Article intéressant et très d’actualité: Joe Hall, l’ex-joueur vedette des Bulldogs, fût la grande victime de la grippe espagnole qui sévisait partout en Amérique du Nord en 1919. Merci Martin.

Article intéressant et très d’actualité: Joe Hall, l’ex-joueur vedette des Bulldogs, fût la grande victime de la grippe espagnole qui sévisait partout en Amérique du Nord en 1919. Merci Martin.

Trouvé hier: une photo d’époque sans plus de détails. L’équipe est sans doute de Québec puisque la brasserie Boswell s’y est établie en 1668.

Même avec une équipe gagnante, les foules sont décevantes en 1912-1913. Québec est “trop fort pour la ligue” avec sa fiche de 16 victoires et 4 défaites et l’enivrement de la course au championnat n’est plus depuis la mi-saison. Aussi, des rumeurs ont même laissé croire que les “joutes” étaient “arrangées”. Rien pour convaincre les amateurs de se déplacer par une nuit froide de février…
Imaginez, on y apprend que la plus petite recette d’un match a été de 1200 $. Comme les billets se vendaient entre 0.50 $ et 1 $, imaginez le nombre de spectateurs. Ailleurs, Toronto, Montréal et Ottawa en attirent régulièrement 5000…

La Patrie, 10 mars 1913
Le Québec HC (Les Bulldogs) a été créé en 1878, trois ans après l’invention du hockey, L’hiver suivant la construction du premier Québec Skating Rink, face au Parlement. Réunissant les meilleurs joueurs de la région, Il est devenu, par défaut et surtout par la nature même de ses sélections, la meilleure équipe de Québec. Il a donc représenté la ville lors des confrontations avec Montréal, lors des carnavals de Montréal et de Québec, lors de la création de la première ligue “nationale” en 1890, etc.
Comme le hockey devenait de plus en plus populaire, d’autres équipes sont nées et certaines avaient aussi de grandes aspirations. Le club Crescents de Québec a été fondé en 1890 et devint en 1900 l’équipe favorite des Québécois. La raison est simple: Il obtient le premier championnat de la ville.

Le 9 mars 1901 au Québec Skating Rink, en grande finale de la Ligue Intermédiaire du Québec, Le Crescent l’emporte 5-2 sur le Montréal II devant plus de 2000 spectateurs. Dans les “filets” pour Québec (note: le filet a été installé à Québec en janvier 1900) un jeune gardien, Patrick Moran, celui qui allait devenir, dès la saison 1901-02, le gardien de but des Bulldogs jusqu’en 1917. À l’attaque, Herb Jordan, l’un des meilleurs joueurs des Bulldogs de la première décennie du 20e siècle et qui allait terminer sa belle carrière avec les Renfrew Millionnaires. Également sur la patinoire, le capitaine (et entraîneur) Charles Nolan, le même qui allait, 11 ans plus tard, conduire les Bulldogs à la Coupe Stanley. À souligner aussi la présence de 2 francophones, Louis Demers et Edward Garneau, auteurs de 3 des 5 buts de l’équipe lors de cette partie finale.
Durant la saison, d’autres futurs joueurs du Québec HC ont participé aux succès des Crescents, dont les frères Charles “Chubby” Power et Rocket Power.
Cet hiver là, le Crescent a remporté 5 des 6 parties de la saison régulière, battant Trois-Rivières et Québec II deux fois, puis divisant les honneurs contre Sherbrooke. La demi-finale de cette ligue à 4 divisions les opposait à Aberdeen (Ottawa) qu’ils ont battu 3-2. Une fiche de 7-1 à travers le Québec mérite donc le respect. C’est ce qu’il croyait.
Depuis quelques années, les équipes championnes de la Ligue Intermédiaire avaient comme légitime ambition d’être admises dans la ligue senior, la C.A.H.L., comme le prévoyait sa constitution. Malheureusement, le Crescent se voit refuser cet accès par les “vieilles équipes”, ce qui fera plusieurs mécontents et éventuellement, provoquera en 1903 la création de la Federal Amateur Hockey League (F.A.H.L.) dont fera partie une toute nouvelle formation, les Wanderers.
Dans son livre “L’histoire du hockey au Québec”, Donald Guay écrit: Afin de savoir si le Crescent est vraiment de calibre senior, ils (les dirigeants de la CAHL) lui proposent de jouer une partie contre le dernier club de la ligue senior pour qu’ils soient en mesure de “juger de sa force”. Finalement, le Crescent renonce et reste dans la ligue intermédiaire sans toutefois taire son mécontentement.
Or, le dernier club au classement de la ligue senior cette saison là est… celui de Québec.
Le Québec HC est parmi ceux qui s’opposaient aux élargissements des cadres de la ligue. Auteur d’une saison catastrophique de 1-7, financièrement fragile et défavorisé par la difficulté d’attirer des joueurs “étrangers” par sa situation géographique, l’organisation voyait parmi les “Crescents” des joueurs qui pourraient les aider immédiatement . D’ailleurs, tous les joueurs réguliers de l’édition 1900-01 des Crescents ont éventuellement porté le chandail bleu et blanc du Québec HC.
Le Crescent demeure donc dans une ligue de “deuxième division” pour les 4 années suivantes, pour disparaître et réapparaître le temps de quelques saisons, comme celle de 1908 avec un certain Joe Malone dans son alignement.

