D’autres adaptations sont tentées: Ces mêmes Ottawas remplacent la barre d’acier par une bande de caoutchouc.
Les craintes écartées, la barre de métal est de retour dans les semaines qui suivent et le filet est désormais appuyé au sol par un demi-cercle métallique profond de 2 pieds. Il sera ainsi fait jusqu’en 1911, au moment ou Percy Lesueur, un joueur natif de Québec ramène la barre horizontale sur les verticales, comme aujourd’hui.
S’il est présomptueux de prétendre que Frank S. Stocking a inventé le filet moderne, il est juste d’avancer qu’il a été le premier à le défendre au sein de la meilleure ligue. Les quotidiens Montréalais féliciteront le Québec Hockey Club pour avoir insisté sur cette nécessité.
Les Canucks ont raté leur chance pour la 3e fois. Mince consolation, Vancouver a déjà son nom sur le trophée grâce à une autre équipe, les Millionnaires.
le 26 mars 1915 au Denman Arena de Vancouver, (la première glace artificielle au pays) Les Millionnaires, champions de la PCHA battent les champions de la NHA, les Sénateurs d’Ottawa par la marque de 12-3 pour remporter la série 3 de 5 en 3 rencontres. Dans cette équipe, les légendaires Frank Patrick et Cyclone Taylor, mais aussi l’excellent Frank Nighbor (le meilleur joueur de l’époque selon Joe Malone) et Ken Mallen, un ancien membre du Québec Hockey Club. Ce joueur Ontarien était membre de l’équipe de Québec en 1910-11. Il a quitté Québec pour les dollars de la nouvelle ligue de l’ouest fondée par les frères Frank et Lester Patrick.
Vancouver, Québec (1912 et 1913) et Winnipeg (1896 et 1901-02) demeurent les seules villes à n’avoir pu répéter l’exploit dans la LNH. Vancouver a eu 40 chances, pas Québec ni Winnipeg…
On annonce aujourd’hui le retour des Jets à Winnipeg dans la LNH. Évidemment, ça donne espoir à Québec d’en faire autant, leur histoire est si intimement liée: l’AMH (1972-79), l’adhésion à la LNH (1979) et leur départ, à un an d’intervalle (1995 et 1996). Mais Québec et Winnipeg ont aussi une relation amour-haine qui date de 1895. Je vous invite à relire cette histoire ici.
Ça fait longtemps qu’il est écrit que la Coupe Stanley a été gagnée par Québec le 13 mars 1912 à la suite des victoires contre les Victorias de Moncton. C’est aussi ce qui est véhiculé dans les ouvrages de référence, comme mon site par exemple
.
Malheureusement, c’est une erreur que je corrige aujourd’hui: le 13 mars, Québec a bel et bien défendu avec succès la Coupe Stanley qu’elle avait gagnée la semaine précédente.
Voici l’explication: En 1911, le fameux trophée appartient aux Sénateurs d’Ottawa. Pour avoir eu droit à ce trophée, ils avaient d’abord remporté le championnat de la N.H.A., puis gagné les challenges qui les ont opposés à Port Arthur, champion de la New Ontario League et Galt, champion de la Ontario Professionnal Hockey League.
Selon les règles adoptées quelques années plus tôt par les Commissaires de la Coupe Stanley, le gagnant (dans notre cas Ottawa) possède l’illustre trophée jusqu’au couronnement de l’équipe championne de la saison suivante.
Le 6 mars 1912 donc, Ottawa est à Montréal pour y jouer le dernier match de la saison. Si Ottawa l’emporte, il termine à égalité avec Québec. Une série éliminatoire entre les deux équipes serait alors nécessaire pour déterminer le champion de la N.H.A..
Ce soir là, les joueurs de Québec sont réunis à L’hôtel Victoria et suivent le match but par but (on est loin de la Cage aux Sports !) Quelques membres de l’organisation sont à Montréal afin de suivre son déroulement, par intérêt bien sûr, mais aussi afin de s’assurer du respect des règles. Ce match avait été emporté préalablement par Ottawa le 24 janvier (10-6) mais jugé illégal par la ligue car les Sénateurs avaient aligné Cyclone Taylor, un joueur qui appartenait légalement aux Wanderers.
Cette fois, les “Redbands” (ainsi surnommé pour leur grosse ligne rouge horizontale) leur ont fait payer cher cette offense: Les Wanderers offrent une performance sans bavures et renversent Ottawa par la marque de 5-2. Lorsque l’information arrive par télégraphe à l’hôtel Victoria, il y est inscrit “Wanderers 5; Ottawa 2; game over”. C’est la fête ! La bonne nouvelle se répand dans les corridors de l’hôtel puis dans les rues de St-Roch, Limoilou, St-Sauveur, Montcalmville jusqu’aux plaines d’Abraham. Les journaux racontent que les gens chantent une parodie du succès “What’s the Matter with Father” interprété à l’époque par Fred Duprez. Voici le refrain version “Québec Hockey Club”. Chantez si ça vous chante !
What’s the matter with goaler “Pat” ?
(He’s alright).
To Goldie Prodger lift your hat,
(He’s alright).
Joe Hall would make a team alone, Marks and Oatman hold their own,
What’s up with Mac and Joe Malone ?
(They’re alright) !
…
En remportant le championnat de la N.H.A. en 1912, Québec devient détenteur de la Coupe Stanley et doit accepter de la défendre contre un “challenger” autorisé par les commissaires (trustees) de la Coupe Stanley.
Le lendemain, William Foran, commissaire de la Coupe Stanley autorise le transfert de la Coupe vers Québec et ordonne à ceux-ci de la défendre contre Moncton, les 11 et 13 mars suivants.
Voilà qui nous amène au point principal: si le Québec Hockey Club avait perdu cette série de deux rencontres, aurait-il eu droit tout de même d’y inscrire son nom ? La réponse est affirmative. Voilà pourquoi les “Bulldogs” ont d’abord gagné la Coupe Stanley le 6 mars.
3 équipes ont éventuellement inscrit leurs noms sans avoir gagné l’ultime challenge de la saison: les Sénateurs d’Ottawa de 1915, Les Rosebuds de Portland en 1916 et les Millionaires de Vancouver en 1918 avaient remporté le titre de leur ligue qui “détenait” la Coupe Stanley. La disparition de la W.H.L. en 1926 et des challenges inter-ligues allaient dorénavant consacrer le dernier survivant de la L.N.H.
Ça sert à ça, les recherches historiques: rétablir les faits.
J’ai eu le bonheur cette semaine de mettre mes “gants blancs”. Des gants nécessaires afin de manipuler les vieux documents d’archives du Centre de Ressource du Temple de la renommée du hockey à Markham, en banlieue de Toronto. Craig Campbell, le sympathique archiviste de l’endroit , m’a ouvert toutes grandes les portes de cet immense entrepôt rempli de trésors. Cette visite m’a été permise grâce à mon association avec la S.I.H.R. .
C’est le grenier du Temple, à 15km du site officiel visité par des milliers d’amateurs en plein centre-Ville de Toronto. Là, sont entreposés soigneusement des dizaines, voire des centaines de milliers d’objets, provenant des joueurs, des familles et des amateurs de notre sport national. J’ai pu arrêter mes yeux sur le hockey du 400e but de Michel Goulet, du 250e de Wilfrid Paiement, des chandails et quelques souvenirs des Rafales, des Citadelles et des Remparts. Trop peu de choses du Québec en fait, une province qui, selon Craig, ne collabore pas assez à la richesse du Temple.
Mes champs d’intérêts se sont rapidement dirigés vers la période qui me passionne. J’y ai vu un patin appartenant à un joueur des Wanderers, la rondelle d’un match de la Coupe Stanley en 1901 impliquant les Shamrocks et la pièce de résistance, le hockey du gardien de but originaire de Québec, Percy LeSueur. Ce bâton lui aurait servi de 1904 à 1909, selon ce qui est gravé dessus. Le lancer frappé n’avait pas encore été inventé, ça c’est sur !
Le Québec HC ? Il existe une montre de poche que Goldie Prodger a reçue de l’équipe à la suite de la conquête de 1912. J’y ai aussi trouvé de vieux papiers aussi jaunis que fragiles: Ceux que Joe Hall ou ses proches ont découpés et collés dans deux scrapbooks. Une mine d’or de photos, caricatures, d’articles et de commentaires qui racontent sa tumultueuse carrière de 1903 à 1919. J’en sais un peu plus sur la vie du “Wild Man from the West”, ce talentueux dur à cuire sympathique, si tous ces qualificatifs peuvent aller ensemble.
Enfin, un autre document m’a été présenté par Craig Campbell; Le Quebec Scrap book aurait été assemblé en 1912 par un dénommé Hugh Joseph de Montréal. Il y est mentionné que Charles L. Coleman et Clarence Campbell ont possédé ces archives. Ce document a certainement été utilisé dans l’écriture du fameux livre historique “Trail of the Stanley Cup Vol.1″ (1893-1926) de Coleman. C’est un ouvrage à tirage limité commandé par Clarence Campbell dans les années 60 à la suite d’une conférence donnée par F.S. Stocking, le fameux gardien du Club de hockey Québec. Ce scrapbook contient bien sûr une tonne d’informations précises sur le déroulement de la magnifique saison 1912 des “Bulldogs”.
Un immense merci à Craig Campbell, le Temple de la renommée du hockey et la S.I.H.R.

Québec, fin mars 1912. L'unique photo de l'équipe gagnante avec la Coupe Stanley. Je suis toujours à la recherche d'un exemplaire de meilleure qualité.
Le grand décompte est commencé. Un an pour vous offrir le livre historique dont je vous parle depuis longtemps. Parce que le 6 mars 2012, ça fera 100 ans.
LE FIL D’UNE SAISON HOLLYWOODIENNE.
La saison 1911-1912 a été écrite pour un film. 4 bonnes équipes: Canadiens, Wanderers, Ottawa et Québec, la négligée du groupe. Les Bulldogs perdent d’ailleurs leurs 3 premiers matchs, dont 2 à la maison. Dans une saison de 18 parties, c’est comme si les Nordiques avaient perdu 13 matchs en ligne dans une saison de 82 parties. La presse n’est pas tendre, déjà écorchée par la fiche de 4-12 de la saison précédente alors que l’équipe venait de renaître après l’abandon de la saison 1910-11 après seulement 3 parties.
Cette fois, Québec allait renverser sa guigne. La vedette de l’équipe, Joe Malone, allait devenir le meilleur joueur de son époque.
Les Bulldogs, sans changer leur alignement, remportent 10 des 15 matchs suivants et enlèvent le championnat, dans la consternation générale, par une victoire devant Ottawa et Wanderers, deux sur les Canadiens. Ils deviennent alors détenteur de la Coupe Stanley, le 6 mars 1912.

Daily Telegraph, 7 mars 1912. Déjà champions du monde avant la série contre Moncton. Notez la surprenante photo de Paddy Moran dans l'uniforme de Haileybury, son équipe d'un seul hiver (O.P.H.L., 1911).
Le dernier match de la saison de l’équipe allait marquer la carrière de « Phantom Joe Malone » : Le 2 mars, Québec est à Ottawa. Tard en 3e période, c’est 5-4 pour les Sénateurs. Avec 10 secondes à faire, on annonce à la foule que les Wanderers ont battue les Canadiens. Ottawa n’est donc plus qu’à 10 secondes du championnat de la saison et d’une 2e Coupe Stanley desuite. Mais avec 4 secondes à faire, Joe Malone se faufile entre les défenseurs d’Ottawa et inscrit le but égalisateur, à la décontenance de tous. Une longue période de prolongation de 23 minutes suit avant que le dur à cuire Joe Hall accepte une passe de son ami Joe Malone et compte le but le plus important de sa carrière. De l’histoire de Québec.
Les amateurs, dont plusieurs avaient suivi la rencontre par la transmission des résultats dans les halls d’hôtels de la ville sont nombreux à la Gare de Québec. 10 000 partisans acclament ses héros, selon les journalistes. Une réception est tenue à l’hôtel Victoria. La Coupe Stanley n’est pourtant pas acquise. Peu importe. La fête durera plus de 10 jours.
La Coupe Stanley, alors accordée aux champions de la N.H.A. doit être ensuite disputée selon la formule “challenge” (elle le sera d’ailleurs jusqu’en 1926). Le trophée passera la semaine dans la vitrine de la boutique Holt Renfrew, sur la rue Buade.

Les Victorias de Moncton obtiennent le droit de défier les Bulldogs en tant que champions de la ligue professionnelle des Maritimes (Ma.P.H.L.). Le quotidien Moncton Transcript affirme que Moncton fera bonne impression car “la patinoire de Québec convient à son style de jeu”. Cette formation compte dans ses rangs la plupart des joueurs de l’équipe de Galt, championne de la défunte Ligue Professionnelle de l’Ontario (O.P.H.L). Leur joueur étoile Tommy Smith fera partie des Bulldogs en 1913.
Les 11 et 13 mars 1912, le Québec Skating Club sera bondé. Le hockey prend toute la place dans les journaux anglophones et francophones de Québec. Les Victorias de Moncton sont en ville pour une série de 2 matchs au total des buts. Le 11 mars, Québec suprend les champions de la ligue professionnelle des Maritimes par le pointage de 9-3.
Avec une avance de 6 buts, la domination de Québec ne fait aucun doute. Le 13 mars 1912, elle écrase Moncton par le pointage de 8-0. Le gardien Patrick « Paddy » Moran, citoyen de Sillery, vétéran de 8 hivers avec l’équipe obtient le premier jeu blanc de l’histoire de la Coupe Stanley.
Une victoire symbolique pour la Ville de Québec : En plus du jeu blanc de Moran, les 8 buts ont été comptés par des joueurs natifs de Québec : Joe Malone (2), Jack MacDonald (5) et Walter Rooney, un joueur substitut.
Quelques jours plus tard, Québec remporte à New York le tournoi annuel regroupant les équipes de la NHA. Le Soleil coiffe sa “une” de ce titre : « Le Club de Hockey Québec champion du monde ».
Ses honneurs, ses exploits arrivent enfin pour la courageuse organisation de Québec. Une première en 34 longs hivers dont l’histoire est fabriquée de frustrations, d’échecs et de démêlées fort médiatisées.

Est-ce que Québec aura maintenant un nouvel aréna ? Toute la semaine, les journaux de Québec ont martelé ce message, un cri d'alarme car le vétuste Québec Skating Rink des Plaines d'Abraham ne répondait plus aux standards des autres villes de la ligue. L'aréna sera construite au Parc Victoria pour la saison 1913-1914.
ouiiii… ça va bien. Un livre ? C’est pratiquement signé ! Une collaboration
avec un historien reconnu ? Ça aussi. Le sprint final est commencé et j’en suis très heureux. Ça fait tellement longtemps, ça fait tellement longtemps… Ça, c’est les Colocs.
Je viens de me procurer le livre “Cross Check !” de Dan Holden, petit-fils du joueur Barney Holden, Bulldog de la saison 1910-1911. La famille du solide défenseur aurait habité St-Gabriel-de-Valcartier près de Québec avant de s’éparpiller en Amérique. Barney (1881-1948) est né et a grandi à Winnipeg avant de devenir l’un des premiers joueurs professionnels, jouant dès 1904 dans la International Professionnal Hockey League. Ma critique bientôt.
À trop travailler dans l’ombre, on finit par croire qu’on est seul. L’article du quotidien “le Soleil” ce matin se conclut sur une note qui m’a fait avaler mon café un peu de travers.
«L’an prochain, ce sera aussi le centenaire de la Coupe Stanley des Bulldogs de Québec, et il y a des gens qui préparent déjà des commémorations», conclut Jean-Marie Lebel.
Cet historien, dont j’ai quelques ouvrages, parle-t-il de mes projets? Sans doutes, mais y a-t-il d’autres fous comme moi qui passent des heures à consulter des tonnes de vieux journaux afin de sortir de l’ombre cette merveilleuse aventure? Je travaille en coulisses afin de ne pas passer sous silence cet évènement historique. Croire être le seul était naïf de ma part. Je vais rencontrer la Ville prochainement et tenter d’échanger quelques mots avec M. Lebel.
Pour ce qui est de l’article, il sera intéressant de visiter ce qu’Expo-Cité prépare. En encart, une des photos utilisées ce matin. Peut-être celle qui illustre le mieux l’emplacement original du skating rink. Derrière, la Citadelle et à gauche, le mur qui va rejoindre la porte St-Louis.
Un titre à faire rêver les fans du retour des Nordiques, non? Cela a été le cas pour vrai, en 1910.
À compter de 2011, je vous ferai revenir 100 ans en arrière. La saison 1910-11, celle où le Québec Hockey Club renait après avoir été « mis de côté » par le hockey professionnel.
Je vous invite à relire ce texte qui explique pourquoi Québec, après 3 matchs dans la nouvelle Ligue Canadienne de Hockey, se voit contraint d’abandonner la suite parce que sa ligue fût avalée par l’autre ligue rivale, la N.H.A.
L’hiver 1910 a été long sans hockey pro à Québec, mais dans cette nouvelle réalité du hockey professionnel, ses joueurs vedettes ont vite trouvé preneur : Joe Malone, Rocket Power et Jack McDonald ont obtenu des contrats avec Waterloo dans la O.P.H.L. – Ontario Professional Hockey League.
Là-bas, McDonald a obtenu un impressionnant total de 28 buts en 16 parties, le jeune Malone, alors âgé de 20 ans et laissé de côté quelques parties en a obtenu tout de même 10 et le défenseur Power en a ajouté 7 (source SIHR). McDonald et Rocket Power seront d’ailleurs nommés sur l’équipe d’étoiles du “Berlin Daily Telegraph” (maintenant Kitchener). L’avenir prouvera que cette brèche dans l’histoire des Bulldogs leur sera bénéfique. Plusieurs joueurs des prochaines années proviendront de cette ligue éphémère, dont Eddie Oatman.
Le Club de Hockey Québec, qui n’a jamais cessé d’exister légalement, réunit officiellement ses membres le 2 novembre 1910. 200 personnes ayant le désir de ne plus jamais priver la ville du meilleur calibre de hockey au monde s’y présentent, un record.
Des membres du Parlement, de la Ville, des banquiers et des hommes d’affaires francophones et anglophones nomment le Sénateur Philippe-Auguste Choquette à la présidence du club. Il sera assisté de Joseph Power et Cyrille Faguy à la Vice-présidence, d’Eugène Matte à la trésorerie et de B.J. Kaine comme secrétaire. Ce groupe sera appuyé par les membres suivants : W. Amyot, Nap. Belleau, L.A. Lagueux, T O’Neill et par celui qui deviendra l’un des architectes de l’équipe sur la glace, M.J.Quinn.
Afin d’assurer la demande d’inclusion dans la ligue, Québec charme ses membres. Dans les jours qui suivent, Jos Power est à Ottawa puis à Montréal pour influencer les décideurs. Ce sera chose faite lors de la réunion annuelle de la ligue le 12 novembre à Montréal. Québec, représentée par Jos Power et M.J. Quinn verra la N.H.A. l’accepter dans ses rangs tout comme le club de hockey Canadien qui devait requérir sa place dans la ligue suite à un changement de propriétaire. La nouvelle fera la une du Daily Telegraph du lundi suivant (photo plus haut).
Pour son retour, l’équipe devra débourser 500$. S’organise une souscription supportée par les quotidiens anglophones et francophones. Si ce mandat est confié au Sénateur Choquette, celui de Jos Power sera de rapatrier les joueurs vedettes du passé.
Il mettra rapidement sous contrat les Joe Malone, Jack McDonald et Rocket, son frère. Il réussira aussi à rapatrier le gardien vedette « Paddy » Moran. Celui qui avait déjà quitté Québec pour l’All-Montréal de la CHL en 1909 avait ensuite poursuivi sa saison à Haileybury dans la NHA. Il aurait reçu un salaire de 800 $ pour y terminer la saison, un salaire énorme, qu’il n’atteindra plus jamais.
Reste 2 joueurs à mettre sous contrat (on joue encore à 7 pour une dernière saison dans l’est du pays). Ces joueurs seront pénibles à dénicher.
Il tente d’abord de convaincre d’ex-joueurs vedettes de Québec et ainsi créer une équipe complètement composée de joueurs locaux. Herb Jordan, le plus convoité et le meilleur joueur du Québec HC dans la première décennie avait quitté l’équipe en 1909 pour les fameux Millionnaires de Renfrew. Tout en gardant son titre de joueur amateur, il gagnait sa vie comme employé de la crèmerie de l’homme d’affaires et propriétaire de l’équipe Ambrose O’Brien. Il y demeurera associé toute sa vie et accrochera ses patins cette année-là. Eddie Hogan, le premier joueur natif de Québec à avoir joué professionnel avec Pittsburgh en 1907, sera libéré le 10 décembre par ces mêmes Millionnaires de Renfrew, mais ne jouera pas non plus cette année-là (on le retrouvera plus tard en tant qu’entraineur de l’Université Dartmouth). Jos n’a finalement pas plus de succès avec son frère, l’excellent Charles « Chubby » Power, auteur de 44 buts en 23 parties de 1907 à 1909. Militaire de formation, il a abandonné le hockey pour se dédier à sa carrière. Il deviendra un héros de la 1re guerre mondiale, avant d’être élu 10 fois de suite comme député libéral à Ottawa. On reparlera plus tard de ce grand politicien.
3 joueurs vedettes de Québec qui accrochent leurs patins en même temps ? Faudra regarder ailleurs.
L’équipe n’a encore attiré aucun joueur de l’extérieur. Certains joueurs motivent leurs hésitations dans l’espoir qu’une nouvelle ligue naisse, leur permettant de créer une surenchère qui leur avait tant profité l’année précédente. Le temps presse et le 20 décembre, Rocket Power est à Ottawa pour convaincre Walter Smail. Ce joueur passera les fêtes de Noël sans contrat mais finira par s’entendre avec les Wanderers de Montréal. Hamby Shore est aussi reluqué mais retournera avec Ottawa.