Photomontage officiel Crescents Hockey Club 1901
Étonnamment, on retrouve le défenseur Percy LeSueur sur la photo commémorative soulignant le championnat (quatrième photo de la partie supérieure). Futur gardien étoile des Sénateurs d’Ottawa, les livres disent qu’il aurait joué pour le Québec II (adversaire des Crescents) et un match pour le Québec HC, comptant même un but pour eux.
Qui avait la meilleure équipe au tournant du siècle ? Bulldogs ou Crescents ? Difficile à dire, mais une seule rencontre aurait pu changer le cours de l’histoire…

Le club de hockey Canadien a célébré son 100e anniversaire un an trop tôt. En fait, il aurait dû le faire lors de la saison 2009-2010 car le 1er match de cette équipe n’a eu lieu que le 5 janvier 1910. Enfin… Pendant près de 10 ans, le club de hockey francophone aura comme principale adversaire les Bulldogs de Québec.
Le Canadien est né d’une grosse chicane de sous et de pouvoir. C’était tellement vrai qu’en cet automne 1909, les propriétaires se divisent et proposent deux nouvelles ligues aux amateurs : la C.H.L. et la N.H.A. Bonne chance pour la suite.
La Canadian Hockey League est composée de 3 anciennes franchises de la E.C.H.A. . Québec est l’une d’elles avec Ottawa et les Shamrocks (Montréal). Deux nouvelles équipes voit le jour : Le All-Montreal qui embauche d’ailleurs notre gardien Paddy Moran (sa seule fugue en carrière) et le National (comme dans Lance et Compte), une équipe composée uniquement de joueurs francophones. La nouvelle ligue refuse toutefois une grande équipe, les Wanderers (Montréal), détentrice des Coupes Stanley de 1906, 07 et 08. Frustrée, l’équipe se retourne et joint une ligue rivale, la National Hockey Association (vous me suivez toujours ?). Elle est dirigé par le riche homme d’affaire John Ambrose O’Brien qui possède aussi l’équipe vedette, les “Millionnaires” de Renfrew. Riche et intelligent, il accepte les Wanderers et crée une nouvelle équipe francophone dans sa ligue, « les Canadiens » afin de concurrencer le National au guichet « francophone »
5 équipes professionnelles pour Montréal, c’est trop. Après 3 semaines d’activités, Les plans de O’Brien et des Wanderers fonctionnent et font mourir la C.H.A. Ottawa et les Shamrocks passeront chez l’ennemi et la N.H.A. offre même au National de remplacer les Canadiens. O’Brien, qui avait offert de faramineux contrats aux vedettes francophones de l’époque (Pitre, Laviolette…) voulait ainsi se débarasser de ces engagements en donnant les contrats ses joueurs au National, équipe plus faible. Le National refuse l’offre et passe ainsi à côté de l’histoire…
Dans toute cette aventure, les amateurs des Bulldogs sortent grands perdants. Québec n’aura joué que 3 parties cet hiver là, remportant à Québec son dernier match le 15 janvier 1910, 12-11 contre le National, mort et enterré le soir même. Non seulement Québec a choisi la mauvaise ligue mais la N.H.A. n
e lui offre même pas de la rejoindre. Les joueurs sont alors libres et certains vont jouer dans une autre ligue, la O.P.H.L. (Ontario Professional Hockey League). L’ex All-Montreal Paddy Moran s’alignera pour Haileybury, tandis que les Bulldogs Joe Malone (voir l’offre de contrat, 3 jours après le match contre le National), Jack MacDonald et Rocket Power s’aligneront avec Waterloo. L’histoire veut que l’aventure ontarienne a finalement été profitable pour Québec : Joe Malone connait beaucoup de succès avec son nouvel ailier droit Eddie Oatman. Il le convainc de jouer pour Québec lorsqu’elle joindra la N.H.A. la saison suivante. Il aidera les Bulldogs à gagner leur première Coupe Stanley.
Fait à noter : Le tout premier gardien de but du Canadien a été Joseph Cattarinich, un gars de Québec né en 1881 qui a fait ses études au collège de Lévis. Il sera de la victoire de 7-6 sur Cobalt le 5 janvier 1910, en surtemps.
Il y a quelques semaines, j’ai eu l’immense privilège de rencontrer la famille Malone, les enfants et petits-enfants du grand Joe Malone. Rita et Joe jr nous ont non seulement accueillis à leur domicile de London en Ontario mais aussi, généreusement ouvert leur coffre au trésor: Des photos, des lettres, des articles concernant sa brillante carrière. Toute une journée, accompagné d’un caméraman, j’ai pu faire des entrevues avec toute la famille qui nous a parlé de la fierté d’être associé à ce grand joueur de hockey, cet homme d’affaire, cet inventeur, ce père formidable, ce grand-père généreux.
Bien sûr, tout ça sera servira la cause du documentaire et livre prévu pour mars 2012, lors du centenaire de la première conquête de la Coupe Stanley des Bulldogs de Québec.
D’ici là, j’ajouterai occasionnellement des photos et documents exclusifs sur mon site.
Je remercie infiniment la famille Malone pour leur générosité et leur confiance.