Même si le nouveau plafond salarial de 5000 $ par équipe permet à Québec de croire en ses chances, l’organisation n’a pas beaucoup d’argent. Le Sénateur Choquette fait une sortie et dénonce l’apathie des citoyens envers la souscription lancée 3 semaines plus tôt. “L’exécutif compte sur la générosité du public pour organiser une équipe de premier valeur”.
Malgré tout, Jos Power affirme compter sur un club de champion. Le 13 décembre. les joueurs sous contrat et les autres qui tentent d’obtenir les postes vacants s’entraînent en gymnase au YMCA de Québec.
Finalement, l’organisation obtient son premier joueur “étranger”, Eddie Oatman, coéquipier de Rocket, Malone et McDonald à Waterloo en 1910. Il participe à un premier entraînement sous les regards intéressés de la presse : « Il a fait bonne figure malgré un voyage en train de 24 heures, fraîchement débarqué à l’hôtel Victoria, des chaussures et ses patins nouveaux aux pieds ». Avec Moran, les frères Joe et Rocket Power à la défense et Malone, McDonald et Oatman à l’attaque, ne reste plus qu’à trouver un “rover”.
Il sera déniché quelques jours avant le début de la saison. Le 27 décembre, l’Ontarien Ken Mallen est officiellement avec l’équipe. C’est une « assez bonne acquisition » diront les journaux.
Le capitaine de l’équipe sera Rocket Power. La saison avance à grand pas. C’est le dévoué Charles Nolan, l’ancien capitaine des Crescents qui dirige les entraînements.
Québec n’aura droit qu’à un match préparatoire contre une équipe composée des meilleurs joueurs amateurs de la Ville. Il l’emportera aisément 6-2.
Le 2 janvier 1911, il y a 100 ans, Québec marque son entrée dans la meilleure ligue de hockey au monde par une victoire de 3-2 contre les Millionnaires de Renfrew. On y reviendra la semaine prochaine…
Les dernières apparitions publiques (voir articles précédents) commencent à rapporter. Quelques personnes m’ont contacté pour me faire découvrir leur trésor. Je vous partage ici une magnifique photo des Crescents de Québec, champions de la ligue de hockey de Québec en 1897. Cette équipe allait devenir une des plus populaires de l’époque, avec déjà dans l’équipe, le secrétaire-trésorier M.J. Quinn (premier à gauche, rangée supérieur) et des joueurs tels Chuck Nolan (entraineur des Bulldogs en 1911-1912) et “Jimmy” Gillespie (dernier en bas à droite). Ce dernier, auteur de 36 buts en 36 parties entre 1898 et 1908 avec les Bulldogs est le cousin de la mère de Stuart Wright, le propriétaire de cette photo. Le notaire de Québec a lu l’article concernant mon projet dans le Quebec Chronicle-Telegraph. Il me racontait que sa mère allait régulièrement aux matchs des Bulldogs au Quebec Skating Rink et que son joueur préféré était “Goldie” Prodger, joueur gagnant de la Coupe Stanley en 1912. Merci de partager vos trésors avec nous. Vous pouvez toujours et en tout temps nous en faire part à quebecbulldogs@gmail.com
Entrevue radio avec Claude Bernatchez de l’émission Première Heure à la première chaine de Radio-Canada (106,3 Québec).
le site de l’émission.
J’ai eu la chance d’être interviewé par Ken Schankler du Quebec Chronicle-Telegraph sur mon projet de livre. Ce journal interpèle directement la communauté anglophone de Québec ce qui rend cet exercice très important.
Patrick “Paddy” Moran, Joe Malone and Joe Hall, pictured in 1913, are in the Hockey Hall Of Fame. Moran and Joe Malone are from the Québec City area.
They were a predominantly Anglophone team in a French-speaking town. Their star player would later score 44 goals playing for the Montreal Canadiens. They won the Stanley Cup twice, playing at a small rink just inside the Rue St. Louis gate long before national TV contracts and multi-tiered 20,000 seat arenas.
The first games were played with a band performing at center ice during the game.
“They would have to skate around the band,” said Radio-Canada television personality Marc Durand, the host of the national weekly show Tellement Sport based in Quebec City the last three years.
Yet when it comes to hockey history books, the Quebec Bulldogs are largely ignored.
Durand is hoping to change all that. He is currently working on a book about the team that he expects to be issued in time to honour the 100th anniversary of the Bulldogs’ 1911-12 Stanley Cup. Currently, he is looking for the public’s help in finding information about the team.
Durand has dedicated a website to the history of the Bulldogs. The website address, available in French only, is www.quebecbulldogs.com.
“They were like for 40 years one of the best teams in the world and they had the best players in the world,” he said.
Leading the team was Joe Malone, who would score 43 goals in 20 games during the team’s second Stanley Cup season in 1912-13. On January 31, 1920, Malone scored seven goals in a game against Toronto, a record that has never been equalled.
Other players on the Bulldogs included Joe Hall, Jack MacDonald, Paddy Moran and Percy Lesueur and three brothers, Chubby, Joe and Rocket Power. Well-known Quebec City doctor Walter Rooney scored a goal in the 1912 Stanley Cup final, the only goal he ever scored.
In contrast to modern, multi-year, multi-million dollar contracts, players were paid little and some were reluctant to take any money at all.
“A lot players didn’t want to go pro because if they played for money they couldn’t return to their amateur teams,” Durand said.
The local media at the time also preferred not to see players receive payment for play.
The Bulldogs roots can be traced to hockey’s amateur days as they competed in the Amateur Hockey Association, later called the Canadian Amateur Hockey Association.
The team officially known as Athletics won the CAHL Championship in 1904, but was not allowed to vie for the Stanley Cup.
The CAHL would be come the ECAHA as a desire to become a professional league overwhelmed amateur hockey leading to the formation of the Canadian Hockey Association in 1909, in which the Quebec Bulldogs were a founding member.
However, after just one month, the CHA merged into the more powerful National Hockey Association. The Bulldogs were unsure they wanted to join, so they sat out the rest of the season.
After a one-year hiatus, the Bulldogs joined the NHA, with McDonald scoring 14 goals and Tommy Dunderdale scoring 13 in a 16-game season. However, the Bulldogs would finish in last place with a 4-12 record.
The Bulldogs in 1911-12 would go from worst to first, as Hall scored 15 goals while having an imposing physical presence on the ice. Malone added 21 goals and McDonald potted 18, as the Bulldogs posted a 10-8 record. In the Stanley Cup Finals the Bulldogs easily defeated the Moncton Victoria in 2 games, 9-3 and 8-0, to claim the Cup.
In 1912-13, Coming off their Stanley Cup Championship, the Bulldogs were even stronger as they ran away with the NHA title with a record of 16-4. Malone had 43 goals, Tommy Smith, 39.
In the Stanley Cup Finals, the Bulldogs again dominated beating the Maritime Champion Sydney Millionaires in two straight games by a combined score of 20-5. After beating the Millionaires, the Bulldogs were challenged by the PCHA Champion Victoria Aristocrats.
Bursting with confidence the Bulldogs expected to walk over the Aristocrats. However, the Bulldogs would split the first two games before losing 6-1 in the decisive third game. However, because the Stanley Cup Board of trustees did not recognize the challenge, the Bulldogs were able to keep the Cup (Note: The Bulldogs offered to play the Stanley Cup games in Quebec City as they entitled to ask were but Victoria refused to travel. They settle for a “world series” event and never, the cup was supposed to be the final prize.)
Durand has relied in large part on the Quebec Chronicle, a forerunner of the Chronicle-Telegraph, for information.
“They were really close to the team and the owners,” Durand said of the paper.
As for his own show, Durand likes to focus on Anglophone athletes.
“We don’t care if they don’t speak French,” said Durand of his interview subjects. “We want to be recognized as much as French Canadian athletes.”
Durand can be contacted quebecbulldogs@gmail.com
En cet hiver de l’année 1895, Les Victorias de Winnipeg ont une mission: prouver aux équipes établies qu’il se joue du bon hockey à l’ouest de l’Ontario.
Ils sont en ville, invaincus jusqu’à ce jour dans le cadre d’une triomphante tournée dans l’est du pays. Partout, ils surclassent leurs adversaires chez eux, comme en témoignent de grandes victoires de 5-2 à Ottawa et 5-1 contre le M.A.A.A. (Montréal), détenteur de la Coupe Stanley.
Arrivé le 5 février et logé à l’hôtel St-Louis, les Victorias de Winnipeg sont largement favoris pour l’emporter. Québec vient de subir une rare défaite à la maison quelques jours plus tôt.
À la consternation générale, Québec l’emporte 3-2. Pour une rare fois, la nouvelle du match se retrouve à la première page du Quebec Chronicle.
Du hockey rapide et propre. Les spectateurs ont peut-être eu droit à la plus belle démonstration de hockey à ce jour. Le match le plus scientifique jamais présenté à Québec.
L’attaquant A.D. Scott a brillé pour Québec y allant du premier et 3e but de son équipe, le dernier brisant l’égalité. Dan Bain, futur membre du Temple de la renommée comptera le 2e but de Winnipeg. Le gardien québécois F.S. Stocking, encore malade et « sous traitement du médecin » aurait joué à ce jour son meilleur match en carrière.
Après le match, le capitaine des Victorias C.J. « Tote » Campbell aurait déclaré au journaliste du Quebec Chronicle qu’il n’avait jamais affronté une aussi bonne équipe. Le journaliste conclu : « ce sera une surprise pour les Montréalais qui croient que Québec ne peut pas gagner une partie proprement ».
Malheureusement, le capitaine Campbell aura un autre discours loin de Québec. Il fait parvenir un télégramme à certains quotidiens dans lequel il blâme le favoritisme des officiels et la conduite des spectateurs pour leur seule et unique défaite du voyage. Heureusement, le Saturday Night de Toronto conclu en ces termes : On dirait que Winnipeg est incapable d’accepter la défaite et de tirer la première leçon que la pratique du sport doit nous enseigner.
Par cette grande victoire, le Club de Hockey Québec avait prouvé être parmi les meilleures équipes au pays.
Un an plus tard, les Victorias de Winnipeg remporteront la Coupe Stanley, devenant la première équipe à l’extérieur du Québec à réussir l’exploit. Ses joueurs la remporteront de nouveau en 1901. Leur capitaine Dan Bain est aujourd’hui membre du Temple de la renommée.
Je suis présentement en écriture… et non en tournage. Le livre aura priorité sur le documentaire. Les photos d’équipes sont trop rares, les témoins aussi. Les films ? Pas encore retracés. De grandes nouvelles seront publiées sous peu. Des ententes avec des sources de financement, de recherche et d’édition promettent un livre de grande qualité, abondamment illustré. Les jours de pluie (donc d’écriture) sont bienvenues !
Le Quebec HC (Bulldogs) n’a jamais eu de joueurs francophones de grande qualité. En de trop rares occasions, il a tenté d’en attirer : Didier Pitre et Aurèle Joliat ont reçu des offres des « Blancs et Bleus », mais sans suite.