“Season 1911″. Cette photo des archives de la famille Malone illustre leur célèbre père, Joe à droite, accompagné du joueur étoile de Québec Jack MacDonald au centre et de Jeff Malone, frère de Joe à gauche. Selon la famille, elle aurait été prise à l’automne 1911. Les trois joueurs venaient de quitter la “Quebec Bank“, fiers d’avoir apposé leur nom sur le contrat qui les liait aux Bulldogs de Québec pour la saison à venir.
Question quiz: La banque était située au coin de quelles rues ?
C’est une question récurrente: Où jouaient les Bulldogs ? Une photo retrouvée récemment sur le magnifique site du musée McCord nous l’illustre clairement (cliquer sur la photo pour une meilleure définition).
On y voit les plaines d’Abraham en 1908, il y a 100 ans. On y voit aussi les murs, la Citadelle puis en bas, une route de terre. Cette route, aujourd’hui rue Georges VI, prend racine sur la Grande-Allée pour aboutir directement sur le Québec Skating Rink. C’est là que les Bulldogs ont joué de 1888 à 1914, remportant sur place leur Coupe Stanley de 1912 et 1913.
L’édifice qui continuait à offrir du temps de glace aux “jouteurs” (hockeyeurs) et patineurs de la région a finalement été la proie des flammes en 1918. La Commission des champs de bataille n’a pas cru bon le reconstruire puisqu’il ne correspondait plus à la vocation historique et patrimoniale de l’endroit. De plus, le Patinoir Québec du parc Victoria, construit en 1914 pour les Bulldogs n’était plus très occupé, l’équipe ayant abandonné momentanément ses activités à l’automne 1917.
Des ruines et des souvenirs. Des jours difficiles étaient à prévoir.

La présente série finale de la Coupe Stanley propose trois noms qui sonnent bien à mes oreilles.
Les Penguins comptent sur Adam Hall et Ryan Malone pour l’emporter. De l’autre côté, Les Red Wings alignent le défenseur Brad Stuart.
Évidemment, on retrouve leurs homonymes dans la belle histoire des Bulldogs de Québec. De plus, ils ne sont pas trois mais cinq à avoir déjà remporté la Coupe Stanley et quatre d’entres eux sont membres du Temple de la renommée du hockey.
Joe Hall a joué pour Québec de 1910 à 1917. Il est mort de la grippe espagnole en pleine série de la Coupe Stanley de 1919, à Seattle, alors qu’il était “loué” depuis 2 ans aux Canadiens de Montréal par un Club Québec inactif.
Joe Malone a été l’âme des Bulldogs, de 1908 à 1920. Capitaine et entraîneur, il a établi plusieurs marques avec Québec et le Canadien. Son frère Jeff aura aussi joué quelques matchs avec les Bulldogs.
Bruce Stuart n’a joué que la saison 1901 et a compté 5 buts en 6 parties. Il connaîtra par la suite une brillante carrière avec plusieurs équipes, permettant aux Wanderers de 1908 et à l’Ottawa de 1910 de remporter la Coupe Stanley, enfilant 18 buts en 7 rencontres.
Son grand frère Hod Stuart a disputé les saisons 1901 et 1902 avec Québec. Je me permets une parenthèse. D’abord, il profite de son passage pour rencontrer et épouser une fille de Québec nommée Loughlin. En 1907, il est de l’équipe des Wanderers de Montréal, détentrice de la Coupe Stanley. Quelques mois plus tard, le 23 juin, il meurt en plongeant tête première dans une rivière près de Belleville en Ontario. Sa mort sera à l’origine du tout premier match des étoiles, le 2 janvier 1908 à Montréal. Plusieurs joueurs des Bulldogs s’aligneront dans une équipe de joueurs étoiles contre les Wanderers. L’évènement, créé pour venir en aide à sa veuve et ses deux enfants, permettra d’amasser plus de $ 2 000.
I see more and more people trying to translate my articles with “google translate“. I decided to put a direct link for you in the blogroll. I know, it is not perfect but at least, you’ll find it helpful, I hope
En attendant de voir apparaitre un nouvel article, je vous invite à consulter les articles précédents. J’y ajoute régulièrement des informations, des mises à jour ou des corrections. C’est le cas de l’article “Bulldogs ? D’abord une mascotte” dont j’ai modifié passablement le contenu. Bonne “relecture” !
Parmi les petits plaisirs que me procurent mes recherches sur les Bulldogs, celui de déceler une erreur figure parmi les plus satisfaisantes !
Selon le Temple de la renommée du hockey, on dénombre 8 joueurs intronisés ayant joué pour le Québec Hockey Club (Les Bulldogs). Messieurs du Temple, ajoutez-y Percy LeSueur.
Le joueur natif de Québec Percy LeSueur (1881-1962) a été intronisé parmi ces immortels en 1961, principalement pour ses exploits comme gardien de but avec Ottawa. C’est à lui que revient plusieurs innovations dont la barre horizontale comme on la connait aujourd’hui.
Ses statistiques sont impressionnantes et le temple de la renommée en dresse l’éventail complet. Enfin, pas à chaque position qu’il a occupé…
Avant d’être gardien de but, Percy LeSueur a joué de brillante façon comme attaquant dans les rangs mineurs et intermédiaires. Assez pour être invité à jouer un match à l’attaque chez les “séniors” avec Québec, le 2 mars 1901 contre Montréal. Il a même compté un but dans la défaite de 9-3 face aux Victorias. La Patrie fait état d’une “partie entièrement dénuée d’intérêt”. Peut-être vrai à l’époque, c’était néanmoins le premier match d’un bâtisseur dans les ligues majeures .