Edmond Bouchard aussi.
À l’hiver 1917, le Quebec HC attire moins de 1000 spectateurs à l’Aréna. L’interminable première guerre mondiale mine l’intérêt des partisans. Il faut souligner également que l’équipe est exclusivement composée de joueurs anglophones. La population locale, largement “canayenne“, encourage d’abord ses joueurs de la ligue municipale.
On ne reprochera pas au patron du Quebec HC Mike (MJ) Quinn d’offrir un contrat professionnel à l’excellent George Carey, un joueur dominant du Sons of Ireland, le meilleur club amateur de Québec. Il donne raison à l’organisation et surprend agréablement chez les pros de la N.H.A.
Sans doute inspiré par le succès instantané de Carey, Mike (MJ) Quinn fait alors de l’œil au « nouveau » meilleur joueur amateur de la ville, Edmond Bouchard. Il n’y a pas plus francophone que ça!
Cet athlète de St-Étienne des Grès en Mauricie, alors âgé de 24 ans, en est à ses premiers coups de patins dans la Vieille Capitale. Nouveau joueur du club francophone Les Montagnais, il fait 5’10’’ et 185 livres. Un vrai p’tit bouledogue…
Le 2 janvier 1917, Le Quebec Chronicle avance qu’Edmond Bouchard est « convoité par le Québec » et prétend qu’il « pourrait même s’entendre avec lui à temps pour le match demain soir contre les Canadiens ». Une stratégie qui aurait pu mettre la population “du bon bord” car, vous l’aurez deviné, les francophones de Québec adorent les Canadiens de Montréal.
Mais Edmond Bouchard ne jouera pas pour les Bulldogs ce soir-là.
Dommage.
Edmond Bouchard est un joueur populaire, peut-être encore plus que Joe Malone chez les francophones. Cette saison-là (1916-17), il enregistre 16 buts en 9 parties pour Les Montagnais. Lors des saisons 1918 et 1919 (marquées par l’absence des Bulldogs et du hockey professionnel à Québec), il devient le joueur vedette de la Ville en marquant un impressionnant total de 48 buts en 17 parties, dominant aisément la colonne des marqueurs et les manchettes des journaux !
À l’automne 1919, les Bulldogs renaissent de leurs cendres et lui offre encore une fois de porter un chandail professionnel.
La suite des choses soulève une tonne de questions.
Lors du premier match des Bulldogs dans la LNH en décembre 1919, Edmond Bouchard demande étonnamment à Mike (MJ) Quinn de porter l’uniforme et de s’asseoir au banc des joueurs. Quinn refuse, prétextant que les spectateurs se questionneraient sur la pertinence de ne pas faire jouer un de leurs favoris.
Quelques jours plus tard, coup de théâtre : après un match avec les Crescents de Québec, Bouchard quitte la Ville pour une autre équipe, le Hochelaga de la Ligue Sénior de Montréal.
Cette ligue amateur cesse ses activités en 1921 et Bouchard revient à Québec. Il s’apprête à jouer pour les Voltigeurs de Québec dans la toute nouvelle ligue provinciale lorsque l’association de hockey amateur du Québec est chargée d’enquêter sur lui.
Monsieur L.A. Latreille, l’ex-patron du Montréal Hochelaga allègue qu’Edmond Bouchard a joué pour un salaire de 750 $ avec son équipe “amateur” en 1920 (50$ par partie, pour 15 jouées). Il aurait donc quitté les Voltigeurs de Québec (et les Bulldogs ?) pour jouer “pro” à Montréal.
Le patron des Voltigeurs de Québec Lionel Létourneau soutient tout de même Edmond Bouchard dans son plaidoyer d’innocence. En dernier recours, Bouchard avoue avoir reçu ces sommes pour payer ses frais de déplacement, ce qui était permis. Le comité en doute puisque qu’un voyage « Trois-Rivières-Montréal » ne coute alors que 2.25 $. On se questionne aussi sur la pertinence qu’il verse 6.50$ par jour de travail manqué à celui qui remplace son quart de travail à Trois-Rivières.
Le verdict tombe le 2 janvier 1922 : Le patineur de la Mauricie perd son statut de joueur amateur. Forcé à la retraite chez les “amateurs”, il accepte ce jour-là de signer une entente professionnelle avec … les Canadiens, exactement 5 ans après avoir décliné la première offre professionnelle des Bulldogs.
Un peu moins d’un an plus tard, le 22 décembre 1922, il sera échangé ironiquement à Hamilton, le nouveau domicile des “Bulldogs“, en retour de… Joe Malone.
Si sa carrière professionnelle n’a commencé qu’à l’âge de 30 ans, il aura eu le temps et le talent pour jouer 220 matchs dans la LNH avec Montréal, Hamilton, les NY Americans et les Pirates de Pittsburgh.
Ce n’est que le 26 janvier 1934 qu’il retrouve son statut de joueur amateur (ça se faisait !). On retrace le nom du hockeyeur dans les journaux de la Mauricie jusqu’en 1936, alors qu’il est encore actif dans une ligue locale à l’âge de 43 ans.
Il est décédé le 18 juillet 1955 à l’âge de 63 ans.
Qui sait ce qu’un “oui” au Quebec HC en 1917 aurait pu changer au cours de l’histoire de l’équipe.
Il est sur les photos des équipes championnes de 1912 et 1913 et pourtant, il n’aurait jamais joué au hockey. M.J. Quinn a été pendant plus de 10 ans à la tête du Quebec Hockey Club, en fait pendant toute son existence dans le hockey professionnel.
De descendance irlandaise, Il est né en 1875 à Québec.
Il a d’abord œuvré comme fonctionnaire municipal, pour quitter son poste le temps de quelques années auprès de 2 quotidiens, le Daily Telegraph et le Canadien-Nord. Il reviendra à la Ville de Québec en 1910 comme évaluateur.
On dit qu’il a été de la création du « Crescent Hockey Club » en 1891 et il y sera en tant qu’administrateur jusqu’à leur championnat provincial en 1901.
En 1902, il accompagne quelques joueurs avec le grand club. Dès que le Québec HC devient « professionnel » en 1908, il est nommé gérant de l’équipe. Il aura donc à dénicher les meilleurs joueurs disponibles et négocier leurs contrats.
Avec l’aide de Joe Malone qui deviendra capitaine de l’équipe en 1911, il contribuera à bâtir l’une des meilleures équipes professionnelles de la décennie.
Joe Hall, Tommy Dunderdale, Ken Mallen, “Rusty” Crawford, Jack Marks, Eddie Oatman, Goldie Prodger, Tommy Smith et les frères Mummery sont tous des joueurs vedettes qu’il a dû convaincre de venir passer l’hiver ici, loin des leurs, pour des salaires souvent moindres; Québec n’a jamais eu l’assistance ni les infrastructures pour soutenir avantageusement les joueurs de l’équipe.
On le décrit comme un parfait gentilhomme, affable et courtois. Il est très apprécié de la ligue, des joueurs et des amateurs.
En février 1913, il menace de quitter son poste si un nouvel aréna n’est pas construit à Québec. Le Quebec Skating Club des Plaines d’Abraham est totalement désuet et la ville tarde à construire un nouveau domicile adéquat pour le hockey moderne. Ses menaces sont prises en considération et la saison 1913 s’amorcera au nouvel “Arena Québec” situé au Parc Victoria.
Ses talents de dépisteur sont reconnus partout au pays. À tel point qu’en mars 1914, le Toronto Sunday World annonce qu’il vient de recevoir une offre extraordinaire : le poste de gérant des « Ontarios », une équipe de Toronto de la N.H.A. qui rivalise avec les “Bulldogs”. Les arguments sont incroyables : Un contrat de 5 ans à raison d’un salaire de 3000$ par année, soit le double, voire le triple des meilleurs joueurs de l’époque. Il ne donnera pas suite à cette offre, préférant demeurer auprès des “Bulldogs” et de son principal emploi, celui d’évaluateur municipal qu’il occupera jusqu’à sa mort.
Passionné, il sera parmi les instigateurs du hockey moderne, joué à 6 joueurs au lieu de 7 et disputé sur 3 périodes au lieu de 2. En 1916, il proposera de comptabiliser « les passes » dans les statistiques des compteurs. « Un joueur qui obtient 10 buts et 15 passes devrait être reconnu champion-marqueur devant celui qui obtient 12 buts et 5 passes ».
En 1917, il est l’un des signataires de la toute nouvelle Ligue Nationale de Hockey. Toutefois, conscient du manque de ressources financières de l’équipe causé par le désintérêt général et la 1ere guerre mondiale, il décide de « louer » ses joueurs et prendre une pause. Les “Bulldogs” cessent leurs activités et les Joe Malone, Joe Hall et cie seront redistribués aux autres formations de la nouvelle ligue. Il en sera ainsi pour 2 ans.
En 1919, à la suite de complications juridiques impliquant des investisseurs de Toronto, les “Bulldogs” sont réanimés et M.J. Quinn se voit « contraint » à reprendre les rennes de l’équipe. Loin des grandes villes, l’équipe n’attire aucun nouveau joueur important. Québec aura droit à ses anciens joueurs et devra offrir des contrats à quelques joueurs amateurs de la Ville. Malgré le meilleur compteur de la ligue en Joe Malone, les “Bulldogs” de “Mike” Quinn termineront leur dernière saison avec une fiche de 4 victoires et 20 défaites.
En 1920, la L.N.H. déménage la concession de Québec à Hamilton par crainte que le nouvel aréna de cette ville soit occupé par une équipe d’une nouvelle ligue concurrente, ligue qui n’aura jamais vu le jour. Rien ne laisse croire que “Mike” Quinn ait reçu une quelconque compensation financière.
Les dernières années de sa vie semble s’être passées loin des patinoires. Sa mort est toutefois annoncée dans tous les quotidiens de Québec. Le 25 juillet 1923, « Mike » Quinn est mort subitement à sa résidence, rue St-Joachim suite à une embolie pulmonaire. Il avait 48 ans.
Associé au hockey de haut niveau de Québec pendant plus de 30 ans, M.J. « Mike » Quinn aura, sans compter un seul but, permis à Québec de gagner plus souvent qu’à son tour.
Malgré leur mort au printemps 1920, les Bulldogs de Québec se sont réincarnés à quelques reprises: Ils sont devenus les Tigers d’Hamilton (1920-25), les Americans de New York (1925-1941) pour finalement laisser aucune trace de vie après la seule saison des Americans de Brooklyn (1941-42).
http://www.britishpathe.com/record.php?id=4207
Pour le projet qui m’est chère, je suis toujours à la recherche de film impliquant l’équipe ou les joueurs. À part quelques textes ici et là relant la présence de “movieman” lors d’entraînement, je n’ai rien touché encore. Voici pourquoi, petit bonheur ou médaille de carton, je vous propose ici un mince soupir de notre défunte équipe: Dans ce document, on y retrouve des extraits d’un match entre les Maroons de Montréal et les Americains au Madison Square Garden, diffusé par Pathé Gazette le 12 janvier 1930. Il y a d’ailleurs erreur: Ce n’est pas une partie entre américains et canadiens. Jamais le Canada n’a porté de “M” sur son chandail.
Aucun Bulldogs ne s’y retrouve. Petit butin. Intéressant quand même non ?
J’ai déjà lu quelque part que Québec avait manqué la première chance de mettre la main sur un jeune gardien de Chicoutimi, Georges Vézina. Mais en ce 30 décembre 1909, l’équipe de Québec a peut-être eu raison de ne pas avoir été impressionné par celui qu’elle a déjoué 7 fois dans une victoire de 7-3 contre Chicoutimi.
Un résultat différent aurait pu séduire l’organisation. Quelques jours plus tôt, les Bulldogs avaient perdu les services de leur as gardien, Paddy Moran, tenté par un contrat avec les All-Stars de Montréal.
Mais dans ce premier match « d’entraînement », les médias parlent en bien de celui qui est pressenti pour prendre sa relève, Harry Doddridge, un gardien amateur de Québec âgé de 27 ans.
50 jours après la rencontre contre Québec, le 17 février 1910, Georges Vézina blanchit le Canadien 1-0 à Chicoutimi.*
Le soir même, sous la recommandation du gardien perdant, Jos Cattarinich, le gérant du Canadien Georges Kendall lui offre un contrat qu’il refuse, pour finalement l’accepter, à temps pour la saison 1910-1911. Georges Vézina jouera 16 ans et 328 parties de suite avec le Canadien et donnera son nom au prestigieux trophée remis au meilleur gardien de but de la LNH.
Quant à Harry Doddridge, il ne disputera que 7 parties avec Québec sur 2 saisons, accordant en moyenne plus de 7 buts par match.
* Certains sites dont la page Wikipédia de Cattarinich parlent d’une victoire de 10 ou 11 à 5. Je n’ai trouvé aucun article d’époque sur cette partie. Plusieurs de ses sites ajoutent que les Chicoutimi auraient aussi battu les Bulldogs 10 à 8 quelques jours plus tard, ce qui est peu probable puisque l’équipe avait cessé ses activités à ce moment. Si c’est le cas, c’était sans Malone, Power et cie…
Article intéressant et très d’actualité: Joe Hall, l’ex-joueur vedette des Bulldogs, fût la grande victime de la grippe espagnole qui sévisait partout en Amérique du Nord en 1919. Merci Martin.

Trouvé hier: une photo d’époque sans plus de détails. L’équipe est sans doute de Québec puisque la brasserie Boswell s’y est établie en 1668.

Même avec une équipe gagnante, les foules sont décevantes en 1912-1913. Québec est “trop fort pour la ligue” avec sa fiche de 16 victoires et 4 défaites et l’enivrement de la course au championnat n’est plus depuis la mi-saison. Aussi, des rumeurs ont même laissé croire que les “joutes” étaient “arrangées”. Rien pour convaincre les amateurs de se déplacer par une nuit froide de février…
Imaginez, on y apprend que la plus petite recette d’un match a été de 1200 $. Comme les billets se vendaient entre 0.50 $ et 1 $, imaginez le nombre de spectateurs. Ailleurs, Toronto, Montréal et Ottawa en attirent régulièrement 5000…

La Patrie, 10 mars 1913
Le Québec HC (Les Bulldogs) a été créé en 1878, trois ans après l’invention du hockey, L’hiver suivant la construction du 2e Québec Skating Rink, face au Parlement. Réunissant les meilleurs joueurs de la région, Il est devenu, par défaut et surtout par la nature même de ses sélections, la meilleure équipe de Québec. Il a donc représenté la ville lors des confrontations avec Montréal, lors des carnavals de Montréal et de Québec, lors de la création de la première ligue “nationale” en 1890, etc.
Comme le hockey devenait de plus en plus populaire, d’autres équipes sont nées et certaines avaient aussi de grandes aspirations. Le club Crescents de Québec a été fondé en 1890 et devint en 1900 l’équipe favorite des Québécois. La raison est simple: Il obtient le premier championnat de la ville.

Le 9 mars 1901 au Québec Skating Rink, en grande finale de la Ligue Intermédiaire du Québec, Le Crescent l’emporte 5-2 sur le Montréal II devant plus de 2000 spectateurs. Dans les “filets” pour Québec (note: le filet a été installé à Québec en janvier 1900) un jeune gardien, Patrick Moran, celui qui allait devenir, dès la saison 1901-02, le gardien de but des Bulldogs jusqu’en 1917. À l’attaque, Herb Jordan, l’un des meilleurs joueurs des Bulldogs de la première décennie du 20e siècle et qui allait terminer sa belle carrière avec les Renfrew Millionnaires. Également sur la patinoire, le capitaine (et entraîneur) Charles Nolan, le même qui allait, 11 ans plus tard, conduire les Bulldogs à la Coupe Stanley. À souligner aussi la présence de 2 francophones, Louis Demers et Edward Garneau, auteurs de 3 des 5 buts de l’équipe lors de cette partie finale.
Durant la saison, d’autres futurs joueurs du Québec HC ont participé aux succès des Crescents, dont les frères Charles “Chubby” Power et Rocket Power.
Cet hiver là, le Crescent a remporté 5 des 6 parties de la saison régulière, battant Trois-Rivières et Québec II deux fois, puis divisant les honneurs contre Sherbrooke. La demi-finale de cette ligue à 4 divisions les opposait à Aberdeen (Ottawa) qu’ils ont battu 3-2. Une fiche de 7-1 à travers le Québec mérite donc le respect. C’est ce qu’il croyait.
Depuis quelques années, les équipes championnes de la Ligue Intermédiaire avaient comme légitime ambition d’être admises dans la ligue senior, la C.A.H.L., comme le prévoyait sa constitution. Malheureusement, le Crescent se voit refuser cet accès par les “vieilles équipes”, ce qui fera plusieurs mécontents et éventuellement, provoquera en 1903 la création de la Federal Amateur Hockey League (F.A.H.L.) dont fera partie une toute nouvelle formation, les Wanderers.
Dans son livre “L’histoire du hockey au Québec”, Donald Guay écrit: Afin de savoir si le Crescent est vraiment de calibre senior, ils (les dirigeants de la CAHL) lui proposent de jouer une partie contre le dernier club de la ligue senior pour qu’ils soient en mesure de “juger de sa force”. Finalement, le Crescent renonce et reste dans la ligue intermédiaire sans toutefois taire son mécontentement.
Or, le dernier club au classement de la ligue senior cette saison là est… celui de Québec.
Le Québec HC est parmi ceux qui s’opposaient aux élargissements des cadres de la ligue. Auteur d’une saison catastrophique de 1-7, financièrement fragile et défavorisé par la difficulté d’attirer des joueurs “étrangers” par sa situation géographique, l’organisation voyait parmi les “Crescents” des joueurs qui pourraient les aider immédiatement . D’ailleurs, tous les joueurs réguliers de l’édition 1900-01 des Crescents ont éventuellement porté le chandail bleu et blanc du Québec HC.
Le Crescent demeure donc dans une ligue de “deuxième division” pour les 4 années suivantes, pour disparaître et réapparaître le temps de quelques saisons, comme celle de 1908 avec un certain Joe Malone dans son alignement.

Photomontage officiel Crescents Hockey Club 1901
Étonnamment, on retrouve le défenseur Percy LeSueur sur la photo commémorative soulignant le championnat (quatrième photo de la partie supérieure). Futur gardien étoile des Sénateurs d’Ottawa, les livres disent qu’il aurait joué pour le Québec II (adversaire des Crescents) et un match pour le Québec HC, comptant même un but pour eux.
Qui avait la meilleure équipe au tournant du siècle ? Bulldogs ou Crescents ? Difficile à dire, mais une seule rencontre aurait pu changer le cours de l’histoire…

Le club de hockey Canadien a célébré son 100e anniversaire un an trop tôt. En fait, il aurait dû le faire lors de la saison 2009-2010 car le 1er match de cette équipe n’a eu lieu que le 5 janvier 1910. Enfin… Pendant près de 10 ans, le club de hockey francophone aura comme principale adversaire les Bulldogs de Québec.
Le Canadien est né d’une grosse chicane de sous et de pouvoir. C’était tellement vrai qu’en cet automne 1909, les propriétaires se divisent et proposent deux nouvelles ligues aux amateurs : la C.H.L. et la N.H.A. Bonne chance pour la suite.
La Canadian Hockey League est composée de 3 anciennes franchises de la E.C.H.A. . Québec est l’une d’elles avec Ottawa et les Shamrocks (Montréal). Deux nouvelles équipes voit le jour : Le All-Montreal qui embauche d’ailleurs notre gardien Paddy Moran (sa seule fugue en carrière) et le National (comme dans Lance et Compte), une équipe composée uniquement de joueurs francophones. La nouvelle ligue refuse toutefois une grande équipe, les Wanderers (Montréal), détentrice des Coupes Stanley de 1906, 07 et 08. Frustrée, l’équipe se retourne et joint une ligue rivale, la National Hockey Association (vous me suivez toujours ?). Elle est dirigé par le riche homme d’affaire John Ambrose O’Brien qui possède aussi l’équipe vedette, les “Millionnaires” de Renfrew. Riche et intelligent, il accepte les Wanderers et crée une nouvelle équipe francophone dans sa ligue, « les Canadiens » afin de concurrencer le National au guichet « francophone »
5 équipes professionnelles pour Montréal, c’est trop. Après 3 semaines d’activités, Les plans de O’Brien et des Wanderers fonctionnent et font mourir la C.H.A. Ottawa et les Shamrocks passeront chez l’ennemi et la N.H.A. offre même au National de remplacer les Canadiens. O’Brien, qui avait offert de faramineux contrats aux vedettes francophones de l’époque (Pitre, Laviolette…) voulait ainsi se débarasser de ces engagements en donnant les contrats ses joueurs au National, équipe plus faible. Le National refuse l’offre et passe ainsi à côté de l’histoire…
Dans toute cette aventure, les amateurs des Bulldogs sortent grands perdants. Québec n’aura joué que 3 parties cet hiver là, remportant à Québec son dernier match le 15 janvier 1910, 12-11 contre le National, mort et enterré le soir même. Non seulement Québec a choisi la mauvaise ligue mais la N.H.A. n
e lui offre même pas de la rejoindre. Les joueurs sont alors libres et certains vont jouer dans une autre ligue, la O.P.H.L. (Ontario Professional Hockey League). L’ex All-Montreal Paddy Moran s’alignera pour Haileybury, tandis que les Bulldogs Joe Malone (voir l’offre de contrat, 3 jours après le match contre le National), Jack MacDonald et Rocket Power s’aligneront avec Waterloo. L’histoire veut que l’aventure ontarienne a finalement été profitable pour Québec : Joe Malone connait beaucoup de succès avec son nouvel ailier droit Eddie Oatman. Il le convainc de jouer pour Québec lorsqu’elle joindra la N.H.A. la saison suivante. Il aidera les Bulldogs à gagner leur première Coupe Stanley.