Ironiquement, sa présence dans ce dernier match de la saison est dûe à l’absence des frères Hod et Bruce Stuart, 2 joueurs qui l’accompagnent au Temple de la renommée du hockey.
Plus tard en mars, il a même accompagné l’équipe à Halifax lors d’une série de matchs hors-concours, récoltant les éloges des amateurs présents. Ce sera toutefois sa dernière présence avec le grand club comme “attaquant”. De son passage à Québec, on retiendra son apport aux succès du club junior “Victoria” et du club “Crescents” de la ligue provinciale intermédiaire.
Déménagé en 1903 dans la région d’Ottawa pour son travail de banquier, il a continué à œuvrer à l’attaque pour Smith Falls avant de relever leur gardien de but blessé. Il ne comptera plus jamais un seul but, en empêchera cependant plusieurs, récoltant au passage 2 Coupe Stanley (1909, 1911).
“Peerless Percy” a joué pour “Les Bulldogs”. Quelqu’un veut leur dire ?
“Dug” de Sherbrooke m’a posé cette question la semaine dernière.
« J’ai déjà vu quelque part, v’la longtemps, un astérisque à côté de la 2e Coupe des Bulldogs qui disait: “victoire non officielle”. Sais-tu pourquoi? Je ne le sais pas du tout et je me le suis toujours demandé.»
Cher Dug, c’est une vraie victoire et l’astérisque, quoique très rarement publié, origine d’une situation que je vous explique ici.
En 1912-13, Québec connait une saison record de 16-4 dans le NHA. Cette première place au classement de la ligue lui permet d’obtenir la chance d’être d’une série l’opposant à l’équipe de Sydney, championne de la Ligue Professionnelle des Maritimes, à Québec. Les 8 et 10 mars 1913, Québec l’emporte 20-5 (total des buts des 2 parties). Le capitaine et entraineur-chef Joe Malone inscrit 9 buts dans la première rencontre (14-3) et a cru bon ne pas jouer dans la seconde, remportée 6-2. Un gentleman !
Déclassées plus souvent qu’à leur tour, les équipes des provinces atlantiques n’ont plus jamais eu droit de conquérir la Coupe Stanley. Un vent de l’ouest dominait…
Le 11 mars (pas le temps de célébrer), Québec quitte la ville pour une série de matchs de démonstration à New York, comme c’est la coutume. Aussitôt les matchs terminés, l’équipe continue sa route en train vers Victoria, championne de la PCHA, pour une série de 3 parties.
Comme Victoria possédait la première glace artificielle au pays, elle pouvait tenir les matchs à la fin du mois de mars.
Québec a donc fait le long voyage et joué trois fois là-bas. Ils ont perdu deux fois, lors des matchs 1 et 3 joués avec les réglements en vigueur dans l’ouest (7 joueurs par équipe sur la glace). Le deuxième match fût gagné avec les règlements de l’est (déjà à 6 joueurs comme aujourd’hui).
Victoria a donc battu Québec… lors de parties hors-concours.
Les Commissaires (trustees) de la Coupe Stanley n’avaient jamais endossé ce challenge. Dès le départ, Victoria et Québec savaient que ce ne serait que des parties hors-concours. De toute façon, dans la tradition, l’équipe qui défendait la Coupe jouait ses matchs à domicile.
Mais pourquoi avoir refusé ce challenge ?
Par vengeance, peut-être. C’est mon interprétation. Les recherches ont démontré que les Patricks, habiles promoteurs de cette nouvelle ligue pro de l’ouest, avaient ouvertement tenté de déstabiliser la NHA en faisant du pillage systématique dans 2 de ses 4 équipes dont les champions, Québec. À l’automne 1912, ils ont offerts des contrats lucratifs à tous les joueurs titulaires des Bulldogs. Goldie Prodgers, Eddie Oatman et un gars de Québec, Jack Macdonald ont accepté de quitter l’équipe pour l’aventure. Joe Malone, Paddy Moran et Joe Hall ont préféré demeurer fidèles à l’équipe.
L’année suivante, il fût décidé que les équipes championnes des deux ligues devraient s’affronter pour l’ultime trophée. Vancouver l’emportera en 1915. Cette entente a durée jusqu’en 1926. À ce moment, la Coupe Stanley est demeurée et demeure aujourd’hui la propriété exclusive de la LNH.
Sur la Coupe Stanley, ont peut y lire “Québec 1912-13″. Sans astérisque.
Lors du weekend du centenaire de la Commission des champs de bataille des Plaines d’Abraham, j’ai eu l’immense plaisir de rencontrer Monsieur Joe Malone jr, son épouse Rita et sa fille. Des gens d’une grande générosité qui avaient bien du mal à contenir leur joie devant tant de gens s’arrêtant devant leur trésor: deux grands cartables remplis de coupures de journaux d’époque relatant les nombreux exploits du plus grand joueur offensif de l’histoire du hockey de Québec. Le tout avait été collectionné par la mère de Joe, puis par Joe Malone lui-même. Joe Malone fils a fait relier et plastifier le tout, au grand malheur des collectionneurs, qui voulaient lui acheter les originaux à prix d’or, mais au bonheur de sa famille qui en gardera à jamais les souvenirs.