Fait à noter : Le tout premier gardien de but du Canadien a été Joseph Cattarinich, un gars de Québec né en 1881 qui a fait ses études au collège de Lévis. Il sera de la victoire de 7-6 sur Cobalt le 5 janvier 1910, en surtemps.
Il y a quelques semaines, j’ai eu l’immense privilège de rencontrer la famille Malone, les enfants et petits-enfants du grand Joe Malone. Rita et Joe jr nous ont non seulement accueillis à leur domicile de London en Ontario mais aussi, généreusement ouvert leur coffre au trésor: Des photos, des lettres, des articles concernant sa brillante carrière. Toute une journée, accompagné d’un caméraman, j’ai pu faire des entrevues avec toute la famille qui nous a parlé de la fierté d’être associé à ce grand joueur de hockey, cet homme d’affaire, cet inventeur, ce père formidable, ce grand-père généreux.
Bien sûr, tout ça sera servira la cause du documentaire et livre prévu pour mars 2012, lors du centenaire de la première conquête de la Coupe Stanley des Bulldogs de Québec.
D’ici là, j’ajouterai occasionnellement des photos et documents exclusifs sur mon site.
Je remercie infiniment la famille Malone pour leur générosité et leur confiance.
“Season 1911″. Cette photo des archives de la famille Malone illustre leur célèbre père, Joe à droite, accompagné du joueur étoile de Québec Jack MacDonald au centre et de Jeff Malone, frère de Joe à gauche. Selon la famille, elle aurait été prise à l’automne 1911. Les trois joueurs venaient de quitter la “Quebec Bank“, fiers d’avoir apposé leur nom sur le contrat qui les liait aux Bulldogs de Québec pour la saison à venir.
Question quiz: La banque était située au coin de quelles rues ?
C’est une question récurrente: Où jouaient les Bulldogs ? Une photo retrouvée récemment sur le magnifique site du musée McCord nous l’illustre clairement (cliquer sur la photo pour une meilleure définition).
On y voit les plaines d’Abraham en 1908, il y a 100 ans. On y voit aussi les murs, la Citadelle puis en bas, une route de terre. Cette route, aujourd’hui rue Georges VI, prend racine sur la Grande-Allée pour aboutir directement sur le Quebec Skating Rink (Le Patinoir Québec). C’est là que les Bulldogs ont joué de 1888 à 1913, remportant sur place leur Coupe Stanley de 1912 et 1913.
L’édifice qui continuait à offrir du temps de glace aux “jouteurs” (hockeyeurs) et patineurs de la région a finalement été la proie des flammes le 29 octobre 1918. Déjà destiné à sa démolition, la Commission des champs de bataille n’a pas cru bon le reconstruire puisqu’il ne correspondait plus à la vocation historique et patrimoniale de l’endroit. De plus, l’Aréna de Québec du parc Victoria, construit en 1913 pour les “Bulldogs” n’était plus très occupé, l’équipe ayant abandonné momentanément ses activités à l’automne 1917.
Des ruines et des souvenirs. Des jours difficiles étaient à prévoir.

La présente série finale de la Coupe Stanley propose trois noms qui sonnent bien à mes oreilles.
Les Penguins comptent sur Adam Hall et Ryan Malone pour l’emporter. De l’autre côté, Les Red Wings alignent le défenseur Brad Stuart.
Évidemment, on retrouve leurs homonymes dans la belle histoire des Bulldogs de Québec. De plus, ils ne sont pas trois mais cinq à avoir déjà remporté la Coupe Stanley et quatre d’entres eux sont membres du Temple de la renommée du hockey.
Joe Hall a joué pour Québec de 1910 à 1917. Il est mort de la grippe espagnole en pleine série de la Coupe Stanley de 1919, à Seattle, alors qu’il était “loué” depuis 2 ans aux Canadiens de Montréal par un Club Québec inactif.
Joe Malone a été l’âme des Bulldogs, de 1908 à 1920. Capitaine et entraîneur, il a établi plusieurs marques avec Québec et le Canadien. Son frère Jeff aura aussi joué quelques matchs avec les Bulldogs.
Bruce Stuart n’a joué que la saison 1901 et a compté 5 buts en 6 parties. Il connaîtra par la suite une brillante carrière avec plusieurs équipes, permettant aux Wanderers de 1908 et à l’Ottawa de 1910 de remporter la Coupe Stanley, enfilant 18 buts en 7 rencontres.
Son grand frère Hod Stuart a disputé les saisons 1901 et 1902 avec Québec. Je me permets une parenthèse. D’abord, il profite de son passage pour rencontrer et épouser une fille de Québec nommée Loughlin. En 1907, il est de l’équipe des Wanderers de Montréal, détentrice de la Coupe Stanley. Quelques mois plus tard, le 23 juin, il meurt en plongeant tête première dans une rivière près de Belleville en Ontario. Sa mort sera à l’origine du tout premier match des étoiles, le 2 janvier 1908 à Montréal. Plusieurs joueurs des Bulldogs s’aligneront dans une équipe de joueurs étoiles contre les Wanderers. L’évènement, créé pour venir en aide à sa veuve et ses deux enfants, permettra d’amasser plus de $ 2 000.
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En attendant de voir apparaitre un nouvel article, je vous invite à consulter les articles précédents. J’y ajoute régulièrement des informations, des mises à jour ou des corrections. C’est le cas de l’article “Bulldogs ? D’abord une mascotte” dont j’ai modifié passablement le contenu. Bonne “relecture” !
Parmi les petits plaisirs que me procurent mes recherches sur les Bulldogs, celui de déceler une erreur figure parmi les plus satisfaisantes !
Selon le Temple de la renommée du hockey, on dénombre 8 joueurs intronisés ayant joué pour le Québec Hockey Club (Les Bulldogs). Messieurs du Temple, ajoutez-y Percy LeSueur.
Le joueur natif de Québec Percy LeSueur (1881-1962) a été intronisé parmi ces immortels en 1961, principalement pour ses exploits comme gardien de but avec Ottawa. C’est à lui que revient plusieurs innovations dont la barre horizontale comme on la connait aujourd’hui.
Ses statistiques sont impressionnantes et le temple de la renommée en dresse l’éventail complet. Enfin, pas à chaque position qu’il a occupé…
Dès l’âge de 11 ans, on le retrouve dans les filets de l’équipe de l’école St-Andrews de Québec. Mais bien avant de devenir le grand “Peerless”, Percy LeSueur a joué de brillante façon comme attaquant dans les rangs mineurs et intermédiaires. Assez pour être invité à jouer un match à l’attaque chez les “séniors” avec Québec, le 2 mars 1901 contre Montréal. Il a même compté un but dans la défaite de 9-3 face aux Victorias. La Patrie fait état d’une “partie entièrement dénuée d’intérêt”. Peut-être vrai à l’époque, c’était néanmoins le premier match d’un bâtisseur dans les ligues majeures .
Ironiquement, sa présence dans ce dernier match de la saison est dûe à l’absence des frères Hod et Bruce Stuart, 2 joueurs qui l’accompagnent au Temple de la renommée du hockey.
Plus tard en mars, il a même accompagné l’équipe à Halifax lors d’une série de matchs hors-concours, récoltant les éloges des amateurs présents. Ce sera toutefois sa dernière présence avec le grand club comme “attaquant”. De son passage à Québec, on retiendra son apport aux succès du club junior “Victoria” et du club “Crescents” de la ligue provinciale intermédiaire.
Déménagé en 1903 dans la région d’Ottawa pour pratiquer son métier de banquier, il a continué à œuvrer à l’attaque pour Smith Falls avant de relever leur gardien de but blessé. Il ne comptera plus jamais un seul but, en empêchera cependant plusieurs, récoltant au passage le droit de poser auprès de la Coupe Stanley (1909, 1911).
“Peerless Percy” a joué pour “Les Bulldogs”. Quelqu’un veut leur dire ?
“Dug” de Sherbrooke m’a posé cette question la semaine dernière.
« J’ai déjà vu quelque part, v’la longtemps, un astérisque à côté de la 2e Coupe des Bulldogs qui disait: “victoire non officielle”. Sais-tu pourquoi? Je ne le sais pas du tout et je me le suis toujours demandé.»
Cher Dug, c’est une vraie victoire et l’astérisque, quoique très rarement publié, origine d’une situation que je vous explique ici.
En 1912-13, Québec connait une saison record de 16-4 dans le NHA. Cette première place au classement de la ligue lui permet d’obtenir la chance d’être d’une série l’opposant à l’équipe de Sydney, championne de la Ligue Professionnelle des Maritimes, à Québec. Les 8 et 10 mars 1913, Québec l’emporte 20-5 (total des buts des 2 parties). Le capitaine et entraineur-chef Joe Malone inscrit 9 buts dans la première rencontre (14-3) et a cru bon ne pas jouer dans la seconde, remportée 6-2. Un gentleman !
Déclassées plus souvent qu’à leur tour, les équipes des provinces atlantiques n’ont plus jamais eu droit de conquérir la Coupe Stanley. Un vent de l’ouest dominait…
Le 11 mars (pas le temps de célébrer), Québec quitte la ville pour une série de matchs de démonstration à New York, comme c’est la coutume. Aussitôt les matchs terminés, l’équipe continue sa route en train vers Victoria, championne de la PCHA, pour une série de 3 parties.
Comme Victoria possédait la première glace artificielle au pays, elle pouvait tenir les matchs à la fin du mois de mars.
Québec a donc fait le long voyage et joué trois fois là-bas. Ils ont perdu deux fois, lors des matchs 1 et 3 joués avec les réglements en vigueur dans l’ouest (7 joueurs par équipe sur la glace). Le deuxième match fût gagné avec les règlements de l’est (déjà à 6 joueurs comme aujourd’hui).
Victoria a donc battu Québec… lors de parties hors-concours.
Les Commissaires (trustees) de la Coupe Stanley n’avaient jamais endossé ce challenge. Dès le départ, Victoria et Québec savaient que ce ne serait que des parties hors-concours. De toute façon, dans la tradition, l’équipe qui défendait la Coupe jouait ses matchs à domicile.
Mais pourquoi avoir refusé ce challenge ?
Par vengeance, peut-être. C’est mon interprétation. Les recherches ont démontré que les Patricks, habiles promoteurs de cette nouvelle ligue pro de l’ouest, avaient ouvertement tenté de déstabiliser la NHA en faisant du pillage systématique dans 2 de ses 4 équipes dont les champions, Québec. À l’automne 1912, ils ont offerts des contrats lucratifs à tous les joueurs titulaires des Bulldogs. Goldie Prodgers, Eddie Oatman et un gars de Québec, Jack Macdonald ont accepté de quitter l’équipe pour l’aventure. Joe Malone, Paddy Moran et Joe Hall ont préféré demeurer fidèles à l’équipe.
L’année suivante, il fût décidé que les équipes championnes des deux ligues devraient s’affronter pour l’ultime trophée. Vancouver l’emportera en 1915. Cette entente a durée jusqu’en 1926. À ce moment, la Coupe Stanley est demeurée et demeure aujourd’hui la propriété exclusive de la LNH.
Sur la Coupe Stanley, ont peut y lire “Québec 1912-13″. Sans astérisque.