Le dimanche matin (16 mars 2008), dans le calme d’une chambre d’hôtel du Concorde, j’ai eu le privilège de m’entretenir près d’une heure avec Monsieur Malone. Un homme humble et généreux comme son père, tel que décrit dans les trop rares écrits le concernant. À 84 ans, il est d’une vivacité exemplaire et constitue une référence inestimable. J’ai réalisé un premier tournage dans le cadre du documentaire à venir et ses récits resteront à jamais gravés sur ruban.
Joe Malone jr est né en 1923, à Montréal. Il est le seul “unilingue” de la famille : son père est né en 1890 d’une mère francophone à Sillery et sa femme Rita l’a enseigné à ses enfants. « Mon père m’a fait jouer dans des équipes de hockey mineur francophone de Montréal pour que je baigne dans un monde “français” mais tout le monde me parlait anglais », dit-il pratiquement en s’excusant.
Retraité du hockey professionnel en 1924, Joe Malone n’a pu évoluer devant son fils dans la LNH. Malone junior se rappelle toutefois de deux occasions: Dans le cadre d’un match des anciens en l’honneur du regretté Howie Morenz, et lors d’un match père-fils. « Il a compté 2 buts en quelques minutes et a quitté la patinoire, prétextant n’avoir pas sa place ici ».
« Je crois qu’il n’était pas capable de baisser son niveau de jeu », de préciser sa fille en souriant.
Il a joué au niveau universitaire avec McGill mais n’a jamais été l’ombre de son illustre père. « On m’a surclassé dans des équipes simplement à cause de mon père et malheureusement, je n’étais pas à la hauteur ! ».
Il garde un souvenir douloureux de l’intronisation de son père au temple de la renommée du hockey en 1950. « Ce jour là, lors d’un match de baseball, j’ai reçu un bâton en pleine mâchoire et j’ai perdu 3 dents».
Tout au cours de l’entrevue, il tient tout près de lui ses cartables remplis des exploits du numéro 4 des Bulldogs. Lors de la saison 1944-45 où Maurice Richard éclipsait la marque de 44 buts en une saison de son père, les journalistes réquisitionnaient les archives de la famille Malone. «Il disait à maman de leur remettre et se cachait dans une pièce derrière. Il n’aimait pas les entrevues le concernant et minimisait constamment ses exploits», d’ajouter celui qui a vu et apprécié la scène racontée dans le film “The Rocket” (Maurice Richard) où le grand numéro 9 s’incline et salue Joe Malone présent dans l’assistance. «Il y était, comme aux matchs précédents, car monsieur Richard a pris plusieurs matchs pour enfiler son 45e but. Il appréciait beaucoup Maurice Richard et considérait son exploit bien plus grand.»
Lorsqu’on lui demande si son illustre père a obtenu toute la reconnaissance possible, il répond par l’affirmative, humblement, comme Joe senior l’aurait fait.
J’ai très hâte de raconter la suite. Une autre rencontre est prévue chez lui, à London en Ontario.
Voici le reportage qui a été diffusé samedi le 15 mars 2008 à l’émission 400 fois Québec à la télé de Radio-Canada. Ce reportage cadrait bien dans les festivités du Centenaire de la commission des champs de bataille. Les Bulldogs ont joué de 1889 à 1913 au Québec Skating Rink sur les Plaines d’Abraham, remportant deux fois la Coupe Stanley avant de déménager au nouveau “Patinoir Québec” du Parc Victoria.
Un gros merci à Marie-Claude Paradis pour son intérêt au sujet, la journaliste Catherine-Ève Gadoury (dont l'un des oncles est nul autre que Réjean Giroux, un des bons joueurs de l'histoire des Remparts) , au réalisateur Martin Roberge, à Faby Deschenes (assistante à la réalisation), Martin Poiré (montage) et à l'animatrice Catherine Lachaussée pour l'excellente présentation.
quebecbulldogs@gmail.com
Les Bulldogs de Québec reprennent vie, le temps d’un week-end. Mais quel week-end !
Je vous invite d’abord à regarder l’émission 400 fois Québec de ma collègue Catherine Lachaussée à la télé de Radio-Canada (Samedi, 15 mars, 17h00). La journaliste Catherine-Ève Gadoury et le réalisateur Martin Roberge m’ont rencontré afin d’en savoir un peu plus sur cette équipe méconnue.
Aussi, comme souligné plus tôt, la Commission des champs de bataille nationaux célèbre cette année son centenaire. On vient d’apprendre les détails du lancement des célébrations, prévu les 15 et 16 mars à la maison de la découverte. J’ai personnellement collaborer à cette évènement.
Voici un aperçu du volet qui nous intéresse:
Pour rappeler la victoire des Bulldogs de Québec, la célèbre coupe Stanley, l’emblème de la suprématie au hockey et le plus ancien trophée d’Amérique du Nord tous sports professionnels confondus, reviendra sur les plaines d’Abraham. La précieuse coupe de la Ligue nationale de hockey sera bien entourée pour son retour historique. Elle sera accompagnée cette fois d’anciens joueurs des Nordiques de Québec, franchise déménagée à Denver en 1995 et connue aujourd’hui sous le nom de Avalanche du Colorado. Les Pierre Aubry, André Dupont, Pierre Lacroix, Dave Pichette, Alain Côté et Réal Cloutier se partageront la scène pour signer des autographes auprès de leurs fans. Apportez vos appareils photos et vos carnets de signature.