Lors du weekend du centenaire de la Commission des champs de bataille des Plaines d’Abraham, j’ai eu l’immense plaisir de rencontrer Monsieur Joe Malone jr, son épouse Rita et sa fille. Des gens d’une grande générosité qui avaient bien du mal à contenir leur joie devant tant de gens s’arrêtant devant leur trésor: deux grands cartables remplis de coupures de journaux d’époque relatant les nombreux exploits du plus grand joueur offensif de l’histoire du hockey de Québec. Le tout avait été collectionné par la mère de Joe, puis par Joe Malone lui-même. Joe Malone fils a fait relier et plastifier le tout, au grand malheur des collectionneurs, qui voulaient lui acheter les originaux à prix d’or, mais au bonheur de sa famille qui en gardera à jamais les souvenirs.
Le dimanche matin (16 mars 2008), dans le calme d’une chambre d’hôtel du Concorde, j’ai eu le privilège de m’entretenir près d’une heure avec Monsieur Malone. Un homme humble et généreux comme son père, tel que décrit dans les trop rares écrits le concernant. À 84 ans, il est d’une vivacité exemplaire et constitue une référence inestimable. J’ai réalisé un premier tournage dans le cadre du documentaire à venir et ses récits resteront à jamais gravés sur ruban.
Joe Malone jr est né en 1923, à Montréal. Il est le seul “unilingue” de la famille : son père est né en 1890 d’une mère francophone à Sillery et sa femme Rita l’a enseigné à ses enfants. « Mon père m’a fait jouer dans des équipes de hockey mineur francophone de Montréal pour que je baigne dans un monde “français” mais tout le monde me parlait anglais », dit-il pratiquement en s’excusant.
Retraité du hockey professionnel en 1924, Joe Malone n’a pu évoluer devant son fils dans la LNH. Malone junior se rappelle toutefois de deux occasions: Dans le cadre d’un match des anciens en l’honneur du regretté Howie Morenz, et lors d’un match père-fils. « Il a compté 2 buts en quelques minutes et a quitté la patinoire, prétextant n’avoir pas sa place ici ».
« Je crois qu’il n’était pas capable de baisser son niveau de jeu », de préciser sa fille en souriant.
Il a joué au niveau universitaire avec McGill mais n’a jamais été l’ombre de son illustre père. « On m’a surclassé dans des équipes simplement à cause de mon père et malheureusement, je n’étais pas à la hauteur ! ».
Il garde un souvenir douloureux de l’intronisation de son père au temple de la renommée du hockey en 1950. « Ce jour là, lors d’un match de baseball, j’ai reçu un bâton en pleine mâchoire et j’ai perdu 3 dents».
Tout au cours de l’entrevue, il tient tout près de lui ses cartables remplis des exploits du numéro 4 des Bulldogs. Lors de la saison 1944-45 où Maurice Richard éclipsait la marque de 44 buts en une saison de son père, les journalistes réquisitionnaient les archives de la famille Malone. «Il disait à maman de leur remettre et se cachait dans une pièce derrière. Il n’aimait pas les entrevues le concernant et minimisait constamment ses exploits», d’ajouter celui qui a vu et apprécié la scène racontée dans le film “The Rocket” (Maurice Richard) où le grand numéro 9 s’incline et salue Joe Malone présent dans l’assistance. «Il y était, comme aux matchs précédents, car monsieur Richard a pris plusieurs matchs pour enfiler son 45e but. Il appréciait beaucoup Maurice Richard et considérait son exploit bien plus grand.»
Lorsqu’on lui demande si son illustre père a obtenu toute la reconnaissance possible, il répond par l’affirmative, humblement, comme Joe senior l’aurait fait.
J’ai très hâte de raconter la suite. Une autre rencontre est prévue chez lui, à London en Ontario.
Voici le reportage qui a été diffusé samedi le 15 mars 2008 à l’émission 400 fois Québec à la télé de Radio-Canada. Ce reportage cadrait bien dans les festivités du Centenaire de la commission des champs de bataille. Les Bulldogs ont joué de 1889 à 1913 au Québec Skating Rink sur les Plaines d’Abraham, remportant deux fois la Coupe Stanley avant de déménager au nouveau “Patinoir Québec” du Parc Victoria.
Un gros merci à Marie-Claude Paradis pour son intérêt au sujet, la journaliste Catherine-Ève Gadoury (dont l'un des oncles est nul autre que Réjean Giroux, un des bons joueurs de l'histoire des Remparts) , au réalisateur Martin Roberge, à Faby Deschenes (assistante à la réalisation), Martin Poiré (montage) et à l'animatrice Catherine Lachaussée pour l'excellente présentation.
quebecbulldogs@gmail.com
Les Bulldogs de Québec reprennent vie, le temps d’un week-end. Mais quel week-end !
Je vous invite d’abord à regarder l’émission 400 fois Québec de ma collègue Catherine Lachaussée à la télé de Radio-Canada (Samedi, 15 mars, 17h00). La journaliste Catherine-Ève Gadoury et le réalisateur Martin Roberge m’ont rencontré afin d’en savoir un peu plus sur cette équipe méconnue.
Aussi, comme souligné plus tôt, la Commission des champs de bataille nationaux célèbre cette année son centenaire. On vient d’apprendre les détails du lancement des célébrations, prévu les 15 et 16 mars à la maison de la découverte. J’ai personnellement collaborer à cette évènement.
Voici un aperçu du volet qui nous intéresse:
Pour rappeler la victoire des Bulldogs de Québec, la célèbre coupe Stanley, l’emblème de la suprématie au hockey et le plus ancien trophée d’Amérique du Nord tous sports professionnels confondus, reviendra sur les plaines d’Abraham. La précieuse coupe de la Ligue nationale de hockey sera bien entourée pour son retour historique. Elle sera accompagnée cette fois d’anciens joueurs des Nordiques de Québec, franchise déménagée à Denver en 1995 et connue aujourd’hui sous le nom de Avalanche du Colorado. Les Pierre Aubry, André Dupont, Pierre Lacroix, Dave Pichette, Alain Côté et Réal Cloutier se partageront la scène pour signer des autographes auprès de leurs fans. Apportez vos appareils photos et vos carnets de signature.
D’autres personnalités du monde du hockey reprendront vie et se prêteront également au jeu des autographes. Les visiteurs pourront collectionner es cartes autographiées d’hockeyeurs aujourd’hui disparus des Bulldogs de Québec : Joseph (Joe) Malone, Kenneth (Ken) Robert Mallen, Jack Patrick Mac Donald, Patrick Joseph (Paddy) Moran. Des descendants de Joseph (Joe) Malone, joueur vedette des Bulldogs de Québec, se joindront aussi aux festivités. Joe Malone jr (fils du hockeyeur), son épouse Rita et leur petitfils Jonathan Montpetit seront heureux d’échanger avec les visiteurs qui pourront consulter leurs albums de découpures de journaux d’époque, des photos de leur talentueux ancêtre, ainsi qu’un programme de 1912-1913.
le Quebec HC s’est préparé pour son dernier match de la saison prévu le 7 mars 1908 à Montréal contre les Shamrocks en disputant un match hors-concours contre les meilleurs joueurs de la ligue intermédiaire.
Le match joué exceptionnellement à l’extérieur à la patinoire St-Roch c’est terminé 10-7 en faveur de la grande équipe. L’intérêt pour nous, c’est de retrouver les 5 garçons de la famille Power de Québec. Exceptionnellement, le jeune Frank rejoint les réguliers Charles (Chubby) et Joe comme joueurs pour Québec tandis que l’excellent Rocket troque son poste de défenseur pour celui d’arbitre. Enfin, le frère aîné William Gossard est encore le juge en chef.
L’histoire ne dit pas si les jeunes soeurs Kathleen et Winifred Power ont encouragés leurs frérots ou profiter d’un moment de répit à la maison…
Montminy. Le nom que je cherchais depuis très longtemps. Le nom du photographe qui posa pour la postérité les grands champions du “Club Québec” de 1912 et 1913. Voici l’histoire derrière la trouvaille.
Cette photo abondamment recopiée a été prise à la suite de la Coupe Stanley remportée en 1913. Remarquez le mur au fond.
Il y a quelques années, je suis tombé sur une autre photo d’équipe, celle de l’équipe St-George, championne junior à Québec en 1911.
L’homme couché à gauche est George Carey, un “rover” (joueur à tout faire à l’époque du hockey à 7) qui jouera plus tard pour Québec dans la NHA et NHL ainsi que Toronto et Hamilton dans la NHL. Mais l’important ici n’a pas de chandail; c’est le mur au fond. Le même que celui des Bulldogs.
Au bas de la photo, le nom du photographe M.-A. Montminy.
Le même mur, soit. Rien ne m’assurait toutefois qu’il s’agissait du même photographe. Récemment, j’ai eu droit à une photo version “élargie” de la conquête de 1913, ayant servi de carte postale.
Plus de doute, il s’agit du même photographe. Marc-Alfred Montminy (appelé aussi Alfred-Marc Montmigny) est né en 1859 ou 1860 au Québec et travaille d’abord sur la rue St-Joseph. Il établit le studio qui nous concerne sur la rue Couillard en 1889. Il se spécialise dans les photos de famille et les annuaires commerciaux de Québec. Le 11 juin 2007, Monsieur Yves Beauregard a fait don d’une partie de sa collection de photographies au Musée national des beaux-arts du Québec. Quelques 80 photos de Montminy s’y retrouvent. Quelques œuvres de la collection sont déjà reproduites au Café du Musée mais l’essentiel sera accessible au grand public à l’automne 2008 afin de souligner les 400 ans de la ville de Québec.
Suite de l’enquête : Voir si la collection de Monsieur Beauregard contient des clichés qui nous intéressent. À suivre…
En lançant ce blogue, j’espérais inciter l’intérêt des amateurs et collectionneurs à mon projet. Je caresse toujours le rêve de trouver un film ou une photo des Bulldogs en action, ce que je n’ai malheureusement jamais vu. Ce trésor sera d’autant plus mémorable si je le déniche dans le placard d’une vieille dame anglophone de Sillery. Peut-être parce que j’ai déjà eu une tante éloignée comme ça : anglophone et de Sillery.
Ce blogue donc, je le veux aussi comme un “lieu d’échange”. D’autres passionnés peuvent ainsi m’aiguiller, partager leur passion pour l’histoire du hockey et égoïstement, le fruit de leur recherche.
Paul Foisy est maintenant un de mes amis “aiguilleurs”. Il est un recherchiste-auteur qui s’intéresse particulièrement à l’histoire du sport au Québec. Son blogue est vraiment à lire. Très intéressant l’article sur l’origine du terme “Habitant” pour décrire le Canadien.
Aussi, il nous raconte l’intéressante controverse suscitée par l’embauche de Rocket Power, premier joueur au nom anglophone du Canadien. Pour l’histoire, je vous invite à aller lire l’article.
Le tout premier “Rocket” du Canadien est originaire de Québec. Défenseur étoile, il a été des premières équipes séniors de Québec. En 1910-11, il avait commencé la saison avec Québec avant de changer de camp, geste sans doute provoqué par l’arrivée du futur membre du temple de la renommée “Bad” Joe Hall.