D’autres personnalités du monde du hockey reprendront vie et se prêteront également au jeu des autographes. Les visiteurs pourront collectionner es cartes autographiées d’hockeyeurs aujourd’hui disparus des Bulldogs de Québec : Joseph (Joe) Malone, Kenneth (Ken) Robert Mallen, Jack Patrick Mac Donald, Patrick Joseph (Paddy) Moran. Des descendants de Joseph (Joe) Malone, joueur vedette des Bulldogs de Québec, se joindront aussi aux festivités. Joe Malone jr (fils du hockeyeur), son épouse Rita et leur petitfils Jonathan Montpetit seront heureux d’échanger avec les visiteurs qui pourront consulter leurs albums de découpures de journaux d’époque, des photos de leur talentueux ancêtre, ainsi qu’un programme de 1912-1913.
le Quebec HC s’est préparé pour son dernier match de la saison prévu le 7 mars 1908 à Montréal contre les Shamrocks en disputant un match hors-concours contre les meilleurs joueurs de la ligue intermédiaire.
Le match sans grand intérêt du public s’est terminé 10-7 en faveur de la grande équipe. L’intérêt pour nous, c’est de retrouver les 5 garçons de la famille Power de Québec. Exceptionnellement, le jeune Frank rejoint les réguliers Charles (Chubby) et Joe comme joueurs pour Québec tandis que l’excellent Rocket troque son poste de défenseur pour celui d’arbitre. Enfin, le frère aîné William G. est encore le juge en chef.
L’histoire ne dit pas si les jeunes Kathleen et Winifred Power ont encouragés leurs frérots ou profiter d’un moment de répit à la maison…
Montminy. Le nom que je cherchais depuis très longtemps. Le nom du photographe qui posa pour la postérité les grands champions du “Club Québec” de 1912 et 1913. Voici l’histoire derrière la trouvaille.
Cette photo abondamment recopiée a été prise à la suite de la Coupe Stanley remportée en 1913. Remarquez le mur au fond.
Il y a quelques années, je suis tombé sur une autre photo d’équipe, celle de l’équipe St-George, championne junior à Québec en 1911.
L’homme couché à gauche est George Carey, un “rover” (joueur à tout faire à l’époque du hockey à 7) qui jouera plus tard pour Québec dans la NHA et NHL ainsi que Toronto et Hamilton dans la NHL. Mais l’important ici n’a pas de chandail; c’est le mur au fond. Le même que celui des Bulldogs.
Au bas de la photo, le nom du photographe M.-A. Montminy.
Le même mur, soit. Rien ne m’assurait toutefois qu’il s’agissait du même photographe. Récemment, j’ai eu droit à une photo version “élargie” de la conquête de 1913, ayant servi de carte postale.
Plus de doute, il s’agit du même photographe. Marc-Alfred Montminy (appelé aussi Alfred-Marc Montmigny) est né en 1859 ou 1860 au Québec et travaille d’abord sur la rue St-Joseph. Il établit le studio qui nous concerne sur la rue Couillard en 1889. Il se spécialise dans les photos de famille et les annuaires commerciaux de Québec. Le 11 juin 2007, Monsieur Yves Beauregard a fait don d’une partie de sa collection de photographies au Musée national des beaux-arts du Québec. Quelques 80 photos de Montminy s’y retrouvent. Quelques œuvres de la collection sont déjà reproduites au Café du Musée mais l’essentiel sera accessible au grand public à l’automne 2008 afin de souligner les 400 ans de la ville de Québec.
Suite de l’enquête : Voir si la collection de Monsieur Beauregard contient des clichés qui nous intéressent. À suivre…
En lançant ce blogue, j’espérais inciter l’intérêt des amateurs et collectionneurs à mon projet. Je caresse toujours le rêve de trouver un film ou une photo des Bulldogs en action, ce que je n’ai malheureusement jamais vu. Ce trésor sera d’autant plus mémorable si je le déniche dans le placard d’une vieille dame anglophone de Sillery. Peut-être parce que j’ai déjà eu une tante éloignée comme ça : anglophone et de Sillery.
Ce blogue donc, je le veux aussi comme un “lieu d’échange”. D’autres passionnés peuvent ainsi m’aiguiller, partager leur passion pour l’histoire du hockey et égoïstement, le fruit de leur recherche.
Paul Foisy est maintenant un de mes amis “aiguilleurs”. Il est un recherchiste-auteur qui s’intéresse particulièrement à l’histoire du sport au Québec. Son blogue est vraiment à lire. Très intéressant l’article sur l’origine du terme “Habitant” pour décrire le Canadien.
Aussi, il nous raconte l’intéressante controverse suscitée par l’embauche de Rocket Power, premier joueur au nom anglophone du Canadien. Pour l’histoire, je vous invite à aller lire l’article.
Le tout premier “Rocket” du Canadien est originaire de Québec. Défenseur étoile, il a été des premières équipes séniors de Québec. En 1910-11, il avait commencé la saison avec Québec avant de changer de camp, geste sans doute provoqué par l’arrivée du futur membre du temple de la renommée “Bad” Joe Hall.

Je viens de me procurer quelques films de la Edison Manufacturing Co., de Thomas A. Edison. le coffret contient quelques scènes sportives dont celle-ci: “Hockey Match on the ice”, croquée à West Orange (New Jersey) le 24 février 1898.
Edison est américain mais son père est né à Marshalltown en Nouvelle-Écosse, province associée à l’origine du sport. Samuel Ogden Edison, Jr. est mort deux ans avant ce tournage. Voulait-il lui rendre hommage ?
Voici le synopsis: The skaters dart to and fro, swinging their hockeys and trying to hit the disc toward the goal.
Imaginez maintenant qu’il s’agit de joueurs du Québec sur une surface gelée extérieure. C’est facile…
De 1888 à 1918, les plaines d’Abraham hébergent le Quebec Skating Rink, un toit sur une glace naturelle à Québec. Il n’est pas rare de lire que 2000 spectateurs s’y retrouvent pour applaudir les exploits du club Québec. L’aréna était situé tout près de la porte St-Louis, à côté du manège militaire.
Le Quebec skating Rink, fin du XIXe siècle. Remarquez l'absence de bande.
Les 15 et 16 mars prochain, la Commission des champs de bataille nationaux célèbre ses 100 ans. On y présentera entres autres, la Coupe Stanley et une exposition de la grande équipe de Québec. Voilà une belle occasion de remarquer les noms des grands joueurs de l’équipe, à jamais gravés sur ce prestigieux trophée.
Le texte suivant est tirée du site civilisations.ca
La toute première patinoire couverte au monde fut édifiée à Québec en 1851 sur un quai du fleuve Saint-Laurent. Elle ressemblait à un hangar et mesurait un peu plus de 36 mètres de long sur 18 de large. Le « Club House », comme on l’appelait, était suffisamment froid à l’intérieur pour que, lorsque le plancher était recouvert d’eau au début de la saison, il se transforme rapidement en une surface de glace dure. L’intérieur de cette première patinoire couverte était très rudimentaire et ne comportait aucune décoration. La conception des patinoires intérieures ultérieures mettait davantage l’accent sur le confort des patineurs et des spectateurs.
Parmi les autres patinoires couvertes importantes construites à Québec, mentionnons-en trois qui furent construites successivement pour le Quebec Skating Club : la première sur la Grande Allée, en 1864; la deuxième, également sur la Grande Allée, en 1878; et la troisième, à l’extérieur de la porte Saint-Louis, près des Plaines d’Abraham, en 1888-1889. Cette patinoire fut utilisée par la population de Québec jusqu’à sa démolition, en 1911 (FAUX: C’EST PLUS TARD: REGARDEZ LA PUBLICITÉ PLUS HAUT DANS LE TEXTE).
Pendant son séjour à Québec, entre 1861 et 1866, Frances Monck, auteure d’un journal intime, chroniqueuse et observatrice de la société à l’époque de la Confédération, se rendit souvent au Quebec Skating Club, où elle observait les patineurs depuis un des canapés réservés aux dignitaires. Elle disait qu’il y faisait froid et humide malgré le poêle à bois, et elle s’habillait en conséquence, comme elle le notait dans son journal de 1865 :
[TRADUCTION] Pour le bal sur la patinoire, j’ai mis des chaussettes montantes et des bottes, et des vêtements chauds sous mon manteau en peau de phoque, ainsi que mon bonnet de fourrure plutôt qu’une couronne!… À notre arrivée, j’ai été frappée par la nouveauté et l’attrait du décor; la patinoire était éclairée au gaz et décorée de drapeaux et d’ornements; des tables avec des boissons avaient été dressées sur la glace, et la fanfare du 25e jouait.
Coupe Stanley à Québec – 15 – 16 mars 2008
La Commission des champs de bataille nationaux invite la population à célébrer son 100e anniversaire lors d’une fête populaire au Manège militaire les 15 et 16 mars prochain. Au programme: animation et kiosques sur divers aspects du parc d’hier à aujourd’hui, venue exceptionnelle de la Coupe Stanley et séance d’autographe ave des personnalités du monde du hockey, projection en première du nouveau documentaire de l’ONF sur les plaines d’Abraham comme site rassembleur, gâteau du 100e anniversaire, thé du centenaire au Morrin Centre (16 mars à 17h, réservation requise, droits d’entrée), exposition multimédia Odyssée (accès gratuit à la Maison de la découverte), etc. Et c’est gratuit.
En laisse devant son propriétaire Joe Hall, le “bulldog“, n’était qu’une mascotte. L’équipe était appelée officiellement “Quebec Hockey Club” ou “Quebec HC“, dénominateur commun encore utilisé en soccer (FC Barcelone ou Toronto FC pour “Football Club”). Certaines sources parlent aussi des “Athletics” (Quebec Athletic Club), mais contrairement à ce qu’on peut y lire, ce nom n’est apparu qu’à l’automne 1919 dans la LNH et ne fût rien d’autre qu’un nom “légal”. Dans l’histoire, les quotidiens les ont appelés les “Bulldogs” ou “Bull-Dogs”, le “Québec” ou le “club Québec” comme indiqué sur la banderole de ce site.
Selon l’historien Michel Vigneault, on aurait appelé l’équipe “Bulldogs” dès son entrée dans l’Amateur Hockey Association of Canada (A.H.A.C.). Il mentionne que Québec ne participera à cette ligue qu’en 1890 sous le nom de Bulldogs. Il n’en cite pas la source.
Le bouledogue était sensé porter bonheur. Ce ne fut pas le cas en cette partie du 9 janvier 1911, lors d’un match contre le Canadien à Québec, perdu 4-1.