Je viens de me procurer quelques films de la Edison Manufacturing Co., de Thomas A. Edison. le coffret contient quelques scènes sportives dont celle-ci: “Hockey Match on the ice”, croquée à West Orange (New Jersey) le 24 février 1898.
Edison est américain mais son père est né à Marshalltown en Nouvelle-Écosse, province associée à l’origine du sport. Samuel Ogden Edison, Jr. est mort deux ans avant ce tournage. Voulait-il lui rendre hommage ?
Voici le synopsis: The skaters dart to and fro, swinging their hockeys and trying to hit the disc toward the goal.
Imaginez maintenant qu’il s’agit de joueurs du Québec sur une surface gelée extérieure. C’est facile…
De 1888 à 1918, les plaines d’Abraham hébergent le Quebec Skating Rink, un toit sur une glace naturelle à Québec. Il n’est pas rare de lire que 2000 spectateurs s’y retrouvent pour applaudir les exploits du club Québec. L’aréna était situé tout près de la porte St-Louis, à côté du manège militaire.
Le Quebec skating Rink, fin du XIXe siècle. Remarquez l'absence de bande.
Les 15 et 16 mars prochain, la Commission des champs de bataille nationaux célèbre ses 100 ans. On y présentera entres autres, la Coupe Stanley et une exposition de la grande équipe de Québec. Voilà une belle occasion de remarquer les noms des grands joueurs de l’équipe, à jamais gravés sur ce prestigieux trophée.
Le texte suivant est tirée du site civilisations.ca
La toute première patinoire couverte au monde fut édifiée à Québec en 1851 sur un quai du fleuve Saint-Laurent. Elle ressemblait à un hangar et mesurait un peu plus de 36 mètres de long sur 18 de large. Le « Club House », comme on l’appelait, était suffisamment froid à l’intérieur pour que, lorsque le plancher était recouvert d’eau au début de la saison, il se transforme rapidement en une surface de glace dure. L’intérieur de cette première patinoire couverte était très rudimentaire et ne comportait aucune décoration. La conception des patinoires intérieures ultérieures mettait davantage l’accent sur le confort des patineurs et des spectateurs.
Parmi les autres patinoires couvertes importantes construites à Québec, mentionnons-en trois qui furent construites successivement pour le Quebec Skating Club : la première sur la Grande Allée, en 1864; la deuxième, également sur la Grande Allée, en 1878; et la troisième, à l’extérieur de la porte Saint-Louis, près des Plaines d’Abraham, en 1888-1889. Cette patinoire fut utilisée par la population de Québec jusqu’à sa démolition, en 1911 (FAUX: C’EST PLUS TARD: REGARDEZ LA PUBLICITÉ PLUS HAUT DANS LE TEXTE).
Pendant son séjour à Québec, entre 1861 et 1866, Frances Monck, auteure d’un journal intime, chroniqueuse et observatrice de la société à l’époque de la Confédération, se rendit souvent au Quebec Skating Club, où elle observait les patineurs depuis un des canapés réservés aux dignitaires. Elle disait qu’il y faisait froid et humide malgré le poêle à bois, et elle s’habillait en conséquence, comme elle le notait dans son journal de 1865 :
[TRADUCTION] Pour le bal sur la patinoire, j’ai mis des chaussettes montantes et des bottes, et des vêtements chauds sous mon manteau en peau de phoque, ainsi que mon bonnet de fourrure plutôt qu’une couronne!… À notre arrivée, j’ai été frappée par la nouveauté et l’attrait du décor; la patinoire était éclairée au gaz et décorée de drapeaux et d’ornements; des tables avec des boissons avaient été dressées sur la glace, et la fanfare du 25e jouait.
Coupe Stanley à Québec – 15 – 16 mars 2008
La Commission des champs de bataille nationaux invite la population à célébrer son 100e anniversaire lors d’une fête populaire au Manège militaire les 15 et 16 mars prochain. Au programme: animation et kiosques sur divers aspects du parc d’hier à aujourd’hui, venue exceptionnelle de la Coupe Stanley et séance d’autographe ave des personnalités du monde du hockey, projection en première du nouveau documentaire de l’ONF sur les plaines d’Abraham comme site rassembleur, gâteau du 100e anniversaire, thé du centenaire au Morrin Centre (16 mars à 17h, réservation requise, droits d’entrée), exposition multimédia Odyssée (accès gratuit à la Maison de la découverte), etc. Et c’est gratuit.
En laisse devant son propriétaire Joe Hall, le “bulldog“, n’était qu’une mascotte. L’équipe était appelée officiellement “Quebec Hockey Club” ou “Quebec HC“, dénominateur commun encore utilisé en soccer (FC Barcelone ou Toronto FC pour “Football Club”). Certaines sources parlent aussi des “Athletics” (Quebec Athletic Club), mais contrairement à ce qu’on peut y lire, ce nom n’est apparu qu’à l’automne 1919 dans la LNH et ne fût rien d’autre qu’un nom “légal”. Dans l’histoire, les quotidiens les ont appelés les “Bulldogs” ou “Bull-Dogs”, le “Québec” ou le “club Québec” comme indiqué sur la banderole de ce site.
Selon l’historien Michel Vigneault, on aurait appelé l’équipe “Bulldogs” dès son entrée dans l’Amateur Hockey Association of Canada (A.H.A.C.). Il mentionne que Québec ne participera à cette ligue qu’en 1890 sous le nom de Bulldogs. Il n’en cite pas la source.
Le bouledogue était sensé porter bonheur. Ce ne fut pas le cas en cette partie du 9 janvier 1911, lors d’un match contre le Canadien à Québec, perdu 4-1.
La mascotte porte-bonheur le deviendra finalement en cour de route. Québec remporta la saison suivante la première de deux Coupes Stanley consécutives.
Le petit chien aura une telle importance qu’on le retrouvera sur deux photos officielles de l’équipe après la conquête de la Coupe de 1913.
Comme “Les Glorieux” ou “Les Habs” pour le Canadien, “Les Bulldogs” n’aura été qu’un surnom. Contrairement aux exemples précédents, il deviendra l’identification la plus reconnue.
L’histoire ne me raconte pas encore pourquoi l’équipe s’est appelée comme ça. L’œuf ou la poule ?
Le grand Joe Malone avait un frère : Jeff. Le défenseur a joué six parties avec le grand club dont deux comme joueur substitut lors de la magnifique saison 1912-1913 (Indice: c’est le 5e à partir de la gauche sur la banderole du site). Moins talentueux, il a tout de même laissé sa marque sur… un bout de papier qu’un partisan de hockey lui a sans doute présenté le soir d’une rencontre.
On y retrouve ce qui semble être un “P” pour Patrick (Jeff Patrick Malone), sa signature et la saison en cours. Banal? Pas vraiment.
Il ajoute ceci de très important : “Quebec Bulls Dogs 1912-1913“. Il confirme ainsi que l’équipe est déjà reconnue sous ce surnom, même si les quotidiens s’entêtent à les appeler “Quebec Hockey Club”. Comme “Bulldogs” n’est jamais écrit dans les journaux à ce moment, il est fort à parier que l’ami Jeff ne l’avait jamais lu.
Par contre, au bas d’une photo d’équipe datant de 1913 vu récemment, on retrouve l’épellation “Bull Dogs”. Bull Dogs ou Bulldogs ? La question reste en suspend puisque de toute façon, l’équipe ne s’est jamais appelé comme ça.
Cliquez sur les statistiques pour une plus belle image.

Dartmouth, 1906: Le but de hockey avant l'adaptation que l'on connait aujourd'hui: la barre horizontale était derrière les poteaux. (photo: Dartmouth.edu)
Imaginez : un match de la LNH avec des buts sans filet, seulement 2 poteaux et sans barre horizontale! Les reprises vidéos à n’en plus finir… et le but d’Alain Côté dans tout ça ?
C’est en 1898 que H.E. Scott et Frank Storr Stocking du Quebec Hockey Club marquent l’histoire en proposant des buts avec des filets. Cette nouveauté, adopté pour la saison 1899-1900 est très rapidement utilisée par les autres ligues. (La Nouvelle-Écosse revendique aussi cette invention en 1899). 12 ans plus tard, un gardien de but de Québec allait changer à jamais l’allure du “but”.
Percy LeSueur est né dans la vieille capitale en 1881. Il a évolué à l’aile gauche avec Les Victorias et les Québec Seniors avant de déménager à Ottawa en 1904. C’est là qu’il devient gardien de but, un métier qu’il fera pendant plus de dix ans, dont huit avec les Sénateurs, remportant avec cette équipe deux Coupes Stanley. Percy LeSueur a été intronisé au Temple de la Renommée du hockey en 1961. Il est mort quelques mois plus tard, le 27 janvier 1962.
L’article du Quebec Chronicle du 22 décembre 1911 rappelle que Québec a proposé le “filet” et qu’un des siens l’a amélioré afin de “dissiper tout doute possible”…
Le “filet LeSueur” sera en vigueur jusqu’en 1925.
La Patrie nous offre une belle surprise en ce lundi 13 mars 1913 : une œuvre du caricaturiste sportif illustrant la défaite de leurs Wanderers face au très puissant Club Québec. Cette victoire de 6-4 était la 10e de suite des détenteurs de la Coupe Stanley. Selon le journaliste, cette séquence victorieuse était inégalée dans la courte histoire du sport. Québec remportait ainsi leur 15e de 16 victoires dans le calendrier de 20 parties. Les joueurs de Québec en vedette sont Harry Mummery, joueur de “points” (défenseur), Joe Malone, auteur de 4 buts, Russell “Rusty” Crawford et Patrick “Paddy” Moran, l’excellent gardien de Québec. Ces trois derniers sont membres du Temple de la Renommée du hockey.
Jamais le Club Québec n’a été aussi dominant dans son histoire.
La Patrie, un quotidien de Montréal fait grand état de la victoire de 8-0 de Québec sur Moncton. L’équipe remporte donc sa première de 2 Coupes Stanley. L’article est plus complet que celui du Quebec Chronicle. Je vous invite à constater le style très descriptif du journaliste qui, comme c’est l’habitude à cette époque, ne signe pas son texte et ne raconte aucune entrevue.
Le Quebec Chronicle publie le 14 mars 1912 un article sur la 2e rencontre opposant le Quebec Hockey Club à Moncton, club des maritimes autorisé par les “gardiens” de la Coupe pour mettre au défi les champions de l’Association Nationale de Hockey, l’ancêtre de la LNH. La confrontation se composait de deux rencontres au total des buts, une pratique encore existante en soccer. Québec gagne donc 17-3, 8-0 le 13 mars et 9-3 la veille.
L’as de Québec, Joe Malone, est remplacé très tôt dans la rencontre, pratique peu courante à l’époque avec raison; comme au soccer, un joueur remplacé ne pouvait revenir au jeu. Jack MacDonald, un joueur originaire de Québec compta 5 buts. Au total, ils comptèrent 14 des 17 buts de l’équipe.