La mascotte porte-bonheur le deviendra finalement en cour de route. Québec remporta la saison suivante la première de deux Coupes Stanley consécutives.
Le petit chien aura une telle importance qu’on le retrouvera sur deux photos officielles de l’équipe après la conquête de la Coupe de 1913.
Comme “Les Glorieux” ou “Les Habs” pour le Canadien, “Les Bulldogs” n’aura été qu’un surnom. Contrairement aux exemples précédents, il deviendra l’identification la plus reconnue.
L’histoire ne me raconte pas encore pourquoi l’équipe s’est appelée comme ça. L’œuf ou la poule ?
Le grand Joe Malone avait un frère : Jeff. Le défenseur a joué six parties avec le grand club dont deux comme joueur substitut lors de la magnifique saison 1912-1913 (Indice: c’est le 5e à partir de la gauche sur la banderole du site). Moins talentueux, il a tout de même laissé sa marque sur… un bout de papier qu’un partisan de hockey lui a sans doute présenté le soir d’une rencontre.
On y retrouve ce qui semble être un “P” pour Patrick (Jeff Patrick Malone), sa signature et la saison en cours. Banal? Pas vraiment.
Il ajoute ceci de très important : “Quebec Bulls Dogs 1912-1913“. Il confirme ainsi que l’équipe est déjà reconnue sous ce sobriquet même si les quotidiens s’entêtent à les appeler “Quebec Hockey Club”. Comme “Bulldogs” n’est jamais écrit dans les journaux, il est fort à parier que l’ami Jeff ne l’avait jamais lu.
Par contre, au bas d’une photo d’équipe datant de 1913 vu récemment, on retrouve l’épellation “Bull Dogs”. Bull Dogs ou Bulldogs ? La question reste en suspend puisque de toute façon, l’équipe ne s’est jamais appelé comme ça.
Cliquez sur les statistiques pour une plus belle image.
Imaginez : un match de la LNH avec des buts sans filet, seulement 2 poteaux et sans barre horizontale! Les reprises vidéos à n’en plus finir… et le but d’Alain Côté dans tout ça ?
C’est en 1899 que Québec marque l’histoire en proposant des buts avec des filets de pêche, accrochés aux poteaux et à une barre horizontale évidemment essentielle pour le suspendre. Une légende locale veut qu’Arthur Smith, un joueur du Québec soit le concepteur de cette invention. Cette nouveauté est très rapidement adoptée par les autres ligues. (La Nouvelle-Écosse revendique aussi cette invention en 1899). 12 ans plus tard, un gardien de but de Québec allait changer à jamais l’allure du “but”.
Percy LeSueur est né dans la vieille capitale en 1881. Il a évolué à l’aile gauche avec Les Victorias et les Québec Seniors avant de déménager à Ottawa en 1904. C’est là qu’il devient gardien de but, un métier qu’il fera pendant plus de dix ans, dont huit avec les Sénateurs, remportant avec cette équipe deux Coupes Stanley. Percy LeSueur a été intronisé au Temple de la Renommée du hockey en 1961. Il est mort quelques mois plus tard, le 27 janvier 1962.
L’article du Quebec Chronicle du 22 décembre 1911 rappelle que Québec a inventé le “filet” et qu’un des siens l’a amélioré afin de “dissiper tout doute possible”…
Le “filet LeSueur” sera en vigueur jusqu’en 1925.
La Patrie nous offre une belle surprise en ce lundi 13 mars 1913 : une œuvre du caricaturiste sportif illustrant la défaite de leurs Wanderers face au très puissant Club Québec. Cette victoire de 6-4 était la 10e de suite des détenteurs de la Coupe Stanley. Selon le journaliste, cette séquence victorieuse était inégalée dans la courte histoire du sport. Québec remportait ainsi leur 15e de 16 victoires dans le calendrier de 20 parties. Les joueurs de Québec en vedette sont Harry Mummery, joueur de “points” (défenseur), Joe Malone, auteur de 4 buts, Russell “Rusty” Crawford et Patrick “Paddy” Moran, l’excellent gardien de Québec. Ces trois derniers sont membres du Temple de la Renommée du hockey.
Jamais le Club Québec n’a été aussi dominant dans son histoire.
La Patrie, un quotidien de Montréal fait grand état de la victoire de 8-0 de Québec sur Moncton. L’équipe remporte donc sa première de 2 Coupes Stanley. L’article est plus complet que celui du Quebec Chronicle. Je vous invite à constater le style très descriptif du journaliste qui, comme c’est l’habitude à cette époque, ne signe pas son texte et ne raconte aucune entrevue.
Le Quebec Chronicle publie le 14 mars 1912 un article sur la 2e rencontre opposant le Quebec Hockey Club à Moncton, club des maritimes autorisé par les “gardiens” de la Coupe pour mettre au défi les champions de l’Association Nationale de Hockey, l’ancêtre de la LNH. La confrontation se composait de deux rencontres au total des buts, une pratique encore existante en soccer. Québec gagne donc 17-3, 8-0 le 13 mars et 9-3 la veille.
L’as de Québec, Joe Malone, est remplacé très tôt dans la rencontre, pratique peu courante à l’époque avec raison; comme au soccer, un joueur remplacé ne pouvait revenir au jeu. Jack MacDonald, un joueur originaire de Québec compta 5 buts. Au total, ils comptèrent 14 des 17 buts de l’équipe.
